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Matheysine et Hauts Pays ...

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Introduction
En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
Bêtes et hommes, mon chien...
Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey
Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
Quelle est triste la montagne !
Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
Crash sur L'Obiou
Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
Le puits des Rioux
Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
En allant vers le lac du Vallon et le col du Rochail...
Adieu Emile Masse...
Matheysine, terre d'inspiration.
Le sentier des Pères vers Notre Dame de la Salette
Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
La Matheysine vue du ciel...
Juillet Août mois des obsessions
Institutrices en Oisans...
Vous connaissez Petichet ?
Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui
Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers
Vers le lac et le glacier d'Arsine
Le canal du Beaumont
Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...
La vieille église Romane de Saint Théoffrey
Les yeux de l'oncle Jules...
Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.
Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.
En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946
Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...
Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse
Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...
Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche
La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
22 janvier 2011

L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-

Un article a déjà été consacré dans ces pages à la nouvelle de Jean Giono "L'homme qui plantait des arbres".

Giono_pipe

On peut  y apprendre la surprenante genèse de ce magnifique texte. On  y trouve une petite documentation sur l'extravagante histoire de cette oeuvre issue entièrement de l'imagination d'un écrivain qui, par jeu, se fait imposteur pour mieux nous convaincre, pour mieux nous faire passer son message humaniste.

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Cet article a insisté sur  le magnifique film d'animation  de Frédéric Back qui, avec le concours de Philippe Noiret, nous transporte dans une bulle de poésie.

Aujourd'hui un ami m'a envoyé par la Poste un bel ouvrage reprenant ce magnifique texte...

 Homme_Giono_Gallimard_1_

Homme_Giono_Galliamrd_2


Les illustrations sont de Joëlle Jollivet. L'atmosphère est très différente de se que l'on ressent en regardant le film : une autre vision d'artiste...

Cependant la magie opère à nouveau...
Un ingénieux système de pages dépliantes nous montre en relief l'extraordinaire transformation du paysage avant et après l'intervention de l'opiniâtre Elzéard Bouffier, le héros de ce récit extraordinaire.

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Cette ouvrage est très intéressant, et même sans le talent de Philippe Noiret, il peut certainement enchanter la nuit d'un enfant si un adulte prend le temps de lui le lire le soir avant de s'endormir.
On peut toujours rêver! ...

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30 novembre 2010

Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.

C'est avec plaisir que j'ai appris que Gilbert Skorski expose ses aquarelles salle de l'Etat Civil à La Mure durant le mois de Décembre 2010.

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(Pour agrandir : clic gauche sur l'affiche)

Le génial dessinateur de l'emblématique alpiniste matheysin Glandu va nous entrainer dans un monde enchanteur et poétique.

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La montagne est le sujet principal, mais l'homme n'est pas oublié. Sa présence donne l'échelle, ses traces éphémères marquent aussi légèrement la neige que son ombre parfois démesurée.

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On ressent bien que les personnages qui habitent ces paysages ont une approche tendre et douce avec ce milieu si fragile.

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Solitude bienfaisante, harmonie.

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Goût de l'effort et dépassement de soi.

Si vous avez la chance de pouvoir aller voir cette exposition  n'hésitez pas!
Ces quelques reproductions sont là pour vous en donner l'envie...

28 novembre 2010

Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.

Par trois fois déjà, dans ces pages, j'ai tenté de capter votre attention sur une montagne que j'aime particulièrement : l'Obiou.
- L'Obiou montagne mythique
- Crash sur l'Obiou
- Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux.
Il est temps de clore ce chapitre et je vous propose une petite ascension par la voie normale agrémentée d'un passage par les célèbres chatières.
Cet article n'est en aucun cas un "topo guide", de nombreux et très bons ouvrages décrivent de façon  précise cette très belle et classique randonnée. Ici, je voudrais simplement vous transmettre un peu du plaisir que j'ai eu à escalader cette magnifique montagne.

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Tout et son contraire a été dit sur les difficultés de cette randonnée. Pour certains, la voie normale est facile, accessible à tout bon randonneur. Pour d'autres la même voie est exposée, dangereuse, complexe...

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Cette montagne est désirable, attirante mais mérite beaucoup de respect... Il est primordiale, avant de se lancer dans l'aventure que constitue son ascension de se renseigner sur la météo (attention aux glissades par temps de pluie), d'étudier l'itinéraire (ou de se faire accompagner), de vérifier sa forme physique et surtout de ne pas craindre le vertige...
Le parcours est exigeant, demande du calme, du sang froid et d'avoir le pied sûr.

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La progression n'est jamais très difficile, cependant certains passages sont "délicieusement aériens" et sur de nombreux secteurs du parcours aucune erreur n'est permise... L'itinéraire présente plusieurs difficultés : les gradins du col  sont très raides, les chutes de pierres y sont fréquentes. Les dalles, les vires et les corniches ne pardonneront aucun faux pas... Les assurages sont pratiquement inenvisageables. Mais une bonne part du plaisir réside aussi dans ce petit surplus d'adrénaline qui fait paraître le paysage encore plus beau !

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La marche d'approche, dans le vallon et au creux du bénitier, permet de se mettre dans l'ambiance. Peu à peu le petit Obiou semble diminuer au profit de son grand frère. Le col (parfois appelée l'épaule) semble à portée de mains. Pourtant, bientôt, le sentier ne fera pas dans le détail. Il tirera  son trait tout droit dans les caillasses pour rejoindre un joli système de strates (premier passage délicat) qui ira en se redressant et permettra de rejoindre l'épaule.

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Petit à petit le vide se creuse et la crête de la Laisse semble rapetisser pour laisser apparaître le massif des Ecrins noyé dans une mer de nuages.

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Peut-être pourrez-vous repérer la Muzelle, la Barre des Ecrins ou l'Olan.

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Une petite pause s'impose au col...

