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Matheysine et Hauts Pays ...

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Introduction
En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
Bêtes et hommes, mon chien...
Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey
Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
Quelle est triste la montagne !
Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
Crash sur L'Obiou
Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
Le puits des Rioux
Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
En allant vers le lac du Vallon et le col du Rochail...
Adieu Emile Masse...
Matheysine, terre d'inspiration.
Le sentier des Pères vers Notre Dame de la Salette
Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
La Matheysine vue du ciel...
Juillet Août mois des obsessions
Institutrices en Oisans...
Vous connaissez Petichet ?
Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui
Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers
Vers le lac et le glacier d'Arsine
Le canal du Beaumont
Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...
La vieille église Romane de Saint Théoffrey
Les yeux de l'oncle Jules...
Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.
Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.
En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946
Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...
Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse
Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...
Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche
La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
2 août 2008

Institutrices en Oisans...

Cet article pour un coup de cœur !

J'ai lu un livre vraiment passionnant, et je veux en faire ici la publicité.
Ce livre est un concentré d'humanité, de générosité, de dévouement. Une suite de récits captivants écrits par d'anciennes maîtresses d'école qui, après trois ans de formation à l'école normale de Grenoble étaient "expédiées" en Oisans .
Finalement ces souvenirs assemblés forment un hommage extraordinaire à ces jeunes enseignantes qui étaient littéralement abandonnées dès leur courte formation achevée…
En véritables "hussardes" de l'Education Nationale elles affrontent avec courage et détermination des situations extraordinaires. Jeunesse, enthousiasme, humanisme, vaillance tout est dit dans ces pages revigorantes.
Voilà une lecture réconfortante qui a rechargé quelques temps les batteries d'un vieux misanthrope que je suis peu à peu devenu…

Ces demoiselles au tableau noir
Souvenirs d'institutrices en Oisans
Collection : "l'Empreinte du temps"
Presse Universitaires de Grenoble
Sous la direction de Roger Canac

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"Le titre de ce livre en cache un autre, qui pourrait être «Maîtresses d'école du bout du monde». Un bout du monde, en effet, le massif de l'Oisans, au sud-est de Grenoble, avec ses sommets à près de 4000 mètres, ses vallées et ses rivières tumultueuses aux noms chantants, la Romanche, le Vénèon, le Ferrand, la Lignarre, la Sarenne ou l'Eau d'Olle.
Avant comme après la Seconde Guerre mondiale, les routes sont rares et les chemins acrobatiques, qui conduisent à des villages ou des hameaux perdus, coupés du monde par la neige, les avalanches, les coulées de boue.
La « demoiselle » qui vient de terminer ses trois ans à l'Ecole normale de Grenoble se trouve projetée dans un autre monde : celui de la haute montagne à la fois rude et exaltant. Mais l'évocation de cet univers à la Zola est aussi un hymne à la joie : une leçon simple, sans grandiloquence, de celles qu'on appelait justement « maîtresses »..."

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Lisez ce livre, je suis bien certain que vous serez sous le charme, et que la dernière page tournée vous aurez ce vague sentiment d'avoir été un peu changé, amendé par cette lecture…

Je ne peux pas m'empêcher d'en retranscrire ici un court extrait.
Ce récit a été transmis par Simone Moulin nommée à Villard Reymond pour son premier poste en 1950…

…/…
Le départ pour les provisions de Noël
Cet hiver-là avait été «raisonnable» : un mètre dix de neige dans la cour de l'école : mais il fallait compter avec le vent : la «burle». L'école était au centre du village qui s'étirait tout au long d'un chemin creux. Un matin : pas d'élèves. Dans la nuit, la «burle» avait enfoui le chemin sous les congères; il fallait attendre le passage du cantonnier qui traçait à la pelle.
Le samedi matin (que j'ai dû remplacer par un jeudi) début des congés de Noël, une personne par famille avec le mulet chargé, prit la direction de Bourg-d'Oisans en vue d'emplettes. Le cantonnier et quelques hommes conduisaient la caravane. C'est alors seulement que je compris l'utilisation des poteaux reliés par des câbles au col du «Solude» : il n'y avait plus de chemin, les congères étaient énormes, les câbles bien venus. Les mulets passèrent cependant et nous attaquâmes la descente en lacets. Des coulées de neige en nombre : mais la plus importante dite «des pâturages» dépassa la possibilité des mulets que l'on déchargea. Chacun prit la charge sur son dos et tandis que les mulets, attachés à la queue leu leu, remontaient conduits par un volontaire, nous descendîmes tant bien que mal sur les blocs énormes de neige durcie. À mi-parcours se trouvait un coin-abri où se tenaient pelles et pioches en permanence. Il aurait été intéressant, me semble-t-il de filmer ce petit vrai documentaire pour nos jeunes collègues qui ne connaissent que la voiture.

Des moments joyeux
C'étaient nos rencontres, Denise à Villard-Notre-Dame et moi. Un jeudi chez l'une, le suivant chez l'autre. Cela faisait une bonne balade en plus du soutien moral. Le chemin de Villard-Reymond - à l'époque - pour rejoindre Villard-Notre-Dame commençait par une bonne grimpette pour accéder au col de « la maison des loups », de là il changeait de versant, franchissait des couloirs côté Bourg-d'Oisans et se terminait par une petite descente vers Villard-Notre-Dame. Un jeudi, nous nous étions donné rendez-vous à la Croix du Carrelet, promontoire belvédère d'où l'on admirait Rochail, le massif de la Meije et les Rousses. C'était un instant de plaisir intense mais qui cessa dès l'arrivée de la neige. De fin novembre à fin mai : hélas, chacun chez soi.

