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Matheysine et Hauts Pays ...

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Introduction
En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
Bêtes et hommes, mon chien...
Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey
Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
Quelle est triste la montagne !
Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
Crash sur L'Obiou
Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
Le puits des Rioux
Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
En allant vers le lac du Vallon et le col du Rochail...
Adieu Emile Masse...
Matheysine, terre d'inspiration.
Le sentier des Pères vers Notre Dame de la Salette
Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
La Matheysine vue du ciel...
Juillet Août mois des obsessions
Institutrices en Oisans...
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Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui
Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers
Vers le lac et le glacier d'Arsine
Le canal du Beaumont
Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...
La vieille église Romane de Saint Théoffrey
Les yeux de l'oncle Jules...
Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.
Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.
En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946
Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...
Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse
Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...
Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche
La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
18 décembre 2011

Légende de Noël au Pays Noir...

Il ya bien longtemps on criait Noël, Noël ! à l’occasion de tout événement heureux…

Aujourd’hui, au mieux, Noël est une fête religieuse… Mais le plus souvent, hélas, ce moment de l’année est plutôt synonyme d’orgie consommatrice…

Voilà pourquoi je me sens toujours mal à l’aise à cette époque de l’année...

Je rêve parfois d’une veillée de Noël en format "carte postale", de messe de minuit, d'église romane enfouie dans un paysage enneigé, de sapins bien vivants étincelant de givre ou de villages engourdis par le froid de l'hiver naissant…

St Hugues de Chartreuse

Saint Hugues en Chartreuse (1)

 

St Maurice en Valgaudemar

Saint-Maurice-en-Valgaudemar (1)

 Dans mes Noël rêvés le ciel est moucheté d’étoiles bien brillantes et on entend des chants de Noël en sourdine et des cris d’enfants heureux… On y croise des pères Chartreux, des bonhommes de neige réunis dans le même spaciement, randonnant dans l'infini …

Chartreux

Chartreux.jpg (1)

Bonhomme neige

 

Mais le plus souvent en cette fin décembre, comme d'un chacun, je me retrouve coincé dans des embouteillages entre un parking de supermarché et une rocade urbaine au fin fond d’une ZI lugubre…

Pour vous mettre au diapason de mon état d’esprit lisez cette légende : "Soirée de Noël dans les environs de La Motte d’Aveillans".  C’est pas très gai mais dans cette histoire hommes et bêtes sont courageux et loyaux… et je ne sais pas pourquoi mais à mes yeux Noël a toujours eu cette connotation ambivalente. Le cœur oscillant entre joie et tristesse…

 

Noël au Pays noir.

Le glas s'était tu... Les hommes, harassés, regagnaient leurs chaumières...

Comment avaient-ils pu, dans cette bourrasque, creuser la fosse de Jérémie, le bûcheron des Creys? Au prix de quels efforts étaient-ils parvenus à descendre – dans la neige qui les aveuglait et les faisait trébucher à tout instant - son corps raidi par la mort et le froid ?...

Les femmes, quittant le cimetière, se hâtaient, parlant encore à voix basse : «C'est trop de misère, tout de même ! Une veille de Noël !... Pauvre Mélanie ! Quelle triste soirée va-t-elle passer, seule avec son petit-fils, en sa cabane isolée !».

Mais personne ne pouvait songer à reprendre, dans la nuit commençante, le sentier introuvable de la forêt.

Et Mélanie était seule, à la nuit tombée...

Cela se passait, il y a bien des siècles, lorsque les peupliers recouvraient La Roche; les sapins et les mélèzes : La Mayrie et Le Villard; au temps où l'ancêtre de l'«Orme» fameux - qui devait laisser son nom à l'«Ourme» - n'était encore qu'un arbuste.

En ce lointain Moyen Age, tout le monde était plus ou moins bûcheron et cultivateur dans les petits hameaux du Pays Noir (ainsi nommé à cause de la teinte de ses roches et de l'aspect de ses bois). Mais, en ce soir du 24 décembre, du Connexe au Bois Noir, de Pierre-Percée au Drac, tout était désespérément blanc sous la rafale de neige.

Il fallait être égaré ou héroïquement charitable pour affronter un temps pareil...

Le glas s'était tu...

Mélanie ne l'avait pas entendu vibrer dans l'air ouaté de flocons. Mais elle l'entendait pleurer en son cœur douloureux...

Assise près du feu qu'elle oubliait de ranimer, elle regardait sans le voir son petit-fils endormi dans l'humble «balancelle». Elle revivait ces derniers jours... Son mari. aussi courageux que bon, avait trop présumé de ses forces vieillissantes : il avait glissé avec le lourd «billot» qu'il voulait scier et l'avait reçu en pleine poitrine... «Ce ne sera rien» avait-il assuré... Son souffle court et son visage congestionné démentaient ses paroles.

Que faire ?... Il y avait bien, au Mas près la Pierre Merlière, un «Guérisseux» réputé (mire? Apothicaire? Ou... un peu sorcier?). Mais ses services se payaient. Et Mélanie n'avait point d'écus sonnants en sa pauvre escarcelle... «Laisse, femme, ce ne sera rien», répétait le malade. Pourtant, elle eut beau le réchauffer de son mieux, épuiser en infusions toute sa provision de genièvre, le lendemain, Jérémie trépassait dans un dernier râle après lui avoir recommandé : «Prie pour le repos de mon âme... »

«Sois toujours compatissante et bonne»... et - dans un souffle - «Je te serai en aide»...

Brisée de fatigue et de chagrin, elle écoutait, dans une demi-somnolence, les bruits de la forêt. Elle croyait entendre le vent murmurer cette phrase : «Je te serai en aide» - «Comment ?...» Questionnait-elle. La réponse ne venait pas dans sa tête douloureuse. «Mon pauvre homme, il déparlait», pensait-elle tristement.