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Après avoir repris votre souffle tournez donc la tête vers l'objectif du jour :

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La grande tête de l'Obiou semble écrasée par l'effet de la perspective. Pour autant elle en impose... Quelle masse!


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Voici, indiqués approximativement, les itinéraires classiques d'accès :

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En vert la voie normale qui bifurque vers l'ouest par les "dalles" ( passage exposé et assez impressionnant) et en jaune l'itinéraire qui mène vers les chatières.

A l'assaut!

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Première astuce du parcours : emprunter une faille étroite qui permet de s'insinuer dans la première barre rocheuse qui ceinture la citadelle :

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La sortie débouche sur la grande vire Est, aux pieds d'une nouvelle falaise à suivre vers le Nord.


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On rencontre bientôt le campanile.

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Il faut alors continuer à longer la falaise vers la droite jusqu'à l'angle de la face nord-ouest, revenir sur ses pas, gravir des gradins et remonter un couloir vers la première chatière.

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A suivre et en escaladant ce couloir on arrive aux pieds d'une nouvelle étroiture. Le passage est vraiment très étriqué et il faudra enlever le sac à dos pour progresser (éventuellement rentrer le ventre aussi!).

Après quelques mouvements d'escalade et de reptation dans le couloir on sort  à deux pas du sommet.


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Vous êtes devenu  un héros! Vous avez "vaincu" l'Obiou (qui rigole bien de vos exploits!)

Il est temps de profiter du moment : regarder, savourer le fantastique panorama qui se dévoile sous vos yeux .


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Votre regard pourra, par beau temps, porter du Mont Ventoux au massif du Mont-blanc et au Viso.
Les Ecrins  se développent en majesté dans un incroyable foisonnement de sommets et de pics...
La Muzelle, l'Olan, la Barre des Ecrins...
En vous retournant le Pic de Bure.

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Et la montagne soeur de l'Obiou : le Grand-Ferrand...

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Et puis avec un peu d'imagination vous verrez, comme moi, la méditerranée et les voiles blanches des bateaux qui rentrent dans le port de Marseille...
Le sommet une fois atteint la pause casse-croûte est obligatoire !
Evitez les barres chocolatées et tous les trucs modernes pour sportifs, mastiquez longuement un bon murçon matheysin, continuez par un saucisson maison fait avec les cochons de la ferme du Thau . Taillez-vous un gros morceau de Sassenage, de Col Vert ou de tomme des lacs... Accompagnez le tout d'un petit vin des Fayettes (faut quand même être du pays!) ou d'un bon Beaujolais amoureusement transporté jusqu'ici par votre compagnon de promenade...
La descente peut se faire par l'ouest (voie normale). Cette option  permet de faire une boucle autour du sommet.

On progresse à deux pas du Malpasset ...

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Certains passages surplombent de magnifiques clochetons et pas mal de "gaz".


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Le regard est irrésistiblement attiré par les immenses étendues de pierres des combes Fuvelle et de la Prison.


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Les étranges mouvements de terrains visibles sur les pierriers (on dirait par endroit que les éboulis sont ébullition) sont dus au phénomène des glaciers de pierres :

La fonte des neiges accumulées à la mauvaise saison s'infiltre dans les éboulis et en profondeur retrouve une masse de glace qu'elle augmente... Petit à petit les diverses contraintes souterraines créent en surface ces surprenants bouillonnements...

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Ces immensités totalement vierges de présence humaine sont peut-être les derniers bastions où peuvent encore s'exprimer en France le Wilderness.( Ce sentiment extraordinaire de sauvage, de liberté, de responsabilité). Le dernier endroit où le silence et la solitude existent encore ...
Pour combien de temps ?
Les dalles, la cravate. L'ambiance est aérienne, tous ces passages sont un vrai régal pour le randonneur...


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Bientôt le col du Petit Obiou et la retenue du Sautet :

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Les raides gradins du col reviennent à la une de l'actualité :  c'est vraiment une belle échelle de meunier!


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Une petite vire sur la droite permet d'accéder à la grotte des Matheysins.


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La cavité est exigüe mais elle recèle une belle vasque d'eau et une petite draperie de glace.


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La randonnée tire à sa fin et il est possible d'effectuer une diagonale dans le pierrier pour gagner plus rapidement le Pas du Vallon...


Voilà une journée que vous n'oublierez pas de sitôt !

Le guide de randonnées "TRIEVES PAYS DE LA MURE" édité chez DIDIER et RICHARD pourra vous aider à préparer votre balade.

Topo_Didier_Richard

Deux autres livres, déjà présentés auparavant, sont de véritables "bibles" et vous permettrons d'apprendre beaucoup de choses sur cette montagne si attachante.

 guidedelobiou

Le guide de l'Obiou de Pierre Barnola

 

 Obiou_Mt_Aiguille_Sombardier_1

Du Mont Aiguille à l'Obiou de Pascal Sombardier (GLENAT)

 

6 novembre 2010

Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux

-Un mémorial pour marquer le 60éme anniversaire de la catastrophe aérienne du 13 novembre 1950 sur l'Obiou-

Il y a 60 ans, le 13 novembre 1950, un DC4 « Skymaster » de la Canadian Air Line heurtait du bout de son aile la crête ouest de l'Obiou.

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L'avion, pulvérisé, bascule sur la face nord  et les débris sont dispersés sur 1000 m dans la paroi et sur les immenses clapiers de Casse-Fouira.


Casse_Fouira_

Cette catastrophe aérienne a déjà été décrite dans ces pages (voir l'article intitulé "Crash sur l'Obiou"). Elle a profondément ému les habitants de la région , certainement parce que des liens très forts rattachent la France et le Canada...


Crash_Oboiu_Dauphin__Lib_r__13_nov_2000

Par quelle incroyable malchance un avion de pèlerins Canadiens revenant de Rome a-t-il pu se jeter sur l'Obiou à quelques kilomètres du sanctuaire de Notre Dame de La Salette ?