La fête de l'arbre de Noël à Villard-Reymond
De mémoire de «p'tarons» la dernière fête de l'école se perdait dans un passé lointain. Ancienne éclaireuse, je savais installer une petite scène avec rideau conduit par une ficelle double, vrai petit théâtre. J'avais fait préparer par mes élèves et les jeunes du village un programme qui se tenait debout : chants, poésies, danse, chants mimés, chœur parlé avec bruitage. Les jeunes ont donné une farce du Moyen Âge : «La farce du pâté et de la tarte». J'avais aussi de bons disques. Le prêtre - sans doute indulgent - était muet d'admiration. Puisqu'on y croyait, ça marchait. Raymonde m'apporta une aide irremplaçable pour le buffet-buvette et la tombola. Avec l'argent recueilli, en juillet, j'emmenai mes élèves et les parents volontaires au lac du Bourget, où pour la première fois ils prenaient le bateau jusqu'à l'abbaye de Hautecombe.

La fin de l'année
À mon retour après Pâques (que j'avais passé à Montélimar dans les vergers fleuris) je me retrouve au col du «Solude» avec quarante centimètres de neige. Là, le «cafard» m'a prise... C'est seulement début juin que l'on put sortir les animaux de leur long hivernage (pour les «débrouner» en patois du coin). On les faisait marcher sur les chemins du village pour les réhabituer à se servir de leurs pattes. C'était amusant, ils ne connaissaient plus la ligne droite. Nous sommes passés directement de l'hiver à l'été. Tous les pâturages exubérants de fleurs alpines ou des champs : asphodèles, gentianes, œillets, trolles, narcisses... une féerie ! Je montais au-delà de la cabane du berger à moutons pour surprendre chamois et marmottes. Nos ballades avec Denise avaient recommencé. Nous avons clos la fin de l'année par des retrouvailles au refuge du Carrelet après La Bérarde. Nous étions une dizaine de collègues amies à avoir «expérimenté» l'Oisans. Nous nous retrouvons chaque année pour un banquet de promotion.
…/…


Un peu dans le même ordre d'idée vous pouvez aussi lire : Une soupe aux herbes sauvages d'Emilie Carles.

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"Roman misérabiliste, récit larmoyant ? C'était l'écueil. Mais la vieille dame n'est pas de la race qui se lamente ou qui s'apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit qu'à Dieu et à l'autorité, elle professe féminisme, anarchisme et pacifisme. Comme ses petits-enfants, aujourd'hui. Elle n'accepte aucune fatalité, aucune soumission. Et se bat au nom d'un idéal que rien n'entamera. Mélange d'ardeur et de candeur, de révolte et d'ironie, d'idéal et de réalisme qui donne à "sa soupe " cette saveur si particulière."
Janick Jossin    L'Express

"Que l'on n'attende pas de cette Soupe aux herbes sauvages, une aimable collection d'historiettes pittoresques, un florilège de traits campagnards, vieilles tisanes et vieilles lunes. Emilie Carles, au terme de ses jours, a pris la plume comme on prend son épée : pour combattre les préjugés, pourfendre les puissants et les riches, dire leur fait aux malins."
Bruno Frappât     Le Monde

"Son livre est formidable. Elle ne cherche pas à faire littéraire, et elle y est en plein, du premier coup. Allez-y carrément".
Cavanna   Charlie Hebdo

Tout le monde devrait lire sa Soupe aux herbes sauvages. C'est un des plus beaux livres de l'année. Un livre salutaire.
Richard Cannavo Le Matin

Voici un court extrait du livre décrivant l'arrivée de l'institutrice Mademoiselle Allais (alias Emilie Carles) à la Monta en janvier 1924 :

…/…
Mais Abriès ce n'était pas La Monta, il y avait encore plusieurs kilomètres avant d'y arriver. Personne ne m'avait encouragée à faire cette route de nuit. D'ailleurs comment l'aurais-je faite? Il fallait que je trouve quelqu'un qui veuille bien m'y conduire. Je m'étais donc résignée à ce contretemps et j'étais décidée à trouver une chambre pour passer la nuit.
C'est à ce moment-là que je tombai nez à nez avec un grand escogriffe qui tenait par la bride une jument qui ne faisait pas loin d'un étage de haut.
« Pardon, me dit le bonhomme, vous êtes bien mademoiselle Allais, la nouvelle institutrice ?
Oui », dis-je. A part moi, je me demandais qui il était et ce qu'il me voulait.
«Je viens vous chercher pour vous amener à La Monta. Je viens de la part de votre amie Yvonne Richard, si vous voulez bien me permettre je vais charger vos valises. »
Le bonhomme prit mes bagages et il les porta au- delà de la jument, vers une espèce de cahute montée sur un traîneau. La jument c'était déjà quelque chose, un véritable monument, mais le traîneau avec dessus cette bicoque en planches d'où dépassait un tuyau de poêle qui fumait comme la cheminée d'un paquebot, c'était d'un comique! En plus j'étais tombée sur un bavard.
«C'est une chance que vous arriviez ces jours-ci, mademoiselle; vous seriez venue il y a seulement une huitaine vous risquiez la mort dans mon taxi.
— Votre taxi !
— Ben oui! c'est comme ça que je l'appelle, c'est mon traîneau-taxi, sans lui il ne serait pas question de voyager par ce temps. C'est le dernier confort de la montagne, il est autrement confortable que celui que vous avez pris depuis Guillestre. Je peux vous assurer que vous ne risquez plus rien.
Ah ! bon, je ne risque plus rien ! »
J'étais perplexe. Je me suis demandée si je n'avais pas affaire à un fada et si je pouvais lui faire confiance. A l'intérieur de la cabane il faisait bon, le poêle ronflait.
«Ce que je veux dire, continuait le bonhomme pendant qu'il m'installait, c'est que la semaine dernière j'ai bien failli brûler vif là-dedans, ce sont les cantonniers qui m'ont tiré d'affaire.
Ah ! bon, et maintenant vous dites que ça ne peut plus arriver ?
Non, je l'ai perfectionné, avant je n'avais qu'une porte et l'autre jour, quand je me suis renversé, le taxi a basculé du côté de la porte et moi j'étais tout seul avec le poêle qui fumait tout ce qu'il pouvait, je ne pouvais plus sortir. La porte était bloquée par la neige et s'il n'y avait pas eu ces cantonniers qui m'ont vu et qui sont venus me redresser j'aurais fini enfumé comme un renard dans son trou. Depuis que j'ai refait la cabine avec deux portes, il n'y a plus aucun risque, si une porte se bloque, on a l'autre. Allez, en route ! Hue ! la Bien Fendue !
La Bien Fendue ?
Oui, mademoiselle, c'est son nom, vous avez vu cette croupe! Il n'y en a pas deux comme elle pour se défendre dans la neige molle, en plus elle connaît sa route, il n'y a aucun danger de basculer dans un précipice.
Pourtant, vous avez bien basculé l'autre jour.
Ah ça ! La Bien Fendue n'y est pour rien, c'était le vent. »
Nous sommes partis. On n'y voyait pas à dix pas mais le bonhomme avait l'air de connaître la route et la jument aussi. Lui n'a pas arrêté de parler pendant les deux heures que dura le voyage. Deux heures pour faire les huit kilomètres qui nous séparaient de La Monta. Lorsque nous sommes arrivés, Yvonne Richard était là qui m'attendait.
…/…