Elle finit par s'endormir tout à fait...

La bise se mit à hurler, sinistre, dans les sapins.

La pauvre chaumière tremblait sous l'effort de la rafale...

L'enfant dormait toujours...

Il ne savait pas que sa mère était morte à sa naissance et que son père. Parti guerroyer avec le seigneur de Monteynard, ne reviendrait jamais... La tendresse vigilante de son aïeule lui tenait lieu d'univers.

Soudain, dans l'écurie attenante à l'unique pièce, la chèvre et les deux brebis se mirent à hurler de terreur... La femme réveillée en sursaut, tremblante sans savoir pourquoi, jeta un fagot dans l'âtre d'un geste irraisonné, pour se réchauffer et faire de la lumière... la lumière qui chasse la peur avec l'ombre... et qui chasse aussi le rêve !... Douloureuse, la réalité se fit jour ! Mélanie était seule au monde avec cet orphelin qui dormait. Il faudrait l'élever... Avec quoi, Mon Dieu ?... Elle prêta l'oreille... Devenait-elle folle... ? «Ces hurlements dans le lointain... Non ce n'est plus seulement la bise... ce sont les loups... ! Pourvu qu'ils ne s'approchent pas... ! Pourvu que la porte résiste !» Ah! si du moins, son brave Taïaut était là pour défendre l'enfant ! Mais le bon chien avait suivi le cortège funèbre et n'était point remonté... Etait-ce une hallucination... des aboiements furieux se rapprochaient... Mais aussi, assourdis par la neige, des pas, des pas humains ! L'aïeule effrayée retenait sa respiration... Tous les bruits se rapprochaient...on cogna durement à l'huis. Elle fit un bon en arrière terrifiée... Taïaut jappait, là, tout près. Une voix haletante jeta : «Noël ! Ouvrez ! Par pitié ouvrez vite !»Noël... Soudain, courageuse, elle tira promptement le verrou et entrebâilla la porte. Deux «paquets de neige» entrèrent; le plus grand (homme ou ours) referma l'huis d'un vigoureux coup d'épaule; puis (car c'était bien un homme) ôta son bonnet de fourrure et salua : «Noël à vous, Dame de céans ! Noël à tous les vôtres ! Vous me sauvez la vie !» - «Que l'hôte de Noël soit le bienvenu en ma triste demeure» répondit-elle. L'enfant mi-éveillé par le bruit et le froid, se retourna, pleurant. Taïaut - car c'était lui - s'ébrouant, balança le berceau et caressa le petit qui rassuré, s'endormit souriant. Derrière la porte bien close le chien reprit sa faction, menaçant... L'étranger quitta son manteau de peau d'ours. Contre son justaucorps, bien à l'abri, il serrait une viole.

Ses chausses n'étaient plus qu'un bloc de neige glacée... Il frissonnait...

Alors compatissante et bonne, sans questionner l'hôte de Noël - reçu comme le Seigneur Lui-même - la femme alla quérir, près des bêtes calmées, toute la provision de bois réservée à Noël et prépara une boisson bien chaude avec les plantes aromatiques cueillies en été. Puis, simplement avec la générosité des humbles qui ne calculent pas, elle offrit à l'inconnu les dernières chausses de son défunt... tout ce qu'il n'avait pu emporter avec lui.

Emu, l'homme qui se sentait revivre, remercia l'aïeule et s'excusa de venir ainsi, de nuit, troubler sa solitude et son chagrin.

Il avait beaucoup voyagé de France en Dauphiné et avait appris bien des choses...

Tour à tour montreur d'ours, jongleur, ménestrel il allait de prieuré en abbaye, de village en castel, chantant, colportant les nouvelles.

Venu du prieuré de Commiers à Notre-Dame de Perailler, il avait fait halte, la veille au soir, au château de La Motte où il avait appris comment le seigneur du lieu, revenu lépreux de la croisade, avait été merveilleusement guéri par l'eau chaude d'Avignonnet au bord du Drac. Comptant passer la Sainte Nuit en l'église du Pays Noir, il s'était égaré dans les bois. Poursuivi par les loups, il eut la chance de rencontrer Taïaut et de s'en faire un allié qui l'avait guidé jusqu'ici, marchant à reculons pour faire face aux méchantes bêtes...

Tout en écoutant, Mélanie avait sorti la tomme de chèvre, les dernières galettes de blé noir et mis chauffer dans l'âtre la soupe de gruau.

Brisé par la fatigue, attentif à la discrétion (ne voulant pas dévorer les maigres provisions) l'hôte ne tarda pas à s'étendre sur la couche de paille, à même le sol...

L'aïeule s'assoupit près du feu...

L'étranger ne dormait pas... son regard s'était fixé au sol rocailleux de la chaumière.

Soudain, une gerbe d'étincelles envolée de l'âtre fit luire le rocher... Il se souleva de surprise : «La Pierre Noire ! Serait-ce la pierre noire ?» Il n'en croyait pas ses yeux... c'était bien la pierre noire...

Convaincu, il se dressa tout à fait : «C'est la pierre noire... il faut qu'elle chauffe !» - II se mit à gratter le sol, ramassa les morceaux détachés et s'approcha du foyer : «La pierre noire ! Il ne fera plus froid !»

Rapprochant les blocs de pierre qui formaient l'âtre, de tout son souffle il attisa le feu de bois qui se mit à pétiller, il jeta par-dessus les «pierres noires» puis décrochant la marmite, il la plaça sur le feu en guise de couvercle.

