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Matheysine et Hauts Pays ...

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Introduction
En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
Bêtes et hommes, mon chien...
Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey
Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
Quelle est triste la montagne !
Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
Crash sur L'Obiou
Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
Le puits des Rioux
Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
En allant vers le lac du Vallon et le col du Rochail...
Adieu Emile Masse...
Matheysine, terre d'inspiration.
Le sentier des Pères vers Notre Dame de la Salette
Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
La Matheysine vue du ciel...
Juillet Août mois des obsessions
Institutrices en Oisans...
Vous connaissez Petichet ?
Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui
Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers
Vers le lac et le glacier d'Arsine
Le canal du Beaumont
Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...
La vieille église Romane de Saint Théoffrey
Les yeux de l'oncle Jules...
Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.
Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.
En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946
Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...
Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse
Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...
Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche
La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
31 mai 2008

Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.

La balade du Piquet de Nantes à l'extrémité sud du Tabor de Matheysine est bien gratifiante …La vue y est somptueuse .

Ce magnifique belvédère permet d'embrasser en un regard circulaire la majeure partie du plateau Matheysin, le Trièves, la muraille est du Vercors, le pic de Bure, l'Obiou et le bout du nez de son cousin le Grand-Ferrand…

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En se retournant voici le sommet du Tabor à portée de la main, un peu plus loin le Taillefer, le Grand Armet, le Coiro, la Grisonniere…

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Ici le Piquet de Nantes est situé à l'extrème droite de la photo...

L'été il est préférable d'y grimper par le sentier qui part de la route menant au Poyet, juste après le virage à angle droit situé 500 m en amont de l'embranchement de la Maison Félix. Le sentier chevauche la "Grande Combe" puis la "Combe de la Scia" pour déboucher à la fontaine de Bigasset, il ne reste plus alors qu'à se hisser sur la croupe du Tabor…

Il est possible, aussi, d'y parvenir par le col de Malissol ou par la crête des Barres si on a encore un peu d'énergie à dépenser après l'ascension du Tabor …

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Au sommet on découvre une croix métallique maltraitée par les éléments . C'est peut-être celle qui avait été montée par l'abbé Pierre en 1942…


En effet l'abbé Pierre a séjourné un temps dans la région et, jeune alors ,il aimait randonner en montagne.

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Ayons, ici, une petite pensée pour cet homme qui a tendu la main à beaucoup de monde...

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L'Abbé Pierre au sommet du Piquet de Nantes le 21 juillet 1942


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1941 : l'Abbé Pierre à la Mure

60 années de sacerdoce, 60 années de luttes au service des autres, d'abord contre l'occupant au service des innocents pourchassés, ensuite contre la misère au service des sans-logis.

A l'occasion de ce jubilé, l'abbé Jean Bonnet et quelques Murois qui l'ont connu ont bien voulu nous faire part du passage de l'abbé Pierre à La Mure où il séjourna du printemps 1941 à juillet 1942.

En effet, récemment démobilisé et souffrant des séquelles d'une pleurésie contractée sur le front, l'abbé Henri Grouès fut affecté par l'évêque de Grenoble à La Mure comme aumônier de l'hôpital et du collège de l'époque (l'actuel lycée). Ce jeune prêtre envoyé en convalescence en Matheysine où il pouvait bénéficier de l'air vivifiant des montagnes se révéla vite comme un battant, plein de vie et dont l'activité débordante allait s'exprimer auprès de la jeunesse locale. Si notre région ne connaît pas encore les rigueurs de l'occupation elle n'en subit pas moins les restrictions de tous ordres et c'est dans un climat d'inquiétude permanente que vit la population et que se trouve confinée la jeunesse en quête d'activité.