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26 juillet 2008

Vous connaissez Petichet ?

Oui certainement mais comme un automobiliste pressé ou avec les yeux de l'habitude …
Derrière les façades, comment dire, austères qui s'alignent au garde à vous le long de la route Napoléon se cachent , pourtant, quelques singularités intéressantes qui méritent un peu d’attention.

Par exemple lorsque vous vous présentez à l'entrée nord du village, à la hauteur du camping des pêcheurs, saviez- vous que vous franchissiez le 45eme parallèle nord ?

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Preuve par l'image grâce à cette photographie aérienne de l'IGN.


Donc à Petichet nous sommes très exactement à mi distance entre le pôle nord et l'équateur !
Voilà qui mérite un petit effort de communication. On pourrait installer un joli panneau qui permettrait d'alimenter la conversation des touristes de passage …

Au même endroit on peut apercevoir la propriété ou a séjourné tous les étés le célèbrissime compositeur Olivier Messiaen.

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Photos de la pochette «Olivier Messiaen Inédits» (Editions Jade) montrant Olivier Messiaen en plein travail dans sa maison de Petichet. En arrière plan le lac de Petichet.

Encore un fois un petit effort de "com" à trois sous permettant de diriger quelques passants vers le belvédère Olivier Messiaen serait le bienvenu…
A cet emplacement on pourrait envisager quelques fleurs, une présentation succincte de sa vie, de son œuvre fortement inspirée par la Matheysine, ses paysages, ses lacs, ses oiseaux .
Et montrer ainsi tout l’attachement d’Olivier Messiaen à sa terre d’adoption .Ce serait l’hommage simple et amical d’une communauté à un très célèbre musicien.

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Olivier Messiaen (1908-1992) . Photo communiquée par Mme Yvonne Loriod-Messiaen à René Reymond pour illustrer son ouvrage «Mémoire de Saint Théoffrey »

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Le père Roger Gaillard curé de Saint Theoffrey depuis 1972 et Olivier Messiaen en 1990. Photo de Mme Yvonne Loriod-Messiaen confiée à René Reymond pour illustrer son ouvrage «Mémoire de Saint Théoffrey ».

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Photos de la pochette «Olivier Messiaen Inédits» (Editions Jade) : Yvonne Loriod-Messiaen à Paris en décembre 1998 (Photo Malcom Crowthers).

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La tombe d'Olivier Messiaen dans le petit cimetière de Saint Théoffrey

Un peu plus loin vous avez, bien entendu, remarqué la chapelle de Petichet. Elle remonterait, en partie au XII éme siècle (d'après "Le plateau Matheysin" de Pierre Berthier écrit en 1939) . Elle possède une magnifique fenêtre de style gothique qui devrait mériter un peu plus d'attention…

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Durant la révolution , elle a servi de poudrière . En 1887 durant les travaux de construction de l'école , de nombreux ossements humains ont été mis à jour, preuve de la présence d'un ancien cimetière remontant aux années 1200 !

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"La fenêtre, tracée en tiers point, aux arêtes abattues en congé, est refendue par un remplage dessinant deux lancettes trilobées surmontées d'un écoinçon ajouré, également trilobé. Ces formes, qui appartiennent au dernier gothique, s'observent en général à la fin du XVème siècle. Dans un modeste hameau tel que Petichet, la permanence de ce style jusque vers le milieu du siècle suivant ne serait pas pour surprendre. La construction tardive de cette chapelle, dans la première moitié du XVIème siècle, expliquerait d'ailleurs le silence des textes pendant tout le Moyen Age... " (A. de Montjoye).

De l'autre coté de la route au faîtage d'un toit : un magnifique Saint Eloi crossé et mitré tenant fermement un marteau.
Il a été installé ici par M Jules Villard, inventeur du "char à rondelles" forgeron et charron de son état…

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A suivre si le cœur vous en dit .../...