La veuve épouvantée, n'osait bouger... Aurait-elle (comble de malheur !) recueilli un dément?... Il ne faut point, dit-on, contrarier ces gens-là !... ou bien... serait-ce un alchimiste ? C’est-à-dire... un peu le diable...? D’après ce qu'elle avait entendu raconter au temps où elle était accorte servante chez la noble Dame de Monteynard.|

L'homme avait saisi la masse et le pic du bûcheron. Sans nul souci du sommeil de l'enfant, il creusait dans le roc et brisait les petits blocs, un sourire au coin des lèvres : «La pierre noire ! Quelle fortune !»|

Taïaut ne protestait pas... les loups étaient partis, n'ayant jamais ouï, en ces lieux,  pareil vacarme après le couvre-feu ! La bise ne soufflait plus; la neige s'était arrêtée.

Une douce chaleur envahit la chaumière...

L'hôte souleva la marmite : Des pierres noires devenues incandescentes s'échappaient de courtes flammes bleues-mauves. Il rajouta d'autres pierres noires disant : Noël ! 0 Dame compatissante et bonne, Dieu vous est en aide ! Vous n'aurez plus jamais froid, céans...»

L'enfant riait, tendant ses petits bras vers l'âtre... Cloches et clochettes carillonnaient minuit dans la vallée.

Dans la demeure endeuillée, devant le berceau de l'enfant, le ménestrel chanta sur sa viole son plus beau Noël. Puis... il s'en fut, laissant sa bourse aux mains réchauffées du petit.

Le jour se leva radieux; des perles brillaient à toutes les branches.

Et lorsque midi fit étinceler la neige sur les sapins, dans la combe proche de la chaumière, l'anthracite irisé de La Motte scintillait au soleil.

 Au Pays Noir, les cloches chantaient... !

 (Les Mottes, 1952).

Cette légende est issue de l'ouvrage de René Reymond intitulé "Mystères et Curiosités de l'Histoire" :

mysterescriositesrene

 

(1)   Aquarelles tirées du bel ouvrage "Evasions Nouvelles" de Madeleine Merle :

Evasions Nouvelles Merle

 

 

 

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18 décembre 2011

L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.

La nouvelle est tombée récemment sur mon « téléscripteur » : L’Association des Amis du Musée Matheysin a reçu le prix de la prestigieuse Académie Delphinale 2011. Ce prix  récompense tout particulièrement la revue annuelle de l’association : « Mémoire d’Obiou ».

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Site du Musée Matheysin : http://musee.matheysine.com


La belle aventure éditoriale des 16 numéros de Mémoire d’Obiou est justement reconnue par l’Académie Delphinale. Les membres de l’association, leurs recherches et toutes les actions de valorisation et de protection du patrimoine Matheysin  trouvent au travers de cette distinction une légitime  rémunération des efforts fournis.  Le travail effectué par ce collectif de passionnés est immense car il s’inscrit dans la durée. La qualité des articles, la diversité des sujets abordés et des actions engagées sont, certes, les meilleurs garants de la réussite dans ce type d’entreprise… mais il faut aussi la « manière »… Et transmettre son savoir sans ennuyer, toucher un public à priori peu habitué à aller au musée, à décortiquer des archives ou parfois un peu effrayé par la « Culture » est sans nul doute, à mes yeux, la plus belle réussite qui soit…

Le prix sera remis le samedi 28 janvier 2012, 15 h, à l’Hôtel de ville de Grenoble…

 

L’Académie Delphinale a été crée en 1772. Elle a pour but d’encourager les arts, l’histoire, les lettres, les sciences et techniques et la conservation du patrimoine…  et toutes études intéressant les départements de l’Isère, de la Drôme et des Hautes Alpes (ancienne province du Dauphiné). Déclarée d’utilité publique dès 1898, son siège est situé aux Archives départementales de l’Isère, 2 rue Auguste Prudhomme à Grenoble.

Site de l’Académie Delphinale : http://academie.delphinale.free.fr/

 

28 octobre 2011

Au bord de la route...

Au bord de la route entre Tréminis et Prébois , tel un cimetière bouleversé par un tremblement de terre, des bornes routières arrachées à leurs fonctions indicatrices gisent dans un capharnaüm à ciel ouvert.

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Aujourd’hui  les automobilistes ne peuvent plus lire les précieuses indications gravées sur ces objets d’un autre temps : ils roulent beaucoup trop vite… 

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A l’époque du GPS, ces précieux auxiliaires des cartes routières sont devenus ringards !

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Ces braves compagnons de route sont trop vieux, ils coûtent trop cher à entretenir,  il n’est même pas envisageable de les reconvertir en remblai…

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Alors jetons-les aux orties, sans estime pour leur constance à braver de dures conditions travail, sans égard pour leur grand âge, sans considération pour les services rendus…

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En un curieux raccourci je pense qu’il existe bien des similitudes entre le sort réservé à ces bornes et les hommes abandonnés au bord du chemin par une société qui fonce à tombeau ouvert sans prendre le temps de se renseigner sur la bonne route à suivre…

28 octobre 2011

Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey

Valbonnais, Valjouffrey, Valsenestre : ces noms chantent une douce mélodie à mes oreilles.

Lorsque les mois noirs (novembre et décembre) me tourmentent  trop le moral dans mon humide et sombre Bretagne je me raccroche à leurs  douces intonations,  et ils ont pour moi le parfum des paradis d’estives…

Je me surprends alors à me comparer à ces bêtes que la transhumance affole de bonheur, qui s’enivrent du bon air et des odeurs subtiles du foin de l’Alpe mais  qui s’ennuient ferme dans leurs confortables étables.

Alors pour renouer avec  cet Eden il reste la lecture.

Et cette année la bibliothèque s’est enrichie d’un livre exceptionnel : Le refuge de Font-Turbat mémoire alpine du Haut-Valjouffrey.

Font Turbat 1

 Font Turbat 2

Trois auteurs, une vallée, des hommes, une montagne et un refuge écrasé par la face nord-ouest d’une montagne extraordinairement belle et désirable : l’Olan. Tout le livre gravite dans ce cercle. Je ne  parle dans ces pages que de ce j’aime, mais cette fois ci c’est bien d’un coup de cœur dont il s’agit.