Dès son arrivée, l'abbé s'efforce "de redonner aux jeunes une âme, une fierté, une énergie". Entre autres, il crée le premier groupe scouts de La Mure et s'emploie à remplacer le pessimisme ambiant par un enthousiasme débordant où ce visionnaire perçoit déjà le renouveau du pays. C'est vers la montagne qu'il guidera naturellement ses jeunes. Pour eux, il organise des randonnées : de La Salette il les conduira au Gargas, au Chamoux, puis ce sera le Tabor, l'oreille du loup et plus loin le Valgaudemar, le Taillefer, l'Obiou. Dans le même temps il crée le groupe des guides qui placé sous la responsabilité de Melles Simone Froment et Thérèse Hivert perdurera de nombreuses années .

L'été 1941 le jeune aumônier, jamais en cours d'idées nouvelles ira avec ses scouts planter la croix à 2213 m d'altitude au sommet du Piquet de Nantes, massif d'accès relativement facile mais que l'on peut apercevoir depuis le centre de La Mure, C'est le dimanche 21 juillet 1941 que l'équipe installe son camp de base sur le promontoire de la Scia, un camp bien modeste formé de trois toiles de tentes, mais quel enthousiasme !

Le lundi 22 juillet au lever du jour une messe de la liberté est offerte depuis ce promontoire et toute l'équipe se met au travail. Le mardi 22 juillet alors que tombe le jour, l'éclatante joie de la flamme du feu de camp annonce sur la plaine que là-haut la croix est debout.

Un mois plus tard, le 31 août 1941, 250 jeunes montagnards sont réunis au sommet de la montagne pour la bénédiction solennelle de la croix du Piquet de Nantes qui remplacée quelques décennies plus tard par un ouvrage métallique reste le témoin d'une époque. Au mois de juillet 1942 l'abbé Grouès est appelé par son évêque comme vicaire à la cathédrale de Grenoble et l'abbé Pierre devient le fondateur du maquis de Malleval.

Dauphiné Libéré (mercredi 18 novembre 1998)  Roland MICHON


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Les Murois se souviennent de l'abbé Pierre.

La disparition de l'abbé Pierre ravivera pour de nombreux Murois, alors collégiens, le souvenir de juin 1940 où la France subit l'occupation des armées allemandes. Dans ce contexte, un jeune prêtre est nommé à La Mure aumônier de l'hôpital et du collège. L'abbé Henri Grouès arrive de Lyon. Malade, il a besoin de repos. Entre autres, il crée le premier groupe scout de La Mure et s'emploie à remplacer le pessimisme ambiant par un enthousiasme débordant où ce visionnaire perçoit déjà le renouveau du pays. Et c'est vers la montagne qu'il guidera les jeunes. Le Tabor et plus particulièrement le Piquet de Nantes. Le dimanche 20 juillet 1941, c'est le départ de l'équipe. En route dès l'aube, la première halte a lieu au Roc Noir. Il est midi, altitude 1 900 mètres. Sur le promontoire de la Scia est installé le camp de base . Le mardi 22 juillet 1941, il faut transporter les poutres depuis La Scia jusqu'au sommet, Quatre heures d'efforts seront nécessaires. Le mercredi 23 juillet, dans l'orage qui se déchaîne, les gars quitteront le camp de la Scia pour rejoindre le sommet et assister à la première messe offerte sur l'Hôtel du Piquet de Nantes-en-Rattier. De retour au camp, pendant que l'orage gronde toujours, on plie les tentes. L'équipe est prête au retour dans la joie du bel ouvrage achevé et dévale les pentes vers la ferme des Bruyères où il retrouveront réconfort. Après une nuit de repos à la ferme, ils rejoindront La Mure. Ce sera le quatrième et dernier jour de l'expédition. Et aujourd'hui encore, demeure tout là-haut sur le montagne, la croix qui témoigne du passage de l'abbe Grouès qui bientôt dans la résistance deviendra l'abbé Pierre. En effet en juillet 1942, l'abbé Grouès fut appelé par son évêque comme vicaire à la cathédrale de Grenoble se terminait un séjour qui aura marqué la vie de la cité et débutera la grande odyssée de l'abbé Pierre engagé pour la libération du pays et sa longue croisade pour les démunis.