19 juillet 2008

Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui

Le temps passe et change les choses. (et les êtres !) .
Notre environnement qui nous semble immuable se métamorphose pourtant jour après jour, soit par touches insignifiantes, soit par modifications importantes.
Nous enregistrons toutes ces transformations sans y prêter attention. Il est souvent bien difficile de recréer par l'esprit les paysages "d'avant" et il n'y a que la photographie qui puisse nous les rappeler .

Je souhaite montrer ici ces quelques photos des Gonthéaumes datant de 1958/1959.

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Alors voilà qu'il faut se poser la question de savoir si c'était mieux avant …

Les "anciens" éprouveront certainement une certaine nostalgie.. les nouveaux résidents seront sans doute déconcertés par une vague impression de vide et de virginité…
Les perspectives étaient simples et pures. Les lignes de forces du paysage étaient évidentes et claires.L'harmonie et l'équilibre du panorama parfaitement respectés…


Je souhaite connaître votre sentiment…

Etes-vous adepte du développement sans contrainte? (au détriment, souvent, de l'entité paysagère).
Etes-vous partisan de l'immobilisme absolu?
Etes-vous pour une évolution réfléchie et qualitative?
Etes-vous sensible à la notion de "pays"? (aire géographique agrégeant esthétique paysagère, architecture, coutumes etc…)
Est-il souhaitable d'utiliser dans ce territoire de montagnes les mêmes méthodes urbanistiques que partout ailleurs?
Faut-il privilégier l'accueil, le tourisme doux, les activités "industrielles" ou tertiaires (à taille humaine) sur le plateau?
Est-il souhaitable de transformer la Matheysine en une banlieue dortoir hébergeant des personnes travaillant à Grenoble?
Faut-il conserver des "paysans" et insérer leur activité dans un "plan" de valorisation de nos territoires de montagne?

A ce stade du questionnement je ne peux m'empêcher de retranscrire à nouveau cet extrait du livre "La chasse au bonheur" de Jean Giono :

"
Il est évident que nous changeons d'époque. Il faut faire notre bilan. Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d'âme et peuvent encore l'être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir. Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès. Nos « belles » créations se comptent sur les doigts de la main, nos « destructions » sont innombrables. Telle prairie, telle forêt telle colline sont la proie de bulldozers et autres engins; on aplanit, on rectifie, on utilise; mais on utilise toujours dans le sens matériel, qui est forcément le plus bas. Telle vallée, on la barre, tel fleuve, on le canalise, telle eau, on la turbine. On fait du papier journal avec des cèdres dont les Croisés ont ramené les graines dans leurs poches. Pour rendre les routes « roulantes » on met à bas les alignements d'arbres de Sully. Pour créer des parkings, on démolit des chapelles romanes, des hôtels du XVIIe, de vieilles halles.
Les autoroutes flagellent de leur lente ondulation des paysages vierges. Des combinats de raffineries de pétrole s'installent sur des étangs romains. On veut tout faire fonctionner. Le mot «fonctionnel» a fait plus de mal qu'Attila; c'est vraiment après son passage que l'herbe ne repousse plus. On a tellement foi en la science (qui elle-même n'a foi en rien, même pas en elle-même), qu'on rejette avec un dégoût qu'on ne va pas tarder à payer très cher tout ce qui, jusqu'ici, faisait le bonheur des hommes.
Cette façon de faire est déterminée par quoi ? Le noble élan vers le progrès ? Non : le besoin de gagner de l'argent…"

6 juillet 2008

Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers

Le Petit Train de La Mure mérite plusieurs articles . Ils viendront certainement . Pour l'heure il s'agit de décrire une "bouffée de souvenirs" qui me remonte tout à coup à l'esprit en voyant passer un TGV à un passage à niveau …/…

Septembre 1982 . Bientôt 26 ans, et pourtant je me souviens encore parfaitement de cette journée de complicité avec mon grand-père . Ce jour là nous avions décidé une petite escapade "entre hommes" car la veille au soir la conversation avait porté sur de vieux souvenirs de "voyages ferroviaires" entre St Georges de Commiers et La Mure . Belle occasion d'aller voir sur le terrain le fameux petit train …
Nous voilà partis dans la rutilante R16 du grand-père (modèle 1968- une des rares voitures qui soit sortie des chaînes Renault en mai-) pour suivre au plus près possible la magnifique ligne de chemin de fer . La Mure, Le Villaret, La Festinière, La Motte d'Aveillans, La Faurie, Les Bethoux, les viaducs du Loulla, le viaduc du ruisseau de Vaulx, Treffort, La Motte les Bains, Monteynard, Notre Dame de Commiers et finalement Saint Georges de Commiers gare.
Arrêt buffet tout le monde descend !
A quai une rame touristique complète attelée à une locomotive Sécheron .

Petit coup d'œil à l'intérieur d'une voiture voyageurs :

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Elle est magnifiquement restaurée : les banquettes en bois, les lampes de plafond, les filets à bagages, tout est parfait, même un étrange odeur mélangeant créozote, huile et métal chaud…

Les ateliers sont ouverts, des ouvriers reviennent d'une intervention sur les voies et s'apprêtent à remiser un adorable locotracteur destiné à l'entretien . Et si on allait voir.

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Bon accueil, la visite s'improvise petit à petit . Notre guide, passionné, nous embarque dans un tourbillon de paroles, d'anecdotes, de détails techniques .Nous essayons d'ingurgiter toutes ces informations …
Une locomotive est en pleine révision. C'est un "grand relevage", tout est démonté, ausculté, vérifié .C'est avec beaucoup de plaisir que nous sommes entraînés dans un jeu de meccano géant.

