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Matheysine et Hauts Pays ...
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Introduction
En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
Bêtes et hommes, mon chien...
Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
Le refuge de Font-Turbat Mémoire -mémoire alpine du Haut-Valjouffrey
Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
Quelle est triste la montagne !
Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
Crash sur L'Obiou
Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
Le puits des Rioux
Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
En allant vers le lac du Vallon et le col du Rochail...
Adieu Emile Masse...
Matheysine, terre d'inspiration.
Le sentier des Pères vers Notre Dame de la Salette
Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
La Matheysine vue du ciel...
Juillet Août mois des obsessions
Institutrices en Oisans...
Vous connaissez Petichet ?
Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui
Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers
Vers le lac et le glacier d'Arsine
Le canal du Beaumont
Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...
La vieille église Romane de Saint Théoffrey
Les yeux de l'oncle Jules...
Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.
Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.
En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946
Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...
Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
Le plus vieux berger des Alpes : Emile Masse
Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...
Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche
La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
19 mai 2012

Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...

Attention, attention !

Avis à la population !

Le père du célèbre alpiniste matheysin Glandu, Gilbert Skorski, va à nouveau nous entrainer dans le monde enchanté des lumières changeantes de nos montagnes…

 

Glandu faché

 

En dangereux récidiviste, Gilbert Skorski, après son exposition à l’hôtel de ville de La Mure fin 2010 nous propose, non pas une, mais deux nouvelles opportunités de nous imprégner de l’atmosphère tendre et chaleureuse qu’il arrive si bien à installer dans ses œuvres !

En avant première voici les affiches annonçant ces deux expositions d'aquarelles :


Expo Corps 2012


Expo Devoluy 2012


Si vous avez la possibilité d’aller voir ces expositions n'hésitez pas!

Dans le cas contraire visiter le site: "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou" .

En voici l'adresse :

http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/index-467068.html

Pour vous donner l’eau à la bouche…

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5 juillet 2015

Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !

 

L'église de Pierre-Châtel est visible de fort loin…  Située à Feyteny elle surplombe le village…

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Depuis la pose de la première pierre le 21 juin 1896 en présence de Monseigneur Fava elle a subi les assauts du temps qui passe, des rudes hivers matheysins, des étés caniculaires et son entretien a du causer beaucoup de soucis à la longue série des équipes municipales qui se sont succédées depuis cette date. C'est le lot de nos petites communautés!

Il aura fallu, certainement, bien des efforts, de nombreux dons, énormément de bonne volonté pour la maintenir en état. En cette période de "crise", de caisses éternellement vides, de priorités, d'arbitrages budgétaires serrés, le problème du financement des réparations est certainement un casse tête douloureux…

C'est un travail souvent ingrat et il faut sincèrement remercier les membres de l'association pour la restauration de l'église de Pierre-Châtel pour leur action. Cependant je pense avoir découvert le secret qui a permis de trouver les fonds nécessaire à cette récente restauration.

A Pierre-Châtel quelqu'un a eu une idée sensationnelle : le "sponsoring subliminale".

Définition du sponsor :

Le sponsor, généralement une entreprise aux reins solides finance une cause, une manifestation sportive, une activité artistique etc. etc. en échange d'une publicité ou d'une médiatisation de son action

Et là on frise le génie car dans notre cas il fallait, tout d'abord convaincre un sponsor, et surtout ne pas irriter les susceptibilités ecclésiastiques par une publicité trop grossière. Pas facile… et je suis vraiment impatient de savoir qui a eu l'idée extraordinaire d'utiliser la technique du "message subliminale".

Regardez attentivement ces deux photos, concentrez-vous sur la coloration de l'enduit de l'église et vous comprendrez où je veux en venir…

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Vous avez compris? Eh oui ce petit rappel de teinte violette si particulier, c'est bien la couleur de la vache Milka.

C'est fort, vraiment très fort, maintenant chaque fois que je passe à Pierre-Châtel j'ai envie de manger du chocolat au bon lait du pays Alpin…

Milka001C

 

Que c'est subtil… à défaut d'être esthétique!

18 décembre 2011

L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.

La nouvelle est tombée récemment sur mon « téléscripteur » : L’Association des Amis du Musée Matheysin a reçu le prix de la prestigieuse Académie Delphinale 2011. Ce prix  récompense tout particulièrement la revue annuelle de l’association : « Mémoire d’Obiou ».

Mémoiredobiou16

Site du Musée Matheysin : http://musee.matheysine.com


La belle aventure éditoriale des 16 numéros de Mémoire d’Obiou est justement reconnue par l’Académie Delphinale. Les membres de l’association, leurs recherches et toutes les actions de valorisation et de protection du patrimoine Matheysin  trouvent au travers de cette distinction une légitime  rémunération des efforts fournis.  Le travail effectué par ce collectif de passionnés est immense car il s’inscrit dans la durée. La qualité des articles, la diversité des sujets abordés et des actions engagées sont, certes, les meilleurs garants de la réussite dans ce type d’entreprise… mais il faut aussi la « manière »… Et transmettre son savoir sans ennuyer, toucher un public à priori peu habitué à aller au musée, à décortiquer des archives ou parfois un peu effrayé par la « Culture » est sans nul doute, à mes yeux, la plus belle réussite qui soit…

Le prix sera remis le samedi 28 janvier 2012, 15 h, à l’Hôtel de ville de Grenoble…

 

L’Académie Delphinale a été crée en 1772. Elle a pour but d’encourager les arts, l’histoire, les lettres, les sciences et techniques et la conservation du patrimoine…  et toutes études intéressant les départements de l’Isère, de la Drôme et des Hautes Alpes (ancienne province du Dauphiné). Déclarée d’utilité publique dès 1898, son siège est situé aux Archives départementales de l’Isère, 2 rue Auguste Prudhomme à Grenoble.

Site de l’Académie Delphinale : http://academie.delphinale.free.fr/

 

31 mai 2011

Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...

Aujourd'hui j'ai envie de jouer à l'historien (local!)...
Le conseil général de l'Isère a mis en ligne une immense base de données recensant tous les actes d'état civil jusqu'en 1892


Archives 38 etat civil


Pour plus de confort de lecture vous pouvez télécharger puis imprimer la page 116  de la revue Isère magazine de février 2011 en cliquant sur le lien ci-dessous :


Isère Magazine- Février 2011( page 116)


Le généalogiste en herbe qui sommeille en chacun de nous se prend vite au jeu et peu à peu, au fil des recherches,  l'envie d'en connaître un peu plus sur  le quotidien des petites communautés qui ont habités les hameaux et villages Matheysin grandit...
Par exemple j'ai lu que le hameau des Gonthéaumes a été trois fois entièrement détruit par le feu . René Reymond, dans son livre -Mémoire de Saint Théoffrey-  écrit : " Le premier incendie connu remonte à 1728, le second à 1739 et le troisième au samedi 22 mars 1788, veille de Pâques, jour du marché de La Mure (le jour de marché avait sans doute été décalé à cause du lundi de Pâques!)... Il nous explique qu'une femme du hameau a embrasé sa poêle à frire  en préparant un "pataflan" (un matefaim!) et que le feu de la cheminée, rabattu sur le toit en chaume de sa maison, s'est propagé à tout le hameau.
Par ailleurs j'ai souvent entendu mes grands-parents parler de cette anecdote du matefaim... Mon arrière grand-père Lucien racontait aussi que, petit, il avait été emmené  enveloppé dans un couverture  à l'écart du village pour le protéger d'un incendie qui avait dévoré sa maison . Il se souvenait que deux femmes surnommées les "Mimounes" étaient mortes dans le brasier.
En interrogeant les plus anciens habitants du hameau j'ai vite appris le véritable  nom des "Mimounes": Henriette Coiret et Marie Coiret.
Il ne restait plus qu'à consulter les actes de décès de Saint Théoffrey un peu après 1876 (mon arrière grand-père étant né en 1876).
Enfin à la lecture des actes de décès n° 2 et 3 datés du 05/05/1882, établis par le maire de Saint Théoffrey Jean Troussier, j'ai retrouvé la trace -la preuve-  que Henriette Troussier veuve Coiret  (76 ans) et que Marie Coiret (50 ans) étaient bien décédées au même lieu le 03/05/1882 vers les onze heures et demi du soir...
Mon arrière grand père avait six ans, le 03/05/1882 était un mercredi...


Décès Coiret Marie 03-05-1882 v2

Acte de décès de Marie Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret 03-05-1882_A v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret_B v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


La preuve écrite confirme parfaitement les souvenirs familiaux. Par contre faut-il relier l'anecdote du matefaim à l'incendie de 1788 ou à celui de 1882 ?
Le curé Gaude a peut-être détaillé les péripéties de l'incendie de 1788 dans les registres paroissiaux mais son style d'écriture pour le moins original et le le manque de soin dans la tenue des registres ne facilitent pas les recherches...
Mystère mystère...

23 octobre 2010

La petite hermine du Tabor...

Rencontre fugitive...

Cette année encore j'ai pris grand plaisir à user mes "vibram" en parcourant le Tabor de Matheysine

Vers_le_Piquet_de_Nantes


Spectacle toujours renouvelé d'un somptueux panorama depuis la crête des Barres ou le Piquet de Nantes...

Perollier


Montagne alternant les plaisirs de la marche facile en alpage

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et la progression plus "sportive" sur des roches cristallines, vertes ou des gneiss bien francs...


Et puis cette merveilleuse rencontre dans le secteur de l'Oreille du Loup.
Rencontre brève, fugitive, inespérée...
Une petite hermine, tel un feu follet, a dansé sa folle farandole devant moi.
Farouche mais curieux le petit animal s'est figé deux fois :

IMG_1921_hermine_72dpi


Surprise, elle s'est dressée pour mieux apprécier le danger.

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Trois petites secondes d'arrêt, fuite éperdue, et une petite tête curieuse a surgi derrière un caillou.

Quelle joie d'avoir pu photographier "à la billebaude" un petit être aussi harmonieux!
Voilà une rencontre qui a bien embelli cette journée de marche en montagne...

Etrangement, quelques jours auparavant, j'avais lu un article très intéressant sur ce petit mustélidé. Un véritable petit fauve sanguinaire capable d'ingurgiter jusqu'à cinq campagnols par jours (plus de mille par an !)...
Cet article a paru dans la revue Nat'Images. On y trouve de somptueuses photos d'hermines jurassiennes prises par Fabien Gréban, Jean Malevez et Jérôme Salvi.

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Mon seul regret est de n'avoir pas réussi d'aussi magnifiques clichés...

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5 juillet 2015

La montagne défigurée...

 

Le Grand Serre est une belle montagne du sud Isère. Une crête pure et vierge se découpant sur l'azur des ciels d'été. Des flancs immenses et raides boisés en bas et nus en haut…

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Un paysage qui a su attirer et retenir Olivier Messiaen (1), Robert Doisneau (2), qui a arrêté la marche de Raymond Depardon (3)  dans sa quête des plus beaux paysages de France…

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(Photo prise en mai 2014 sur les pentes du grand Serre)

Quelle chance nous avons d'habiter un si beau territoire!

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Ce paysage fait le bonheur des hommes depuis toujours. Il y a là une harmonie subtile et gratuite qui attire le regard, une alchimie discrète qui fait surgir en nous des petits riens de joie dans le quotidien lorsque nous levons les yeux là-haut…

La légende dit que le bois qui habille la montagne a la forme d'un aigle en souvenir de l'épisode historique de la célèbre rencontre entre l'empereur de retour de l'ile d'Elbe et des troupes royales le 7 mars 1815.

