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Matheysine et Hauts Pays ...
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En hommage à René Reymond...
la République d'enfants de Moulin-Vieux
Le sentier de La Baronne
Vers l'aiguille de la Dibona et le refuge du Soreiller
Au milieu d'une harde de chamois...
Le col de la Vaurze en partant du Désert en Valjouffrey.
Vers le lac et la brèche Gary.
Le regard d'une brebis
Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !
La montagne défigurée...
LeTitanic "refait surface" en Matheysine.
Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...
Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion
Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey
Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.
Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex
Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...
Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.
Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...
Etrange tête à tête en redescendant du Tabor
Le col des Sept Laux
le col de la Muzelle au départ de Valsenestre
Deux expositions d'aquarelles de Gilbert Skorski en 2012...
Le col de Côte Belle
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Légende de Noël au Pays Noir...
L'association des Amis du Musée Matheysin reçoit le prix 2011 de l'Académie Delphinale.
Au bord de la route...
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Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...
Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!
Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...
Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".
Edith Berger. Peintre du Trièves
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-
Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.
Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.
Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux
Obiou : montagne mythique.
La petite hermine du Tabor...
L'homme qui plantait des arbres -Jean Giono-
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Pratiquer le haïku en montagne?
Calès, le jongleur de Tencin, peintre des montagnes.
Hier c'était le printemps.
La gloire de mon arrière-grand père.
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Historique succinct des Mines en Matheysine
Les Gonthéaumes : recherches sur d'anciens travaux miniers...
Le carré magique de Valbonnais
Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…
Le puits du Villaret.
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Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.
L'anthracite : l'or de la Matheysine...
La grotte de la Fétoure
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Olivier Messiaen en Matheysine. Hommage des 20-21/09/2008
Une grande faim en (de !) montagne...
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Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes
Une "auberge rouge" en Oisans ?
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La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...
Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine
L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...
Bibliographie,documentations (Giono)...
La tête dans les nuages...
Un journée de poisse ! Glandu n'a pas de chance...
Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand
Marmottes
Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois
Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?
La légende de la Pierre Percée.
Publication : Mémoire d'Obiou.
La Gribouille : une chaleureuse librairie à La Mure.
Quelques photos en Matheysine - Petite présentation
Bibbliographies, documents (divers auteurs)...
Bibliographie,documentations (Samivel)...
Bibliographie, documentations (René Reymond)...
Une épopée moderne au Tabor de Matheysine !

 

 

 

 
 
5 octobre 2008

Une grande faim en (de !) montagne...

La remontée du vallon du Rif Bruyant est une promenade très classique.
Par temps de canicule la progression le long du bien nommé ruisseau du Rif Bruyant est apaisante et rafraîchissante…

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Bien entendu on pourrait se diriger vers le sommet du Coiro et dégringoler sur Valbonnais par les rochers de Barioz et Pierre Luminel. Mais aujourd'hui en ce frais matin d'automne on se contentera du tour du Château du Lac.

La journée sera dédiée à la balade pépère : marche tranquille, arrêts fréquents, cueillette de quelques champignons ou de petits fruits légèrement blanchis par le froid de l'aube…

Humer l'air frais, ressentir bientôt la chaleur des premiers rayons du soleil sur la peau et les premiers signes de la faim au creux de l'estomac tout en sachant que dans le sac à dos il y a de quoi faire un véritable festin.

Entame classique et banale d'une randonnée réussie.

Cependant ce jour-là, petit à petit, une idée fixe et lancinante m'accapare bientôt l'esprit :

Faim, j'ai faim !

En règle générale cette sensation est très supportable. Mais là inexplicablement tout ce que je vois me ramène à cette fringale envahissante…

Deux ou trois champignons pas même comestibles dans un rayon de soleil et j'imagine déjà une omelette aux champignons !

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Quelques myrtilles et voilà qu'une tarte danse la farandole dans les buissons…

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Comme Glandu, notre très célèbre maître es randonnée Matheysin (voir l'article : Une épopée moderne au Tabor ou les aventures de Glandu) je ne pense plus qu'à manger…

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Et point final au lieu d'apprécier la beauté du petit lac du Rif Bruyant en passant le Collet derrière le Château des Lacs je crois apercevoir…un œuf sur le plat!

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Ces faims en montagnes ont été décrites par Jean Sarenne (Jean Zellweger) dans son livre "Trois curés en montagne".

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Lisez donc ce qu'il en dit :

"Ces grandes faims sont une des bénédictions de la montagne. Elles concrétisent la vie et font apprécier le corps. Grâce à elles la vie n'est plus une donnée qui va de soi et à laquelle on s'habitue jusqu'à oublier sa splendeur. Elle devient une réalité qui a ses exigences et qu'on sent présente en soi comme une flamme qu'il s'agit d'entretenir. On se prend à la chérir parce qu'elle réclame des soins. On l'admire parce qu'il est possible de la voir avec plus de recul, la distinction étant devenue possible entre ce qu'elle est et celui qui la possède. De même pour le corps. Il n'est plus ce quelque chose qu'on est tenté de confondre avec soi-même. Lui aussi prend une valeur distincte, nouvelle et meilleure, par le seul fait qu'on le nourrit. Et que ceux qui aiment jouer aux purs esprits se rassurent. En soignant l'animal on n'en devient pas forcément l'esclave ; tout au contraire, c'est parce qu'on le soigne qu'on s'en rend maître, puisqu'en le soignant on s'en distingue et qu'on le traite comme une chose possédée. On se prend tout au plus à l'aimer en propriétaire, et on est fier de lui. Il est la merveilleuse machine, parfaitement réglée, capable d'un bon travail, à condition de savoir bien s'en servir. La nourriture qu'on lui donne prend ainsi tout son sens. C'est grâce à elle que mille mètres de paroi furent escaladés, que quinze ou vingt heures d'effort furent possibles.

Et pour aller plus loin il eût fallu des ailes,

Et pour aller plus haut il eût fallu du pain.

Et parce qu'on veut encore reconquérir des cimes, généreusement, du pain on en donne. Il est pour la route parcourue et sera pour celle qui reste à faire. Avidité n'est pas gloutonnerie ; elle est empressement de celui qui soigne, audace de celui qui veut entreprendre.

Ce jour-là nous ne fîmes qu'un seul repas mais il dura longtemps. Commencé dans la hâte, il se poursuivit avec méthode, et s'éternisa par acquit de conscience. Notre milieu intérieur fut comblé et la satisfaction de l'«ouvrage bien faite » nous procura un agrément autant moral que physique. Nous nous sentions heureux et en paix avec nous-mêmes et les autres.

« Messieurs, nous disait notre professeur de philosophie, on fait de la pensée avec de la soupe ! » Paradoxe qui dans un Séminaire avait son petit succès. Nos élucubrations métaphysiques prenaient du coup les allures d'une puissante architecture parce qu'à base de réalités tangibles. Je voyais pour ma part les poireaux du jardin s'épanouir en un arbre magnifique, celui de la science, dont les racines plongeaient dans une énorme soupière. Mais je n'avais pas encore imaginé que dans cette même soupière pouvait prendre racine un deuxième arbre, celui du bien et du mal, dont le fruit a révélé aux hommes l'aiguillon du remords et la joie d'une bonne conscience. Après ce long repas la nôtre nageait dans l'euphorie. Pendant plusieurs heures je fus un très bon camarade.

Jean Sarenne (Jean Zellweger) Trois curés en montagne.



Voici la description de l'ouvrage relevée sur la dernière page du livre :( Lisez ce livre, vous serez conquis par le ton, la candeur, la fraicheur des ces alpinistes en herbe...)
"En 1938, trois séminaristes grenoblois découvrent par hasard l'univers de la haute montagne et s'y plongent avec l'inconscience des débutants. Ils sont sans le sou, mais leur enthousiasme est sans borne... Au point de faire quelques entorses à la stricte discipline du Séminaire !
  Au fil de leurs équipées, nos futurs curés apprennent qu'il n'est pas facile de louer une paire de skis avec une soutane, s'initient aux joies et aux déboires du rappel, et enfin abordent les sommets du massif des Ecrins dans l'innocence la plus totale. Leurs intuitions les gouvernent à contretemps : ils entrevoient de terribles dangers là où il n'y en a guère et prennent les plus grands risques sans même s'en rendre compte. Autre problème, leur statut social, qui les met dans une position gênante lorsqu'une jeune fille, abandonnée par son compagnon de course, décide de se joindre à eux, sans se douter à qui elle a affaire !
Dix ans plus tard, devenu curé de montagne et alpiniste accompli, l'auteur peut l'avouer : « Mes meilleurs souvenirs sont ceux de notre première semaine en Oisans. » Celle-là même dont il nous raconte les péripéties, avec autant d'ironie que d'émotion, dans cet ouvrage délicieux."

  Jean Sarenne est le pseudonyme de Jean Zellweger (1915-1974) qui, à la sortie du Séminaire, a été nommé curé d'Huez, en Oisans.