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Pantographes à terre...

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Châssis aux sections colossales

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Fosse d'entretien

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Tour (gigantesque) de rectification des bandages de roues

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Roues munies d'engrenages formidables

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Stators des moteurs électriques de traction démesurés…

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Appareillages électriques démontés

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Poste de conduite de la locomtive Sécheron T6 (frein de secours)

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Locomotive Sécheron T10 en attente sur une voie de garage

21 juin 2008

Vers le lac et le glacier d'Arsine

Demain il va faire beau…
On pourrait en profiter pour faire une petite virée tous les deux en pères peinards !
On prend ma voiture, tu t'occupes de la bouteille de beaujolais . On prépare les sacs ce soir et demain matin à 6 heures on décolle…
Le jardin, le travail au bois, le bricolage, la peinture des volets etc etc…attendront bien un peu . Profitons de ces dernières belles journées d'automne, ces "veilles" comme on dit ici, pour s'oxygéner un peu la cervelle.

Mais, au fait, où va-t-on ?
Le pic de Bure, Le Grand Ferrand, le Coiro par le Rif Bruyant, le Paletas, la Brèche du Perrier, le lac Labarre, le Taillefer, le lac du Vallon et le Rochail ?…
Bof non…
Alors le Mont Blanc, la Barre des Ecrins, le Râteau, la Meije ?
Tu te moques de moi !
Et si on allait se rafraîchir les idées aux pieds du glacier d'Arsine .
Excellente proposition ! Bonne nuit, et n'oublie de remonter le réveil …

Direction le col du Lautaret . Après avoir affronté la folle noria des camions puants et agressifs qui s'obstinent à emprunter la N 91 nous arrivons enfin en vue du parking du Lautaret. (Celui qui donne sur le sentier des crevasses) . Ouf !
A peine descendus de la voiture c'est une véritable fuite pour s'éloigner de ce cauchemar routier…

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Après avoir rapidement contourné le Combeynot on se sent tout de suite mieux à l'approche du sentier des crevasses en apercevant des petits bouts du glacier de l'Homme et la Meije dans la froide lumière du matin.

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Une marmotte monte la garde un peu au dessus du Pas d'Anna Falque. Elle rapporte certainement dans ses poches le bulletin météorologique du jour à sa petite communauté... ( une station automatique est située un peu plus haut).

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C'est bientôt l'Alpe de Villar d'Arêne et après avoir laissé sur la gauche le plan de l'Alpe on peut apercevoir le refuge Adéle Planchard adossé à la Grande Ruine.

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Il faut alors continuer à suivre le GR 54 qui escorte fidèlement le Rif de la Planche et, une fois le minuscule lac de l'Etoile dépassé, monter à l'abordage d'une imposante moraine qui donnera sur le lac d'Arsine.

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Lac et glacier d'Arsine, la montagne des Agneaux...

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Le lac d'Arsine est un endroit assez "couru" et il est bien rare de s'y trouver seul. Ce jour "l'armée française" était en promenade et le passage expéditif du groupe nous a un peu flétri le moral : les Chasseurs Alpins étaient en forme et c'était pas le momentde faire la course avec eux…

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La Romanche (bébé).

Bonus de la promenade : moyennant un petit détour par Valfourche il est possible de remonter vers les sources de la Romanche …

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15 juin 2008

Le canal du Beaumont

Le canal du Beaumont.

Voilà une bien belle promenade pour une chaude journée d'été !

Le cheminement le long du canal du Beaumont est un véritable bonheur . La marche y est très facile, la dénivelée négligeable . Enfin, par endroits, la vue est superbe sur Valbonnais, son château, la Bonne et son plan d'eau. Tous les ingrédients d'une bonne après-midi de détente en famille loin des galeries marchandes et à l'abri des décervelages télévisuels…

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Valbonnais   Le Coiro   L'Etilier  Entraigues   L'Arcanier   Les Verneys   Les Angelas

Les seules précautions à prendre sont de bien surveiller les enfants et de tenir les chiens en laisse lors de la balade. Le canal est assez peu profond mais le courant est traître et les passages en sous terrain fréquents rendraient les repêchages éventuels périlleux… . Il faut donc un minimum de vigilance !

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Rapidement, grâce au chuintement de l'eau et à sa fraîcheur bienfaisante, la quiétude de l'endroit vous gagnera . Si vous êtes en forme vous pourrez pousser vers les crêtes du Beaumont.

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Promenade accessible à tous, petits et grands !

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Le départ de la promenade se situe dans une épingle de la D212 menant des Angelas au col de Parquetout. Prendre le chemin vers la droite et comme d'habitude je vous laisse prendre la carte IGN ad hoc pour tracer votre plan de marche .
Une excursion doit toujours commencer par un coup d'œil sur une carte : c'est le meilleur moyen de faire travailler l'imaginaire . Les noms de lieux, les courbes de niveaux, les détours de sentier, la couleur des remplissages . Voilà prétextes à rêver avant de passer à "l'action" Et puis il me semble important de pouvoir nommer ce que l'on voit en promenade, en effet il n'y a rien de plus désagréable que de voir une montagne et de ne pas en connaître le nom !

En traversant Valbonnais n'oubliez pas de d'aller voir le carré magique . Palindrome énigmatique daté du XVIIIe siècle joliment mis en valeur dans un mur de soutien au cœur du village .