 Monument_1

Quel tragique destin pour les 58 passagers de ce vol Ciampino (Italie)- Orly (France)...
60 ans plus tard l'émotion suscitée par cette catastrophe aérienne est toujours grande. Il suffit, pour s'en rendre compte, de dénombrer les visiteurs qui s'arrêtent au petit cimetière de La Salette Fallavaux et se recueillent dans la petite chapelle.

Cimetiere_Fallavaux


Chapelle_Fallavaux

C'est un article du Dauphiné Libéré daté du 13 juillet 2009 qui nous apprend l'initiative de Mr Eric Boeuf : récupérer les débris de l'avion encore coincés dans la montagne, les utiliser pour créer une oeuvre en mémoire des 58 victimes de l'accident.


Crash_1950_Dauphin__Lib_r__13_juil_2009


Voici en quelques photos le mémorial qui doit être inauguré officiellement le 13 novembre 2010 :

M_morial_1


M_morial_2

Marie, la belle Dame de La Salette en pleurs...

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Le Petit berger Maximin et son chien (symbole de la fidélité...)

M_morial_4

Mélanie, la petite bergère effrayée et émue...

Monument_2

La face nord de l'Obiou.

Voici le petit texte explicatif que l'on peut lire dans la chapelle :

Mémorial
Mémoires du DC4

En hommage aux victimes de la catastrophe aérienne du 13 novembre 1950 (58 morts), une équipe de 70 bénévoles vosgiens pour la plupart, a suivi Eric Boeuf alpiniste et transplanté rénal) initiateur et responsable du projet.
En accord avec les familles, l'Evêché du Québec et Hervé Bougeard ( père recteur du sanctuaire de Notre Dame de La Salette) 4000 débris (4tonnes) ont été redescendus de la montagne et transférés dans les Vosges par camion. 8 élèves de BAC PRO du Lycée de Bains les Bains (Alexandre, Jessy, Noël,Clément, Sébastien, Rodolphe, Florian et Julien), encadré par 2 professeurs (Kamel HATTAB - art plastique et artiste et Erick VOGEL - Mécanique moto)ont imaginé et crée l'oeuvre qui se trouve à l'extérieur. A gauche, elle représente le massif de l'Obiou (2793m) contre lequel l'avion en provenance d'un pèlerinage à Rome, s'est écrasé. A droite : l'apparition de Notre Dame de La Salette aux 2 bergers Maximin et Mélanie, le 19 septembre 1845.
Le projet aura nécessité 3000 heures de travail. Il sera inauguré officiellement le 13 novembre 2010 pour commémorer le 60eme anniversaire de la catastrophe. De nombreux membres des familles de victimes seront présents ainsi que de nombreuses personnalités et autorités françaises et canadiennes.

 



23 octobre 2010

Obiou : montagne mythique.

L'Obiou est une  montagne vraiment fascinante.
Situé à la charnière des mondes de l'edelweiss et de la lavande(1), l'Obiou  s'élève en majesté aux confins sud du plateau matheysin.
IL a toujours accompagné nos vies.

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Eté comme hiver nos regards se portent vers lui.

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Divinité tutélaire: il semble régler la marche du temps et des saisons.

De quelle humeur est-il aujourd'hui?
Porte-t-il son chapeau de nuages de travers (signe de mauvais temps)?

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A-t-il noué son écharpe de brume autour de son immense cou de taureau?

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Pourquoi se pare-t-il si souvent, au printemps, d'une étrange coloration dans un contre-jour un peu fantomatique ?

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Montagne magique où même la voie "normale" est truffée d'astuces d'itinéraire.
Montagne mythique pour les randonneurs ou chaque passage possède une histoire, parfois une légende et toujours un nom   :
Bénitier, Bachilianne, col des Faïsses, Pas du Vallon, Petit Endroit, Casse Fouira, Couravou, combe Fuvelle, combe de la Prison, Malpasset, Bonnet de l'Evêque, Casse Varnage, arête Fluchaire, grotte des Sarrazins etc etc...

Il représente aux yeux des Matheysins l'archétype même de la "haute" montagne solitaire, majestueuse et... inaccessible.

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Omniprésent, on le voit du sommet du Tabor

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de la colline des Creys

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Des Gonthéaumes

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Du bord du lac de Petichet

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On a toujours eu envie de l'encadrer au fond de l'horizon, de le dessiner, de le peindre ou d'écrire sur lui .

Il a inspiré de nombreux artistes...

 Obiou_Ibanez_1990
Obiou vu par l'artiste Murois Ibanez.


 Obiou_Sellon
Huile sur toile par Marcelle Sellon.


 Obiou_Vibout_1930
Vue de l'Obiou par le peintre de Cholonge Vibout (1930).


Obiou_Laffrey_Taylor_1854

Obiou vu de Laffrey, Gravure (1854) de I. Taylor illustrant un ouvrage intitulé "Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France"

 Obiou_Corps_par_Maugendre_1860
Obiou vu de Corps par Maugendre en 1860.


Obiou_Salette_par_Gu_di_1860

Obiou, un jour de pèlerinage à Notre Dame de la Salette par Guédi en 1860.


 Obiou_La_Mure_gravure_ancienne
Obiou vu de La Mure


 Obiou_Erbelon
Oeuvre très certainement dessinée par Y. Allouard


 Affiche_Draim
Affiche dessinée par Victor Miard (Draim)

Etc etc...

Les éditeurs de cartes postales s'emparent aussi de l'Obiou. Avec plus ou moins de bonheur d'ailleurs... Il est vrai qu'il n'est pas facile de lui tirer le portrait puisqu'il est presque toute la journée en contre-jour !

Obiou_carte_postale_1


Obiou_carte_postale_2


Deux locomotives du petit train S.G.L.M. se sont appelées Obiou :

Obiou_031_Fives_Lille_1905

Une locomotive à vapeur 031 Fives lille dont voici une photographie datée de 1905.