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17 août 2008

La Matheysine vue du ciel...

Je suis certain, puisque vous vous attardez à consulter ces pages, que, parfois, vous avez eu l'envie d'être oiseau et de pouvoir voler de crêtes en crêtes, de plonger dans les vallées, d'oublier un temps la terrible loi de physique très justement nommée "gravité" qui nous rappelle à chaque pas et à chaque instant en montagne que nous ne sommes que des hommes…
Bien entendu il est toujours possible d'utiliser les services d'un hélicoptère… Mais au prix de l'heure de vol ce rêve restera certainement un rêve !
De toute façon pour que le vol soit satisfaisant il faut la conjonction de tellement d'éléments favorables que la probabilité d'être pleinement comblé est très faible.
Si la météo est parfaite, si la lumière est rasante et chaude et met en valeur le relief et le paysage, si le pilote obéit à vos caprices de photographe, si …

Bon ! je vous propose un autre "plan" :
Vous avez un ordinateur, une connexion internet un peu "gaillarde"?
Et bien allez sur le site de l' IGN (Institut Géographique National) puis installez et utilisez le " géoportail des citoyens".
Là vous pourrez, gratuitement et toute sécurité, survoler en rase-mottes nos belles montagnes. Les premières visites sur ce site sont saisissantes. C'est un vrai régal que, par exemple, de s'insinuer entre l'Oreille du Loup et le Perollier, de bondir par dessus le col et de se trouver brutalement face au Taillefer.

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Le Perollier, le col de l'Ollière ...

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Le Taillefer, lac de Brouffier, arête de Brouffier, pas de la Vache, pas de la Mine...
Combe de l'Emey, crête de la Dreveta etc etc ...

Prendre de la hauteur, régler l'angle d'incidence de la prise de vue, se déplacer en douceur dans un univers en 3 D : rien de plus facile.
On peu même centrer un point de l'image (un sommet par ex) et tourner autour le regard arrimé à ce point fixe…
A force de déplacements vous voilà perdu : vous pouvez juxtaposer à la photo aérienne tridimensionnelle la carte IGN classique avec ses courbes de niveaux (ici en relief !) et toutes ses annotations classiques…

En apéritif je vous livre quelques vues (fixes malheureusement ici) prises en survolant la Matheysine :

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Les 4 lacs en enfilade et à droite le Tabor, le Pérollier et le Grand Serre...

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Le plateau Matheysin (vue orientée vers le nord)

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Le plateau Matheysin, Le grand Serre, le Tabor, Oisans...

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La saignée blanche dans les bois : la côte de Laffrey.
On voit nettement sur cette photo la dénivelée entre Vizille et Laffrey!

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Les gorges du Drac. Retenues de Monteynard -Avignonet et de Notre dame de Commiers.

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Sud Matheysine : la retenue du Sautet sur le Drac.

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Sud Matheysine : la retenue de Monteynard sur le Drac. On voit très nettement la ligne de chemin de fer S.G.L.M suspendue au dessus des flots : séquence frissons !

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clic gauche = agrandissement de la photo
Sud Matheysine : le barrage de Monteynard sur le Drac.

Pour une perception plus réaliste du relief, n'hésitez pas, utilisez le "Géoportail"...  Le lien est disponible sur ce blog...
Bonne promenade ... aérienne.


18 avril 2010

Hier c'était le printemps.

Le matin frisquet et givré avait  laissé  place à un beau ciel bleu gentiane ...

Sapineige_creys


La haie avait enfin retrouvé toute son animation et le rouge-gorge familier, tout émoustillé, y menait grand tapage!

 

Rouge_gorge_1


Rouge_gorge_2


Le mulot osait y pointer le nez, encore tout frémissant, au-dessus des feuilles. Endormi et un peu groggy par l'air vif il s'était laissé facilement attraper...

mulot


A l'étage supérieur une véritable petite armée emplumée se déployait en ordre de bataille et le jeu de la vie et de la mort s'organisait à nouveau...

 Tourterelle


 

Faucon_crecerelle

Les pieds-de-chat étiraient leur cou de girafe ...

pieds_de_chat


Le promeneur en bras de chemise, le dos légèrement courbé, mine de rien, surveillait si quelques morilles (vraies ou fausses) n'auraient pas  la courtoisie de lui fournir son prochain repas...

 Fausse_ou_vrai_girolle

Aujourd'hui l'hiver est revenu.

Après quelques giclées de grésil ,de grosses patarelles ont blanchi le ciel... et l'orage a soudain grondé sous la neige du berger.

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En fin de journée la pluie a repris son bruit de cliquetis sinistre et glacial, et demain le brouillard étouffera certainement tout le paysage dans un linceul mouvant gris et brun.

 Cholonge_brouillard


Gontheaumes_brouillard


La lumière glauque ne produit aucune ombre : tout est ombre…

Soleil_hiver


Toute la vie du ciel a disparu : les passereaux bagarreurs et bruyants ont mystérieusement disparu...
L'air est anormalement froid. Rafraîchi, certainement, par la neige qui a plâtré cette nuit le Grand Serre et le Tabor quelque part derrière le mur de brouillard à l'est…

Il en va ainsi de la météorologie en montagne : « climat soupe au lait » un jour beau, un jour mauvais…

14 juillet 2009

Le carré magique de Valbonnais

Pour faire suite à l'agréable promenade le long du canal décrite dans l'article précédent et après la "découverte" de l'énigmatique carré magique de Valbonnais pourquoi ne pas passer la soirée, confortablement installé dans votre fauteuil en lisant le livre d'Alain Le Ninèze : "Sator l'énigme du carré magique".édité chez ACTES SUD.

 

Clic gauche = agrandissement de la photo

 

Voici le résumé de ce roman historique :

 

 Rome et Jérusalem, 62-67 après J.-C.

 Trente ans après Ponce Pilate, Lucius Albinus est procurateur de la province de Judée. A la demande de son oncle, Balbus Pison, sénateur romain secrètement converti au christianisme, Albinus entreprend de déchiffrer le cryptogramme sacré qui sert de signe de ralliement aux premiers chrétiens persécutés par Néron. L'enquête qu'il mène en Palestine le conduit à rencontrer les derniers témoins encore vivants du procès et de la mort de Jésus. En même temps, la révolte gronde en Judée contre l'occupant romain. Le procurateur est entraîné, malgré lui, dans la tourmente de la première insurrection juive qui aboutira en 67 à la libération éphémère de Jérusalem. De l'autre côté de la Méditerranée, à Rome, Balbus se mêle à un complot contre Néron. Il tente de pousser les chrétiens à se soulever contre l'empereur sanguinaire qui a pris à ses yeux le visage hideux de la Bête...

 Le cryptogramme évoqué dans le manuscrit d'Albi- nus a été exhumé des ruines de Pompéi en 1936 et daté de 62 après J.-C. Connu depuis l'Antiquité par des inscriptions plus tardives découvertes en divers lieux du monde chrétien, ce mystérieux carré de lettres, appelé "carré Sator", n'a jamais pu être déchiffré. Le récit de Lucius Albinus jette une lumière nouvelle sur cette énigme de l'archéologie chrétienne.

Agrégé de lettres classiques, Alain LeNinèze enseigne le français et les langues anciennes à Paris. Il a publié plusieurs essais et romans. Derniers ouvrages parus : L'Amour, fou (Autrement, 2004), La Petite Maîtresse d'école (Le Seuil, 2006).

Illustration de couverture : Sir Lawrence Alma-Tadema, Une lecture d'Homère (détail), 1885. George W. Eikins Collection. © AKG-Images

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Pour vous donnez l'eau à la bouche en voici un cours extrait :

 

Publius Balbus Pison à son cher Lucius

Cette lettre, mon cher neveu, est un appel au secours. Il se trouve, aujourd'hui, que j'ai besoin de toi. Oui, j'ai besoin de tes lumières pour m'aider à déchiffrer le cryptogramme que tu trouveras reproduit sous ces lignes. Il faut que j'y parvienne. Il y va de ma liberté, de ma vie. Je t'expliquerai pourquoi quand je le pourrai. Je n'en ai pas le loisir pour l'instant. Aide-moi donc, mon cher Lucius ! Fais cela pour ton vieil oncle qui t'a toujours considéré comme un fils.

Je t'en remercie par avance.

Porte-toi bien.

SATOR

AREPO

TENET

OPERA

ROTAS

La première chose que j'ai vue en examinant cet étrange carré magique où des lettres tiennent lieu de chiffres, c'est la croix des chrétiens figurée au milieu par les deux tenet :

SATOR

AREPO

OPERA

ROT AS

L'idée m'est venue parce que je connais les croyances de mon oncle : peu avant mon départ en Palestine, Balbus m'avait dit, sous le sceau du secret, qu'il avait embrassé la foi du mage galiléen

 qui commençait depuis quelque temps à se répandre à Rome. Ce cryptogramme, sans doute, avait un lien avec les croyances des gens de la secte.