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Pour tout connaître sur le canal du Beaumont je vous conseille la lecture de Mémoire d'Obiou n° 11. Vous y trouverez  un article très documenté écrit par Pierre Barnola…

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Enfin pour une approche plus "romancée" vous pouvez aussi lire : les souliers ferrés de Maurice Bouchet. Une bien jolie façon de s'imprégner des lieux par le truchement des aventures d'un prisonnier allemand de la guerre de 14/18. Embauché au chantier du chemin de fer La Mure-Corps, il se voit détaché à la remise en état d'un canal d'irrigation qui pourrait bien être notre canal du Beaumont…

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Court-vêtue et chaussée de souliers ferrés, un peu garçon manqué, Jeannette parcourt seule les sentiers, entre le hameau d'altitude où vivent ses parents et le village où elle est institutrice. Sur son chemin, elle croise le chantier du chemin de fer qui perce les flancs de la montagne. En ce printemps 1917, la plupart des ouvriers sont des prisonniers de guerre allemands, réchappés de la boue des tranchées. Jeannette ne peut détacher son regard de l'un d'entre eux, au nom à la consonance si familière : Berard. Quel n'est pas son trouble lorsqu'elle découvre le jeune homme plongé dans la lecture d'une carte de géographie dans sa salle de classe...

8 juin 2008

Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...

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Dauphiné Libéré -novembre 1957-.

Une remarquable église romane qui disparait

Saint Théoffrey
Elle n'est aujourd'hui plus que ruines, l'antique église de Saint- Théoffrey.(1)
Et on le regrette dans la région. Car il constituait un très intéressant élément de l'architecture de notre passé, le vénérable monument religieux. Un élément qui eût dû être conservé et dont la protection, à la suite de pertinentes démarches entreprises par M. Jules Poncet, propriétaire de l'ancienne maison curiale voisine, avait d'ailleurs été demandée au ministère par l'inspecteur des Sites de la région Rhône-Alpes.
Du modeste édifice, en grande partie déjà effondré, la voûte en berceau à l'intrados souligné par des arcs-doubleaux, supportait, naguère encore, un clocheton qui se dressait toujours fièrement. Bien que, de ce dernier, s'en allât la toiture d'ardoise et que la croix, cependant fine et légère, ne montât plus dans le ciel et dût s'appuyer sur son croisillon.
Avec ses élégantes colonnettes aux remarquables chapiteaux, à large et haut tailloir, d'un beau décor roman où se montrent des têtes d'animaux, il était, plein de charme ce clocheton ajouré, et l'ensemble, émergeant des arbres et des buissons de ronces et dominant le plateau matheysin, en manquait ni de caractère ni de grandeur.
L'angle nord-est du clocheton s'écroula en février 1954 ; son côté est, en 1955. En septembre dernier, ce qui en restait, devenant dangereux, fut abattu, à l'exception des deux angles ouest que l'on laissa subsister à faible hauteur, de façon à garder à la ruine une certaine symétrie. M. Jules Poncet recueillit pieusement les quatre colonnettes avec leurs chapiteaux et les plaça dons son jardin.
La paroisse de Saint-Théoffrey prend son origine à une époque fort reculée. Vers l'an 1100, elle est mentionnée, avec son église, dans plusieurs documents, sous le vocable de Notre-Dame. En 1375, elle faisait partie des biens de Guigues Alleman, seigneur de Valbonnais, de qui elle passa à Guy, fils de ce dernier, seigneur de Champ. Elle appartint ensuite à Henri Alleman, seigneur d'Allières.
Si l'on devait en croire une vieille tradition populaire, il y aurait eu, jadis, dans cette paroisse, un monastère — un couvent de Bénédictins — ayant été un lieu de pèlerinages importants et dont les restes disparurent à la Révolution.En fort mauvais état au début du XVe siècle, l'église fut restaurée et transformée, puis placée sous un nouveau vocable : celui de Saint-Théoffrey, martyr, second abbé de ce monastère de Carmery, fondé en 570, à quelques lieues du Puy-en-Velay, sous la règle de Saint-Benoît de Nursie.
En 1514, elle se trouva dotée d'une cloche, offerte par Jeanne de Saint-Priest, alliée aux Allemon d'Uriage. Cette cloche, qui portait les armes des Richard de Saint-Priest ; " d'azur à trois quinte-feuilles d'argent ", devait être refondue en 1873, aux noms d'Antoine et Claire Teyssier-Palerme de Savy, ses derniers parrains, pour être logée dans le clocher de la nouvelle église paroissiale des Gonthéaumes, alors que le vieux monument était désaffecté.
Au coté droit de l'église des Gonthéaumes, l'autel — de marbre rose — était à son tour déposé. L'autel primitif, celui de Notre- Dame, constitué par une simple dalle de calcaire, se trouve de nos jours dans la cour de l'ancienne cure.

V.-M. DE FABRY.

(1) Saint-Théoffrey. . petit hameau formé de quatre maisons fermières — dont l'une est l'ancienne cure — nichées, près de l'église en ruines, sur la montagne des creys, a. donné son nom à. la commune, qui comprend, avec ce hameau, ceux de Petichet, Les Gonthéaumes. Les Thénéaux et La Payolle.

Quand, en 1790, le canton de La Mure fut partagé en deux, pour constituer le 20me et le 21me cantons du district de Grenoble, celui-ci réunit les communes de Saint-Théoffrey, Pierre-Châtel. Villlard-Saint-Christophe, Cholonge, Laffrey, Notre-Da.me-de-Vaulx et Saint-Jean-de-Vaulx, et .eut pour chef-lieu Saint-Théoffrey.Mais un arrêté des consuls supprima ce canton en octobre 1801. Et, à l'exception des communes de Laffrey et de Saint-Jean-de-Vaulx, qui furent rattachées au canton de Vizille, les autres communes qui le composèrent rentrèrent dans le canton de La. Mure, dont elles avaient été séparées.