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"Soldats du 5ème, je suis votre empereur. Ne me reconnaissez-vous pas ? S'il en est un parmi vous qui veuille tuer son empereur, me voici!"

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Du haut du Grand Serre bien plus de quarante siècles contemplent la prairie de la rencontre…

Donc nous habitons un beau pays et nous vous offrons ce paysage à vous tous, gens de passage, touristes, estivants! Et…

Et vous auriez pu emporter tout ça dans vos souvenirs, en parler-en autour de vous, et revenir nombreux irriguer de votre calme et respectueuse présence l'économie touristique moribonde du plateau Matheysin…

 

Panorama451 C

Malheureusement un jour on a vu grossir une verrue au front du Grand Serre : Un chalet avait "intelligemment" été positionné en pleine bise à l'extrémité nord de la crête … Peu de temps après un chirurgien malhabile (certainement pour extirper ce cancer esthétique) a lacéré de plusieurs coups de scalpels la virginité des flancs de la montagne…

 

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Tout est ravagé. Le bel équilibre esthétique du Grand Serre est définitivement ruiné pour des générations et des générations… Mais que voulez-vous ces "aménagements" devaient être absolument essentiels pour l'alpage du Grand Serre…

 

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Questions :

Ce chalet (et surtout à cet endroit!) était-il obligatoire?

Cette piste étaient-elle essentielle à la vie des alpagistes?

Existe-t-il un autre accès?

Combien ont couté ces travaux? qui a financé?, quels sont les retours sur investissements espérés?

Cet aménagement m'a littéralement rendu malade! J'ai vraiment eu un haut le cœur en voyant "mon" Grand Serre estropié, massacré, sacrifié sur l'hôtel du "développement économique" mal compris.

Je suis triste et en colère de voir, petit à petit, ce pays se détruire par l'intérieur. Des années durant les Matheysins ont pleuré leur mine. Ne tournant jamais vraiment la page, ils ont toujours attendus des aides, des subsides ou qu'un "magicien" venu d'ailleurs leur propose une alternative miraculeuse permettant de créer des emplois, de l'activité, de la vie sur le plateau. Délaissant leur patrimoine, négligeant totalement l'environnement, laissant "aux autres" le soin de les sortir de la crise.

Et avec quels résultats!!! Des échecs retentissants comme la station de Super Saint Honoré ou le soi-disant projet d'implantation de Télétech à Saint-Théoffrey (par exemple)…

Quel bonheur ce serait de pouvoir ancrer dans ce territoire une véritable volonté d'accueil! Il ne s'agit pas de se lancer dans un tourisme de masse dévastateur, mais plutôt d'imaginer un aménagement tranquille et continu. Il ne faut rien attendre des "plans", des "investissements", des "projets" organisés par nos élites… s'ils ne sont pas accompagnés par chacun d'entre nous…

Il faudrait plus de volontés individuelles, de travail au quotidien, de persévérance dans les efforts d'accueil. Au lieu de cela, il faut constater que d'année en année la situation se dégrade malgré les opportunités sensationnelles que nous offre la nature (les lacs, la montagne, le paysage) et les outils comme le "petit train" SGLM, la Mine Image, le musée Matheysin, la gastronomie, la route Napoléon…

Que de filons à exploiter, que de pistes à explorer, à associer…

J'ai interrogé de nombreuses personnes ayant parcouru la route Napoléon. Pour l'essentiel des Bretons en vacances pratiquant la randonnée le camping ou tout simplement des touristes en découverte de belles régions, à l'affût des beaux paysages ou d'histoire…

Toutes se souviennent de leur passage sur le plateau mais personne ne savait que cette région s'appelait "Matheysine"...

Toutes se souviennent des façades lépreuses longeant la route délabrée mais peu de monde se rappelle avoir côtoyé un chapelet de lacs et de riches roselières…

Toutes ont remarqué le laisser-aller chronique, le manque d'entretien, et globalement l'état d'abandon généralisé…

Aucune n'a entendu parler des musées (de La Mure ou de La Motte d'Aveillans), du "petit train" de la Mira, de la Pierre Percée… de la présence en ces lieux des années durant d'Olivier Messiaen ou d'ailleurs de quoique que ce soit qui aurait pu les retenir quelques jours…

Je suis bien conscient que les temps sont durs pour beaucoup, qu'il est souvent difficile de joindre les fins de mois. Mais pour d'autres… Alors que diable ! Quelques fleurs devant la maison (des œillets d'inde, des soucis, des géraniums issus du bouturage). Un petit coup de pinceaux sur les volets. Tailler avec soin la haie, tondre les bas-côtés, désherber les parterres. Et surtout éviter les amoncellements de cochonneries un peu partout… Ce serait déjà un bon début !

Bien je suis en colère! Loin de moi l'habitude de juger à l'emporte-pièce mais franchement c'est devenu, pour moi, un véritable crève-cœur que de voir année après année ce pays s'autodétruire.

Je lance un concours. Les premiers résultats seront publiés en fin d'année 2015. Le plus beau "fourmoura"(*) du plateau sera publié dans ce blog et son propriétaire recevra un lot: une carte d'accès gratuite et permanente à la déchetterie (par exemple).

Tout n’est pas perdu pour autant! Avez-vous remarqué les efforts effectués à La Mure? L’entrée nord est transfigurée, les abords de la Jonche sont bien embellis. Les rues du centre, les Bastions, bénéficient de divers travaux de réhabilitation. Le Breuil est fleuri… Bientôt, je l’espère, le parvis du château sera aménagé. Pourvu que l’élan initié ne retombe pas et qu’il soit accompagné par chacun de nous…

(*)Fourmoura : mot patois désignant un tas de fumier, de saletés.

A suivre…

 

(1)   L'œuvre d'Olivier Messiaen est fortement marquée par les influences esthétiques qu'il a vécues en Matheysine entre le Grand Serre (le mont chauve), les lacs et leurs roselières habités par les oiseaux chanteurs.  Au début de certaines de ses partitions Olivier Messiaen "décrit" sa musique :

"Entre la muraille casquée de l'Obiou (au sud), et l'éperon de Chamechaude (au nord), quatre lacs : c'est la Matheysine en Dauphiné. A la fin du grand lac de Laffrey, au pied de la montagne du Grand Serre (à l'est) : voici les champs de Petichet."

"Fin juin, début juillet. Il fait encore nuit. Les dernières vagues du grand lac viennent s'éteindre sous les saules. La montagne du Grand Serre est là, avec ses taches d'arbres au bas de son crâne chauve. Vers 4 heures du matin, la Caille fait entendre son appel en rythme Crétique. Le Rossignol termine une strophe : notes lointaines et lunaires, conclusion brusquement forte et victorieuse, longs roulements jusqu'à perdre haleine …/…"

"Cependant, la matinée avance, et voici une menace d'orage. Le grand lac de Laffrey se partage en bandes vertes et violettes.   …/… Le Grand Serre oppose la descente de sa masse énorme à la montée élégante du vol des Hirondelles de cheminée. Au statisme de la montagne chauve s'oppose encore la mouvance des ondulations de l'eau …/…"

"La nuit vient... 9 heures du soir. Dans le silence grandissant retentit le double appel de la Chouette Hulotte, sauvage et terrifiant. Le grand lac est maintenant faiblement éclairé par le clair de lune. Les silhouettes des aulnes sont toutes noires. Tout s'enfonce dans l'ombre grandiose du souvenir. Et le Grand Serre est toujours là, au-dessus de la nuit..."

 

(2)   Robert Doisneau a passé quinze Noël avec sa famille et de nombreux amis à Laffrey (de 1951 à 1965). Un livre "Les Alpes de Doisneau" a été édité par le musée de l'Ancien Evéché de Grenoble. On peut y admirer de nombreuses photographies prises à Laffrey.

 

Doisneau006

 

(3)    Depardon

 

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27 février 2011

Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".

Une bonne nouvelle me parvient via la messagerie : Gilbert Skorski va nous faire partager ses aquarelles sur internet...
C'est avec un grand plaisir que j'ai feuilleté le site : "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou"
dont voici l'adresse :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Gibert Skorsky est un artiste inspiré par la montagne, ses vraies valeurs et...bien entendu le pays Matheysin.
Et quelle inspiration! je ne cesse de penser aux merveilleuses aquarelles de Samivel en regardant les oeuvres de Gilbert Skorski...
On y retrouve la même tendresse envers les animaux, les hommes et la nature.
La lumière parfois douce et vaporeuse, parfois éclatante de pureté, est souvent magnifiée par des ombres gigantesques ou des contre-jours puissants.
Les gradations de "blanc" sont infinies : le "blanc" de la neige n'est pas le "blanc" transparent vitrifié de la glace ni celui des nuées de brouillard ni encore celui du givre...
Du bel ouvrage!
Un petit clic pour un grand moment de plaisir :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Blog_aquarelle_G_Skorski_1

13 mai 2013

Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.

Si vous vous attardez à parcourir ces pages je suis certain que la lecture du livre "Roizonne" de Danièle Vuarchex vous plaira...

roizonne a

 

Le Pays de la Roizonne est un Haut Pays, parallèle au plateau Matheysin, un sillon creusé dans le relief par les glaciers et l'impétuosité des torrents. A l'écart, un peu, mais aussi un axe de passage reliant la vallée de la Romanche et le Beaumont, et de là le grand sud.

Viaduc Roizonnne

Territoire enrichi par les va-et vient mais protégé par ses montagnes : ici pas d'usine à ski, pas d'industrie envahissante... Il aura fallu de l'intelligence aux hommes pour s'y installer durablement en harmonie avec la nature et beaucoup d'énergie, de persévérance pour arracher au sol ingrat nourriture, chauffage et subsistance.

Vallée Roizonne 1

Alors pourquoi rester ici ? Pourquoi ne pas s'expatrier vers des lieux plus propices à la vie des hommes et des bêtes ? Pourquoi s'accrocher à ces pentes si escarpées, affronter la bise, le brouillard, les avalanches, les grands hivers ?...

Vallée Roizonne 3

L'attachement à ces rudes contrées ne peut guère s'expliquer rationnellement. Simplement lisez ce livre vous comprendrez !

Rif_bruyant

L'auteur aime ce pays et les gens qui l'habitent, chaque page le prouve.

Trois grands chapitres :

roizonne b

Le relief, la faune, la flore, l'eau…

roizonne c

La géologie, les glaciers, les premiers peuplements, les faits historiques, la vie des gens d'ici au fil du temps qui passe…

roizonne d

Aujourd'hui : Activités économiques (agriculture, artisanat, tourisme…) sportives, culturelles. Les perspectives…

On ne parle bien que de ce que l'on aime : il est impossible de rassembler autant de connaissances, de documents d'archive, de photographies, de faits historiques, d'anecdotes, de détails sans être porté par la passion.

Je suis certain que cet ouvrage est le fruit d'années d'observation, de recherches… C'est l'aboutissement d'une lente maturation dont l'ingrédient principal est l'attachement à cette terre.

Peut-être avez-vous lu le texte de Samivel (un extrait de " La réponse des hauteurs)" dans le préambule de ce blog. En voici un passage :

"Je n'avais plus besoin d'ouvrir les yeux pour voir 1e pays couché en rond autour de moi, avec sa belle fourrure ocellée d'ombres et de soleil. Je les connaissais par cœur, par 1e cœur, ces hameaux, ces forêts, ces a1pes, ces cascades, ces pics, ces glaciers. Chaque ligne du paysage projetait son double sur un écran intérieur, chaque arbre, chaque rocher ancrait en moi son propre fantôme, et l'eau de ces torrents me coulait aussi à travers l'âme depuis des années."