Obiou_Thury_E5_1933_

Une locomotive électrique Thury, la E5, photographiée devant sa remise à Saint Georges de Commiers en 1933.


Les gravures représentant la journée historique ou Napoléon, de retour de son exil à l'île d'Elbe, rencontre les troupes royales à Laffrey ne manquent jamais de le représenter en toile de fond.

 Obiou_gravure_Victor_Adam
Gravure de Victor Adam


Obiou_prairie_rencontre

Gravure représentant la prairie de la rencontre telle qu'elle était en 1815 avant que ne soit érigé la statue équestre de Napoléon par Frémiet (lithographie de A. Debelle).

Napoleon_equestre

Même si le voile atmosphérique des après midi d'été le masque un peu, les touristes venus admirer la statue de Napoléon par Frémiet ne manqueront pas de le ramener avec eux (clic clac merci Kodak)...
Combien parmi eux sauront son nom ?

Les écrivains régionaux et les éditeurs se sont souvent emparés de son image.

 Berthier__dition_1939
Le plateau matheysin de pierre Berthier


 guidedelobiou
Le guide de l'Obiou de Pierre Barnola


 La_Mure_autrefois_1
La Mure autrefois de Jean Garnier


 Le_pays_de_La_Mure_1
Le pays de La Mure coeur du Dauphiné de Bernard de la Fayolle


 chronique_mine_1
Chronique des mines de La Mure de Jean Garnier


Obiou_Mt_Aiguille_Sombardier_1

Du Mont Aiguille à l'Obiou de Pascal Sombardier


 Lac_obiou_Pequignot
Lacs de Matheysine de Claude Péquignot


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Un roman enfin : Crash à l'Obiou de Vincent Desbrieres

Etc etc...

Les clubs sportifs, les maisons de retraites, les immeubles, certains commerce (pharmacie!) n'hésitent pas à s'identifier à lui... L'Obiou est omniprésent en Matheysine...

L'Obiou fascine et déclenche parfois des commentaires surprenants :
Dans l'ouvrage "Lettres à Lucie" André Blanc Pasteur à Mens de 1817 à 1846 affirme sans broncher : "Au dessus de Châtel s'élève le Mont Obioux (sic), à 2917 mètres au dessus de la Méditerranée d'où les marins l'aperçoivent avant d'enter dans le port de Marseille ou de Toulon"...

 Lettre_a_Lucie_1Lettre_a_Lucie_2 


Un article du Courrier de l'Isère daté du 3 juin 1852 n'hésite pas à qualifier l'Obiou de "géant" de la chaîne des Alpes.
L'évêque de Birmingham, Mgr Ullathorne, compare l'Obiou à la tour de Babel et la tour de Pise...
Le guide Joanne, en 1863, affirme qu'il faut cinq heures pour atteindre le sommet et déclare sans sourciller que le Malpasset est devenu infranchissable et, bien entendu, que du sommet on voit Marseille et la Méditerranée!
Le 15 octobre 1899 la Revue des Alpes Dauphinoises affirme :
Que l'on voit l'Obiou de Grenoble...
Que son ascension est difficile et dangereuse. Que les hardis ascensionnistes doivent y affronter des précipices vertigineux et des chutes de pierres provoquées par les touristes perchés plus haut dans la paroi! (touristes heureusement munis d'un cor de chasse pour prévenir les suivants à chaque déclenchement!)
L'Obiou était déjà très fréquenté au XIX éme, cependant les récits des ascensions effectuées sont souvent héroïques et peu crédibles!
Le révérend Coolidge, alpiniste de très grand renom, se contentera d'écrire sans aucun commentaire qu'il a gravi l'Obiou.
Voilà qui remet les pendules à l'heure!


(1)(comme l'ont si joliment écrit P. Barnola et J.M Faure dans la monographie consacrée à l'Obiou qu'ils ont écrit en 1981).

Obiou_Barnola_Faure_1981











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23 octobre 2010

La petite hermine du Tabor...

Rencontre fugitive...

Cette année encore j'ai pris grand plaisir à user mes "vibram" en parcourant le Tabor de Matheysine

Vers_le_Piquet_de_Nantes


Spectacle toujours renouvelé d'un somptueux panorama depuis la crête des Barres ou le Piquet de Nantes...

Perollier


Montagne alternant les plaisirs de la marche facile en alpage

Escalade_oreille_loup


et la progression plus "sportive" sur des roches cristallines, vertes ou des gneiss bien francs...


Et puis cette merveilleuse rencontre dans le secteur de l'Oreille du Loup.
Rencontre brève, fugitive, inespérée...
Une petite hermine, tel un feu follet, a dansé sa folle farandole devant moi.
Farouche mais curieux le petit animal s'est figé deux fois :

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Surprise, elle s'est dressée pour mieux apprécier le danger.

IMG_1923_hermine_72dpi


Trois petites secondes d'arrêt, fuite éperdue, et une petite tête curieuse a surgi derrière un caillou.

Quelle joie d'avoir pu photographier "à la billebaude" un petit être aussi harmonieux!
Voilà une rencontre qui a bien embelli cette journée de marche en montagne...

Etrangement, quelques jours auparavant, j'avais lu un article très intéressant sur ce petit mustélidé. Un véritable petit fauve sanguinaire capable d'ingurgiter jusqu'à cinq campagnols par jours (plus de mille par an !)...
Cet article a paru dans la revue Nat'Images. On y trouve de somptueuses photos d'hermines jurassiennes prises par Fabien Gréban, Jean Malevez et Jérôme Salvi.

natimages_1


Mon seul regret est de n'avoir pas réussi d'aussi magnifiques clichés...

natimages_2


8 août 2010

L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-

Back_Dessin_pochette

J'ai longtemps été un écologiste sans le savoir!
C'est qu'il y a bien des années la notion d'écologie était une utopie, et m'était sympathique...
Plaisirs simples dans la contemplation des paysages, des randonnées en montagne et des longues marches à pieds...