Dauphiné Libéré (samedi 27 janvier 2007) Roland MICHON

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25 mai 2008

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain…
La race humaine y est solide aussi !
La preuve par l'exemple grâce a cet article de presse retrouvé dans un vieux journal  ( "Le réveil" ) du 21 novembre 1946…

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A Saint Théoffrey tout le monde parle avec fierté de Mme Marie Victorine Baret, une vaillante cultivatrice qui marche allègrement vers sa centième année !
" Pour la voir, c'est à la Fayolle", nous avait-on dit en nous montrant quelques toits rouges blottis dans un creux, non loin de cette fameuse route de Laffrey.
Une humble grille, des pierres patinées par les ans, de solides volets de bois, c'est ici.
La porte est ouverte...Et nous surprenons, une petite femme penchée sur un seau, préparant la nourriture du cochon. Un rude travail quand on aura bientôt un siècle sur les épaules !
Des yeux bleus remplis d'une extrême douceur nous regardent avec un peu de surprise. Et bien vite, un sourire illumine ce visage plissé par les rides. Une main encore solide se tend...
Au coin du feu. près de la marmite qui chante, nous sommes en pleines confidences.
Elle est née sur cette terre de la Matheysine le 4 décembre 1847. Mariée en 1874, elle a élevé cinq enfants. Quatre sont encore vivants. Veuve depuis 1928, son mari est mort à 87 ans, elle vit avec son fils aîné, M. Jules Baret qui porte ses ; 70 ans avec une étonnante vigueur. Elle a eu onze petits enfants. Hélas ! l'un d'eux, pris dans la rafle du 11 novembre à Grenoble n'est jamais revenu. Elle est l'arrière grand-mère d'un bambin de 7 ans qui habite St-Jean de Vaulx.
Depuis 71 ans, elle vit dans cette maison, sous ces poutres noircies qui ont vu, naître et mourir son père. Bel exemple de fidélité à la terre !
Quand on a vu le jour sous le règne de Louis Philippe,- on a bien des souvenirs à évoquer Mme Baret a encore une excellente mémoire Elle se souvient de la mobilisation de 1870, de la lourde diligence, de Gap à Grenoble qui passait sur la route de Laffrey à deux heures du matin. Pour la première fois. à l'âge de 14 ans, elle prit le chemin de fer pour aller à Lyon, alors que la voie n'existait que jusqu'à Rives Mais il y a 15 ans qu'elle n'a pas revu Grenoble !
Mme Baret, qui a encore de bons yeux, est une abonnée fidèle de notre journal. Depuis plus de 20 ans, elle n'a jamais été malade.
Dans quelques jours elle rentrera dans sa centième année . Nous lui souhaitons encore d'heureuses années.

LE REVEIL  : Jeudi 21 novembre 1946.  X

18 mai 2008

Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...

Après plusieurs jours de mauvais temps se soleil retrouve enfin sa place habituelle dans le ciel au dessus du Tabor.
Son clin d'oeil est une invitation à sortir de la maison : le chien qui ne quittait plus le poêle retrouve ses "quartiers d'été" sur le trottoir. Siestes, bâillements, étirements, chasse aux "larmuses" l'activité reprend...

Et si on allait faire un petit tour vers la Pierre Percée!

Jolie petite balade dans la poudreuse, solitude, tranquilité absolue jusqu'à la découverte de ces traces de pas énormes, colossales !

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Un géant ? le Diable Folaton de la Pierre Percée qui s'est réincarné ? ...

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Courage, suivons les !

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Ouf ! Ce n'était qu'un paisible bonhomme de neige qui se promenait dans le coin.

18 mai 2008

Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes

Dans le massif du Taillefer ,le lac Fourchu est une véritable "star": accès très facile, paysages magnifiques, pelouse "alpine" à pique-nique, son seul défaut est une fréquentation digne de l'autoroute du sud au mois d'août...