Cet état d'esprit imprègne tout le livre et j'en partage intimement la sensation.

Vivement un prochain séjour "là-haut" pour appréhender, livre en mains, ce pays que je ne connais, finalement, que si superficiellement…

Pour vous donner un aperçu de la richesse de cet ouvrage voici une copie de la table des matières.

Bonne lecture.

3- Le pays de la Roizonne

6- Le relief

7- Les cols

8- Les crêtes

10- Les sommets

19- Les lacs

24- La flore

26- Adaptation des plantes aux écarts de température

28- ..aux UV et à l'évaporation

29- ... à la pauvreté des sols

30- Orchis en Rattier

31- Ruses de séduction

33- Tiens, vous ici ?

34- Espèces rares et protégées

35- Plantes envahissantes utiles

36- Détails insolites

37- Festival d'automne

38- Les arbres

41- La faune

43- Les grands mammifères

50- Les rapaces

53- Les passereaux

54- Les gallinacés

56- Les reptiles

57- Les amphibiens

58- Des espèces rares

59- Fragilité diaphane

61- La Roizonne et ses torrents

62- La source de la Roizonne

65- Le cours supérieur

68- Le cours moyen

69- Le cours inférieur

70- Le confluent

72- Les crues

75- L'eau de la Roizonne

76- Les captages

77- Impact des captages sur la faune aquatique

79- La vie aquatique

81- Le pays de la Roizonne au gré du temps qui passe

81- L' histoire du sol

82- Les roches

86- L'extension

88- La convergence et la collision

91- L'action des glaciers

95- Le glacier de la Bonne et la Roizonne

96- Vestiges visibles du passage des glaciers dans notre paysage

105- L'histoire des hommes

105- Des peuples fantastiques

106- Le peuplement de la vallée, les vagues d'immigration

107- Les Ligures

106- Les premiers hommes s'installèrent sur les hauteurs

108- Les Celtes 112- Les Romains

116- Les Burgondes

118- Les Lombards et les Sarrazins

119- Les Alleman de Valbonnais

123- Le mandement de Rattier et ses seigneurs

126- Guigues II Alleman

128- Eudes V Alleman

130- Eudes VI Alleman

132- Guigonet Alleman

136- Guillaume Alleman

139- Hugues Alleman

140- Humbert II et la fin du Dauphiné

148- Fin d'une époque

150- Les seigneurs engagistes

152- Le beau Dunois

154- Ratier et la dynastie Dunois

157- Les Combourcier

158- Guigues et Balthasar de Combourcier

159- Les guerres de religion

162- Le siège de La Mure fatal au château de Rattier

163- Louis de Combourcier

168- Jean de Combourcier

169- Fin des privilèges du Dauphiné

172- La justice

172-Visites des prélats de Grenoble

174- La religion dans nos vallées, les chapelles

185-Retour des Combourcier

187- Lignées croisées

193- Les derniers seigneurs de Ratier : Bernard et Alphonse Durey de Noinville

195- Du pouvoir absolu à la Révolution

198- Fin du mandement de Ratier

199- Après la Révolution, marche vers la démocratie

201- Pierre Clavel, un Orichon hors du commun

205- Grégoire Anselme Perrin, témoin privilégié du premier Empire

210- L'habitat au XIXe

 223- Du marbre vert au Serriou ?

226- L'activité économique

228- Les artifices de la Roizonne

234- Les guerres de pâturages

239- L'eau, son transport, sa disponibilité ne coulent pas de source

242- La déforestation en 1873

243- La santé

243- L'éducation au XIXe

248- Les routes et les ponts

253- Mouvements de population

253- La guerre de 1870

254- Premières célébrations de la République

255- La construction des églises

261- La vie civique

261- Le courrier

262- La vie familiale

264- La diversification de l'activité économique

265- Des affaires de justice

266- Les hameaux vus en 1839, 1906 et 2012

286- Entre les lignes du recensement

287- La guerre de 1914-1918

288- Paul Mistral père

289- Paul Mistral fils

290- Destinées des vieilles demeures isolées

292- Les gds travaux de la Roizonne

293- Le viaduc de la Roizonne

302- L'énergie de la Roizonne

310- Paul Freynet de Lavaldens

314- La mine d'Oris-en-Rattier

318- La ganterie Perrin

320- L'économie en 1928

324- Le hameau de Rif Bruyant, les caves à fromage

326- La République d'Enfants

330- Arrivée du tourisme à La Morte

338- Les enfants domestiques

339- La vallée et les enfants

341- Vivre aujourd'hui au pays de la Roizonne

341- L'Activité économique

342- Les risques naturels

344- La prévention des risques

346- Station météo aux Mazoirs

347- L'agriculture

352- Les artisans et la filière bois

353- Artisanat, commerce, hébergement.

354- Les activités culturelles et sportives

356- Une figure locale : Pierre Barnola

357- Via ferrata et parapente

358- Une station de ski à Oris

359- Le sport lié au tourisme

362- Les Vallées du Valbonnais

363- L'évolution de la population

364- Nos écoles aujourd'hui

365- Un regard vers le futur avec les yeux des enfants d'ici.

366- Remerciements

367- Bibliographie

368- Table des matières

8 octobre 2011

La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure d'Isère...

C'est toujours avec plaisir et beaucoup d'impatience que je pousse la porte de la Gribouille lorsque j'arrive en Matheysine.
Une librairie à La Mure ... Quelle chance à l'époque ou tous les commerces se transforment en agence immobilière ou bancaire!

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Impatience de découvrir les nouveautés du rayon dédié à la région et aux beaux livres sur la montagne. Impatience de renouer avec ce pays que j'aime tant en lisant des ouvrages dont les auteurs sont portés par la passion de la recherche patrimoniale, de l'image (photos), de la peinture...

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Mais pourquoi autant d'énergie déployée autour de ce "haut pays"? Pourquoi autant de livres publiés à compte d'auteur ? Pourquoi toutes ces rééditions d'ouvrages anciens sur le patrimoine local?

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En entrant à la Gribouille vous aurez les réponses à toutes ces questions : vous pourrez appréhender en profondeur l'exceptionnelle richesse de ce territoire, vous serez conseillé dans vos choix de lecture, vous nouerez des contacts. Françoise Troussier par son accueil, sa disponibilité vous rendra de multiples petits services : elle fera dédicacer un livre par l'auteur, elle vous indiquera où dénicher l'affiche "introuvable" que vous convoitez, elle commandera  l'ouvrage  "dont vous ne connaissez pas exactement le titre"...

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La Gribouille est une librairie chaleureuse où vous pourrez trouver dictionnaires, livres scolaires, romans, essais, classiques etc etc ...
De quoi occuper agréablement les quelques rares journées de mauvais temps qui arrivent à s'infiltrer sur le plateau matheysin... (bien qu'il soit de notoriété publique qu'il fait toujours beau en Matheysine...)
Et puis n'oublions jamais :

« Qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens,  sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnie, penser à lui tout à loisir et l'on verra qu’un roi sans divertissement est un roi plein de misères… » (Pascal).


Belle incitation à la lecture! non ?

Pour faire plus ample connaissance avec Françoise et Christan Troussier  voici le lien qui vous dirigera vers le site de La Gribouille : http://www.lagribouille.fr/

 

3 novembre 2015

Le regard d'une brebis

 

 

Paul Fabre001

 

Le livre de Paul Fabre : Jean, Berger d’Entraigues, « m’accompagne » souvent en montagne. Je veux dire par là, que tout en marchant, j’essaie de substituer à mes pauvres pensées ou commentaires les plus belles pages de ce magnifique ouvrage. Le rythme lent et régulier de ces marches obstinées vers je ne sais quel but ont l’avantage de stimuler ma mémoire défaillante et je me surprends à pouvoir en mémoriser des phrases entières… Et puis parfois le hasard fait des merveilles:

Des brebis dans le brouillard. Elles semblent nerveuses, aucun berger, aucun chien. Le vallon ne raisonne que des sonnailles et des bêlements précipités de la troupe en déroute.

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Je sens comme un malaise dans ce désordre, et au détour du chemin, derrière un gros rocher, je tombe sur une brebis empêtrée dans un filet de parc. La pauvre bête est terrorisée, les pattes bloquées et le cou noué dans ce piège elle se croit perdue… Mon arrivée ajoute à son désarroi. La pauvre bête se débat encore plus…

Tout d’abord essayer de la calmer puis la maintenir sur le dos et essayer de desserrer cet invraisemblable imbroglio. Un bon quart d’heure de bagarre avec ce foutu nylon, la brebis s’amollit peu à peu mais brusquement le cou se dégage, les pattes suivent enfin. La voilà sur pieds, elle titube et s’écarte. Je pense que tout va s’arrêter là. Mais elle se retourne et me regarde… une minute peut-être!

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Le temps parait long lorsqu'il faut soutenir le regard un peu vide d’une brebis… Tout à coup elle émet un étrange bêlement, lent et saccadé. Elle s’éloigne puis se retourne à nouveau et finalement rejoint lentement le reste du troupeau un plus haut dans la brume et se noie dans un néant cotonneux.

C'est à ce moment qu'il me revient à l'esprit ces magnifiques mots de Paul Fabre:

(voir aussi l'article de ce blog intitulé "Paul Fabre: Jean, berger d'Entraigues")

 

"Si les moutons et les brebis pensent un peu, que pensent-ils de nous, qui les importunons avec d'obscures disciplines? // Pourtant, la nuit, si le ciel devient noir et si la peur semble monter avec la plainte des chouettes et le tambour des gros rochers qui dégringolent dans la Combe, ils ruminent en paix quand ils nous aperçoivent près du jas, du jas fleuri de leurs regards aux lueurs pâles. // Le jour, certains d'entre eux viennent avec de l'amitié dans le désert de leurs prunelles."

 

Je pense que des liens de complicité peuvent unir bêtes et hommes et que des ondes bienveillantes et positives nous relient en un va et vient fraternel. Cependant je dois convenir que ces moments de complicité ne peuvent égaler les liens extraordinaires que l'on peut tisser avec son chien…

Paul Fabre l'a écrit en parlant de son labris "Faraud":

"Il est plus près de moi que les brumes ovines. Un monde étrange, impénétrable à nos sens d'à présent où doivent, certes, palpiter des clartés brèves (de crépuscule ou d'avant-jour), des lueurs vertes comme des feux follets sur les troncs pourrissants, ou comme celles des lucioles d'Orient sous les nuits chaudes."

Pour autant, même si nous humains, avons perdu beaucoup de l'intuition et de l'instinct des bêtes ils y a bien une certaine magie dans ces éphémères moments d'harmonie…

Paul Fabre décrit remarquablement ces instants de connivences:

"J'ai présenté un peu de sel à cette douce. J'en ai toujours quelques poignées dans l'abrassa, en prévision de ces petits bonheurs. Dans le creux de ma main, timidement, la langue rose a pris la friandise, comme on cueille une fleur qu'il ne faudrait pas abîmer. Gentillesse des bêtes, dès que la peur de nous les abandonne ! Elle avait d'abord fait un bêlement fragile, terminé en cassure.