Souvent les livres « sur la montagne » me paraissent un peu secs, techniques, sans âme, ou pire écrits pour valoriser certains égos … Ici au contraire on ressent bien ce lien subtil qui relie un « pays »  aux hommes : aux habitants de ces hauts parages évidemment, mais aussi à tous ceux qui s’aventurent là poussés par une impérieuse et respectueuse nécessité d’arpenter ces territoires aux marges des possibilités humaines.

Il n’est pas souhaitable d’en établir la liste, cependant qu’il est réconfortant de lire toutes ces pages où l’on rencontre par exemple :

Celestin Bernard qui en dehors de son métier de guide est éleveur d’escargots, colporteur, carrier  participe aussi à des études géographiques et  glaciologiques… ( notons en passant que les glaciers régressaient déjà en ce tout début du XX éme siècle !)

Celestin Bernard

Charles Buisson, hardi, téméraire qui écrit dans son carnet de courses : «  Comme les simples je sens cet amour pour la beauté de la montagne plus vivace que jamais. Je suis un peu comme les primitifs qui plaçaient leur dieu sur les montagnes…».

Charles Buisson

Julien Gaillard du Désert en Valjouffrey, solide montagnard qui a participé à de nombreux sauvetages, a monté un homme de 72 kg handicapé par la polio au refuge de Font Turbat  tout simplement parce que cet homme voulait revoir l’Olan ! et qui dès le lendemain repartait pour l’ascension du pic Turbat …

Julien Gaillard

Etc etc

Historique des deux refuges de Font-Turbat, récits de sauvetages, histoires insolites, souvenirs des gardiens, drames et accidents, descriptions des plus grandes courses effectuées dans le massif, littérature, poésie, peinture : les chapitres s’enchainent avec fluidité. De nombreuses photographies anciennes ou  modernes, reproductions de tableaux  ou dessins émaillent les textes.

Et puis une perle, une anecdote incroyable : le premier sauvetage (en 1980) par hélicoptère d’un cycliste qui s’était lancé à l’attaque de l’aiguille de l’Olan armé de sa machine et d’une paire de baskets… Imaginez la tête des sauveteurs récupérant notre Poulidor des neiges et son vélo sur un névé vers la brèche de l’Olan. Une fois cycliste et machine dans l’hélico notre homme exige d’être déposé à la Bérarde : le but de son audacieuse expédition.

Voici  la reproduction de la page de présentation des trois auteurs de ce très bel ouvrage :

M n Bonnerot

Marie-Noëlle Bonnerot est entrée au Club Alpin Français de Paris-Chamonix en 1968, elle eut pour parrain Paul Bessière, alors président national. Passionnée par l'escalade et le ski, elle gravit dans les années 1970-1977, les grandes voies rocheuses et mixtes, du massif du Mont-Blanc, du Vercors, de l'Oisans... Poursuivant ses activités de montagne, elle se consacre à la formation : moniteur national de secourisme, cadre diplômée de ski alpinisme et de randonnée en haute montagne. Elle collabore à la revue Le Petit Echo de l’Alpe Matheysine. Secrétaire de l'association « Les Amis du Musée Matheysin » depuis 2009, elle a assumé notamment la charge délicate de l'opération de mise en page de l'ouvrage.


J Challon

Alpiniste et skieur, Joël Challon a été président du Club Alpin Français de La Mure-Matheysine de 1993 à 2002, rédacteur durant de nombreuses années au Petit Echo de l’Alpe Matheysine, la revue du CAF. Passionné par les voyages sportifs lointains et les hauts sommets qu'il découvre en 1970, il a gravi 123 hauts cols et sommets de 4015 à 6300 mètres, réalisant 55 ascensions différentes, dont lia skis. Président de l'association « Les Amis du Musée Matheysin » depuis 2005, il collabore à la revue patrimoniale Mémoire d'Obiou. Sous la direction de Fabrice Marchiol, il a participé en 2006 à l'aventure éditoriale de l'ouvrage La Mure, petite histoire du nom de nos rues. Depuis 2008, il est élu à la ville de La Mure, en charge des affaires culturelles et du patrimoine.


J P Zuanon

Jean-Paul Zuanon a promené ses skis ou ses crampons dans les Andes, au Maroc et au Pamir mais il a un petit faible pour les montagnes du sud du Dauphiné. Il s'est installé aujourd'hui face à l'Obiou, une des plus belles montagnes du monde. Directeur pendant 15 ans de la prestigieuse revue du Club alpin français La Montagne et Alpinisme, il a également été le co-fondateur (avec Pierre Barnola) et l'animateur pendant 30 ans du Petit Echo de l’Alpe Matheysine. Auteur de nombreux articles et divers ouvrages sur la montagne, il n'a cependant pas pris la grosse tête : seul, un article sur les ronfleurs dans les refuges semble être passé à la postérité. Signes particuliers : malgré son âge avancé, n'arrive toujours pas à se prendre au sérieux ; croit naïvement que l'on peut encore aller en montagne sans GPS ni téléphone portable et fréquente très peu internet.

Un article du Dauphiné Libéré daté du 22-10-2011 :

Font Turbat Dl du 22-10-11

(Agrandissement  = clic gauche sur article)

Ce livre est une belle idée de cadeau qui ravira à coup sûr les amoureux de la montagne…

 

8 octobre 2011

La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure d'Isère...

C'est toujours avec plaisir et beaucoup d'impatience que je pousse la porte de la Gribouille lorsque j'arrive en Matheysine.
Une librairie à La Mure ... Quelle chance à l'époque ou tous les commerces se transforment en agence immobilière ou bancaire!