 

Glandu_Ecolo

 

(Vous avez bien entendu reconnu Glandu: notre maître es-randonnée matheysin -dessin  de Gilbert Skorski-)

J'économisais l'eau, éteignais scrupuleusement l'électricité en sortant d'une pièce, réglais le chauffage à 18°...
Je produisais une bonne part de mes légumes au potager, ne mangeais que des fruits de saison et évitais de faire des km inutiles avec la voiture etc etc.
C'était ringard ! c'était pas à la mode... et ceux qui pratiquaient ces sages principes passaient pour des empêcheurs de consommer en rond.

 

Ecolo

 

Aujourd'hui l'écologie "c'est branché" et un véritable matraquage médiatique s'est organisé. Du matin au soir on nous agresse, on nous culpabilise... Des moustachus volants nous remplissent le cerveau d'air à grands coups de ventilateurs.

 

Expert__colo

 

Des experts de la "cause" montent quotidiennement en chaire pour nous chapitrer... l'écologie devient triste et synonyme d'interdits et de contraintes :

 

Glanduflic

 

et je ne veux pas, dans ses pages,  ajouter ma louche à ce salmigondis qui devient de plus en plus indigeste. Gare à la saturation! Gare au rejet!
Toutefois je suis tout de même tenté de faire un geste pour sauver notre planète et l'humanité! (on devient facilement aussi prétentieux que les professionnels de la chose décrits plus hauts!).
J'affirme donc qu'il est possible, à titre individuel et chacun à son petit niveau, d'influer notablement sur le cours des choses, que nos petits gestes quotidiens multipliés par l'effet de la durée peuvent avoir finalement un impact notable sur notre avenir à tous.


J'en veux pour preuve cette magnifique nouvelle écrite par Jean Giono : "L'homme qui plantait des arbres".

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Jean Giono (lors de l'un de ses nombreux séjours dans le Trièves)

Cliquez sur le lien qui suit pour ouvrir le fichier (format PDF) contenant la nouvelle de Jean Giono : L_homme_qui_plantait_des_arbres

L'histoire de ce texte est surprenante :
Il s'agit d'une commande (en 1953) du Reader's Digest qui voulait un article pour alimenter sa rubrique intitulée "L'homme le plus extraordinaire que j'ai jamais rencontré". Jean Giono se met à l'ouvrage et invente de toute pièce un magnifique personnage : Elzéard Bouffier. Elzéard est un facteur Cheval sylvicole dont le grand oeuvre consiste en un reboisement méthodique d'une vaste contrée désertique.

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Son action têtue transforme peu à peu l'enfer en paradis...

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La revue ne publiera jamais ce récit qui sera renvoyé à  l'auteur accompagné d'un courrier le traitant d'imposteur (le personnage n'ayant pas existé)...
Le texte est finalement publié dans la revue américaine "Vogue" le 15 mars 1954 (The man who planted hope and grew hapiness). Le succés est foudroyant et la nouvelle est publiée en treize langues (mais pas en français!). Une lady anglaise lectrice (1956) de la revue "Trees an Life" cherche à connaître cet extraordinaire personnage et elle tente de se renseigner auprès de l'administration des Basses-Alpes. Mr Valdeyron, conservateur des Basses-Alpes, intrigué par cet engouement écrit directement à Jean Giono.

Voici la réponse de Jean Giono:

 R_ponse_Giono_1
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R_ponse_Giono_2

Clic gauche sur photo = agrandissement

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé...

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Malgré tout personne ne voulait croire que cette belle histoire était une invention de l'écrivain.
Jean Giono se prend au jeu et alimente les doutes en inventant des décorations à son personnage (interview parue dans le Guardian of Manchester) et en envoyant une photo d'Elzéard Bouffier à un éditeur allemand...
Bientôt la renommée d'Elzéard Bouffier dépasse celle de son auteur Jean Giono!
Une Québécoise s'est même rendu à Banon pour fleurir sa tombe...
Jean Giono, conscient de l'intérêt pédagogique de ce texte abandonne ses droits et en autorise toutes les publications...

 Back2

Les dessins illustrant le texte précédent sont de Frédérick Back, ils illustrent parfaitement la nouvelle...

En 1987 Frédéric Back sort au Québec un film d'animation dont le synopsis  reprend très exactement l'histoire d'Elzéard Bouffier.
Ce film est magnifique! le dessin tout en douceur et en poésie et la voix de Philippe Noiret nous transportent dans un univers d'harmonie et de tendresse.
Il mérite sans contestation l'Oscar du meilleur film d'animation qu'il a reçu!

 Pochette_Back_1

 

Pochette_Back_2

 

Dans la foulée une trousse pédagogique a été conçue par Frédéric Back autour de ce sujet, elle est destinée principalement aux jeunes de 8 à 14 ans, mais quelque soit votre âge vous ne perdrez pas votre temps à la parcourir!

Voici les liens permettant d'accéder au site - Frédéric Back, agir ensemble -:

Site Frédérik Back : Frédéric Back, agir ensemble

Trousse pédagogique

Ateliers pédagogiques : Ateliers - Frédéric Back, agir ensemble

Je rêve qu'un instituteur, en lisant ces lignes, propose à ses élèves de réfléchir autour des grands thèmes déclinés dans cette étude... et me retourne un petit message pour me rassurer : les enfants sont-ils vraiment réceptifs à ce type de discours "écolo-humaniste"?


11 juillet 2010

Quelle est triste la montagne !