Mais il y a mieux (ou pire) : les lacs du Poursollet et Claret.
Oublions, ici, toute notion de "Wilderness" et après un coup de fil à "Bison futé des Alpages"à l'assaut !
Le plus dur ici est de ne marcher sur les pieds de personne et de faire une photo de paysage sans y encadrer toute une petite famille en pleine expédition.
Pour un peu de calme visez les journées de "très" mauvais temps, la nuit (et encore), les retransmissions de coupe du monde de Foot...

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12 mai 2008

Une "auberge rouge" en Oisans ?

Voici un article du Dauphiné Libéré retrouvé en farfouillant dans un monticule de documents découpés au fil du temps dans la presse...
On verra ici que la  misère peut engendrer toutes les horreurs !

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Le défilé de la Romanche

Une " auberge rouge " en Oisans ?

1860. Au lieu-dit "Le Clapier", du nom d'un village aujourd'hui disparu, la route vers Briançon quitte la vallée largement ouverte du Bourg-d'Oisans pour se frayer avec peine un passage étroit dans le redoutable défilé de la Romanche. Trait de scie entre de gigantesques falaises sombres, encombré d'énormes blocs de rocher, ce ne sont qu'abîmes où d'étroits sentiers tortueux et malaisés serpentent sur des flancs raides et arides.
Les voyageurs engagés dans ce passage redoutable retiennent leur souffle et n'ont qu'une hâte, sortir de ce lieu tourmenté. Un répit leur est accordé à l'endroit appelé "La Rivoire" où la route débouche sur un court plateau. Là, une famille de Piémontais nommée Malaculti tient une auberge. Plutôt un antre sombre meublé d'une longue table flanquée de bancs disposés devant une cheminée noire de suie. Deux meurtrières dispensent avec parcimonie une lumière rare.
Mais après avoir frôlé les précipices, cette halte est la bienvenue. D'autant plus qu'en amont la route s'enfonce à nouveau dans la gorge de la Romanche par un tunnel dit "aux fenêtres" parce que percé de trois ouvertures débouchant sur un vide impénétrable.

Les Malaculti sont de pauvres gens, incultes et rusés, élevant deux fils, Antonio et Gaspardo, dans la perfidie et l'esprit de lucre. L'hiver est pour eux la saison de la fortune et du bonheur. Car le mauvais temps force l'étranger engagé dans ces lieux inhospitaliers à chercher gîte et couvert sous ce toit inespéré... et fatal. L'accueil chaleureux, obséquieux même, un repas copieux et lourd que maints pichets aident à passer, un ardent feu de cheminée, invitent à l'euphorie tandis qu'au dehors la tempête fait rage.
Les convives bavardent, commentent les événements du pays, parfois se livrent à des confidences. Les négociants, maquignons et autres marchands forains qui, imprudemment, laissent entrevoir à leurs hôtes un butin digne de leur avidité, scellent leur perte. Le vieux Malaculti, d'un regard à ses fils, désigne la victime. Le lendemain, reprenant la route et s'engageant dans le sombre tunnel, le malheureux trop bavard est assailli, terrassé, poignardé. Dépouillé, son corps encore pantelant est précipité par une des "fenêtres" dans l'insondable abîme au fond duquel gronde la Romanche. Ainsi ont lieu de nombreuses disparitions attribuées aux dangers de la route. Tout au moins au début.
Car de fil en aiguille, par recoupements successifs, la maréchaussée vient à s'intéresser de plus près aux Malaculti... mais sans rien prouver. Alors, on oppose la ruse à la ruse. Deux gendarmes, déguisés en touristes fortunés et volubiles, font étape à l'auberge. Le manège des Malaculti ne leur échappe point et le lendemain, dans le tunnel, déjouant leurs agresseurs, ils les maîtrisent, reviennent à l'auberge avec leurs prisonniers et arrêtent le couple infernal. Peu après, la maréchaussée à cheval emmène tout ce beau monde en prison à Grenoble.