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Impatience de découvrir les nouveautés du rayon dédié à la région et aux beaux livres sur la montagne. Impatience de renouer avec ce pays que j'aime tant en lisant des ouvrages dont les auteurs sont portés par la passion de la recherche patrimoniale, de l'image (photos), de la peinture...

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Mais pourquoi autant d'énergie déployée autour de ce "haut pays"? Pourquoi autant de livres publiés à compte d'auteur ? Pourquoi toutes ces rééditions d'ouvrages anciens sur le patrimoine local?

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En entrant à la Gribouille vous aurez les réponses à toutes ces questions : vous pourrez appréhender en profondeur l'exceptionnelle richesse de ce territoire, vous serez conseillé dans vos choix de lecture, vous nouerez des contacts. Françoise Troussier par son accueil, sa disponibilité vous rendra de multiples petits services : elle fera dédicacer un livre par l'auteur, elle vous indiquera où dénicher l'affiche "introuvable" que vous convoitez, elle commandera  l'ouvrage  "dont vous ne connaissez pas exactement le titre"...

DSCF1170

La Gribouille est une librairie chaleureuse où vous pourrez trouver dictionnaires, livres scolaires, romans, essais, classiques etc etc ...
De quoi occuper agréablement les quelques rares journées de mauvais temps qui arrivent à s'infiltrer sur le plateau matheysin... (bien qu'il soit de notoriété publique qu'il fait toujours beau en Matheysine...)
Et puis n'oublions jamais :

« Qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens,  sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnie, penser à lui tout à loisir et l'on verra qu’un roi sans divertissement est un roi plein de misères… » (Pascal).


Belle incitation à la lecture! non ?

Pour faire plus ample connaissance avec Françoise et Christan Troussier  voici le lien qui vous dirigera vers le site de La Gribouille : http://www.lagribouille.fr/

 

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20 août 2011

Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...

Aujourd'hui je vous invite à une promenade très classique. En résumé nous allons partir du pique nique du Grand-Ferrand, explorer la Pierre du Banatier, passer par la fontaine aux boeufs, nous diriger ver le col de La Croix, bifurquer ver le col des Aurias, tutoyer le lac du Lauzon et grimper vers le Col de Charnier.


Carte IGN LaCroix Aurias Charnier

(Clic gauche sur photo  = agrandissement)

Une randonnée en Dévoluy est toujours un régal!  Voilà bien un des derniers endroits en France où l'on peut encore marcher une journée durant  et rencontrer moins de dix bipèdes en vadrouille...


Vallon du Fleyrad

Bien entendu certains secteurs, faciles d'accès comme ceux décrits dans cet article, sont un peu fréquentés mais dans l'ensemble on peut y pratiquer tout à loisir (et à la mesure de sa petite expérience) la Wilderness .


Les Près de Ferrand

Quel formidable plaisir que d'avoir le sentiment de déflorer une combe ou  un couloir, de se persuader qu'on est le premier à passer par là...


Vallon Clausis 1


Je me souviens avec  émotion de mes pérégrinations dans le vallon des Clausis. Quel silence! quelle tranquillité ! Un paradis à parcourir en solo, à savourer en face à face avec soi...


Vallon Clausis 2

Je n'ai pas trop envie d'en parler ici-chacun ayant droit à son jardin secret-...
Donc pour cette fois nous nous contenterons de parcourir des endroits moins sauvages  mais  tout de même très agréables .
Rocher Rond

Cette mise en bouche peut, si vous êtes en pleine forme, se compléter d'une ascension du Grand-Ferrand.  Ce sera, alors, une bien belle journée de montagne... (et vous n'aurez pas envie d'aller au bal le soir!).


Grand ferrand

Reprenons le fil de la promenade.
Après avoir laissé la voiture non loin de la cabane du pique nique il faut longer  le ruisseau du Grand Beal et  suivre un sentier bien tracé qui vous mènera vers la Pierre du Banatier.
Un petit détour en contrebas du chemin  vous permettra d'explorer  cet énorme rocher qui a roulé et


Banatier 1
s'est figé là  en un équilibre qui semble d'autant plus précaire que l'on se promène dessous...


Banatier 2

Vous passerez peut-être la Fontaine aux bœufs sans vous en apercevoir : vos chaussures en ressortiront seulement un peu crottées (le chemin est souvent humide à cet endroit).
Bientôt le col de La Croix. Un petit détour dans les alpages du col vers le sud permet d'avoir une belle vue sur les clochetons du Lauzon et d'entrevoir en arrière plan le Grand-Ferrand qui dresse fièrement sa face nord-ouest vers le ciel.


Lauzon du col La Croix
Avez-vous remarqué  la petite trace claire (au dessus de la grande ombre noire) qui marque le chemin que l'on empruntera bientôt ?  C'est la promesse d'une bonne partie de plaisir dans cette pente bien dégagée...
Il est temps de s'engager sur le sentier du col des Aurias


Vers Col Aurias


L'endroit est agréable et peu à peu la vue se dégage vers le sud et l'ouest.


Montagne Paille


Montagne Paille 2


La montagne de Paille, à l'image de notre pays si contrasté dans ses paysages, est vertigineuse à l'ouest et toute douce et paisible à l'est ou elle étale ses vastes pâturages.


Col Aurias panneau


Col des Aurias brume 1


Vous aurez peut-être la chance d'être soudainement pris dans une brume épaisse et de déboucher brutalement dans le soleil juste au seuil du col des Aurias...


Col des Aurias brume 2


L'ambiance est extraordinaire dans la brume : on "sent" la présence de la muraille du Lauzon à main gauche (bruits en écho, cris des corneilles, cliquetis à la chute des cailloux) et on évolue comme en apesanteur dans une ouate rafraichissante et protectrice.