Lac_Pierre_Chatel

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Quelle a été triste cette journée du samedi 13 mars 2010 ou nous avons appris le décès de Jean Ferrat. Bien entendu nous savions que sa santé s'était beaucoup dégradée, bien sûr nous avions deviné que l'immense chanteur poète allait nous quitter...
Mais cependant quel choc! pour la première fois, à la maison, nous avons  pleuré à la mort d'un chanteur. Ce n'était pas une "idole", nous n'étions pas ce que l'on appelle "fan"... Mais cet homme nous a certainement accompagné dans nos options de vie par son honnêteté intellectuelle, sa droiture, son engagement politique et sa  fidélité...
Marqué par l'insoutenable horreur de la guerre (son père est mort en déportation), torturé par l'échec communiste, déstabilisé par un monde qui se déshumanise de plus en plus, il a su rester intègre et lucide face à ses choix.


Jean_Ferrat_1A


Toute son oeuvre est le reflet :
de son engagement
Nuit et Brouillard, Potemkine, Ma France, Je ne chante pas pour passer le temps, Camarade, Le bilan...

de son humanisme
Les nomades, C'est beau la vie, Ma môme, Aimer à perdre la raison, Que serais-je sans toi...

de son amour charnel à un pays choisi
La Montagne...

Jean_ferrat_La_Montagne

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 La_montagne_refrain

Prenez du temps, concentrez votre attention sur les textes... Chants d'amour, cris de révolte, engagement, indignation, tendresse, amitié, poésie... Vous trouverez tout cela dans l'oeuvre de Jean Ferrat

"La Montagne" est notre chanson fétiche : elle calque à la perfection  le cheminement de nos vies...
Combien de fois, jeune, j'ai pu l'écouter dans ma chambre de bonne sous les toits de Paris!
Et toujours avec la même émotion... et la vision de ces hirondelles qui se perchaient en rangs serrés  fin septembre sur la portée des fils électriques qui  passaient devant la fenêtre aux Gonthéaumes...

 

Hirondelles_V1


LA MONTAGNE
Paroles et Musique de Jean FERRAT

Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du Formica et du ciné
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importe les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
II n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
II faut savoir ce que l'on aime
Et rentré dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver

Quelle surprise d'en trouver une traduction en patois (Patois de Roizon) par Mr Marcel Taverna dans l'édition du n° 15 de Mémoire d'Obiou paru en Avril 2010.

memoiredobiou15


1er couplet 
    In a in i filon d'oo pai
    Pré s'en alla gagnir lour via
    Louin de la terra onte i son na
    De peil le temps qu'ils n'en revavan
    De la viala et de sous secrets
    Doo formica et doo ciné
    Lou vieux leïre pas originâ
    j seisseiavon le babigné
   D'in revers de mantsi de veste
   Ma i saïon tou galamment
   Tia le lioura et lou perdrao
   Et mindzir la tourna de tchioura.
Refrain
    Pretan que la montagna eil brava
   Couma pouilli s'imagina
   En veuillant in vol d'hirondellé
   Que l'anria vint d'arriva.
2e couplet
   Aweï lei doui mo dessi la téta
    j l'on monta de mirali
   Alla cima de la caota
   Qu'importa lou dzou et lou ans
   j l'aion tou de caractère
   Planta couma de cèpe de vigni
   La vigni ou rampe din le baï
   Le vin ne sera pri tira
   Ou leïre devin pré bita
   Din la salada
   Ma ou fasi de centenéré
  A pris savai que nan faré
  Si ou fasi pas vira la téta.
3e couplet
  Quattre tchiouré et quoque fai
  Ina saison bouna et l'aotra nao
  Et sans vacansi et sans sourtia
  Lei filié volon alla dansir
  Ran que de pris nourma
  Que de voûtai viouré sa via
  j sarom dzendarmé o fonctionneré
  In attendant que la retraité sôné
  La fo savaï ce que faï plaïsaïbien
  Rintra din sa lapinairi
  Mindzir de poulatou aux hârmoné.
                              Susville 2008


Oui elle est bien triste la Montagne. Le battage médiatique s'est très vite apaisé, la télévision et la radio ont déjà oublié...
Au moins aura-t-on pu ,grâce à la retransmission télévisée de la cérémonie du 16 mars, connaître le frère de Jean Ferrat,  percevoir l'immense émotion d'Isabelle Aubret chantant "C'est beau la vie", entendre Francesca Solleville et voir la foule émue reprendre dans un immense frisson "La Montagne". A ces moments  là on se sent appartenir à une communauté simple et respectueuse et il est réconfortant de voir qu'il existe encore des hommes  attachés aux valeurs essentielles de l'humanisme, solidaires et fidèles en amitié...

Jean Ferrat a formidablement chanté Aragon et ce jour là les vers du poème "J'arrive où je suis étranger " prennent une force extraordinaire  et je vous prie de bien vouloir les lire avec attention :


Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu à peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps

C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie

C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux

0 mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger


Jean_Ferrat_1A

Jean_Ferrat_1B


Jean_Ferrat_2A

Jean_Ferrat_2B


Jean_Ferrat_3A

Jean_Ferrat_3B

Etc etc...

20 juin 2010

Pratiquer le haïku en montagne?

Pourquoi pas...

J'ai découvert la semaine dernière un petit ouvrage intitulé : Haïku du sentier de montagne (Pierre Tanguy) .Editions La part commune.

 Haiku_montagne_1

Clic gauche = agrandissement

 Haiku_montagne_2

Clic gauche = agrandissement


Le Haïku est un un poème japonais... Aussi léger et transparent qu'une aquarelle il laisse seulement une trace légère sur le papier blanc : trois courtes lignes entourées de vide...
L'auteur s'empare d'un petit détail le long du sentier et si tout fonctionne bien vous expédie dans un univers infini et vertigineux ou la pensée s'égare , s'embrouille et tente de sonder de mystérieux abîmes...   


Pierre Tanguy nous emmène par petites touches dans son univers poétique et petit à petit les mots prennent sens dans notre esprit...