Quand les brebis retrouvent dans leur gorge cet appel aux agneaux, c'est qu'elles sont inquiètes ou contentes. Sans m'arrêter à supposer que celui-là n'était que flatterie de quémandeuse, j'ai eu ma part de ce contentement.  // C'était une caresse délicate, humide, lisse. L'haleine tiède frémissait avec les lèvres. Et dans mon âme j'éprouvais qu'être croyant, quand on est parvenu à mieux chérir les créatures, ce doit être avant tout se sentir inondé d'obscure adoration, de gratitude silencieuse, irraisonnée, abandonnée, envers un Créateur."

J'espère que ces quelques extraits vous donneront l'envie de lire en totalité le livre de Paul Fabre "Jean berger d'Entraigues ".

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J'aimerais tellement que cet ouvrage puisse être réédité… Mais trouverait-il des lecteurs? Notre époque n'est décidément pas propice à l'élégance, la délicatesse et à la complexité des émotions exprimées dans ces pages…

Et puis, de toute façon, quel est l'avenir du pastoralisme de montagne entre les écologistes intégristes, les intérêts financiers et touristiques, la mondialisation et les directives Européennes?

Ce mode de vie se meurt. Nous sommes certainement les derniers témoins de ces pratiques d'élevage.

Décidément : "Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux."

7 octobre 2012

Etrange tête à tête en redescendant du Tabor

Cette année, aucune belle randonnée en montagne… Les circonstances de la vie, la météo… Seulement quelques brèves escapades sur le les flancs du Pérollier par le joli sentier de Côte Dure et le sommet du Tabor de Matheysine.

Sentiers connus sur le bout des Vibram. Pèlerinages en terre connue. Et puis cette découverte étrange :

Sur le sentier, reposant sur un lit de gravier une tête humaine me fixe, me transperce de son regard de pierre.

Tete Tabor 1

Imagination ou réalité ? Non! La nature aidée par un invraisemblable hasard a sculpté cette face humaine et l'a posée juste sous mes pas puis exposée à la bonne lumière…

Et ce regard m'interroge : Que fais-tu de ta vie? N'es-tu pas, comme moi, un homme de pierre, au cœur de pierre, vitrifié dans ton minable quotidien?

Sculpture surréaliste sortie des mains, de l'imagination, de Picasso, Brâncusi, Braque, Chagall?

Cubisme naturel, géométrie de l'absolue. Quelle force dans ce regard!

Tete Tabor 2 

Cette sculpture aura sa place sur la cheminée. J'aime à penser qu'elle représente Berlioz. Il y a une telle fougue, une telle puissance, dans ce visage anguleux, dans ces mèches de cheveux dressées par la fureur de la bourrasque…

 


Berlioz 001

14 juillet 2013

Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey

Le dimanche 9 juin 2013 aura lieu un concert exceptionnel dans l'église de Saint Théoffrey.

Quatuor pour la fin du temps.

A quelques pas de la tombe d'Olivier Messiaen, au coeur du pays Matheysin qui l'a inspiré, dans l'église ou il aimait prier...

Un événement unique et rare à ne manquer sous aucun prétexte...

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1 avril 2008

Introduction

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Plateau Matheysin... le hameau des Gonthéaumes, au fond sa majesté l'Obiou.

Pourquoi ce blog sur ces territoires chers à mon cœur ? Beaucoup ont déjà tenté ce genre d’expérience et l’exercice est périlleux! On y dévoile aux yeux de tous ses faiblesses et lacunes…
Dans un premier temps je voudrais simplement vous faire partager les bonheurs que j’ai eu à arpenter ces lieux.
Expatrié loin de ces paradis la majeure partie du temps je me suis efforcé d’engranger le plus grand nombre possible d’informations, sensations, impressions, colères, joies, images lors mes trop courts séjours "là- haut".
Ce blog oscillera sans doute entre photographies de paysages, randonnées plus ou moins commentées, points d'histoire locale, renseignements divers…
Attention, ici, rien d'exhaustif, rien d'achevé. Je n'ai ni le temps ni les compétences pour un travail de fond. Cette présentation n'est qu'un semis d'idées à développer. Les graines éparpillées un peu au hasard sont pour vous. Faites en l'usage que bon vous semble.
Ce petit exposé sera certainement ponctué de citations ou de courts extraits d'auteurs. Je vous encourage vivement à lire ou écouter l'intégralité de l'œuvre citée. (Et systématiquement décrite en annexe)

 

En préambule pour bien marquer l'atmosphère que je voudrais installer ici voici un court extrait issu de "La réponse des hauteurs" écrit par Paul Samivel :

 

 

…/…C'est alors qu'il m'arriva la chose 1a plus rare du monde ; je perçus mon propre bonheur dans 1e temps même où je me trouvais submergé par cet univers souriant. Tout désir en moi se trouva pour l'instant non point aboli, mais très exactement comblé. Et déjà, je m'interrogeais avec un grand frémissement intérieur, cherchant à me dissimuler à moi-même cette glorieuse certitude de joie, car j'avais suffisamment vécu pour redouter 1a hargne attentive des dieux.
Mais rien ne vint. Pas de coup de foudre. Ailleurs, au-delà de ces horizons, et des horizons de ces horizons, i1 y avait eu tant de carnage et de souffrance violette, et tellement de sang frais pour étancher leur divine soif, qu'ils m'avaient peut-être oublié après tout, les sombres Immortels, moi tout seul, heureux, sur mon arête. J'osai respirer de nouveau, 1e dur métal du piolet incrusté dans mes paumes, tellement vivant, tellement heureux.
Je n'avais plus besoin d'ouvrir les yeux pour voir 1e pays couché en rond autour de moi, avec sa belle fourrure ocellée d'ombres et de soleil. Je les connaissais par cœur, par 1e cœur, ces hameaux, ces forêts, ces a1pes, ces cascades, ces pics, ces glaciers. Chaque ligne du paysage projetait son double sur un écran intérieur, chaque arbre, chaque rocher ancrait en moi son propre fantôme, et l'eau de ces torrents me coulait aussi à travers l'âme depuis des années.
Bien sûr, j'avais eu 1a malchance comme tant d'autres de naître dans une grande ville sépulcrale, mais ceci était véritablement mon pays, et le mot patrie sous lequel se dissimulent à présent tant de monstres, reprenait enfin ici un sens exact et humain. Car cette vallée et ces montagnes étaient juste à l'échelle, assez étroite pour être inventoriée, déchiffrée, saisie d'un long coup d'œil, assez vastes pour n'emprisonner aucun désir, et les cimes elles-mêmes se tenaient au bord des fontaines de l'azur comme un vo1 de colombes apprivoisées…/…

 

La réponse des hauteurs -Août 1945

-Samivel-

 

4 mai 2008

Le Grand Serre en Matheysine, la cabane de la Grande Cuche

Ce matin la nous étions partis pour une simple petite escapade dans la poudreuse .
Pour passer le temps, nous fatiguer un peu dans un corps à corps inutile avec la pente et la neige, sans but véritable, simplement pour nous  retrouver un moment ensemble...
Et puis un renard facétieux nous à invité à une petite course poursuite.
Il nous attendait, assis à bonne distance, nous regardant du coin de l'oeil, puis juste au moment ou il devenait envisageable de lui tirer le portrait il reprenait son petit trot désinvolte .
Nous, pauvres humains, après avoir remballé l'apparail photo on ramait comme des fous derrière notre petit lutin comme des benêts...
Il s'est bien moqué de nous et il doit en rire encore...

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Enfin écoeurés, nous l'avons abandonné et affamés nous avons sorti, comme d'habitude en ballade, un monticule impressionnant de victuailles de nos sacs à dos (les plus lourds et volumineux de la région...).

Nous étions sur le pas de la porte de la cabane de la Grande Cuche.
Toute cette nourriture a fait une envieuse :

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Et c'est avec grand plaisir que nous avons partagé notre repas ...

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Les petites bêtes sont parfois bien naïves et confiantes avec les humains !

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26 décembre 2008

Adieu Emile Masse...

Le Dauphiné Libéré du 16 décembre nous apprend une bien triste nouvelle. Le plus vieux berger des Alpes, "notre" berger du Tabor s'est éteint à Entressen dans son pays de la Crau.

 

Article_Dauphin__Lib_r__Emile_Masse

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Pendant plus de vingt-cinq il a été fidèle au difficile et magnifique alpage du Tabor de Matheysine. Déroulant ses journées entre les cabanes du lac Charlet et du clos de la Mouche. Ne marchandant, ni sa peine, ni sa gentillesse il était devenu un personnage incontournable. Cette montagne était devenue un peu la sienne et il a souhaité que ses cendres y soient dispersées…

 

Cretes_du_Tabor

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Perollier

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Je ne l'ai abordé que peu de fois, jamais bien longtemps, toujours à l'occasion d'une petite virée sur les flancs du Tabor mais je me souviens bien de ma première rencontre avec lui. Nous étions calés dans les replis de la Jonche sous Côte Dure et le Perollier. Il m'a prêté ses jumelles pour observer les marmottes et ce jour là Emile Masse m'a certainement inoculé irrémédiablement la passion des "hauts pays" qui ne m'a jamais quitté depuis…

 

Grand_Serre_et_Perollier

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J'ai toujours aimé aborder de bon matin le sentier de Côte Dure un œil sur la cabane du Charlet ( la cabane d'Emile Masse) tout en surveillant le soleil qui surgira derrière les crêtes du Tabor…

L'idéal est d'avoir juste le temps de redegringoler vers la Chinarde, de "surprendre" les chamois qui parfois se regroupent sous l'Oreille du Loup, et d'entendre précisément à ce moment les jappements clairs des chiens d'Emile Masse commençant sa journée de travail…

 

Chamois_Emile_Masse

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Reflet_oreille_du_loup

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La harde, si calme jusqu'alors, montre quelques signes de nervosité. Les têtes se tournent , les flancs frissonnent, les oreilles papillonnent… C'est le signal du mouvement, la vie reprend…

 

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Il ne me reste plus qu'à me taire, les mots, (bien ou mal dits) importent peu, seul compte le souvenir. Lisez plutôt ce que dit Jean Giono des bavards dans "Que ma joie demeure" : 

"Cesse de profiter de ton avantage de poète. Ne me couvre plus d'image. Ne jette plus sur moi toutes ces images qui me lèchent avec leurs langues. Ne me parle plus de là-haut ou ta voix fait écho avec les étoiles. Je t'ai dit qu'il fallait peu de mots. N'en dit pas tant. Dis les justes…

 

 

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Le paradis des bergers ressemble peut-être un peu à ça…

 

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En hommage voici quelques photos de marmottes, ces mêmes marmottes que j'ai observées, pour la première fois grâce à lui…

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20 juin 2010

Pratiquer le haïku en montagne?

Pourquoi pas...

J'ai découvert la semaine dernière un petit ouvrage intitulé : Haïku du sentier de montagne (Pierre Tanguy) .Editions La part commune.

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 Haiku_montagne_2

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Le Haïku est un un poème japonais... Aussi léger et transparent qu'une aquarelle il laisse seulement une trace légère sur le papier blanc : trois courtes lignes entourées de vide...
L'auteur s'empare d'un petit détail le long du sentier et si tout fonctionne bien vous expédie dans un univers infini et vertigineux ou la pensée s'égare , s'embrouille et tente de sonder de mystérieux abîmes...   


Pierre Tanguy nous emmène par petites touches dans son univers poétique et petit à petit les mots prennent sens dans notre esprit...