Clochetons du Lauzon

Et en un instant le soleil éclaire le Lauzon et dévoile une citadelle hautaine aux pieds d'argile. Les immenses clapiers qui jonchent ses flancs symbolisent magnifiquement les combats qu'elle a mené face aux éléments et au temps.
Par grand beau temps la vue plongera bientôt dans le vallon de la Jarjatte.


Jarjatte 1


Le chemin  et le regard pointent maintenant vers le Rocher Rond (point culminant de la Drome).


Rocher Rond 1


Sur la droite la pelouse se perd brutalement dans le vide : une magnifique houle de pierre marque le haut de la paroi qui surplombe le vallon du Fleyrard.


Rocher Rond brume 2


Quelle magie lorsque, en plein soleil, on peut admirer une mer de nuage animée d'un ressac étrangement lent et silencieux.


Mer nuages Flyrard


Pour vous donner une petite idée de ce qui se cache sous cet immense champ de coton voici une photo des Près de Ferrand prise du Penas :


Les Près de Ferrand


Décidément, en montagne, il faut compter avec la météo. Quelle différence d'ambiance entre ces photos.
Le magnifique vallon du Fleyrard mérite bien quelques rayons de soleil.


Vallon Fleyrard Lauzon


Rocher Rond 2


Entre le col des Aurias et le lac du Lauzon la marche est facile, le sentier serpente mollement entre quelques plis de terrains.


Lac Lauzon brume


puis brutalement monte à l'attaque d'un vaste éboulis qui mène à la minuscule brèche qui marque le col.


Col Charnier bas


Au fil de la grimpette le panorama s'élargit et la langue s'étire (on avait perdu le rythme sur les pelouses qui mènent au lac).


Lac Lauzon


Le lac du Lauzon diminue encore.


Col Charnier montée
La muraille du Lauzon est maintenant à portée de main.
Ouf! le col est enfin atteint.
Heureusement qu'on avait pris prétexte de visiter la petite grotte à deux pas du col pour reprendre haleine.


Grotte Charnier


C'est comme ça que l'on arrive, fringant, le jarret souple et pas essoufflé pour deux sous au col...


Col Charnier

Mission accomplie ! Le regard peut glisser sur les pentes du débonnaire vallon de Charnier et il est grand temps de déplier la nappe, de sortir les victuailles et de profiter du moment...


Vallon Charnier 2

L'estomac plein vous pourrez porter vos pas vers le clos Rognon et le Pas de Quart pour admirer les magnifiques clapiers de Vallon Pierra.


Vallon Pierra


Enfin pour les plus aguerris le Grand-Ferrand est là, il semble nous prier de venir lui rendre une petite visite.
A suivre...







5 juin 2011

Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!

Ah! Il faut en avoir des certitudes pour marquer son appartenance politique ou ses convictions philosophiques jusque dans la tombe...
Habituellement la peur de la mort et les incertitudes sur un éventuel au-delà émoussent même la foi des plus convaincus...
Pourtant en pérégrinant dans les cimetières de La Motte d'Aveillans, de La Mure et de Saint Laurent en Beaumont j'ai repéré trois tombes qui marquent de façon certaine l'attachement des défunts à leurs engagements.
A la Motte d'Aveillans sur la stèle de la Famille Froment Alfred (dans ma famille on le surnommait l'oncle Tabaro -sans doute parce qu'il jouait du tambour-...) on peut encore parfaitement distinguer un drapeau orné d'une faucille et d'un marteau.
Un deuxième drapeau (tricolore) marque le patriotisme et enfin une guirlande de lierre relie les deux étendards en signe de fidélité...


IMG_1862


detail_1862


Le message est clair : nous avons affaire à un homme qui n'a pas renié ses choix à l'heure des doutes.

A la Mure, dans le carré 1, on peut voir une tombe très simple portant l'inscription : " Ici repose Gaston Battail 1891-1955 militant regretté du parti communiste".


IMG_5125


Le seul ornement de cette stèle est là aussi un drapeau frappé de la faucille et du marteau...

Enfin à Saint-Laurent en Beaumont on peut voir une très belle céramique verte représentant une tête de femme rayonnante. Elle orne la sépulture Loubet-Caillet et ressemble un peu à la tête de la statue de la Liberté de Bartholdi !
Il s'agit d'une représentation symbolique de "la libre pensée", une philosophie s'affranchissant de toute croyance religieuse.
Il ne fait aucun doute que sur les cinq instituteurs / professeurs  (sur six)  personnes enterrées ici aucune n'a tenu de classe à l'école Saint-Joseph ou Sainte-Marie !


IMG_6113052


Ces trois exemples marquent, si besoin était, que la Matheysine et le Beaumont sont des terres de conviction, d'engagement...
Si vous voulez en savoir plus sur les intéressantes particularités des 54 cimetières répartis dans les 42 communes de Matheysine, Valbonnais et Beaumont je vous vous encourage à lire l'article de Anne Cayol-Gerin page 167 de l'ouvrage "Patrimoine en Isère  Valbonnais, Matheysine, Beaumont, Pays de Corps" :


Patrimoine isere 1  Patrimoine isere 2


Les promenades dans ces lieux de repos éternel sont bien souvent très intéressantes et je reviendrai bientôt sur ce sujet afin de relier le présent et le passé grâce à un horloger ...
En attendant avez-vous remarqué  toutes ces mains liées qui enrichissent la décoration de très nombreuses stèles?


Tombe_mains_1


Une main d'homme serrant une main de femme portant parfois une alliance.


Tombe_mains_2


Symbolique de l'union d'un couple jusque dans la mort? Certainement!


Tombe_mains_3


L'image est belle...

31 mai 2011

Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...