Le procès eut lieu. Il révéla, dans l'horreur et l'effroi général, l'étendue des meurtres commis. On pendit la famille. Des décennies après, lorsque la nouvelle route fut percée, ces lieux funestes furent dynamités et s'écroulèrent dans la Romanche. Il ne reste rien du "tunnel aux fenêtres" ni de l'auberge... rien... qu'une légende ?

Oleq IVACHKEVITCH

Dauphiné Libéré du 19/09/97

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10 mai 2008

Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse

Aujourd'hui, 10 mai, à la veille de "prendre" une année de plus je pense à ma première rencontre en 1975 ou 1976 avec Emile Masse notre cher berger du Tabor...

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Jeune, alors, je ne connaissais pas grand chose de la montagne mais j'étais déjà irrésistiblement attiré par ces "hauts pays".
Pour moi le sommet du Tabor représentait une véritable expédition :  il fallait convaincre mes grands-parents, partir à l'aube des Gonthèaumes avec mon vélo, arnaché d'un sac "tyrolien" d'avant guerre et armé d'une paire de chaussures de sécurité (avec une coquille en acier) trois tailles au dessus de ma pointure puis foncer comme un fou pour rentrer sans retard et ne pas inquieter mes chers grands-parents...
Ce jour là j'ai bien du les inquieter un peu car ma rencontre avec Emile Masse a été une véritable découverte...
Il m'a prété ces jumelles. Il m'a parlé des marmottes comme Samivel en parle dans ses livres...
Quelle enchantement !
Merci à vous Emile Masse.

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Emile Masse en 1997 à l'age de 75 ans...

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Voici un article relevé dans le DAUPHINE LIBERE parlant d'Emile Masse, vingt ans aprés cette "mémorable" (pour moi) rencontre :

Le plus vieux berger des Alpes est reparti dans sa Provence…

Saint-Honoré.
Emile Masse a 75 ans. IL est berger depuis l'âge de 14 ans. L'hiver dans la pleine de la Crau, l'été sur le massif du Tabor entre l'oreille du loup et la station de Saint-Honoré il vit au rythme de ses brebis...