En voici quelques exemples :


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Partout
Le grand calme
Et la paix des étangs



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Si colorés dans le torrent
Si fade sur la berge
Les cailloux du torrent



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(Dessin d'Edith Berger)


Méditant

A flanc de montagne
Deux chevaux noirs



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Evaluer les distances
Aux bêlements
Des troupeaux d'estive



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Lune ou soleil
Trait d'horizon fantomatique
Face à face ponctué de sang


J'ai osé ici mon premier haïku! J'en connais qui vont bien rigoler! Enfin tant pis...

1 mai 2010

Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.

 Une vidéo a été réalisée à l'occasion de l'exposition  consacrée à l'abbé Calès au musée de l'ancien Evêché (2002). On peut la  voir en ACCES LIBRE sur la plateforme de films en VOD des bibliothèques de Grenoble.
"L’abbé CALES, sa vie son œuvre" (30 minutes) un film de 2001 de Roger GARIOD.
 http://cinevod.bm-grenoble.fr/video/SN9T2-abb-cals-sa-vie-son-oeuvre

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Pourquoi un article dédié à l'abbé Calès dans ces pages habituellement consacrées au plateau Matheysin, ses habitants, ses "industries"  et aux montagnes alentours...

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Calès a toute sa place dans ces pages qui se veulent dédiées au paysage, à la montagne et à toutes les belles émotions esthétiques ressenties face à une nature aussi merveilleuse !

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J'ai souvent entendu parler de l'abbé Calès à la maison. Mes grand-parents (en particulier mon grand-père), ma mère ont côtoyé "l'extravagant peintre de Tencin". Anecdotes, souvenirs, petit à petit le "personnage" m'est devenu sympathique. Cependant je n'avais jamais réalisé toute l'importance de l'oeuvre de l'Abbé Calès.

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Le temps a passé et le vingt cinq mars 2002, au  musée de l’Ancien Evêché, rue Très-Cloître à Grenoble je me trouve face à face avec quelques soixante tableaux, essentiellement des paysages, quelques natures mortes aussi...

 

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La peur du ridicule m'a déjà fait faire demi-tour devant plusieurs galeries… Mais prenant mon courage à deux mains, espérant me fondre dans le flot, pas toujours plus expérimenté que moi, des visiteurs de musée je rentre, paie mon billet et commence la visite le nez collé à chaque tableau, sans me soucier du  livret explicatif que j'avais pris soin d’acheter.

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Et puis voilà qu’à force d’allers et retours, en prenant un peu de recul, en comparant les toiles, en les associant par affinités un écheveau se dénoue peu à peu, quelque chose, petit à petit, se met en place :

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Village des contreforts de Belledonne, huile sur toile Calès 1902

1) Avec le temps et l’expérience l’artiste s’est éloigné de la facilité d’une restitution fidèle et appliquée pour nous offrir une matérialisation de son émotion visuelle.

 Moulin_Tencin
Moulin à Tencin, huile sur carton 1912

2) Il n’est plus question d’une reproduction du monde tel qu’il le voit mais plutôt de la représentation du monde tel qu’il le ressent.

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Meules de foin en hiver, huile sur carton Calès 1914

3) Sa technique évolue, il est évident que l’artiste veut aller de plus en plus vite, il semble qu’il a peur d’oublier l’émotion éprouvée avant d’avoir achevé son travail.

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Goncelin, l'étang des pauvres, huile sur toile marouflée sur carton Calès 1912

4) Sa quête de la belle lumière, des nuances, l’incite à répéter les mêmes tableaux afin de restituer les plus subtils changements d’éclairage. Saisons après saisons, lumières du matin, teintes violettes des soirées, tout est prétexte à multiplier les expériences au même point.

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Les trois arbres au printemps, huile sur carton Calès 1923


 Les_3_arbres_automne
Les trois arbres en automne...


5) La rigueur des perspectives, la cohérence de la composition, le choix de la couleur, tout devient facile , évident…

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Lac du Bourget, huile sur carton Calès

Voilà toute la quête de l'abbé Calès : Traquer la belle lumière, l'organiser et la transformer en émotion.

CALES, peintre des montagnes...

L'abbé Calès est un peintre paysagiste

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Lac de l'Eychauda, abbé Laurent Guétal 1886 (Musée de Grenoble)


Très influencé par l'oeuvre de  l'abbé Guetal (qui n'hésitait pas à installer son chevalet à plus de 3000 m d'altitude pour peindre la Bérarde sur une toile gigantesque de 2m de large!), puis par les impressionnistes et les fauves il développe rapidement une technique de peinture au couteau sur carton qui lui permet grâce à une virtuosité incroyable de capter à une vitesse extraordinaire la lumière fugitive de des "Hauts Pays" avant qu'elle ne s'évanouisse...

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Le massif de la Meije, huile sur carton  Calès 06 octobre1936

 L’abbé Calès aimait avant tout la  nature et les paysages. Toute sa vie il a peint les montagnes, l'Isère, la vallée du Grésivaudan. Il a peint sans relâche, la lumière du matin,  du soir, des années durant, retournant au même endroit saisons après saisons. Il a peint toutes les lumières, celles de l’hiver, crues et froides, celles de l’été dures et fortes, celles d’automne , ses préférées.  Il affectionne les bords de l’Isère et ses chantournes,  Belledonne , Tencin, et les abords de son église…

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Chantourne en automne, huile sur carton  Calès 1927

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Chantourne au printemps, huile sur carton Calès 1928

 

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Bords de l'Isère un soir d'orage, huile sur carton Calès 1930

 Ses tableaux souvent allongés étaient tous travaillés avec une épaisse couche de peinture posée au couteau, technique permettant une grande rapidité, afin de restituer au plus vite l’impression de l’instant, l’émotion fugitive des nuances, l’équilibre subtil d’une seconde d’émerveillement.

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Automne au col des Ayes, huile sur carton Calès 1927

 

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Printemps au col des Ayes, huile sur carton Calès 1955

 

« De près on dirait un informe chaos ; à distance le chaos se divise, s’organise comme les éléments dans la Genèse, la masse colorée se spiritualise, s’allège, vibre et vit. »
Henry Bordeaux

« Les peintres sont les confidents de la lumière et la lumière est l'âme flottante des campagnes, l'âme diverse des vieux pays, ce qu'il y a de plus original, de plus subtil et quasi spirituel dans un climat. Il ne suffit pas de dire qu'elle préside aux travaux et aux floraisons du, terroir... elle colore le sang des races, les mœurs et toute pensée ; on discerne son intonation dans les voix et son incidence dans les esprits. Remercions donc nos peintres, puisqu'ils nous aident à comprendre le sens familier de nos paysages, dans la lumière de chez nous ; ils exercent un ministère d'éducation locale ; ils nous disposent à être résolument autochtones. De la lumière et encore de la lumière, de la lumière à profusion, voilà toute l'œuvre de l'abbé Calés : n'y cherchez pas autre chose... »

Abbé Favre-Gilly

 

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Roseaux sous la neige, huile sur papier marouflé sur carton Calès non datée

 

 

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Etang aux roseaux rouges, huile sur toile marouflée sur carton Calès 1907


« C'est le même site immuable dans son grand style, mais changeant de lumière, d'éclairage, en un mot d'impression et surtout quand il y a l'intervalle de plusieurs années comme c'est le cas. Mais que voulez-vous, inutile de chercher à convaincre ceux qui ne comprennent pas le plaisir que peut donner la vision d'une chose aimée dans toutes ses transformations. C'est ce qui ma tenu et me tient toujours si amoureux de ce qui m'entoure et que je revois si différent à chaque rencontre, malgré que le grand pavois soit rare, je le cherche toujours... et avec quelle joie!».

Pierre Calès.

 

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Vallée de l'Isère sous la neige Calès

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Vallée de l'Isère Calès


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Vallée au printemps Huile sur carton  Calès1956


« Mais quels invraisemblables changements d'une période à l'autre. L'admirable hiver, le non moins admirable printemps. Les vibrations vertes de l'été, juillet et août tout au plus, puis le commencement, le plein, la fin de l'automne, toujours trop fugaces, comme le printemps, car il faut trop compter avec le changement de temps. »
« C'était le vent du midi, chaud, net, coloré, tout en effluves. Le lendemain, il pleuvait … »
« Somme toute, j'estime qu'au même point on peut travailler pendant une période de dix jours si le temps se maintient dans la note voulue. Après, il faut fuir et retrouver si l'on peut une autre impression qui reconstitue autre chose sur ce même point si l'on veut y revenir. »

Pierre Calès.

 

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Calès vers 1960.

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Calès dans son jardin vers 1955.


Dans les dernières années de sa vie il peint son village, la place de Tencin et les rues alentour... sa palette de couleurs s'assombrit. Parfois on aperçoit une maison, un moulin mais jamais aucun homme ou animal. L'oeuvre de l'abbé Calès représente le monde au quatrième jour de la création.

 

 Place_Tencin



 

Place_Tencin_hiver


Dans son livre "Le fil de la Vierge" Henry Bordeaux nous décrit la vie de l'abbé Calès sous le nom de l'abbé Merval...Ce livre est une belle preuve d'amitié de la part de l'académicien.

Fil_de_la_Vierge


En voici la préface :

A
M., L'ABBE CALES
CURÉ DE TENCIN   
mon contemporain d'âge et mon vieil ami
dont j'ai préfacé la première exposition de tableaux
à la galerie Dewambez en octobre 1919   
et dont la légende qui accompagne
son œuvre picturale et sa personne ecclésiastique 
n'est pas étrangère au dessin et à la couleur      
de mon héros, amoureux de la Lumière,            
c'est-à-dire de la Vérité,            
c'est-à-dire de Dieu,      
je dédie ce livre le Fil de la Vierge          
qui aurait dû s'appeler aussi
le Jongleur de Saint-Pol-en-Forêt.
H. B.
Le Maupas, ce jour de la Toussaint 1950.

Cependant Calès n'apprécia guère cet ouvrage et déclara : "Dans ce livre, excusez-moi si je me trompe, je me trouve beaucoup plus cul-cul que curé."...

La préface à l'exposition Dewambez de 1919 dont parle Henry Bordeaux est un très beau texte : " Le jongleur de Tencin" .
Voici la reproduction d'une plaquette datée de 1925 éditée à l'occasion d'une  exposition des oeuvres de l'abbé Calès à la Galerie des Artistes Français, 35 , Chanssée d'Ixellles. Elle reprend le thème du jongleur de Tencin et Henry Bordeaux , en 10 pages, nous en  apprend beaucoup sur  l'oeuvre et le personnage de l'abbé Calès.

 jongleur_Tencin

 

 

Paysages__Dauphin__

Plaquette : Paysages du Dauphiné.pdf


L'abbé Calès décède le 15 octobre 1961 à Tencin.
Le jour de sa mort  il voulait peindre...
Il dit à son commis Hyacinthe : " Va me chercher mon chevalet, j'entends chanter les merles..."
Quand Hyacinthe est revenu il a entendu un soupir...

Il sera enterré à Clonas-sur-Varèze, près de Vienne, avec ses parents.
" Tu sais ce que je veux absolument :  des bouquets du seigneur, des plants de maïs, de l'asparagus et des sanguins aux feuilles rouges..."










18 décembre 2011

Légende de Noël au Pays Noir...

Il ya bien longtemps on criait Noël, Noël ! à l’occasion de tout événement heureux…

Aujourd’hui, au mieux, Noël est une fête religieuse… Mais le plus souvent, hélas, ce moment de l’année est plutôt synonyme d’orgie consommatrice…

Voilà pourquoi je me sens toujours mal à l’aise à cette époque de l’année...