C'est dans cette voie que j'ai commencé à chercher. Et voici ce que j'ai fini par trouver. Si on lit le carré de droite à gauche, ce sont toujours les mêmes mots qui apparaissent :

ROTAS

OPERA

TENET

AREPO

SATOR

Si, maintenant, on les lit dans le sens vertical, de haut en bas ou de bas en haut, les lettres du carré composent toujours ces mêmes cinq mots : sator, arepo, tenet, opéra, rotas. En laissant de côté le mot arepo, qui n'existe pas dans notre langue, on peut tenter de construire un sens avec ces quatre mots : "le semeur", "tient", "les œuvres", "les roues". On peut y voir, par exemple, une formulation imagée dans laquelle "le semeur" désignerait Dieu... Dans cette hypothèse, "les œuvres" seraient celles des hommes, "les roues" seraient les rouages de l'univers, et le verbe "tenir" serait à prendre au sens figuré de "régler", "diriger". Ce qui pourrait se lire ainsi : Le semeur (Dieu) dirige les œuvres (des hommes) et les rouages (de l'univers).

 

Cette lecture, qui m'a occupé pendant une partie de la nuit, m'est apparue ce matin comme étant la seule possible. Aussi l'ai-je adressée à Balbus, avec une courte lettre où je lui disais mon désir de savoir pourquoi lui, questeur du Sénat romain, occupait son temps à déchiffrer des énigmes... N'avait-il donc pas d'autres occupations ? La vérité, c'est que je n'avais pas pris au sérieux le ton tragique de sa lettre, ce prétendu danger dont il s'affirmait menacé ; je le disais sans détour, lui faisant remarquer que la gestion des affaires de Rome, décidément, lui laissait du temps libre... Je me moquais de lui, en fait, dans cette lettre que j'ai confiée ce midi au courrier militaire impérial.


 

On a retrouvé ce carré magique dans de nombreux autres pays, en voici quelques représentations :

 

 

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En résumé voici une citation de J. Carcopino  au sujet de ce carré magique :

« La prière majeure du christianisme et ses symboles essentiels sont là, savamment voilés par une combinaison de la prudence romaine, de la subtilité grecque et la malice gauloise »

 

Le carré magique de Valbonnais a été classé le 30/11/1934 au titre de la législation des monuments historiques.

30 mai 2009

Meeting aérien sur le lac de laffrey : les canadairs font leur schow…

Le téléphone sonne… et me réveille d'une douce torpeur d'après déjeuner…

 

Mon antenne chez les pompiers me prévient que les Canadairs ont prévu un entraînement sur le lac de Laffrey aujourd'hui 29 avril 2009 entre 15 heures et 15 heures 15. Diable ! il ne faut pas louper cette occasion de faire quelques clichés. La chorégraphie aérienne de ces as du manche à balai est vraiment impressionnante et il serait bien dommage de manquer le spectacle. 

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Les appareils photos sont prêts, les batteries chargées, les cartes mémoire vidées. En route vers le belvédère Olivier Messiaen.

Ouf j'arrive ! et… le Land Rover tractant le zodiac des pompiers chargés de sécuriser le plan d'eau passe sur la route pour se positionner. Je suis largement dans les temps.

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L'attente commence …

Le temps passe passe… L'adrénaline du début des opérations est largement dissoute, le vent du nord se renforce, les doigts s'engourdissent peu à peu, il fait de plus en plus frisquet et cette satanée "goutte au nez" qui n'arrête pas de me chatouiller.

L'imagination me joue des tours : je crois entendre et même voir un avion avec en arrière plan l'Obiou…

 

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Mais rien et si ça continue je vais attraper la crève ! L'euphorie est bien loin, heureusement un promeneur et son chien me tiennent compagnie un bon moment (le petit animal est bien joli et son maître me fait le plaisir d'aller chercher chez lui une photo de Canadair survolant très très bas sa maison et les arbres du jardin …). Voilà qui me fait penser à une photo que j'ai prise en septembre 2002 dans des circonstances semblables : on avait l'impression que l'avion surgissait des arbres avant de se poser sur le lac.
 

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17 heures 30 … Il est temps de ranger le matériel, de boire un café brûlant à côté du poêle (en attendant peut-être un grog !)

Le lendemain même coup de téléphone… Sans doute encore "le coup du lapin" ! Dans le doute je retourne me poster. Aujourd'hui le temps est bien meilleur, le soleil brille, le ciel est dégagé, et bien vite deux pélicans jaune et rouge apparaissent dans le sud.

 

15h 28 premier cliché, la ronde infernale débute, c'est impressionnant ! quelle maestria ! quelle précision ! Parfois j'ai envie de baisser la tête tellement les passages sont serrés. Pour vous donner une idée de la "proximité" des avions de nombreuses photos qui suivent ont été faites avec un réglage focale de 28 mm …

Zoom, suivi du mouvement (un avion ça arrive vite, et ça passe au dessus de vous comme une tornade…), il ne faut pas perdre le rythme et tomber du muret ou je me suis perché.

 

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Puis, après les approches, viennent les écopages…


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15h 43 le bourdonnement des moteurs s'éteint et les avions s'estompent dans la blancheur du Grand Serre et de l'Obiou…

 

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392 photos en 15 minutes (presque une photo chaque deux secondes)… pas toutes bonnes mais une seule franchement floue…

Jamais je n'ai autant mitraillé. Un grand moment de plaisir photographique! (vive le numérique)

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7 juin 2008

Les yeux de l'oncle Jules...

 

 

 

Chaque fois que j'emprunte la route qui part de La Mure pour rejoindre La Motte d'Aveillans, à Nantizon, mon regard est attiré par un monument aux morts 1914-1918 représentant un poilu figé dans une attitude stéréotypée et bien caractéristique.

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Après la Grande Guerre, la France s'est couverte de ce type de monuments. Chaque commune a voulu rendre hommage à ses enfants morts dans les atrocités de ce carnage sans pareil jusqu'alors et, l'émulation aidant, on a assisté à une véritable compétition…La statuaire de ces monuments tourne toujours autour d'une allégorie de l'héroïsme, du courage, de la bravoure…Point de sacrifice dans le geste, la posture doit être patriotique et dégager une énergie sans faille… positive.
A cent lieues de ce que devaient ressentir tous ces pauvres jeunes gens dont la jeunesse et les rêves ont été irrémédiablement brisés par ce grand gâchis.

 

Voilà qui me fait penser aux photos de mon grand oncle Jules…
Dans une vieille boîte à chaussures un paquet de photos et de cartes postales jaunies : Photographies de paysages défraîchies, de noces campagnardes, de mariés figés devant l'objectif et surtout trois photos cartonnées.

 

Tout d'abord un portrait de grande qualité, visiblement le travail d'un bon photographe professionnel, montrant un magnifique jeune homme aux yeux brillants d'intelligence, soigné dans son attitude comme dans son habillement.

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Ce regard dégage, comment dire, de la modernité, de l'optimisme, de la confiance en la vie…

 

 

 

En un raccourci terrible les deux autres photos, moins parfaites techniquement, nous montre le même jeune homme à son retour de la guerre.

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Sur la deuxième photo quelle transformation ! Visiblement affaibli physiquement, sa posture est bien différente. Le regard est rempli de terreur, les yeux si brillants auparavant, sont devenus des puits d'angoisse.

 

 

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La troisième photo nous montre, à nouveau l'oncle Jules à l'extrême gauche, et aussi ses compagnons d'infortune. Presque tous médaillés, mais soit amputés soit visiblement en mauvaise santé… Toute une génération sacrifiée, volée, spoliée de sa jeunesse.

 

Plus que tous les monuments du monde ces trois photos m'émeuvent à chaque fois que je les regarde.

La juxtaposition de ces deux périodes de la vie d'un homme, qui va mourir des suites de ses blessures comme on a l'habitude de dire, est peut-être ce que l'on pourrait montrer aux jeunes de nos écoles afin de "matérialiser" les horreurs de la guerre…

31 mai 2008

Une randonnée pleine d'émotions vers le refuge du Pavé.

Veuillez excuser la bizarre approximation qui me fait penser, en cette fin mai 2008 --(40 ans après les célèbres événements de 1968)--, à la belle randonnée que l'on peut faire dans le pays de la Meije vers le lac du Pavéet qui m'offre le pretexte d'écrire cet article.

Bref, cette belle et abordable randonnée, malgré une dénivelée substantielle, permet de s'immerger facilement dans une ambiance de hautes montagnes et d'aborder sans "escalade" certaines des "effervescences de l'esprit" qui guettent parfois les personnes réceptives aux émotions déclenchées par ces "Hauts Pays".

Franchi le pas d'Anna Falque la désobéissante bergère qui, d'après la légende, s'est précipitée dans les eaux tumultueuses de la Romanche pour avoir été au bal… la randonnée se transforme en une gentille balade sur pelouse alpine jusqu'au plan de Valfourche.