Comme dit le père Masse, Y'a ben des fois, les hélicoptères, ils volent plus bas que nous!". Regard lumineux, sourire sincère. Sur son alpage suspendu entre deux ciels quand la brume inonde le plateau Matheysin, le berger appuyé sur son bâton, contemple la vastitude montagneuse.
D'un bout à l'autre de l'horizon le Vercors dresse ses murailles et ses citadelles : le mont Aiguille, le Grand Veymont, les Deux Soeurs, le pic Saint-Michel, le Moucherotte. Plus au sud, l'Obiou, le Dévoluy, le pic de Bure et puis partout ailleurs... la pente de l'alpage sur lequel ses 960 moutons se faufilent en longues ribambelles. Le vieil homme connaît le nom de chaque aspérité du paysage qui se découpe devant lui en lambeaux.
Mais son monde s'arrête là, aux lignes de crêtes Au-delà des falaises, l'herbassier de Miramas se demande parfois de quoi les paysages sont faits. Son espace ne retrouve ses repères que beaucoup plus loin, de l'autre côté des Alpes, dans sa Provence natale beaucoup trop sèche l'été pour nourrir ses brebis.
L'hiver, Émile Masse est berger dans la Crau. Depuis l'âge de 14 ans, le berger de Saint-Honoré vit au rythme des transhumances. D'emontagnage en descente d'alpages, à la cadence du cycle de la vie de ses agneaux. " La vraie transhumance ", lorsque les sonnailles de ses bêtes et le jappement joyeux de ses chiens venaient rompre à l'aube le silence de la nuit, Émile Masse en garde un souvenir nostalgique.
De Miramas jusqu'au col de la Cayolle (Alpes de Haute-Provence), de la plaine déjà jaunie de la Crau jusqu'aux gras sommets du Briançonnais, le pâtre se rappelle ces longues processions bêlantes et chevrotantes d'une dizaine de jours, qui, de village en village, annonçaient gaiement l'arrivée de l'été. "Les sonnailles, c'est l'harmonie de la Provence et de la montagne ! ". Aujourd'hui, c'est en camion que le vieux berger et ses moutons font le voyage jusqu’au pied de l'alpage.
Et c'est en camion, sous un ciel à raz les bruyères qu'il est reparti, dimanche au petit matin. L'été venait soudain de capituler, cédant l'alpage à la bise et aux premiers flocons de neige.
Voilà 22 ans qu'Émile Masse prend possession, chaque année, dès la fin du printemps, de la cabane du clos de Mouche, au-dessus de Saint-Honoté 1 500. Il monte en juillet et août faire paître ses bêtes au lac de Charlet (1 900 m) avant de redescendre mi-septembre au clos de Mouche. " Là-haut c'est humide. Si je devais rester toute la saison, sûr que j'attraperais la crève" . A 75 ans, ce n'est pas vraiment que "l'Émile" soit d'une nature fragile. Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, le vieux mène chaque jour son troupeau à l'herbe, d'un bout à l'autre de l'alpage, le pied alerte et précis, attentif à la pierre qui roule, à la vire traîtresse. "
Je me rappelle, il y a 19 ans être resté bloqué sous 20 cm de neige un 7 et 8 août, sans pouvoir faire paître la moindre bête...... Mais son tracas n'est pas dans le temps qu'il fait. " Ce qui me fait le plus souci, ce sont les chiens errants. Ça vous met la panique dans un troupeau. Ils m'en feraient tuer en pagaille....... Avé l'accent.
Quand au mitan de la journée les brebis languissent sous le cagnard ou quand elles " chaument " (ruminent), l'allure du troupeau faiblit. Profitant de ces courtes poses, le père Masse sort son Opinel et fignole un chamois sculpté dans un bout de châtaignier.
Précise, la lame pincée entre les doigts calleux projette de minuscules copeaux et affine les lignes galbées de l'animal. Sur les grands rochers plats disséminés du Tabor, le vieil homme a également gravé à l'aide d'un vieux clou et d'une pierre, des trophées d'éterlous. Comme ça, rien que pour lui, abandonnés à la postérité et aux frimas de l'hiver qui, bientôt viendront recouvrir les genévriers et faire taire le sifflement - il est vrai de plus en plus rare - des bartavelles.
Derrière le pas tantôt pressé ou tantôt paresseux des bêtes, la journée n'est pas de tout repos.
Levé à 6 h 30 après un bol de café puis un second de pain trempé dans du chocolat chaud ("Je m'en mets toujours une bonne ration pour pouvoir en donner à mes chiens "), le vieil homme perpétue jusqu'au coucher du soleil les même gestes depuis son enfance. Traire les chèvres, chauffer la soupe des chiens, cailler le lait, retourner les fromages, faire le tour du troupeau, soigner les bêtes malades, donner le sel (sauf le vendredi par superstition), réparer le sonnant d'une platelle ou d'un redoun (1), cintrer le bois d'un collier coupé dans l'ormeau un jour de vieille lune exclusivement...
Dans la solitude de la nuit Emile prend souvent enfin tard le soir, le temps de dîner. "Cela fait des journées bien remplies. Oui, je crois. là même des fois, j'en ai plein le c.. comme on dit! Oeillade malicieuse.

Le berger de Saint-Honoré ne se pose pas la question de savoir s'il échangerait sa vie pour celle des visiteurs qu'il accueille souvent au seuil sa cabane avec une simplicité et une sincérité sans détour. Les choses sont ainsi, à la grâce de Dieu.

Dauphiné Libéré  : Rodolphe ZIMMERMAN le 15 Octobre 1997

(1) Platelle et redoun: sonnailles. La platelle est plate et le redoun est la plus grosse. On distingue également le pic, sonnaille allongée et le clavelas.

8 mai 2008

Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...