Je rêve parfois d’une veillée de Noël en format "carte postale", de messe de minuit, d'église romane enfouie dans un paysage enneigé, de sapins bien vivants étincelant de givre ou de villages engourdis par le froid de l'hiver naissant…

St Hugues de Chartreuse

Saint Hugues en Chartreuse (1)

 

St Maurice en Valgaudemar

Saint-Maurice-en-Valgaudemar (1)

 Dans mes Noël rêvés le ciel est moucheté d’étoiles bien brillantes et on entend des chants de Noël en sourdine et des cris d’enfants heureux… On y croise des pères Chartreux, des bonhommes de neige réunis dans le même spaciement, randonnant dans l'infini …

Chartreux

Chartreux.jpg (1)

Bonhomme neige

 

Mais le plus souvent en cette fin décembre, comme d'un chacun, je me retrouve coincé dans des embouteillages entre un parking de supermarché et une rocade urbaine au fin fond d’une ZI lugubre…

Pour vous mettre au diapason de mon état d’esprit lisez cette légende : "Soirée de Noël dans les environs de La Motte d’Aveillans".  C’est pas très gai mais dans cette histoire hommes et bêtes sont courageux et loyaux… et je ne sais pas pourquoi mais à mes yeux Noël a toujours eu cette connotation ambivalente. Le cœur oscillant entre joie et tristesse…

 

Noël au Pays noir.

Le glas s'était tu... Les hommes, harassés, regagnaient leurs chaumières...

Comment avaient-ils pu, dans cette bourrasque, creuser la fosse de Jérémie, le bûcheron des Creys? Au prix de quels efforts étaient-ils parvenus à descendre – dans la neige qui les aveuglait et les faisait trébucher à tout instant - son corps raidi par la mort et le froid ?...

Les femmes, quittant le cimetière, se hâtaient, parlant encore à voix basse : «C'est trop de misère, tout de même ! Une veille de Noël !... Pauvre Mélanie ! Quelle triste soirée va-t-elle passer, seule avec son petit-fils, en sa cabane isolée !».

Mais personne ne pouvait songer à reprendre, dans la nuit commençante, le sentier introuvable de la forêt.

Et Mélanie était seule, à la nuit tombée...

Cela se passait, il y a bien des siècles, lorsque les peupliers recouvraient La Roche; les sapins et les mélèzes : La Mayrie et Le Villard; au temps où l'ancêtre de l'«Orme» fameux - qui devait laisser son nom à l'«Ourme» - n'était encore qu'un arbuste.

En ce lointain Moyen Age, tout le monde était plus ou moins bûcheron et cultivateur dans les petits hameaux du Pays Noir (ainsi nommé à cause de la teinte de ses roches et de l'aspect de ses bois). Mais, en ce soir du 24 décembre, du Connexe au Bois Noir, de Pierre-Percée au Drac, tout était désespérément blanc sous la rafale de neige.

Il fallait être égaré ou héroïquement charitable pour affronter un temps pareil...

Le glas s'était tu...

Mélanie ne l'avait pas entendu vibrer dans l'air ouaté de flocons. Mais elle l'entendait pleurer en son cœur douloureux...

Assise près du feu qu'elle oubliait de ranimer, elle regardait sans le voir son petit-fils endormi dans l'humble «balancelle». Elle revivait ces derniers jours... Son mari. aussi courageux que bon, avait trop présumé de ses forces vieillissantes : il avait glissé avec le lourd «billot» qu'il voulait scier et l'avait reçu en pleine poitrine... «Ce ne sera rien» avait-il assuré... Son souffle court et son visage congestionné démentaient ses paroles.

Que faire ?... Il y avait bien, au Mas près la Pierre Merlière, un «Guérisseux» réputé (mire? Apothicaire? Ou... un peu sorcier?). Mais ses services se payaient. Et Mélanie n'avait point d'écus sonnants en sa pauvre escarcelle... «Laisse, femme, ce ne sera rien», répétait le malade. Pourtant, elle eut beau le réchauffer de son mieux, épuiser en infusions toute sa provision de genièvre, le lendemain, Jérémie trépassait dans un dernier râle après lui avoir recommandé : «Prie pour le repos de mon âme... »

«Sois toujours compatissante et bonne»... et - dans un souffle - «Je te serai en aide»...

Brisée de fatigue et de chagrin, elle écoutait, dans une demi-somnolence, les bruits de la forêt. Elle croyait entendre le vent murmurer cette phrase : «Je te serai en aide» - «Comment ?...» Questionnait-elle. La réponse ne venait pas dans sa tête douloureuse. «Mon pauvre homme, il déparlait», pensait-elle tristement.

Elle finit par s'endormir tout à fait...

La bise se mit à hurler, sinistre, dans les sapins.

La pauvre chaumière tremblait sous l'effort de la rafale...

L'enfant dormait toujours...

Il ne savait pas que sa mère était morte à sa naissance et que son père. Parti guerroyer avec le seigneur de Monteynard, ne reviendrait jamais... La tendresse vigilante de son aïeule lui tenait lieu d'univers.

Soudain, dans l'écurie attenante à l'unique pièce, la chèvre et les deux brebis se mirent à hurler de terreur... La femme réveillée en sursaut, tremblante sans savoir pourquoi, jeta un fagot dans l'âtre d'un geste irraisonné, pour se réchauffer et faire de la lumière... la lumière qui chasse la peur avec l'ombre... et qui chasse aussi le rêve !... Douloureuse, la réalité se fit jour ! Mélanie était seule au monde avec cet orphelin qui dormait. Il faudrait l'élever... Avec quoi, Mon Dieu ?... Elle prêta l'oreille... Devenait-elle folle... ? «Ces hurlements dans le lointain... Non ce n'est plus seulement la bise... ce sont les loups... ! Pourvu qu'ils ne s'approchent pas... ! Pourvu que la porte résiste !» Ah! si du moins, son brave Taïaut était là pour défendre l'enfant ! Mais le bon chien avait suivi le cortège funèbre et n'était point remonté... Etait-ce une hallucination... des aboiements furieux se rapprochaient... Mais aussi, assourdis par la neige, des pas, des pas humains ! L'aïeule effrayée retenait sa respiration... Tous les bruits se rapprochaient...on cogna durement à l'huis. Elle fit un bon en arrière terrifiée... Taïaut jappait, là, tout près. Une voix haletante jeta : «Noël ! Ouvrez ! Par pitié ouvrez vite !»Noël... Soudain, courageuse, elle tira promptement le verrou et entrebâilla la porte. Deux «paquets de neige» entrèrent; le plus grand (homme ou ours) referma l'huis d'un vigoureux coup d'épaule; puis (car c'était bien un homme) ôta son bonnet de fourrure et salua : «Noël à vous, Dame de céans ! Noël à tous les vôtres ! Vous me sauvez la vie !» - «Que l'hôte de Noël soit le bienvenu en ma triste demeure» répondit-elle. L'enfant mi-éveillé par le bruit et le froid, se retourna, pleurant. Taïaut - car c'était lui - s'ébrouant, balança le berceau et caressa le petit qui rassuré, s'endormit souriant. Derrière la porte bien close le chien reprit sa faction, menaçant... L'étranger quitta son manteau de peau d'ours. Contre son justaucorps, bien à l'abri, il serrait une viole.

Ses chausses n'étaient plus qu'un bloc de neige glacée... Il frissonnait...

Alors compatissante et bonne, sans questionner l'hôte de Noël - reçu comme le Seigneur Lui-même - la femme alla quérir, près des bêtes calmées, toute la provision de bois réservée à Noël et prépara une boisson bien chaude avec les plantes aromatiques cueillies en été. Puis, simplement avec la générosité des humbles qui ne calculent pas, elle offrit à l'inconnu les dernières chausses de son défunt... tout ce qu'il n'avait pu emporter avec lui.

Emu, l'homme qui se sentait revivre, remercia l'aïeule et s'excusa de venir ainsi, de nuit, troubler sa solitude et son chagrin.

Il avait beaucoup voyagé de France en Dauphiné et avait appris bien des choses...

Tour à tour montreur d'ours, jongleur, ménestrel il allait de prieuré en abbaye, de village en castel, chantant, colportant les nouvelles.

Venu du prieuré de Commiers à Notre-Dame de Perailler, il avait fait halte, la veille au soir, au château de La Motte où il avait appris comment le seigneur du lieu, revenu lépreux de la croisade, avait été merveilleusement guéri par l'eau chaude d'Avignonnet au bord du Drac. Comptant passer la Sainte Nuit en l'église du Pays Noir, il s'était égaré dans les bois. Poursuivi par les loups, il eut la chance de rencontrer Taïaut et de s'en faire un allié qui l'avait guidé jusqu'ici, marchant à reculons pour faire face aux méchantes bêtes...

Tout en écoutant, Mélanie avait sorti la tomme de chèvre, les dernières galettes de blé noir et mis chauffer dans l'âtre la soupe de gruau.

Brisé par la fatigue, attentif à la discrétion (ne voulant pas dévorer les maigres provisions) l'hôte ne tarda pas à s'étendre sur la couche de paille, à même le sol...

L'aïeule s'assoupit près du feu...

L'étranger ne dormait pas... son regard s'était fixé au sol rocailleux de la chaumière.

Soudain, une gerbe d'étincelles envolée de l'âtre fit luire le rocher... Il se souleva de surprise : «La Pierre Noire ! Serait-ce la pierre noire ?» Il n'en croyait pas ses yeux... c'était bien la pierre noire...

Convaincu, il se dressa tout à fait : «C'est la pierre noire... il faut qu'elle chauffe !» - II se mit à gratter le sol, ramassa les morceaux détachés et s'approcha du foyer : «La pierre noire ! Il ne fera plus froid !»

Rapprochant les blocs de pierre qui formaient l'âtre, de tout son souffle il attisa le feu de bois qui se mit à pétiller, il jeta par-dessus les «pierres noires» puis décrochant la marmite, il la plaça sur le feu en guise de couvercle.

La veuve épouvantée, n'osait bouger... Aurait-elle (comble de malheur !) recueilli un dément?... Il ne faut point, dit-on, contrarier ces gens-là !... ou bien... serait-ce un alchimiste ? C’est-à-dire... un peu le diable...? D’après ce qu'elle avait entendu raconter au temps où elle était accorte servante chez la noble Dame de Monteynard.|

L'homme avait saisi la masse et le pic du bûcheron. Sans nul souci du sommeil de l'enfant, il creusait dans le roc et brisait les petits blocs, un sourire au coin des lèvres : «La pierre noire ! Quelle fortune !»|

Taïaut ne protestait pas... les loups étaient partis, n'ayant jamais ouï, en ces lieux,  pareil vacarme après le couvre-feu ! La bise ne soufflait plus; la neige s'était arrêtée.

Une douce chaleur envahit la chaumière...

L'hôte souleva la marmite : Des pierres noires devenues incandescentes s'échappaient de courtes flammes bleues-mauves. Il rajouta d'autres pierres noires disant : Noël ! 0 Dame compatissante et bonne, Dieu vous est en aide ! Vous n'aurez plus jamais froid, céans...»

L'enfant riait, tendant ses petits bras vers l'âtre... Cloches et clochettes carillonnaient minuit dans la vallée.

Dans la demeure endeuillée, devant le berceau de l'enfant, le ménestrel chanta sur sa viole son plus beau Noël. Puis... il s'en fut, laissant sa bourse aux mains réchauffées du petit.

Le jour se leva radieux; des perles brillaient à toutes les branches.