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Le plan de Villar d'Arène...Valfourche...

La facilité de cette marche aisée et la beauté des sommets qui nous surplombent donnent un étrange sentiment de plénitude . Quelle forme on tient aujourd'hui pour évoluer aussi aisément dans ce paradis…
Le glacier de l'Homme, les Agneaux, la Grande Ruine… tout est proche et semble accessible.
Le monde fabuleux de la haute montagne est à portée de main.

Profitons en pleinement, on rigolera moins tout à l'heure sur les interminables moraines du glacier du Clot des Cavales !

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Col du Clot des Cavales

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Col du Clot des Cavales

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Glacier du Clot des Cavales

Au fur et à mesure de la grimpette l'atmosphère "s'ensauvage" encore, la lumière change, les pieds et les jambes fonctionnent en autonomie complète étant donné que les yeux et la tête ont bien autre chose à faire : regarder, engranger sensations, émotions, souvenirs…

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Glacier du Clot des Cavales

Tout compte fait cette activité qui semble à première vue purement "musculaire" s'avère beaucoup plus "intellectuelle" que prévu.

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Vallon du Clot des Cavales

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En vue du refuge du Pavé

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Vallon du Clot des Cavales

Comme presque à chaque escapade en montagne (même, comme ici, lors d'une randonnée très accessible) d'étranges symptômes apparaissent :
Le temps semble ne plus compter, le présent suffit . Il devient essentiel de profiter au maximum de l'instant, de s'imprégner de l'atmosphère des lieux, de jouir pleinement d'un bonheur étrange, incompréhensiblement dense et fort .
Les neurones et les synapses s'échauffent à engloutir dans les greniers de la mémoire toutes ces émotions qui seront bientôt si utiles pour "tenir le coup" et affronter les grisailles du quotidien.

On sent bien dans ces moments qu'une certaine euphorie,(folie peut-être) pourrait nous gagner…

Voyons ce que Samivel en dit :

"Il est bien certain qu'en haute montagne l'alpiniste est transporté dans un milieu inhabituel où les conditions de vie, très modifiées, réclament de la part de tout l'être une adaptation nouvelle. La pression atmosphérique, la tension électrique, les radiations d'origine solaire et stellaire, ont évidemment une influence directe sur nos fonctions nos échanges et nos réactions, et contribuent à nous placer dans un certain état d'euphorie, d'ivresse mentale et physique, que la fatigue de l'organisme augmente et qui est d'ailleurs loin d'être sans péril.

" Mais voici. que les yeux, à leur tour, apportent témoignage. Ce monde des cimes que vous trouviez laid, parce qu'il ne comporte aucun des caractères qu'une longue fréquentation des plaines, de la mer, des douces collines, vous ont habitué à découvrir dans un paysage, et que l'Alpiniste aime pour les motifs mêmes sur lesquels vous fondez votre condamnation, ce monde abstrait, sévèrement limité à quatre éléments plastiques, ciel, nuages, rocs, neige, dont l'orchestration suffit à lui assurer une incroyable diversité de visages, ce monde dépouillé, sans échelle, et qui repousse implacablement toute vie ou du moins tout ce qui nous paraît être la vie, propose à nos sens, hors de l'espace et du temps, une image aride de l'absolu qui se confond ici avec celle de la mort.

" Vous comprenez mieux, désormais, l'influence, au premier abord disproportionnée, qu'exercent sur certaines vies ces courts passages dans un univers où seuls les purs esprits seraient à leur aise, et où la pesanteur se charge de nous rappeler à chaque pas que nous ne sommes que des hommes. Vous saisissez aussi comment l'alpinisme peut devenir le canal par où certaines tendances mystiques, et plus simplement certains idéals insatisfaits, cherchent à s'épancher, tandis que les courtes heures vécues en haute montagne paraissent arrachées désormais à un vague paradis à peine entrevu, dont le grimpeur conserve un souvenir ébloui, et dont chaque cime nouvelle lui ouvrira peut-être définitivement les portes."

Samivel : Nouvelles d’en haut

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Le refuge du Pavé. (Au premier plan les fondations de l'ancien refuge ruiné par une avalanche)

Petite déception en vue du refuge du Pavé...
Le refuge c'est cette baraque de chantier ? non ... c'est pas possible!
C'est pourtant bien le refuge actuel, l'ancien a été emporté par une avalanche...

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Accueillant, très bien tenu, chaleureux même...
C'est bien l'essentiel...

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Le lac, le Pavé, le Pic Gaspard, à gauche -plus loin- la Meije...

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Un dernier regard avant le retour... sur terre.

18 mai 2008

Lac Claret et lac du Poursollet, randonnée pour automobilistes

Dans le massif du Taillefer ,le lac Fourchu est une véritable "star": accès très facile, paysages magnifiques, pelouse "alpine" à pique-nique, son seul défaut est une fréquentation digne de l'autoroute du sud au mois d'août...

Mais il y a mieux (ou pire) : les lacs du Poursollet et Claret.
Oublions, ici, toute notion de "Wilderness" et après un coup de fil à "Bison futé des Alpages"à l'assaut !
Le plus dur ici est de ne marcher sur les pieds de personne et de faire une photo de paysage sans y encadrer toute une petite famille en pleine expédition.
Pour un peu de calme visez les journées de "très" mauvais temps, la nuit (et encore), les retransmissions de coupe du monde de Foot...

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18 mai 2008

Des traces étranges sur la colline des Creys en Matheysine...

Après plusieurs jours de mauvais temps se soleil retrouve enfin sa place habituelle dans le ciel au dessus du Tabor.
Son clin d'oeil est une invitation à sortir de la maison : le chien qui ne quittait plus le poêle retrouve ses "quartiers d'été" sur le trottoir. Siestes, bâillements, étirements, chasse aux "larmuses" l'activité reprend...

Et si on allait faire un petit tour vers la Pierre Percée!

Jolie petite balade dans la poudreuse, solitude, tranquilité absolue jusqu'à la découverte de ces traces de pas énormes, colossales !

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Un géant ? le Diable Folaton de la Pierre Percée qui s'est réincarné ? ...

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Courage, suivons les !

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Ouf ! Ce n'était qu'un paisible bonhomme de neige qui se promenait dans le coin.

1 avril 2008

Au bout de la randonnée : Son Altesse Chamois

La Grave, Villar d'Arêne, le Pied du Col, le Pont d'Arsine : en voiture et le nez en l'air, le cou tordu vers tous ces sommets déjà ensoleillés malgré l'heure matinale...          
Promesse d'une journée au paradis ?
Changement de moyen de locomotion et petite cérémonie rituelle du départ : chaussettes, chaussures, check-list du sac à dos...  petit frisson  (20° dans la voiture,  -2 ou -3 dehors).
Dis!  tu les gardes les quilles de ton pantalon toi ?
Bah ! On se réchauffera en marchant...
Muscles froids, gouttes au nez, petites douleurs... (Qu'est ce qu'on fait là , à cette heure ?)
Le Pas d'Anna Falque, le plan de l'Alpe, le refuge de l'Alpe de Villar d'Arêne, la Romanche glougloutte et ronchonne à nos côtés, le rythme de la marche commence à faire son effet .
On n'a pas dit vingt mots depuis le départ, et maintenant on est bien... Heureux !
La lumière est dure, les fonds sont encore dans l'ombre. Bien compliqué pour la photo mais patience...
Progression lente, constante... En un mot têtue, comme nous!
On prend le raccourci par les cables ?
Ben oui ! c'est plus rigolo non ?
Le Pavé, le pic Gaspard, la Grande Ruine, Roche Méane, le glacier du clôt des Cavales... Nous sommes encerclé par des géants.
Et puis au bout de notre toute petite aventure d'aujourd'hui et sans doute par un clin d'oeil du hasard son altesse chamois nous attendait sous... la Pointe des Chamois.
Magnifique animal confiant, tranquille, curieux , et même peut-être un peu cabotin.
Adrénaline, photos . Ne pas trop le déranger, savoir couper court, car bien que peu farouche et paisible notre présence le dérange. Ici nous ne sommes que des invités !
A méditer...

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10 août 2008

Juillet Août mois des obsessions

Juillet août … Comme tous les ans à pareille époque, une irrésistible envie de montagne me grignote l'esprit à chaque instant libre. Toute l'année la petite bête a rongé la cervelle, mais maintenant c'est devenu une idée fixe, obsessionnelle. Le temps du pèlerinage d'automne arrive. Cette année le miracle se reproduira sans doute à nouveau et il sera enfin possible d'aller cueillir là-haut deux ou trois petits morceaux de paradis. Oh ! pas grand chose : un rayon de lumière, une course de chamois enveloppée dans une nuée vaporeuse, une odeur de foin ou de rocher surchauffés par un soleil agrippé au zénith. (Inutile en effet de rêver à la face nord des Drus ou de s'imaginer en équilibre sur les lames de Planpraz face au dôme du Goûter.)