Dans l'ombre, est-ce un moine arrêté,
Avec une étrange clarté
Dans des yeux pleins d'éternité ?
Des ruines saintes, chaque pierre
S'est irradiée de leur lumière
L'air est tout vibrant de prière...

HENRIETTE FILLOUX Saint-Théoffrey - 6 sept.1945

8 juin 2008

La vieille église Romane de Saint Théoffrey

Saint Théoffrey ? Un nom bien énigmatique .

Voici quelques différentes variantes relevées au cours des siècles sur la façon d'orthographier "Saint-Théoffrey":
Ecclesia sancti Theofredi de Laus (XIe siècle)
Parrochia sancti Thoffredo (en 1266)
Sancti Theofreydi de Matacena (en 1288)
Sanctus Theofredus (en 1339)
Saint-Théoffrey (en 1515)

Saint Théoffrey ? Qui est donc ce Saint au nom si étrange ?

D'après L'Abbé Dussert (Essai historique sur La Mure et son mandement), Pierre Berthier (Le Plateau Matheysin) et René Reymond (Mémoire de Saint Théoffrey) il s'agit d'un martyr, deuxième abbé du monastère de Carmery, fondé non loin du Puy en Velay vers 570, sous la règle de St-Benoît…

Voilà qui est dit !

Maintenant pourquoi, au XI me siècle, a-t-on éprouvé le besoin de construire une église en un lieu aussi isolé ?
Probablement pour la protéger des pillards et bénéficier d'un emplacement concentrant certaines influences du sous-sol.

Ce sanctuaire a du connaître bien des vicissitudes jusqu'à sa restauration entreprise par le curé Joseph Bard de 1844 à 1852. La nouvelle église des Gonthéaumes lui porta assurément le coup fatal. Abandonné, ruiné par les intempéries, pillé, le bel édifice roman a petit à petit disparu sans que personne ne s'en émeuve vraiment !

Les quelques photos retrouvées nous permettent de bien visualiser la rapidité exponentielle de cette déchéance .

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La plus ancienne photo de l'église romane de Saint Théoffrey (1900) -Abbé Dussert-


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Photographies datant des années 1950


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Photo fournie par Mr Jules Poncet (à comparer avec la première de l'Abbé Dussert!)


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Quelques photos plus contemporaines montrant la dégradation de l'édifice...


La tradition fait souvent référence à la présence d'un couvent de Bénédictins, d'un monastère, à Saint Théoffrey. Est-ce une confusion avec le Prieuré de Saint Michel du Connex fondé au XI me siècle par le Seigneur Lantelme (étude de Pilot de Thorey)?

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Ce prieuré lui aussi en ruine peut, si le cœur vous en dit, faire l'objet d'une jolie balade dans les sous-bois du Connex à la recherche des "moines rouges" .

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Pour y aller le plus agréable est d'emprunter la route entre Saint sauveur (Notre dame de Mésage)et Champ sur Drac. Au niveau d'une barrière (normalement relevée!) prendre un chemin bien tracé dans le talus en direction du sud…) . Pour plus de précisions référez-vous à vos précieuses cartes IGN habituelles !

7 juin 2008

Les yeux de l'oncle Jules...

 

 

 

Chaque fois que j'emprunte la route qui part de La Mure pour rejoindre La Motte d'Aveillans, à Nantizon, mon regard est attiré par un monument aux morts 1914-1918 représentant un poilu figé dans une attitude stéréotypée et bien caractéristique.

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Après la Grande Guerre, la France s'est couverte de ce type de monuments. Chaque commune a voulu rendre hommage à ses enfants morts dans les atrocités de ce carnage sans pareil jusqu'alors et, l'émulation aidant, on a assisté à une véritable compétition…La statuaire de ces monuments tourne toujours autour d'une allégorie de l'héroïsme, du courage, de la bravoure…Point de sacrifice dans le geste, la posture doit être patriotique et dégager une énergie sans faille… positive.
A cent lieues de ce que devaient ressentir tous ces pauvres jeunes gens dont la jeunesse et les rêves ont été irrémédiablement brisés par ce grand gâchis.

 

Voilà qui me fait penser aux photos de mon grand oncle Jules…
Dans une vieille boîte à chaussures un paquet de photos et de cartes postales jaunies : Photographies de paysages défraîchies, de noces campagnardes, de mariés figés devant l'objectif et surtout trois photos cartonnées.

 

Tout d'abord un portrait de grande qualité, visiblement le travail d'un bon photographe professionnel, montrant un magnifique jeune homme aux yeux brillants d'intelligence, soigné dans son attitude comme dans son habillement.

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Ce regard dégage, comment dire, de la modernité, de l'optimisme, de la confiance en la vie…

 

 

 

En un raccourci terrible les deux autres photos, moins parfaites techniquement, nous montre le même jeune homme à son retour de la guerre.

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Sur la deuxième photo quelle transformation ! Visiblement affaibli physiquement, sa posture est bien différente. Le regard est rempli de terreur, les yeux si brillants auparavant, sont devenus des puits d'angoisse.

 

 

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La troisième photo nous montre, à nouveau l'oncle Jules à l'extrême gauche, et aussi ses compagnons d'infortune. Presque tous médaillés, mais soit amputés soit visiblement en mauvaise santé… Toute une génération sacrifiée, volée, spoliée de sa jeunesse.

 

Plus que tous les monuments du monde ces trois photos m'émeuvent à chaque fois que je les regarde.