Et lorsque midi fit étinceler la neige sur les sapins, dans la combe proche de la chaumière, l'anthracite irisé de La Motte scintillait au soleil.

 Au Pays Noir, les cloches chantaient... !

 (Les Mottes, 1952).

Cette légende est issue de l'ouvrage de René Reymond intitulé "Mystères et Curiosités de l'Histoire" :

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(1)   Aquarelles tirées du bel ouvrage "Evasions Nouvelles" de Madeleine Merle :

Evasions Nouvelles Merle

 

 

 

7 février 2010

La gloire de mon arrière-grand père.

Vous connaissez, bien entendu, l'ouvrage de Marcel Pagnol : "La gloire de mon père".
Souvenez-vous : «Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers... »

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Souvenez-vous encore de l'indéfinissable atmosphère que Pagnol sait imposer dans ses textes sur la Provence... Cet autre chantre des terres provençales nous ensorcelle à chaque fois. Bien sûr, comparé à Jean Giono, la Provence de Pagnol est parfois un peu caricaturale, un peu grandiloquente. Cependant il sait à merveille instiller dans nos coeurs toute la sensibilité des personnages de ses romans.
Et bien j'ai eu grand plaisir à trouver un peu de cette humanité dans deux  photographies (datées de 1944) représentant mon arrière-grand-père Lucien tenant fièrement à bout de bras un énorme brochet...


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Mon arrière-grand-père était, paraît-il, un "personnage" au caractère affirmé. Il avait des convictions ! (singulièrement en politique et particulièrement le 1er mai... Enfin vous voyez ce que je veux dire...)


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C'était aussi un très bon pêcheur (il pêchait souvent à la dandinette sur le lac gelé en hiver). Vous remarquez avec quelle fierté il présente son trophée au photographe. Ne ressemble-t-il pas à Joseph, le père de Marcel Pagnol?


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Et puis il y a cette  minuscule photo de 1940 qui relie encore un peu plus mon arrière-grand-père au roman de Pagnol  et au temps des derniers chevriers...

 


8 mai 2008

Quelques jeunes bouquetins acrobates et curieux...

Avec ses 70-100kg chez le mâle c’est un des animaux les plus spectaculaires de nos montagnes. Autrefois menacé d’extinction, il est actuellement protégé et réintroduit de Suisse dans les massifs de Belledonne, des Ecrins et du Vercors. Très bon grimpeur le bouquetin affectionne les pentes escarpées et les falaises exposées au sud l’hiver.


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Vallée de l'Eau d'Olle, un peu avant le défilé de Maupas, en montant vers le col des Sept Laux de jeunes bouquetins musardent dans l'ombre du pic Bunard.

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28 octobre 2011

Au bord de la route...

Au bord de la route entre Tréminis et Prébois , tel un cimetière bouleversé par un tremblement de terre, des bornes routières arrachées à leurs fonctions indicatrices gisent dans un capharnaüm à ciel ouvert.

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Aujourd’hui  les automobilistes ne peuvent plus lire les précieuses indications gravées sur ces objets d’un autre temps : ils roulent beaucoup trop vite… 

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A l’époque du GPS, ces précieux auxiliaires des cartes routières sont devenus ringards !

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Ces braves compagnons de route sont trop vieux, ils coûtent trop cher à entretenir,  il n’est même pas envisageable de les reconvertir en remblai…

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Alors jetons-les aux orties, sans estime pour leur constance à braver de dures conditions travail, sans égard pour leur grand âge, sans considération pour les services rendus…

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En un curieux raccourci je pense qu’il existe bien des similitudes entre le sort réservé à ces bornes et les hommes abandonnés au bord du chemin par une société qui fonce à tombeau ouvert sans prendre le temps de se renseigner sur la bonne route à suivre…

15 mars 2009

L'anthracite : l'or de la Matheysine...

Au nord il y a les corons! Chanson bien connue qui a eu du succès en son temps…

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Aujourd’hui tous les puits ont fermé. La race des mineurs (grande aristocratie du monde ouvrier) s’est éteinte.

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Le charbon est devenu dans l’esprit de beaucoup l’horreur absolue, le symbole même de la pollution, une abomination écologique, ou pour le moins un grand pourvoyeur de co2 et autres saloperies…

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Pourtant le charbon et son exploitation ont modifié en profondeur et finalement en bien notre petite patrie…

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Les paysages, les mentalités, le tissu social ont été transformés au grès des aléas de la production de notre or noir :"l'anthracite".

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Les esprits se sont tour à tour échauffés ou ouverts à la présence de populations immigrées…

La mine a bouleversé l'économie du plateau. Les revenus purement agricoles et artisanaux, longtemps soutenus par quelques activités annexes (travaux de ganterie à domicile, colportage…), sont bientôt délaissés au profit d'un système basé sur la double activité "paysan-mineur".

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Le paysan devenu ouvrier fait l'apprentissage des luttes ouvrières…

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La vie s'accélère : le progrès social, l'éducation, le confort gagnent du terrain…

Un "Haut Pays" quelque peu isolé s'ouvre au monde et à ses richesses, des voies de communication de plus en plus modernes (chemin de fer S.G.L.M par ex) permettent le brassage des marchandises, des hommes et des idées…

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Je souhaite vous montrer à quel point la mine a marqué de son empreinte la Matheysine grâce à un petit exposé en quatre étapes (articles). Le sujet ne sera, comme toujours dans ces lignes, qu'effleuré. A charge pour vous de compléter, d'amender, de commenter… Les pistes entrouvertes ne sont que des points d'accès vers des investigations plus personnelles… Peut-être quelques lecteurs auront la patience, la constance dans l'effort de chercher à se documenter par eux-mêmes!

Je ne manquerai pas de vous donner les références des sources que j'ai utilisées…A charge, pour vous, si le cœur vous en dit, de continuer à vous informer en lisant les ouvrages cités. Avec un peu de perspicacité ils sont pour la plupart accessible à l'achat ou en prêt.

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Dans un premier temps je pense qu'il faut aborder l'aspect patrimonial et "visible" de cette activité industrielle . Une présentation (non exhaustive) de photographies anciennes ou plus récentes permettra de relier passé et présent et d'appréhender chronologiquement le développement, le déclin, et l'abandon de l'extraction houillère et son impact sur les paysages et l'urbanisme.


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Dans un deuxième temps je pense qu'il est souhaitable de parler des grandes étapes du développement des houillères. De l'attribution des premières concessions concédées sous Napoléon 1er, en passant par les directions d'Henri Giroud, Eugène Chaper, Paul-Henry de Renéville, jusqu'à la nationalisation de 1946 et à la fermeture définitive de 1997…


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Troisième étape : comment ne pas évoquer les combats syndicaux, sociaux, les luttes, les grèves, les conflits entre ouvriers français et immigrés , les accidents …

 

Enfin il sera temps de clore le cycle. D'espérer que "la saison des oublis" est terminée. Que l'époque ou presque tous, inconsciemment parfois, nous avons voulu gommer et effacer ce glorieux passé est derrière nous.


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Peut-être que la mode du tourisme industrielle permettra de sauver un peu de cette mémoire qui se perd comme s'écoule le sable entre les doigts…

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Notre verdoyant plateau Matheysin a donc bien vite été assombri par des raziers (terrils) gigantesques et des installations d'extraction …Le paysage a, par endroits, été profondément remodelé par cette activité quelque peu envahissante. Les articles qui suivent tenteront de vous décrire quelques ouvrages industriels de ce patrimoine minier…

22 janvier 2011

Edith Berger. Peintre du Trièves

Découvrir le Trièves à travers les oeuvres d'Edith Berger est une excellente façon de parcourir ce magnifique territoire.
Ultime terre préservée du Dauphiné, dernier bastion ayant résisté aux monstrueux désordres du progrès, il fait encore le bonheur des hommes par ses paysages, son harmonie, sa subtile beauté...
Edith Berger s'est imprégnée de ce haut pays si richement doté par la nature et le travail méticuleux des hommes. Elle a, saisons après saisons, récolté, engrangé et restitué dans ses oeuvres une part de l'âme de ce somptueux pays de montagne.
Elle disait : "Il me fallait du vent dans mes toiles, de l'espace, de la clarté... Tout dans le Trièves m'a renvoyé à l'essentiel, à ce que Giono appelait- Les vraies richesses-".

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Le village de Lalley. Huile non datée.

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Blé aire du serre. Eté 1945.

 

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Prébois et mont Ménil. Huile non datée.

Edith Berger et le Trièves : voila bien une rencontre qui nous renvoie à l'essentiel:
Notre émotion devant des paysages harmonieux à la composition et aux perspectives subtilement modifiées par le travail des hommes.
Notre joie de parcourir un territoire à peu près vierge des vulgarités ordinaires secrétées par les sociétés humaines modernes.
Notre sensation que tout ici est "en place" : le paysage, les villages aux toits d'écailles, les cultures dont les sillons épousent amoureusement la croupe des coteaux et les jardins entourant les maisons.


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La maison en été. Huile non datée.

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Mon jardin en été. Crayolor vers 1955.

Jean Giono, en une phrase, décrit ce sentiment d'équilibre : "Ainsi cette construction-là, avec ces quatre énormes montagnes où s'appuient le ciel, cette haute plaine du Trièves cahotante, effondrée, retroussée en houle de terre (...) ce constant appel de lignes, de sons, de couleurs, de parfums vers l'héroïsme et l'ascension, cette construction : c'est le cloître, la chartreuse où je viens chercher la paix (...) J'arrive mes montagnes!
Fermez la porte derrière moi."

 

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J'ai déjà tenté dans ces pages, de vous transmettre mon attachement à un artiste- l'abbé Calès- qui m'a appris à apprécier l'harmonie, la composition, l'équilibre d'un paysage, à considérer la lumière et ses changements comme la matière première qu'un peintre (ou un photographe !) doit s'acharner à apprivoiser, à modeler, au même endroit le matin, le soir, saison après saison...

Calès m'a ouvert les yeux à la peinture. Il s'est emparé de sujets qui me sont chers (la montagne, la nature, le paysage) et il a durant des années été en quête de l'instant ou tout est en ordre. Ce moment d'équilibre esthétique ou tout est perfection...
Calès m'a fait découvrir qu'un tableau est la conjonction du temps (que l'artiste arrête) et de la lumière (que le peintre apprivoise et couche sur la toile)...
Peindre, photographier c'est clouer le temps au mur, arrêter l'horloge au moment ou la lumière est la plus belle. Ce n'est, en aucun cas la "piéger" ou la "capturer"...

 

panorama176

 


Prenez cette vue du Grand Ferrand : il aura fallu organiser la journée de marche pour être là au moment ou le soleil éclaire la face ouest, patienter afin que le nuage n'accroche que les pointes, et se satisfaire de l'imperfection du résultat. Et déjà cette envie de revenir au même point et de tenter de faire mieux...

Et bien j'ai cru comprendre qu' Edith Berger jouait aussi avec le temps et la lumière...
Si Calès prend des "instantanés" Edith Berger, parfois, joue avec le temps qui s'écoule quand elle peint.
Voyez par exemple ces deux tableaux :

 Les_foins_du_grand_champ_Edith_Berger_1948
Les foins du grand champ. Huile 1948 (collection C. Pelous).

 Les_foins_Edith_Berger_1934
Les foins. Huile 1954?