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Vision fugitive…

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Photo issue du bel ouvrage :Gaston Rébuffat Une vie pour la montagne d'Yves Ballu (Hoëbecke)

Invariablement l'imagination me propulse plus simplement, en plein cagnard, sous les sangles du Châtel à deux pas du col de la Brèche ou dans la fraîcheur du Rif Bruyant sous le Château du Lac. Précisément à l'endroit, où l'année dernière, une grosse marmotte m'a brûlé la politesse sur le sentier aux soixante cinq lacets qui mène au sommet du Coiro…

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Miraculeusement il fait toujours beau temps dans ces rêveries éveillées. La chaleur se contente de réchauffer la carcasse et endort les douleurs sans jamais être exagérée, le vent rafraîchit sans donner l'onglée, la lumière est toujours somptueuse…

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Le corps répond au doigt et à l'œil : le pied est précis, la jambe a ce fonctionnement élastique et facile qui permet d'enchaîner sans peine les dénivelés gargantuesques et les pas délicats. Le souffle est parfaitement maîtrisé. Le cœur bat comme un métronome, sans affolements superflus. La lucidité, curieusement, semble exacerbée par l'altitude et le manque relatif d'oxygène.
Les paysages s'harmonisent en un parfait équilibre entre la rudesse parfois un peu brutale de la nature et les transformations raisonnées, subtiles, des hommes.
Si je n'avais pas peur de paraître prétentieux je dirais bien qu'il y a, dans cette approche idéalisée de ce qui peut apparaître à certains comme un simple loisir, un côté mystique, ou tout au moins une dévotion infiniment humble et respectueuse à un environnement fragile comme le cristal.
En réponse le chœur des mécréants entonnera un air habituel et bien connu, une ritournelle traditionnelle et classique dont les refrains principaux sont :

(a)La montagne est dangereuse, sournoise, le temps y est changeant, imprévisible, excessif rétorquerons les esprits pragmatiques.

(b)Tous ces efforts pour rien ! On n'y gagne pas un kopeck à toutes ces histoires grogneront les esprits utilitaires.

(c)Ce charabia est d'un autre temps, maintenant le progrès vous permet de voir tout ça bien calé dans un fauteuil, objecterons les esprits prosaïques.

(d)La montagne, oui, mais "aménagée", "valorisée" transformée en un packaging commercial englobant station, remontées mécaniques, forfaits, location de matériels, "gérée" afin de drainer le maximum d'argent, répondront les esprits mercantiles.

Il faut bien admettre que l'approche romantique et la mise en exergue des valeurs attachées à ces hauts pays n'ont guère la cote. Si vous insistez et tentez d'imposer le sujet dans la conversation, on vous consentira, au mieux, un intérêt poli, bref et superficiel.
C'est que face à vous, vous retrouverez invariablement les (a) (b) (c) (d) précédents (avec lesquels vous ne pourrez établir aucun contact), puis le peloton des indifférents que ce sujet ennuie…
Il vous reste alors à sélectionner votre auditoire et trier parmi les écolos non intégristes, les sportifs détestant la compétition, les esthètes non pantouflards, les curieux non atteints de surdité intellectuelle, les personnes sensibles à votre panégyrique de la Déesse Montagne. Si par bonheur vous trouvez quelqu'un partageant votre discours, alors faites-en votre compagnon de route. Il n'y aura, alors, plus besoin de beaucoup de paroles puisque forcément "un compagnon de cordée" c'est avant tout, un ami, un complice.

2 août 2008

Institutrices en Oisans...

Cet article pour un coup de cœur !

J'ai lu un livre vraiment passionnant, et je veux en faire ici la publicité.
Ce livre est un concentré d'humanité, de générosité, de dévouement. Une suite de récits captivants écrits par d'anciennes maîtresses d'école qui, après trois ans de formation à l'école normale de Grenoble étaient "expédiées" en Oisans .
Finalement ces souvenirs assemblés forment un hommage extraordinaire à ces jeunes enseignantes qui étaient littéralement abandonnées dès leur courte formation achevée…
En véritables "hussardes" de l'Education Nationale elles affrontent avec courage et détermination des situations extraordinaires. Jeunesse, enthousiasme, humanisme, vaillance tout est dit dans ces pages revigorantes.
Voilà une lecture réconfortante qui a rechargé quelques temps les batteries d'un vieux misanthrope que je suis peu à peu devenu…

Ces demoiselles au tableau noir
Souvenirs d'institutrices en Oisans
Collection : "l'Empreinte du temps"
Presse Universitaires de Grenoble
Sous la direction de Roger Canac

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"Le titre de ce livre en cache un autre, qui pourrait être «Maîtresses d'école du bout du monde». Un bout du monde, en effet, le massif de l'Oisans, au sud-est de Grenoble, avec ses sommets à près de 4000 mètres, ses vallées et ses rivières tumultueuses aux noms chantants, la Romanche, le Vénèon, le Ferrand, la Lignarre, la Sarenne ou l'Eau d'Olle.
Avant comme après la Seconde Guerre mondiale, les routes sont rares et les chemins acrobatiques, qui conduisent à des villages ou des hameaux perdus, coupés du monde par la neige, les avalanches, les coulées de boue.
La « demoiselle » qui vient de terminer ses trois ans à l'Ecole normale de Grenoble se trouve projetée dans un autre monde : celui de la haute montagne à la fois rude et exaltant. Mais l'évocation de cet univers à la Zola est aussi un hymne à la joie : une leçon simple, sans grandiloquence, de celles qu'on appelait justement « maîtresses »..."

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Lisez ce livre, je suis bien certain que vous serez sous le charme, et que la dernière page tournée vous aurez ce vague sentiment d'avoir été un peu changé, amendé par cette lecture…

Je ne peux pas m'empêcher d'en retranscrire ici un court extrait.
Ce récit a été transmis par Simone Moulin nommée à Villard Reymond pour son premier poste en 1950…

…/…
Le départ pour les provisions de Noël
Cet hiver-là avait été «raisonnable» : un mètre dix de neige dans la cour de l'école : mais il fallait compter avec le vent : la «burle». L'école était au centre du village qui s'étirait tout au long d'un chemin creux. Un matin : pas d'élèves. Dans la nuit, la «burle» avait enfoui le chemin sous les congères; il fallait attendre le passage du cantonnier qui traçait à la pelle.
Le samedi matin (que j'ai dû remplacer par un jeudi) début des congés de Noël, une personne par famille avec le mulet chargé, prit la direction de Bourg-d'Oisans en vue d'emplettes. Le cantonnier et quelques hommes conduisaient la caravane. C'est alors seulement que je compris l'utilisation des poteaux reliés par des câbles au col du «Solude» : il n'y avait plus de chemin, les congères étaient énormes, les câbles bien venus. Les mulets passèrent cependant et nous attaquâmes la descente en lacets. Des coulées de neige en nombre : mais la plus importante dite «des pâturages» dépassa la possibilité des mulets que l'on déchargea. Chacun prit la charge sur son dos et tandis que les mulets, attachés à la queue leu leu, remontaient conduits par un volontaire, nous descendîmes tant bien que mal sur les blocs énormes de neige durcie. À mi-parcours se trouvait un coin-abri où se tenaient pelles et pioches en permanence. Il aurait été intéressant, me semble-t-il de filmer ce petit vrai documentaire pour nos jeunes collègues qui ne connaissent que la voiture.

Des moments joyeux
C'étaient nos rencontres, Denise à Villard-Notre-Dame et moi. Un jeudi chez l'une, le suivant chez l'autre. Cela faisait une bonne balade en plus du soutien moral. Le chemin de Villard-Reymond - à l'époque - pour rejoindre Villard-Notre-Dame commençait par une bonne grimpette pour accéder au col de « la maison des loups », de là il changeait de versant, franchissait des couloirs côté Bourg-d'Oisans et se terminait par une petite descente vers Villard-Notre-Dame. Un jeudi, nous nous étions donné rendez-vous à la Croix du Carrelet, promontoire belvédère d'où l'on admirait Rochail, le massif de la Meije et les Rousses. C'était un instant de plaisir intense mais qui cessa dès l'arrivée de la neige. De fin novembre à fin mai : hélas, chacun chez soi.

La fête de l'arbre de Noël à Villard-Reymond
De mémoire de «p'tarons» la dernière fête de l'école se perdait dans un passé lointain. Ancienne éclaireuse, je savais installer une petite scène avec rideau conduit par une ficelle double, vrai petit théâtre. J'avais fait préparer par mes élèves et les jeunes du village un programme qui se tenait debout : chants, poésies, danse, chants mimés, chœur parlé avec bruitage. Les jeunes ont donné une farce du Moyen Âge : «La farce du pâté et de la tarte». J'avais aussi de bons disques. Le prêtre - sans doute indulgent - était muet d'admiration. Puisqu'on y croyait, ça marchait. Raymonde m'apporta une aide irremplaçable pour le buffet-buvette et la tombola. Avec l'argent recueilli, en juillet, j'emmenai mes élèves et les parents volontaires au lac du Bourget, où pour la première fois ils prenaient le bateau jusqu'à l'abbaye de Hautecombe.