Aujourd'hui j'ai envie de jouer à l'historien (local!)...
Le conseil général de l'Isère a mis en ligne une immense base de données recensant tous les actes d'état civil jusqu'en 1892


Archives 38 etat civil


Pour plus de confort de lecture vous pouvez télécharger puis imprimer la page 116  de la revue Isère magazine de février 2011 en cliquant sur le lien ci-dessous :


Isère Magazine- Février 2011( page 116)


Le généalogiste en herbe qui sommeille en chacun de nous se prend vite au jeu et peu à peu, au fil des recherches,  l'envie d'en connaître un peu plus sur  le quotidien des petites communautés qui ont habités les hameaux et villages Matheysin grandit...
Par exemple j'ai lu que le hameau des Gonthéaumes a été trois fois entièrement détruit par le feu . René Reymond, dans son livre -Mémoire de Saint Théoffrey-  écrit : " Le premier incendie connu remonte à 1728, le second à 1739 et le troisième au samedi 22 mars 1788, veille de Pâques, jour du marché de La Mure (le jour de marché avait sans doute été décalé à cause du lundi de Pâques!)... Il nous explique qu'une femme du hameau a embrasé sa poêle à frire  en préparant un "pataflan" (un matefaim!) et que le feu de la cheminée, rabattu sur le toit en chaume de sa maison, s'est propagé à tout le hameau.
Par ailleurs j'ai souvent entendu mes grands-parents parler de cette anecdote du matefaim... Mon arrière grand-père Lucien racontait aussi que, petit, il avait été emmené  enveloppé dans un couverture  à l'écart du village pour le protéger d'un incendie qui avait dévoré sa maison . Il se souvenait que deux femmes surnommées les "Mimounes" étaient mortes dans le brasier.
En interrogeant les plus anciens habitants du hameau j'ai vite appris le véritable  nom des "Mimounes": Henriette Coiret et Marie Coiret.
Il ne restait plus qu'à consulter les actes de décès de Saint Théoffrey un peu après 1876 (mon arrière grand-père étant né en 1876).
Enfin à la lecture des actes de décès n° 2 et 3 datés du 05/05/1882, établis par le maire de Saint Théoffrey Jean Troussier, j'ai retrouvé la trace -la preuve-  que Henriette Troussier veuve Coiret  (76 ans) et que Marie Coiret (50 ans) étaient bien décédées au même lieu le 03/05/1882 vers les onze heures et demi du soir...
Mon arrière grand père avait six ans, le 03/05/1882 était un mercredi...


Décès Coiret Marie 03-05-1882 v2

Acte de décès de Marie Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret 03-05-1882_A v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret_B v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


La preuve écrite confirme parfaitement les souvenirs familiaux. Par contre faut-il relier l'anecdote du matefaim à l'incendie de 1788 ou à celui de 1882 ?
Le curé Gaude a peut-être détaillé les péripéties de l'incendie de 1788 dans les registres paroissiaux mais son style d'écriture pour le moins original et le le manque de soin dans la tenue des registres ne facilitent pas les recherches...
Mystère mystère...

27 février 2011

Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".

Une bonne nouvelle me parvient via la messagerie : Gilbert Skorski va nous faire partager ses aquarelles sur internet...
C'est avec un grand plaisir que j'ai feuilleté le site : "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou"
dont voici l'adresse :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Gibert Skorsky est un artiste inspiré par la montagne, ses vraies valeurs et...bien entendu le pays Matheysin.
Et quelle inspiration! je ne cesse de penser aux merveilleuses aquarelles de Samivel en regardant les oeuvres de Gilbert Skorski...
On y retrouve la même tendresse envers les animaux, les hommes et la nature.
La lumière parfois douce et vaporeuse, parfois éclatante de pureté, est souvent magnifiée par des ombres gigantesques ou des contre-jours puissants.
Les gradations de "blanc" sont infinies : le "blanc" de la neige n'est pas le "blanc" transparent vitrifié de la glace ni celui des nuées de brouillard ni encore celui du givre...
Du bel ouvrage!
Un petit clic pour un grand moment de plaisir :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Blog_aquarelle_G_Skorski_1

22 janvier 2011

Edith Berger. Peintre du Trièves

Découvrir le Trièves à travers les oeuvres d'Edith Berger est une excellente façon de parcourir ce magnifique territoire.
Ultime terre préservée du Dauphiné, dernier bastion ayant résisté aux monstrueux désordres du progrès, il fait encore le bonheur des hommes par ses paysages, son harmonie, sa subtile beauté...
Edith Berger s'est imprégnée de ce haut pays si richement doté par la nature et le travail méticuleux des hommes. Elle a, saisons après saisons, récolté, engrangé et restitué dans ses oeuvres une part de l'âme de ce somptueux pays de montagne.
Elle disait : "Il me fallait du vent dans mes toiles, de l'espace, de la clarté... Tout dans le Trièves m'a renvoyé à l'essentiel, à ce que Giono appelait- Les vraies richesses-".

 Lalley_Edith_Berger
Le village de Lalley. Huile non datée.

 Bl___aire_du_serre_Edith_Berger_1945
Blé aire du serre. Eté 1945.

 

 Pr_bois_Menil_Edith_Berger_
Prébois et mont Ménil. Huile non datée.

Edith Berger et le Trièves : voila bien une rencontre qui nous renvoie à l'essentiel:
Notre émotion devant des paysages harmonieux à la composition et aux perspectives subtilement modifiées par le travail des hommes.
Notre joie de parcourir un territoire à peu près vierge des vulgarités ordinaires secrétées par les sociétés humaines modernes.
Notre sensation que tout ici est "en place" : le paysage, les villages aux toits d'écailles, les cultures dont les sillons épousent amoureusement la croupe des coteaux et les jardins entourant les maisons.


La_maison_en__t__Edith_Berger
La maison en été. Huile non datée.

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Mon jardin en été. Crayolor vers 1955.