En voici quelques exemples :


Etang_givre

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Partout
Le grand calme
Et la paix des étangs



Torrent_Valbonnais

Clic gauche = agrandissement

Si colorés dans le torrent
Si fade sur la berge
Les cailloux du torrent



 Dessin_Edit_Berger
(Dessin d'Edith Berger)


Méditant

A flanc de montagne
Deux chevaux noirs



Moutons_Vallon
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Evaluer les distances
Aux bêlements
Des troupeaux d'estive



Etang_reflet

Clic gauche = agrandissement

Lune ou soleil
Trait d'horizon fantomatique
Face à face ponctué de sang


J'ai osé ici mon premier haïku! J'en connais qui vont bien rigoler! Enfin tant pis...

1 mai 2010

Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.

 Une vidéo a été réalisée à l'occasion de l'exposition  consacrée à l'abbé Calès au musée de l'ancien Evêché (2002). On peut la  voir en ACCES LIBRE sur la plateforme de films en VOD des bibliothèques de Grenoble.
"L’abbé CALES, sa vie son œuvre" (30 minutes) un film de 2001 de Roger GARIOD.
 http://cinevod.bm-grenoble.fr/video/SN9T2-abb-cals-sa-vie-son-oeuvre

_______________________________________

Pourquoi un article dédié à l'abbé Calès dans ces pages habituellement consacrées au plateau Matheysin, ses habitants, ses "industries"  et aux montagnes alentours...

Cales_boxer


Calès a toute sa place dans ces pages qui se veulent dédiées au paysage, à la montagne et à toutes les belles émotions esthétiques ressenties face à une nature aussi merveilleuse !

Cales_escalier

J'ai souvent entendu parler de l'abbé Calès à la maison. Mes grand-parents (en particulier mon grand-père), ma mère ont côtoyé "l'extravagant peintre de Tencin". Anecdotes, souvenirs, petit à petit le "personnage" m'est devenu sympathique. Cependant je n'avais jamais réalisé toute l'importance de l'oeuvre de l'Abbé Calès.

Cales_chevalet

Le temps a passé et le vingt cinq mars 2002, au  musée de l’Ancien Evêché, rue Très-Cloître à Grenoble je me trouve face à face avec quelques soixante tableaux, essentiellement des paysages, quelques natures mortes aussi...

 

Cales_assis

La peur du ridicule m'a déjà fait faire demi-tour devant plusieurs galeries… Mais prenant mon courage à deux mains, espérant me fondre dans le flot, pas toujours plus expérimenté que moi, des visiteurs de musée je rentre, paie mon billet et commence la visite le nez collé à chaque tableau, sans me soucier du  livret explicatif que j'avais pris soin d’acheter.

Livret_Cal_s

Et puis voilà qu’à force d’allers et retours, en prenant un peu de recul, en comparant les toiles, en les associant par affinités un écheveau se dénoue peu à peu, quelque chose, petit à petit, se met en place :

 Village_contrefort_belledonne
Village des contreforts de Belledonne, huile sur toile Calès 1902

1) Avec le temps et l’expérience l’artiste s’est éloigné de la facilité d’une restitution fidèle et appliquée pour nous offrir une matérialisation de son émotion visuelle.

 Moulin_Tencin
Moulin à Tencin, huile sur carton 1912

2) Il n’est plus question d’une reproduction du monde tel qu’il le voit mais plutôt de la représentation du monde tel qu’il le ressent.

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Meules de foin en hiver, huile sur carton Calès 1914

3) Sa technique évolue, il est évident que l’artiste veut aller de plus en plus vite, il semble qu’il a peur d’oublier l’émotion éprouvée avant d’avoir achevé son travail.

 Etang_des_pauvres_goncelin
Goncelin, l'étang des pauvres, huile sur toile marouflée sur carton Calès 1912

4) Sa quête de la belle lumière, des nuances, l’incite à répéter les mêmes tableaux afin de restituer les plus subtils changements d’éclairage. Saisons après saisons, lumières du matin, teintes violettes des soirées, tout est prétexte à multiplier les expériences au même point.

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Les trois arbres au printemps, huile sur carton Calès 1923


 Les_3_arbres_automne
Les trois arbres en automne...


5) La rigueur des perspectives, la cohérence de la composition, le choix de la couleur, tout devient facile , évident…

 Lac_Bourget
Lac du Bourget, huile sur carton Calès

Voilà toute la quête de l'abbé Calès : Traquer la belle lumière, l'organiser et la transformer en émotion.

CALES, peintre des montagnes...

L'abbé Calès est un peintre paysagiste

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Lac de l'Eychauda, abbé Laurent Guétal 1886 (Musée de Grenoble)


Très influencé par l'oeuvre de  l'abbé Guetal (qui n'hésitait pas à installer son chevalet à plus de 3000 m d'altitude pour peindre la Bérarde sur une toile gigantesque de 2m de large!), puis par les impressionnistes et les fauves il développe rapidement une technique de peinture au couteau sur carton qui lui permet grâce à une virtuosité incroyable de capter à une vitesse extraordinaire la lumière fugitive de des "Hauts Pays" avant qu'elle ne s'évanouisse...

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Le massif de la Meije, huile sur carton  Calès 06 octobre1936

 L’abbé Calès aimait avant tout la  nature et les paysages. Toute sa vie il a peint les montagnes, l'Isère, la vallée du Grésivaudan. Il a peint sans relâche, la lumière du matin,  du soir, des années durant, retournant au même endroit saisons après saisons. Il a peint toutes les lumières, celles de l’hiver, crues et froides, celles de l’été dures et fortes, celles d’automne , ses préférées.  Il affectionne les bords de l’Isère et ses chantournes,  Belledonne , Tencin, et les abords de son église…

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Chantourne en automne, huile sur carton  Calès 1927

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Chantourne au printemps, huile sur carton Calès 1928

 

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Bords de l'Isère un soir d'orage, huile sur carton Calès 1930

 Ses tableaux souvent allongés étaient tous travaillés avec une épaisse couche de peinture posée au couteau, technique permettant une grande rapidité, afin de restituer au plus vite l’impression de l’instant, l’émotion fugitive des nuances, l’équilibre subtil d’une seconde d’émerveillement.