La fin de l'année
À mon retour après Pâques (que j'avais passé à Montélimar dans les vergers fleuris) je me retrouve au col du «Solude» avec quarante centimètres de neige. Là, le «cafard» m'a prise... C'est seulement début juin que l'on put sortir les animaux de leur long hivernage (pour les «débrouner» en patois du coin). On les faisait marcher sur les chemins du village pour les réhabituer à se servir de leurs pattes. C'était amusant, ils ne connaissaient plus la ligne droite. Nous sommes passés directement de l'hiver à l'été. Tous les pâturages exubérants de fleurs alpines ou des champs : asphodèles, gentianes, œillets, trolles, narcisses... une féerie ! Je montais au-delà de la cabane du berger à moutons pour surprendre chamois et marmottes. Nos ballades avec Denise avaient recommencé. Nous avons clos la fin de l'année par des retrouvailles au refuge du Carrelet après La Bérarde. Nous étions une dizaine de collègues amies à avoir «expérimenté» l'Oisans. Nous nous retrouvons chaque année pour un banquet de promotion.
…/…


Un peu dans le même ordre d'idée vous pouvez aussi lire : Une soupe aux herbes sauvages d'Emilie Carles.

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"Roman misérabiliste, récit larmoyant ? C'était l'écueil. Mais la vieille dame n'est pas de la race qui se lamente ou qui s'apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit qu'à Dieu et à l'autorité, elle professe féminisme, anarchisme et pacifisme. Comme ses petits-enfants, aujourd'hui. Elle n'accepte aucune fatalité, aucune soumission. Et se bat au nom d'un idéal que rien n'entamera. Mélange d'ardeur et de candeur, de révolte et d'ironie, d'idéal et de réalisme qui donne à "sa soupe " cette saveur si particulière."
Janick Jossin    L'Express

"Que l'on n'attende pas de cette Soupe aux herbes sauvages, une aimable collection d'historiettes pittoresques, un florilège de traits campagnards, vieilles tisanes et vieilles lunes. Emilie Carles, au terme de ses jours, a pris la plume comme on prend son épée : pour combattre les préjugés, pourfendre les puissants et les riches, dire leur fait aux malins."
Bruno Frappât     Le Monde

"Son livre est formidable. Elle ne cherche pas à faire littéraire, et elle y est en plein, du premier coup. Allez-y carrément".
Cavanna   Charlie Hebdo

Tout le monde devrait lire sa Soupe aux herbes sauvages. C'est un des plus beaux livres de l'année. Un livre salutaire.
Richard Cannavo Le Matin

Voici un court extrait du livre décrivant l'arrivée de l'institutrice Mademoiselle Allais (alias Emilie Carles) à la Monta en janvier 1924 :

…/…
Mais Abriès ce n'était pas La Monta, il y avait encore plusieurs kilomètres avant d'y arriver. Personne ne m'avait encouragée à faire cette route de nuit. D'ailleurs comment l'aurais-je faite? Il fallait que je trouve quelqu'un qui veuille bien m'y conduire. Je m'étais donc résignée à ce contretemps et j'étais décidée à trouver une chambre pour passer la nuit.
C'est à ce moment-là que je tombai nez à nez avec un grand escogriffe qui tenait par la bride une jument qui ne faisait pas loin d'un étage de haut.
« Pardon, me dit le bonhomme, vous êtes bien mademoiselle Allais, la nouvelle institutrice ?
Oui », dis-je. A part moi, je me demandais qui il était et ce qu'il me voulait.
«Je viens vous chercher pour vous amener à La Monta. Je viens de la part de votre amie Yvonne Richard, si vous voulez bien me permettre je vais charger vos valises. »
Le bonhomme prit mes bagages et il les porta au- delà de la jument, vers une espèce de cahute montée sur un traîneau. La jument c'était déjà quelque chose, un véritable monument, mais le traîneau avec dessus cette bicoque en planches d'où dépassait un tuyau de poêle qui fumait comme la cheminée d'un paquebot, c'était d'un comique! En plus j'étais tombée sur un bavard.
«C'est une chance que vous arriviez ces jours-ci, mademoiselle; vous seriez venue il y a seulement une huitaine vous risquiez la mort dans mon taxi.
— Votre taxi !
— Ben oui! c'est comme ça que je l'appelle, c'est mon traîneau-taxi, sans lui il ne serait pas question de voyager par ce temps. C'est le dernier confort de la montagne, il est autrement confortable que celui que vous avez pris depuis Guillestre. Je peux vous assurer que vous ne risquez plus rien.
Ah ! bon, je ne risque plus rien ! »
J'étais perplexe. Je me suis demandée si je n'avais pas affaire à un fada et si je pouvais lui faire confiance. A l'intérieur de la cabane il faisait bon, le poêle ronflait.
«Ce que je veux dire, continuait le bonhomme pendant qu'il m'installait, c'est que la semaine dernière j'ai bien failli brûler vif là-dedans, ce sont les cantonniers qui m'ont tiré d'affaire.
Ah ! bon, et maintenant vous dites que ça ne peut plus arriver ?
Non, je l'ai perfectionné, avant je n'avais qu'une porte et l'autre jour, quand je me suis renversé, le taxi a basculé du côté de la porte et moi j'étais tout seul avec le poêle qui fumait tout ce qu'il pouvait, je ne pouvais plus sortir. La porte était bloquée par la neige et s'il n'y avait pas eu ces cantonniers qui m'ont vu et qui sont venus me redresser j'aurais fini enfumé comme un renard dans son trou. Depuis que j'ai refait la cabine avec deux portes, il n'y a plus aucun risque, si une porte se bloque, on a l'autre. Allez, en route ! Hue ! la Bien Fendue !
La Bien Fendue ?
Oui, mademoiselle, c'est son nom, vous avez vu cette croupe! Il n'y en a pas deux comme elle pour se défendre dans la neige molle, en plus elle connaît sa route, il n'y a aucun danger de basculer dans un précipice.
Pourtant, vous avez bien basculé l'autre jour.
Ah ça ! La Bien Fendue n'y est pour rien, c'était le vent. »
Nous sommes partis. On n'y voyait pas à dix pas mais le bonhomme avait l'air de connaître la route et la jument aussi. Lui n'a pas arrêté de parler pendant les deux heures que dura le voyage. Deux heures pour faire les huit kilomètres qui nous séparaient de La Monta. Lorsque nous sommes arrivés, Yvonne Richard était là qui m'attendait.
…/…

26 juillet 2008

Vous connaissez Petichet ?

Oui certainement mais comme un automobiliste pressé ou avec les yeux de l'habitude …
Derrière les façades, comment dire, austères qui s'alignent au garde à vous le long de la route Napoléon se cachent , pourtant, quelques singularités intéressantes qui méritent un peu d’attention.

Par exemple lorsque vous vous présentez à l'entrée nord du village, à la hauteur du camping des pêcheurs, saviez- vous que vous franchissiez le 45eme parallèle nord ?

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Preuve par l'image grâce à cette photographie aérienne de l'IGN.


Donc à Petichet nous sommes très exactement à mi distance entre le pôle nord et l'équateur !
Voilà qui mérite un petit effort de communication. On pourrait installer un joli panneau qui permettrait d'alimenter la conversation des touristes de passage …

Au même endroit on peut apercevoir la propriété ou a séjourné tous les étés le célèbrissime compositeur Olivier Messiaen.

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Photos de la pochette «Olivier Messiaen Inédits» (Editions Jade) montrant Olivier Messiaen en plein travail dans sa maison de Petichet. En arrière plan le lac de Petichet.

Encore un fois un petit effort de "com" à trois sous permettant de diriger quelques passants vers le belvédère Olivier Messiaen serait le bienvenu…
A cet emplacement on pourrait envisager quelques fleurs, une présentation succincte de sa vie, de son œuvre fortement inspirée par la Matheysine, ses paysages, ses lacs, ses oiseaux .
Et montrer ainsi tout l’attachement d’Olivier Messiaen à sa terre d’adoption .Ce serait l’hommage simple et amical d’une communauté à un très célèbre musicien.

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Olivier Messiaen (1908-1992) . Photo communiquée par Mme Yvonne Loriod-Messiaen à René Reymond pour illustrer son ouvrage «Mémoire de Saint Théoffrey »

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Le père Roger Gaillard curé de Saint Theoffrey depuis 1972 et Olivier Messiaen en 1990. Photo de Mme Yvonne Loriod-Messiaen confiée à René Reymond pour illustrer son ouvrage «Mémoire de Saint Théoffrey ».