Avec ses 70-100kg chez le mâle c’est un des animaux les plus spectaculaires de nos montagnes. Autrefois menacé d’extinction, il est actuellement protégé et réintroduit de Suisse dans les massifs de Belledonne, des Ecrins et du Vercors. Très bon grimpeur le bouquetin affectionne les pentes escarpées et les falaises exposées au sud l’hiver.


Belledonne
Vallée de l'Eau d'Olle, un peu avant le défilé de Maupas, en montant vers le col des Sept Laux de jeunes bouquetins musardent dans l'ombre du pic Bunard.

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4 mai 2008

Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche

Ce matin la nous étions partis pour une simple petite escapade dans la poudreuse .
Pour passer le temps, nous fatiguer un peu dans un corps à corps inutile avec la pente et la neige, sans but véritable, simplement pour nous  retrouver un moment ensemble...
Et puis un renard facétieux nous à invité à une petite course poursuite.
Il nous attendait, assis à bonne distance, nous regardant du coin de l'oeil, puis juste au moment ou il devenait envisageable de lui tirer le portrait il reprenait son petit trot désinvolte .
Nous, pauvres humains, après avoir remballé l'apparail photo on ramait comme des fous derrière notre petit lutin comme des benêts...
Il s'est bien moqué de nous et il doit en rire encore...

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Enfin écoeurés, nous l'avons abandonné et affamés nous avons sorti, comme d'habitude en ballade, un monticule impressionnant de victuailles de nos sacs à dos (les plus lourds et volumineux de la région...).

Nous étions sur le pas de la porte de la cabane de la Grande Cuche.
Toute cette nourriture a fait une envieuse :

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Et c'est avec grand plaisir que nous avons partagé notre repas ...

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Les petites bêtes sont parfois bien naïves et confiantes avec les humains !

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1 mai 2008

La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...

Jeu de piste pour une petite promenade sur le plateau Matheysin :

Cherchez donc " la mine de l'oncle Top". Minuscule concession minière exploitée au XIX ème siècle...

Une petite piste pour vous aider : Elle se situe entre le col des Creys et la Pierre Percée... sur le versant Notre Dame de Vaulx.

Quand vous l'aurez trouvée ne prenez aucun risque en la visitant, ne vous y aventurez jamais seul et toujours accompagné par un adulte responsable, n'allez pas trop profondément dans la galerie, n'oubliez pas d'emporter une lampe et peut-être y rencontrerez vous un sanglier, un renard, un loup, ou même le fantôme de "l'oncle Top"...

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1 mai 2008

Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine

" (…) l'homme de la plaine : Pourquoi gravis-tu la montagne ?
   (…) l'homme de la montagne : Pour mieux regarder la plaine !(…)
                                Citation utilisée par André Malraux. Les chênes qu'on abat (1971).

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" Notre premier sommet : 3 362 mètres d'altitude.
Pendant un an nous y avions pensé. Chose curieuse, la vue ne nous intéressa pas comme prévu. Elle était certes très belle, et nous l'appréciâmes, mais en nous forçant un peu. Nous voulions surtout nous persuader qu'elle était merveilleuse. Notre grand émoi avait eu lieu au col. Au pic ce n'était que du réchauffé. Je pense aussi que la richesse était trop grande, et trop nouvelle Nous ne pouvions l'assimiler. Plus que leurs formes, ce sont les souvenirs qui rendent les montagnes chères C'est expérience et de nombreux rapports qui les individualisent et qui permettent ainsi de les apprécier une à une, ainsi que leur ensemble à sa juste valeur ".
" Je me souviens surtout d'une perdrix des neiges qui avait passé très près de nous. Longtemps nous l'avions suivie du regard. Le soleil rendait ses ailes transparentes et lumineuses. Bientôt elles n'avaient plus été qu'un point brillant dans l'azur du ciel, mais qui suffisait pour le meubler de lumière et d'étendue. "

  • Jean Sarrenne (Zellweger). Trois curés en montagne.

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