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Automne au col des Ayes, huile sur carton Calès 1927

 

 Printemps_col_des_ayes
Printemps au col des Ayes, huile sur carton Calès 1955

 

« De près on dirait un informe chaos ; à distance le chaos se divise, s’organise comme les éléments dans la Genèse, la masse colorée se spiritualise, s’allège, vibre et vit. »
Henry Bordeaux

« Les peintres sont les confidents de la lumière et la lumière est l'âme flottante des campagnes, l'âme diverse des vieux pays, ce qu'il y a de plus original, de plus subtil et quasi spirituel dans un climat. Il ne suffit pas de dire qu'elle préside aux travaux et aux floraisons du, terroir... elle colore le sang des races, les mœurs et toute pensée ; on discerne son intonation dans les voix et son incidence dans les esprits. Remercions donc nos peintres, puisqu'ils nous aident à comprendre le sens familier de nos paysages, dans la lumière de chez nous ; ils exercent un ministère d'éducation locale ; ils nous disposent à être résolument autochtones. De la lumière et encore de la lumière, de la lumière à profusion, voilà toute l'œuvre de l'abbé Calés : n'y cherchez pas autre chose... »

Abbé Favre-Gilly

 

 Roseaux_sous_la_neige

Roseaux sous la neige, huile sur papier marouflé sur carton Calès non datée

 

 

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Etang aux roseaux rouges, huile sur toile marouflée sur carton Calès 1907


« C'est le même site immuable dans son grand style, mais changeant de lumière, d'éclairage, en un mot d'impression et surtout quand il y a l'intervalle de plusieurs années comme c'est le cas. Mais que voulez-vous, inutile de chercher à convaincre ceux qui ne comprennent pas le plaisir que peut donner la vision d'une chose aimée dans toutes ses transformations. C'est ce qui ma tenu et me tient toujours si amoureux de ce qui m'entoure et que je revois si différent à chaque rencontre, malgré que le grand pavois soit rare, je le cherche toujours... et avec quelle joie!».

Pierre Calès.

 

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Vallée de l'Isère sous la neige Calès

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Vallée de l'Isère Calès


 Vallee_printemps
Vallée au printemps Huile sur carton  Calès1956


« Mais quels invraisemblables changements d'une période à l'autre. L'admirable hiver, le non moins admirable printemps. Les vibrations vertes de l'été, juillet et août tout au plus, puis le commencement, le plein, la fin de l'automne, toujours trop fugaces, comme le printemps, car il faut trop compter avec le changement de temps. »
« C'était le vent du midi, chaud, net, coloré, tout en effluves. Le lendemain, il pleuvait … »
« Somme toute, j'estime qu'au même point on peut travailler pendant une période de dix jours si le temps se maintient dans la note voulue. Après, il faut fuir et retrouver si l'on peut une autre impression qui reconstitue autre chose sur ce même point si l'on veut y revenir. »

Pierre Calès.

 

 Cales_casquette
Calès vers 1960.

 Cales_jardin
Calès dans son jardin vers 1955.


Dans les dernières années de sa vie il peint son village, la place de Tencin et les rues alentour... sa palette de couleurs s'assombrit. Parfois on aperçoit une maison, un moulin mais jamais aucun homme ou animal. L'oeuvre de l'abbé Calès représente le monde au quatrième jour de la création.

 

 Place_Tencin



 

Place_Tencin_hiver


Dans son livre "Le fil de la Vierge" Henry Bordeaux nous décrit la vie de l'abbé Calès sous le nom de l'abbé Merval...Ce livre est une belle preuve d'amitié de la part de l'académicien.

Fil_de_la_Vierge


En voici la préface :

A
M., L'ABBE CALES
CURÉ DE TENCIN   
mon contemporain d'âge et mon vieil ami
dont j'ai préfacé la première exposition de tableaux
à la galerie Dewambez en octobre 1919   
et dont la légende qui accompagne
son œuvre picturale et sa personne ecclésiastique 
n'est pas étrangère au dessin et à la couleur      
de mon héros, amoureux de la Lumière,            
c'est-à-dire de la Vérité,            
c'est-à-dire de Dieu,      
je dédie ce livre le Fil de la Vierge          
qui aurait dû s'appeler aussi
le Jongleur de Saint-Pol-en-Forêt.
H. B.
Le Maupas, ce jour de la Toussaint 1950.

Cependant Calès n'apprécia guère cet ouvrage et déclara : "Dans ce livre, excusez-moi si je me trompe, je me trouve beaucoup plus cul-cul que curé."...

La préface à l'exposition Dewambez de 1919 dont parle Henry Bordeaux est un très beau texte : " Le jongleur de Tencin" .
Voici la reproduction d'une plaquette datée de 1925 éditée à l'occasion d'une  exposition des oeuvres de l'abbé Calès à la Galerie des Artistes Français, 35 , Chanssée d'Ixellles. Elle reprend le thème du jongleur de Tencin et Henry Bordeaux , en 10 pages, nous en  apprend beaucoup sur  l'oeuvre et le personnage de l'abbé Calès.

 jongleur_Tencin

 

 

Paysages__Dauphin__

Plaquette : Paysages du Dauphiné.pdf


L'abbé Calès décède le 15 octobre 1961 à Tencin.
Le jour de sa mort  il voulait peindre...
Il dit à son commis Hyacinthe : " Va me chercher mon chevalet, j'entends chanter les merles..."
Quand Hyacinthe est revenu il a entendu un soupir...

Il sera enterré à Clonas-sur-Varèze, près de Vienne, avec ses parents.
" Tu sais ce que je veux absolument :  des bouquets du seigneur, des plants de maïs, de l'asparagus et des sanguins aux feuilles rouges..."










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