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Photos de la pochette «Olivier Messiaen Inédits» (Editions Jade) : Yvonne Loriod-Messiaen à Paris en décembre 1998 (Photo Malcom Crowthers).

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La tombe d'Olivier Messiaen dans le petit cimetière de Saint Théoffrey

Un peu plus loin vous avez, bien entendu, remarqué la chapelle de Petichet. Elle remonterait, en partie au XII éme siècle (d'après "Le plateau Matheysin" de Pierre Berthier écrit en 1939) . Elle possède une magnifique fenêtre de style gothique qui devrait mériter un peu plus d'attention…

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Durant la révolution , elle a servi de poudrière . En 1887 durant les travaux de construction de l'école , de nombreux ossements humains ont été mis à jour, preuve de la présence d'un ancien cimetière remontant aux années 1200 !

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"La fenêtre, tracée en tiers point, aux arêtes abattues en congé, est refendue par un remplage dessinant deux lancettes trilobées surmontées d'un écoinçon ajouré, également trilobé. Ces formes, qui appartiennent au dernier gothique, s'observent en général à la fin du XVème siècle. Dans un modeste hameau tel que Petichet, la permanence de ce style jusque vers le milieu du siècle suivant ne serait pas pour surprendre. La construction tardive de cette chapelle, dans la première moitié du XVIème siècle, expliquerait d'ailleurs le silence des textes pendant tout le Moyen Age... " (A. de Montjoye).

De l'autre coté de la route au faîtage d'un toit : un magnifique Saint Eloi crossé et mitré tenant fermement un marteau.
Il a été installé ici par M Jules Villard, inventeur du "char à rondelles" forgeron et charron de son état…

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A suivre si le cœur vous en dit .../...



6 juillet 2008

Petit Train S.G.L.M : Visite des ateliers

Le Petit Train de La Mure mérite plusieurs articles . Ils viendront certainement . Pour l'heure il s'agit de décrire une "bouffée de souvenirs" qui me remonte tout à coup à l'esprit en voyant passer un TGV à un passage à niveau …/…

Septembre 1982 . Bientôt 26 ans, et pourtant je me souviens encore parfaitement de cette journée de complicité avec mon grand-père . Ce jour là nous avions décidé une petite escapade "entre hommes" car la veille au soir la conversation avait porté sur de vieux souvenirs de "voyages ferroviaires" entre St Georges de Commiers et La Mure . Belle occasion d'aller voir sur le terrain le fameux petit train …
Nous voilà partis dans la rutilante R16 du grand-père (modèle 1968- une des rares voitures qui soit sortie des chaînes Renault en mai-) pour suivre au plus près possible la magnifique ligne de chemin de fer . La Mure, Le Villaret, La Festinière, La Motte d'Aveillans, La Faurie, Les Bethoux, les viaducs du Loulla, le viaduc du ruisseau de Vaulx, Treffort, La Motte les Bains, Monteynard, Notre Dame de Commiers et finalement Saint Georges de Commiers gare.
Arrêt buffet tout le monde descend !
A quai une rame touristique complète attelée à une locomotive Sécheron .

Petit coup d'œil à l'intérieur d'une voiture voyageurs :

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Elle est magnifiquement restaurée : les banquettes en bois, les lampes de plafond, les filets à bagages, tout est parfait, même un étrange odeur mélangeant créozote, huile et métal chaud…

Les ateliers sont ouverts, des ouvriers reviennent d'une intervention sur les voies et s'apprêtent à remiser un adorable locotracteur destiné à l'entretien . Et si on allait voir.

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Bon accueil, la visite s'improvise petit à petit . Notre guide, passionné, nous embarque dans un tourbillon de paroles, d'anecdotes, de détails techniques .Nous essayons d'ingurgiter toutes ces informations …
Une locomotive est en pleine révision. C'est un "grand relevage", tout est démonté, ausculté, vérifié .C'est avec beaucoup de plaisir que nous sommes entraînés dans un jeu de meccano géant.

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Pantographes à terre...

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Châssis aux sections colossales

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Fosse d'entretien

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Tour (gigantesque) de rectification des bandages de roues

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Roues munies d'engrenages formidables

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Stators des moteurs électriques de traction démesurés…

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Appareillages électriques démontés

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Poste de conduite de la locomtive Sécheron T6 (frein de secours)

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Locomotive Sécheron T10 en attente sur une voie de garage

21 juin 2008

Vers le lac et le glacier d'Arsine

Demain il va faire beau…
On pourrait en profiter pour faire une petite virée tous les deux en pères peinards !
On prend ma voiture, tu t'occupes de la bouteille de beaujolais . On prépare les sacs ce soir et demain matin à 6 heures on décolle…
Le jardin, le travail au bois, le bricolage, la peinture des volets etc etc…attendront bien un peu . Profitons de ces dernières belles journées d'automne, ces "veilles" comme on dit ici, pour s'oxygéner un peu la cervelle.

Mais, au fait, où va-t-on ?
Le pic de Bure, Le Grand Ferrand, le Coiro par le Rif Bruyant, le Paletas, la Brèche du Perrier, le lac Labarre, le Taillefer, le lac du Vallon et le Rochail ?…
Bof non…
Alors le Mont Blanc, la Barre des Ecrins, le Râteau, la Meije ?
Tu te moques de moi !
Et si on allait se rafraîchir les idées aux pieds du glacier d'Arsine .
Excellente proposition ! Bonne nuit, et n'oublie de remonter le réveil …

Direction le col du Lautaret . Après avoir affronté la folle noria des camions puants et agressifs qui s'obstinent à emprunter la N 91 nous arrivons enfin en vue du parking du Lautaret. (Celui qui donne sur le sentier des crevasses) . Ouf !
A peine descendus de la voiture c'est une véritable fuite pour s'éloigner de ce cauchemar routier…

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Après avoir rapidement contourné le Combeynot on se sent tout de suite mieux à l'approche du sentier des crevasses en apercevant des petits bouts du glacier de l'Homme et la Meije dans la froide lumière du matin.

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Une marmotte monte la garde un peu au dessus du Pas d'Anna Falque. Elle rapporte certainement dans ses poches le bulletin météorologique du jour à sa petite communauté... ( une station automatique est située un peu plus haut).

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C'est bientôt l'Alpe de Villar d'Arêne et après avoir laissé sur la gauche le plan de l'Alpe on peut apercevoir le refuge Adéle Planchard adossé à la Grande Ruine.

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Il faut alors continuer à suivre le GR 54 qui escorte fidèlement le Rif de la Planche et, une fois le minuscule lac de l'Etoile dépassé, monter à l'abordage d'une imposante moraine qui donnera sur le lac d'Arsine.

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Lac et glacier d'Arsine, la montagne des Agneaux...

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Le lac d'Arsine est un endroit assez "couru" et il est bien rare de s'y trouver seul. Ce jour "l'armée française" était en promenade et le passage expéditif du groupe nous a un peu flétri le moral : les Chasseurs Alpins étaient en forme et c'était pas le momentde faire la course avec eux…

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La Romanche (bébé).

Bonus de la promenade : moyennant un petit détour par Valfourche il est possible de remonter vers les sources de la Romanche …

15 juin 2008

Le canal du Beaumont

Le canal du Beaumont.

Voilà une bien belle promenade pour une chaude journée d'été !

Le cheminement le long du canal du Beaumont est un véritable bonheur . La marche y est très facile, la dénivelée négligeable . Enfin, par endroits, la vue est superbe sur Valbonnais, son château, la Bonne et son plan d'eau. Tous les ingrédients d'une bonne après-midi de détente en famille loin des galeries marchandes et à l'abri des décervelages télévisuels…

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Valbonnais   Le Coiro   L'Etilier  Entraigues   L'Arcanier   Les Verneys   Les Angelas

Les seules précautions à prendre sont de bien surveiller les enfants et de tenir les chiens en laisse lors de la balade. Le canal est assez peu profond mais le courant est traître et les passages en sous terrain fréquents rendraient les repêchages éventuels périlleux… . Il faut donc un minimum de vigilance !

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Rapidement, grâce au chuintement de l'eau et à sa fraîcheur bienfaisante, la quiétude de l'endroit vous gagnera . Si vous êtes en forme vous pourrez pousser vers les crêtes du Beaumont.

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Promenade accessible à tous, petits et grands !

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Le départ de la promenade se situe dans une épingle de la D212 menant des Angelas au col de Parquetout. Prendre le chemin vers la droite et comme d'habitude je vous laisse prendre la carte IGN ad hoc pour tracer votre plan de marche .
Une excursion doit toujours commencer par un coup d'œil sur une carte : c'est le meilleur moyen de faire travailler l'imaginaire . Les noms de lieux, les courbes de niveaux, les détours de sentier, la couleur des remplissages . Voilà prétextes à rêver avant de passer à "l'action" Et puis il me semble important de pouvoir nommer ce que l'on voit en promenade, en effet il n'y a rien de plus désagréable que de voir une montagne et de ne pas en connaître le nom !