"Je dessine le cheval et son maître à l'aller, puis au retour et tout le paysage ainsi s'anime."
Le temps s'est figé par deux fois sur la toile (à l'aller puis au retour) et par l'esprit le spectateur déroule une petite histoire entre ces deux repères. Le peintre n'est plus photographe, il devient cinéaste...
Je suis certain, maintenant, que vous imaginez sans peine le va et vient du cheval et du paysan!

Contrairement à ceux de Calès, les tableaux d'Edith Berger sont habités par les hommes.

Les travaux des champs.

 Bl___aire_du_serre_Edith_Berger_1945

Le pressage des noix.

Edith_Berger_moulin_noix


Les commères 1930.

 Les_comm_res_Edith_Berger

J'aime à penser que Jean Giono aurait apprécié que ce petit passage emprunté à son livre "Ames fortes" habille ce tableau représentant ces deux vielles femmes.
"- On ne voit plus de ce café comme dans le temps qui avait de petits grains si luisants.
- Il y en a à l'épicerie de Prébois.
- J'en doute.
- Je l'ai vu.
- Tu en as acheté?
- Je ne peux pas m'en payer le luxe.
- L'épicerie de Prébois elle comme l'épicerie d'ici. Elle se sert aux Galeries et c'est le même café.
- Mais ici la Marie le tient mal. Il est dans une caisse en bois. Il s'évente. Il faut le mettre dans une boîte en fer bien bouchée.
- Ca ne fait pas que les grains sont plus petits..."

 

Les portraits des paysans "âpres et doux".

 Zois_Edith_Berger

Portrait du Zoïs, le bûcheron
Huile non datée collection du musée du Trièves

Sont autant de sujets de prédilections pour Edith Berger...

L'arrivée du printemps faisait la joie d'Edith Berger, elle en appréciait les verts tendres...
Mais quelle beauté aussi dans cette toile représentant un village en hiver.
Il y a  la neige, le froid et les arbres dénudés mais le ciel tourmenté est lumineux et gai : on perçoit bien dans ce tableau que le Trièves est  à la charnière des grandes Alpes et de la Provence.

 

 Jardin_sous_la_neige_Edith_Berger
Huile non datée


Enfin elle a aussi peint de très nombreuses natures mortes...
Des fleurs :

 Fleurs_Edith_Berger
Bouquet de fleurs Pastel non daté


Des légumes :

 Nature_morte_au_chou_Edith_Berger
Nature morte au chou. Peinture à l'oeuf sur carton 1960?

 

Ce petit exposé, très incomplet, n'est à votre disposition que pour vous donner l'envie d'en savoir plus. Je vous conseille vivement la lecture des n° 7 et 10 de Mémoire d'Obiou. Vous y trouverez deux articles très documentés sur Edith Berger : Edith Berger,  peintre du Trièves et Edith Berger, textes inédits écrits par Mr André Giraud.

 

memoiredobiou7              memoiredobiou10

 

On y trouve une multitude d'informations, des textes, des reproductions, une bibliographie...

D'ailleurs je ne désespère pas de pouvoir lire "Edith Berger, peintre du Trièves" et "Présence de Jean Giono et d'Edith Berger à Lalley-en-Trièves" par André Giraud aux éditions Aujard-blanchot!

Quelques informations supplémentaires grâce à cet article du Dauphiné Libéré daté de novembre 2000.

 

Article_DL_Edith_Berger_

(clic gauche = agrandissement)

 

22 janvier 2011

L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-

Un article a déjà été consacré dans ces pages à la nouvelle de Jean Giono "L'homme qui plantait des arbres".

Giono_pipe

On peut  y apprendre la surprenante genèse de ce magnifique texte. On  y trouve une petite documentation sur l'extravagante histoire de cette oeuvre issue entièrement de l'imagination d'un écrivain qui, par jeu, se fait imposteur pour mieux nous convaincre, pour mieux nous faire passer son message humaniste.

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Cet article a insisté sur  le magnifique film d'animation  de Frédéric Back qui, avec le concours de Philippe Noiret, nous transporte dans une bulle de poésie.

Aujourd'hui un ami m'a envoyé par la Poste un bel ouvrage reprenant ce magnifique texte...

 Homme_Giono_Gallimard_1_

Homme_Giono_Galliamrd_2


Les illustrations sont de Joëlle Jollivet. L'atmosphère est très différente de se que l'on ressent en regardant le film : une autre vision d'artiste...

Cependant la magie opère à nouveau...
Un ingénieux système de pages dépliantes nous montre en relief l'extraordinaire transformation du paysage avant et après l'intervention de l'opiniâtre Elzéard Bouffier, le héros de ce récit extraordinaire.

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Cette ouvrage est très intéressant, et même sans le talent de Philippe Noiret, il peut certainement enchanter la nuit d'un enfant si un adulte prend le temps de lui le lire le soir avant de s'endormir.
On peut toujours rêver! ...

23 octobre 2010

Obiou : montagne mythique.

L'Obiou est une  montagne vraiment fascinante.
Situé à la charnière des mondes de l'edelweiss et de la lavande(1), l'Obiou  s'élève en majesté aux confins sud du plateau matheysin.
IL a toujours accompagné nos vies.

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Eté comme hiver nos regards se portent vers lui.

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Divinité tutélaire: il semble régler la marche du temps et des saisons.

De quelle humeur est-il aujourd'hui?
Porte-t-il son chapeau de nuages de travers (signe de mauvais temps)?

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A-t-il noué son écharpe de brume autour de son immense cou de taureau?

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Pourquoi se pare-t-il si souvent, au printemps, d'une étrange coloration dans un contre-jour un peu fantomatique ?

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Montagne magique où même la voie "normale" est truffée d'astuces d'itinéraire.
Montagne mythique pour les randonneurs ou chaque passage possède une histoire, parfois une légende et toujours un nom   :
Bénitier, Bachilianne, col des Faïsses, Pas du Vallon, Petit Endroit, Casse Fouira, Couravou, combe Fuvelle, combe de la Prison, Malpasset, Bonnet de l'Evêque, Casse Varnage, arête Fluchaire, grotte des Sarrazins etc etc...

Il représente aux yeux des Matheysins l'archétype même de la "haute" montagne solitaire, majestueuse et... inaccessible.

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Omniprésent, on le voit du sommet du Tabor

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de la colline des Creys

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Des Gonthéaumes

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Du bord du lac de Petichet

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On a toujours eu envie de l'encadrer au fond de l'horizon, de le dessiner, de le peindre ou d'écrire sur lui .

Il a inspiré de nombreux artistes...

 Obiou_Ibanez_1990
Obiou vu par l'artiste Murois Ibanez.


 Obiou_Sellon
Huile sur toile par Marcelle Sellon.


 Obiou_Vibout_1930
Vue de l'Obiou par le peintre de Cholonge Vibout (1930).


Obiou_Laffrey_Taylor_1854

Obiou vu de Laffrey, Gravure (1854) de I. Taylor illustrant un ouvrage intitulé "Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France"

 Obiou_Corps_par_Maugendre_1860
Obiou vu de Corps par Maugendre en 1860.


Obiou_Salette_par_Gu_di_1860

Obiou, un jour de pèlerinage à Notre Dame de la Salette par Guédi en 1860.


 Obiou_La_Mure_gravure_ancienne
Obiou vu de La Mure


 Obiou_Erbelon
Oeuvre très certainement dessinée par Y. Allouard


 Affiche_Draim
Affiche dessinée par Victor Miard (Draim)

Etc etc...

Les éditeurs de cartes postales s'emparent aussi de l'Obiou. Avec plus ou moins de bonheur d'ailleurs... Il est vrai qu'il n'est pas facile de lui tirer le portrait puisqu'il est presque toute la journée en contre-jour !

Obiou_carte_postale_1


Obiou_carte_postale_2


Deux locomotives du petit train S.G.L.M. se sont appelées Obiou :

Obiou_031_Fives_Lille_1905

Une locomotive à vapeur 031 Fives lille dont voici une photographie datée de 1905.

Obiou_Thury_E5_1933_

Une locomotive électrique Thury, la E5, photographiée devant sa remise à Saint Georges de Commiers en 1933.


Les gravures représentant la journée historique ou Napoléon, de retour de son exil à l'île d'Elbe, rencontre les troupes royales à Laffrey ne manquent jamais de le représenter en toile de fond.

 Obiou_gravure_Victor_Adam
Gravure de Victor Adam


Obiou_prairie_rencontre

Gravure représentant la prairie de la rencontre telle qu'elle était en 1815 avant que ne soit érigé la statue équestre de Napoléon par Frémiet (lithographie de A. Debelle).

Napoleon_equestre

Même si le voile atmosphérique des après midi d'été le masque un peu, les touristes venus admirer la statue de Napoléon par Frémiet ne manqueront pas de le ramener avec eux (clic clac merci Kodak)...
Combien parmi eux sauront son nom ?

Les écrivains régionaux et les éditeurs se sont souvent emparés de son image.

 Berthier__dition_1939
Le plateau matheysin de pierre Berthier


 guidedelobiou
Le guide de l'Obiou de Pierre Barnola


 La_Mure_autrefois_1
La Mure autrefois de Jean Garnier


 Le_pays_de_La_Mure_1
Le pays de La Mure coeur du Dauphiné de Bernard de la Fayolle


 chronique_mine_1
Chronique des mines de La Mure de Jean Garnier


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Du Mont Aiguille à l'Obiou de Pascal Sombardier


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Lacs de Matheysine de Claude Péquignot


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Un roman enfin : Crash à l'Obiou de Vincent Desbrieres

Etc etc...

Les clubs sportifs, les maisons de retraites, les immeubles, certains commerce (pharmacie!) n'hésitent pas à s'identifier à lui... L'Obiou est omniprésent en Matheysine...

L'Obiou fascine et déclenche parfois des commentaires surprenants :
Dans l'ouvrage "Lettres à Lucie" André Blanc Pasteur à Mens de 1817 à 1846 affirme sans broncher : "Au dessus de Châtel s'élève le Mont Obioux (sic), à 2917 mètres au dessus de la Méditerranée d'où les marins l'aperçoivent avant d'enter dans le port de Marseille ou de Toulon"...

 Lettre_a_Lucie_1Lettre_a_Lucie_2 


Un article du Courrier de l'Isère daté du 3 juin 1852 n'hésite pas à qualifier l'Obiou de "géant" de la chaîne des Alpes.
L'évêque de Birmingham, Mgr Ullathorne, compare l'Obiou à la tour de Babel et la tour de Pise...
Le guide Joanne, en 1863, affirme qu'il faut cinq heures pour atteindre le sommet et déclare sans sourciller que le Malpasset est devenu infranchissable et, bien entendu, que du sommet on voit Marseille et la Méditerranée!
Le 15 octobre 1899 la Revue des Alpes Dauphinoises affirme :
Que l'on voit l'Obiou de Grenoble...
Que son ascension est difficile et dangereuse. Que les hardis ascensionnistes doivent y affronter des précipices vertigineux et des chutes de pierres provoquées par les touristes perchés plus haut dans la paroi! (touristes heureusement munis d'un cor de chasse pour prévenir les suivants à chaque déclenchement!)
L'Obiou était déjà très fréquenté au XIX éme, cependant les récits des ascensions effectuées sont souvent héroïques et peu crédibles!
Le révérend Coolidge, alpiniste de très grand renom, se contentera d'écrire sans aucun commentaire qu'il a gravi l'Obiou.
Voilà qui remet les pendules à l'heure!


(1)(comme l'ont si joliment écrit P. Barnola et J.M Faure dans la monographie consacrée à l'Obiou qu'ils ont écrit en 1981).

Obiou_Barnola_Faure_1981











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