Jean Giono, en une phrase, décrit ce sentiment d'équilibre : "Ainsi cette construction-là, avec ces quatre énormes montagnes où s'appuient le ciel, cette haute plaine du Trièves cahotante, effondrée, retroussée en houle de terre (...) ce constant appel de lignes, de sons, de couleurs, de parfums vers l'héroïsme et l'ascension, cette construction : c'est le cloître, la chartreuse où je viens chercher la paix (...) J'arrive mes montagnes!
Fermez la porte derrière moi."

 

 Ferrand_Menil_Montmeilleur


 Col_de_mens


 Ferrand_maison_toit_tuile__caille


J'ai déjà tenté dans ces pages, de vous transmettre mon attachement à un artiste- l'abbé Calès- qui m'a appris à apprécier l'harmonie, la composition, l'équilibre d'un paysage, à considérer la lumière et ses changements comme la matière première qu'un peintre (ou un photographe !) doit s'acharner à apprivoiser, à modeler, au même endroit le matin, le soir, saison après saison...

Calès m'a ouvert les yeux à la peinture. Il s'est emparé de sujets qui me sont chers (la montagne, la nature, le paysage) et il a durant des années été en quête de l'instant ou tout est en ordre. Ce moment d'équilibre esthétique ou tout est perfection...
Calès m'a fait découvrir qu'un tableau est la conjonction du temps (que l'artiste arrête) et de la lumière (que le peintre apprivoise et couche sur la toile)...
Peindre, photographier c'est clouer le temps au mur, arrêter l'horloge au moment ou la lumière est la plus belle. Ce n'est, en aucun cas la "piéger" ou la "capturer"...

 

panorama176

 


Prenez cette vue du Grand Ferrand : il aura fallu organiser la journée de marche pour être là au moment ou le soleil éclaire la face ouest, patienter afin que le nuage n'accroche que les pointes, et se satisfaire de l'imperfection du résultat. Et déjà cette envie de revenir au même point et de tenter de faire mieux...

Et bien j'ai cru comprendre qu' Edith Berger jouait aussi avec le temps et la lumière...
Si Calès prend des "instantanés" Edith Berger, parfois, joue avec le temps qui s'écoule quand elle peint.
Voyez par exemple ces deux tableaux :

 Les_foins_du_grand_champ_Edith_Berger_1948
Les foins du grand champ. Huile 1948 (collection C. Pelous).

 Les_foins_Edith_Berger_1934
Les foins. Huile 1954?

"Je dessine le cheval et son maître à l'aller, puis au retour et tout le paysage ainsi s'anime."
Le temps s'est figé par deux fois sur la toile (à l'aller puis au retour) et par l'esprit le spectateur déroule une petite histoire entre ces deux repères. Le peintre n'est plus photographe, il devient cinéaste...
Je suis certain, maintenant, que vous imaginez sans peine le va et vient du cheval et du paysan!

Contrairement à ceux de Calès, les tableaux d'Edith Berger sont habités par les hommes.

Les travaux des champs.

 Bl___aire_du_serre_Edith_Berger_1945

Le pressage des noix.

Edith_Berger_moulin_noix


Les commères 1930.

 Les_comm_res_Edith_Berger

J'aime à penser que Jean Giono aurait apprécié que ce petit passage emprunté à son livre "Ames fortes" habille ce tableau représentant ces deux vielles femmes.
"- On ne voit plus de ce café comme dans le temps qui avait de petits grains si luisants.
- Il y en a à l'épicerie de Prébois.
- J'en doute.
- Je l'ai vu.
- Tu en as acheté?
- Je ne peux pas m'en payer le luxe.
- L'épicerie de Prébois elle comme l'épicerie d'ici. Elle se sert aux Galeries et c'est le même café.
- Mais ici la Marie le tient mal. Il est dans une caisse en bois. Il s'évente. Il faut le mettre dans une boîte en fer bien bouchée.
- Ca ne fait pas que les grains sont plus petits..."

 

Les portraits des paysans "âpres et doux".

 Zois_Edith_Berger

Portrait du Zoïs, le bûcheron
Huile non datée collection du musée du Trièves

Sont autant de sujets de prédilections pour Edith Berger...

L'arrivée du printemps faisait la joie d'Edith Berger, elle en appréciait les verts tendres...
Mais quelle beauté aussi dans cette toile représentant un village en hiver.
Il y a  la neige, le froid et les arbres dénudés mais le ciel tourmenté est lumineux et gai : on perçoit bien dans ce tableau que le Trièves est  à la charnière des grandes Alpes et de la Provence.

 

 Jardin_sous_la_neige_Edith_Berger
Huile non datée


Enfin elle a aussi peint de très nombreuses natures mortes...
Des fleurs :

 Fleurs_Edith_Berger
Bouquet de fleurs Pastel non daté


Des légumes :

 Nature_morte_au_chou_Edith_Berger
Nature morte au chou. Peinture à l'oeuf sur carton 1960?

 

Ce petit exposé, très incomplet, n'est à votre disposition que pour vous donner l'envie d'en savoir plus. Je vous conseille vivement la lecture des n° 7 et 10 de Mémoire d'Obiou. Vous y trouverez deux articles très documentés sur Edith Berger : Edith Berger,  peintre du Trièves et Edith Berger, textes inédits écrits par Mr André Giraud.

 

memoiredobiou7              memoiredobiou10

 

On y trouve une multitude d'informations, des textes, des reproductions, une bibliographie...

D'ailleurs je ne désespère pas de pouvoir lire "Edith Berger, peintre du Trièves" et "Présence de Jean Giono et d'Edith Berger à Lalley-en-Trièves" par André Giraud aux éditions Aujard-blanchot!

Quelques informations supplémentaires grâce à cet article du Dauphiné Libéré daté de novembre 2000.

 

Article_DL_Edith_Berger_

(clic gauche = agrandissement)

 

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