La juxtaposition de ces deux périodes de la vie d'un homme, qui va mourir des suites de ses blessures comme on a l'habitude de dire, est peut-être ce que l'on pourrait montrer aux jeunes de nos écoles afin de "matérialiser" les horreurs de la guerre…

31 mai 2008

Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.

Veuillez excuser la bizarre approximation qui me fait penser, en cette fin mai 2008 --(40 ans après les célèbres événements de 1968)--, à la belle randonnée que l'on peut faire dans le pays de la Meije vers le lac du Pavéet qui m'offre le pretexte d'écrire cet article.

Bref, cette belle et abordable randonnée, malgré une dénivelée substantielle, permet de s'immerger facilement dans une ambiance de hautes montagnes et d'aborder sans "escalade" certaines des "effervescences de l'esprit" qui guettent parfois les personnes réceptives aux émotions déclenchées par ces "Hauts Pays".

Franchi le pas d'Anna Falque la désobéissante bergère qui, d'après la légende, s'est précipitée dans les eaux tumultueuses de la Romanche pour avoir été au bal… la randonnée se transforme en une gentille balade sur pelouse alpine jusqu'au plan de Valfourche.

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Le plan de Villar d'Arène...Valfourche...

La facilité de cette marche aisée et la beauté des sommets qui nous surplombent donnent un étrange sentiment de plénitude . Quelle forme on tient aujourd'hui pour évoluer aussi aisément dans ce paradis…
Le glacier de l'Homme, les Agneaux, la Grande Ruine… tout est proche et semble accessible.
Le monde fabuleux de la haute montagne est à portée de main.

Profitons en pleinement, on rigolera moins tout à l'heure sur les interminables moraines du glacier du Clot des Cavales !

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Col du Clot des Cavales

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Col du Clot des Cavales

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Glacier du Clot des Cavales

Au fur et à mesure de la grimpette l'atmosphère "s'ensauvage" encore, la lumière change, les pieds et les jambes fonctionnent en autonomie complète étant donné que les yeux et la tête ont bien autre chose à faire : regarder, engranger sensations, émotions, souvenirs…

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Glacier du Clot des Cavales

Tout compte fait cette activité qui semble à première vue purement "musculaire" s'avère beaucoup plus "intellectuelle" que prévu.

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Vallon du Clot des Cavales

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En vue du refuge du Pavé

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Vallon du Clot des Cavales

Comme presque à chaque escapade en montagne (même, comme ici, lors d'une randonnée très accessible) d'étranges symptômes apparaissent :
Le temps semble ne plus compter, le présent suffit . Il devient essentiel de profiter au maximum de l'instant, de s'imprégner de l'atmosphère des lieux, de jouir pleinement d'un bonheur étrange, incompréhensiblement dense et fort .
Les neurones et les synapses s'échauffent à engloutir dans les greniers de la mémoire toutes ces émotions qui seront bientôt si utiles pour "tenir le coup" et affronter les grisailles du quotidien.

On sent bien dans ces moments qu'une certaine euphorie,(folie peut-être) pourrait nous gagner…

Voyons ce que Samivel en dit :

"Il est bien certain qu'en haute montagne l'alpiniste est transporté dans un milieu inhabituel où les conditions de vie, très modifiées, réclament de la part de tout l'être une adaptation nouvelle. La pression atmosphérique, la tension électrique, les radiations d'origine solaire et stellaire, ont évidemment une influence directe sur nos fonctions nos échanges et nos réactions, et contribuent à nous placer dans un certain état d'euphorie, d'ivresse mentale et physique, que la fatigue de l'organisme augmente et qui est d'ailleurs loin d'être sans péril.

" Mais voici. que les yeux, à leur tour, apportent témoignage. Ce monde des cimes que vous trouviez laid, parce qu'il ne comporte aucun des caractères qu'une longue fréquentation des plaines, de la mer, des douces collines, vous ont habitué à découvrir dans un paysage, et que l'Alpiniste aime pour les motifs mêmes sur lesquels vous fondez votre condamnation, ce monde abstrait, sévèrement limité à quatre éléments plastiques, ciel, nuages, rocs, neige, dont l'orchestration suffit à lui assurer une incroyable diversité de visages, ce monde dépouillé, sans échelle, et qui repousse implacablement toute vie ou du moins tout ce qui nous paraît être la vie, propose à nos sens, hors de l'espace et du temps, une image aride de l'absolu qui se confond ici avec celle de la mort.

" Vous comprenez mieux, désormais, l'influence, au premier abord disproportionnée, qu'exercent sur certaines vies ces courts passages dans un univers où seuls les purs esprits seraient à leur aise, et où la pesanteur se charge de nous rappeler à chaque pas que nous ne sommes que des hommes. Vous saisissez aussi comment l'alpinisme peut devenir le canal par où certaines tendances mystiques, et plus simplement certains idéals insatisfaits, cherchent à s'épancher, tandis que les courtes heures vécues en haute montagne paraissent arrachées désormais à un vague paradis à peine entrevu, dont le grimpeur conserve un souvenir ébloui, et dont chaque cime nouvelle lui ouvrira peut-être définitivement les portes."

Samivel : Nouvelles d’en haut

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Le refuge du Pavé. (Au premier plan les fondations de l'ancien refuge ruiné par une avalanche)

Petite déception en vue du refuge du Pavé...
Le refuge c'est cette baraque de chantier ? non ... c'est pas possible!
C'est pourtant bien le refuge actuel, l'ancien a été emporté par une avalanche...

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Accueillant, très bien tenu, chaleureux même...
C'est bien l'essentiel...

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Le lac, le Pavé, le Pic Gaspard, à gauche -plus loin- la Meije...

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Un dernier regard avant le retour... sur terre.

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