En traversant Valbonnais n'oubliez pas de d'aller voir le carré magique . Palindrome énigmatique daté du XVIIIe siècle joliment mis en valeur dans un mur de soutien au cœur du village .

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Pour tout connaître sur le canal du Beaumont je vous conseille la lecture de Mémoire d'Obiou n° 11. Vous y trouverez  un article très documenté écrit par Pierre Barnola…

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Enfin pour une approche plus "romancée" vous pouvez aussi lire : les souliers ferrés de Maurice Bouchet. Une bien jolie façon de s'imprégner des lieux par le truchement des aventures d'un prisonnier allemand de la guerre de 14/18. Embauché au chantier du chemin de fer La Mure-Corps, il se voit détaché à la remise en état d'un canal d'irrigation qui pourrait bien être notre canal du Beaumont…

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Court-vêtue et chaussée de souliers ferrés, un peu garçon manqué, Jeannette parcourt seule les sentiers, entre le hameau d'altitude où vivent ses parents et le village où elle est institutrice. Sur son chemin, elle croise le chantier du chemin de fer qui perce les flancs de la montagne. En ce printemps 1917, la plupart des ouvriers sont des prisonniers de guerre allemands, réchappés de la boue des tranchées. Jeannette ne peut détacher son regard de l'un d'entre eux, au nom à la consonance si familière : Berard. Quel n'est pas son trouble lorsqu'elle découvre le jeune homme plongé dans la lecture d'une carte de géographie dans sa salle de classe...

8 juin 2008

Un article du Dauphiné Libéré de 1957 parlant de l'église romane de Saint Théoffrey...

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Dauphiné Libéré -novembre 1957-.

Une remarquable église romane qui disparait

Saint Théoffrey
Elle n'est aujourd'hui plus que ruines, l'antique église de Saint- Théoffrey.(1)
Et on le regrette dans la région. Car il constituait un très intéressant élément de l'architecture de notre passé, le vénérable monument religieux. Un élément qui eût dû être conservé et dont la protection, à la suite de pertinentes démarches entreprises par M. Jules Poncet, propriétaire de l'ancienne maison curiale voisine, avait d'ailleurs été demandée au ministère par l'inspecteur des Sites de la région Rhône-Alpes.
Du modeste édifice, en grande partie déjà effondré, la voûte en berceau à l'intrados souligné par des arcs-doubleaux, supportait, naguère encore, un clocheton qui se dressait toujours fièrement. Bien que, de ce dernier, s'en allât la toiture d'ardoise et que la croix, cependant fine et légère, ne montât plus dans le ciel et dût s'appuyer sur son croisillon.
Avec ses élégantes colonnettes aux remarquables chapiteaux, à large et haut tailloir, d'un beau décor roman où se montrent des têtes d'animaux, il était, plein de charme ce clocheton ajouré, et l'ensemble, émergeant des arbres et des buissons de ronces et dominant le plateau matheysin, en manquait ni de caractère ni de grandeur.
L'angle nord-est du clocheton s'écroula en février 1954 ; son côté est, en 1955. En septembre dernier, ce qui en restait, devenant dangereux, fut abattu, à l'exception des deux angles ouest que l'on laissa subsister à faible hauteur, de façon à garder à la ruine une certaine symétrie. M. Jules Poncet recueillit pieusement les quatre colonnettes avec leurs chapiteaux et les plaça dons son jardin.
La paroisse de Saint-Théoffrey prend son origine à une époque fort reculée. Vers l'an 1100, elle est mentionnée, avec son église, dans plusieurs documents, sous le vocable de Notre-Dame. En 1375, elle faisait partie des biens de Guigues Alleman, seigneur de Valbonnais, de qui elle passa à Guy, fils de ce dernier, seigneur de Champ. Elle appartint ensuite à Henri Alleman, seigneur d'Allières.
Si l'on devait en croire une vieille tradition populaire, il y aurait eu, jadis, dans cette paroisse, un monastère — un couvent de Bénédictins — ayant été un lieu de pèlerinages importants et dont les restes disparurent à la Révolution.En fort mauvais état au début du XVe siècle, l'église fut restaurée et transformée, puis placée sous un nouveau vocable : celui de Saint-Théoffrey, martyr, second abbé de ce monastère de Carmery, fondé en 570, à quelques lieues du Puy-en-Velay, sous la règle de Saint-Benoît de Nursie.
En 1514, elle se trouva dotée d'une cloche, offerte par Jeanne de Saint-Priest, alliée aux Allemon d'Uriage. Cette cloche, qui portait les armes des Richard de Saint-Priest ; " d'azur à trois quinte-feuilles d'argent ", devait être refondue en 1873, aux noms d'Antoine et Claire Teyssier-Palerme de Savy, ses derniers parrains, pour être logée dans le clocher de la nouvelle église paroissiale des Gonthéaumes, alors que le vieux monument était désaffecté.
Au coté droit de l'église des Gonthéaumes, l'autel — de marbre rose — était à son tour déposé. L'autel primitif, celui de Notre- Dame, constitué par une simple dalle de calcaire, se trouve de nos jours dans la cour de l'ancienne cure.

V.-M. DE FABRY.

(1) Saint-Théoffrey. . petit hameau formé de quatre maisons fermières — dont l'une est l'ancienne cure — nichées, près de l'église en ruines, sur la montagne des creys, a. donné son nom à. la commune, qui comprend, avec ce hameau, ceux de Petichet, Les Gonthéaumes. Les Thénéaux et La Payolle.

Quand, en 1790, le canton de La Mure fut partagé en deux, pour constituer le 20me et le 21me cantons du district de Grenoble, celui-ci réunit les communes de Saint-Théoffrey, Pierre-Châtel. Villlard-Saint-Christophe, Cholonge, Laffrey, Notre-Da.me-de-Vaulx et Saint-Jean-de-Vaulx, et .eut pour chef-lieu Saint-Théoffrey.Mais un arrêté des consuls supprima ce canton en octobre 1801. Et, à l'exception des communes de Laffrey et de Saint-Jean-de-Vaulx, qui furent rattachées au canton de Vizille, les autres communes qui le composèrent rentrèrent dans le canton de La. Mure, dont elles avaient été séparées.


Dans l'ombre, est-ce un moine arrêté,
Avec une étrange clarté
Dans des yeux pleins d'éternité ?
Des ruines saintes, chaque pierre
S'est irradiée de leur lumière
L'air est tout vibrant de prière...

HENRIETTE FILLOUX Saint-Théoffrey - 6 sept.1945

1 avril 2008

Bibliographie,documentations (Giono)...

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Toute la côte de Verneresse s'effondre. Tout le dessus de Sourdie s'effondre. Tout le flanc de Chènerilles. La terre est comme du lard. Les forêts se replient dans la terre. L'eau fume le long des rochers. Les pierres coulent comme des fontaines. Il a essayé de détourner la boue. Elle a renversé la grange. Il a essayé de sauver quelque chose. La maison était comme une barrique sur un bassin; elle dansait et il semblait qu'elle tournait, elle s'enfonçait, elle remontait, je lui disais : " Non, n'y allez plus. " Mais il sauvait le sien. Il était devenu quelque chose, Antoine. Il peut être fier !

"Vous comprenez ma joie d'homme, de trouver un homme dans un livre" (Alain).


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Seulement, ce soir-là, il ne fumait pas un cigare : il fumait une cartouche de dynamite . Ce que Délphine et Saucisse regardèrent comme d'habitude, la petite braise, le petit fanal de voiture, c'était le grésillement de la mèche.
Et il y eut, au fond du jardin, l'énorme éclatement d'or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C'était la tête de Langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l'univers.

Qui a dit : " Un roi sans divertissement est un homme plein de misères" ?


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Un débris de hameau où quatre maisons fleuries d'orchis émergent de blés drus et hauts. Ce sont les Bastides Blanches, à mi-chemin entre la plaine et le grand désert lavandier, à l'ombre des monts de Lure. C'est là que vivent douze personnes, deux ménages, plus Gagou l'innocent.

Janet est le plus vieux des Bastides. Ayant longtemps regardé et écouté la nature, il a appris beaucoup de choses et connaît sans doute des secrets. Maintenant, paralysé et couché près de l'âtre, il parle sans arrêt, " ça coule comme un ruisseau ", et ce qu'il dit finit par faire peur aux gens des Bastides. Puis la fontaine tarit, une petite fille tombe malade, un incendie éclate. C'en est trop ! Le responsable doit être ce vieux sorcier de Janet. Il faut le tuer...

Dans Colline, premier roman de la trilogie dePan (Un de Baumugnes-Regain), Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans un langage riche et puissant les liens profonds qui lient les paysans à la nature.


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Dans cette ultime chronique qu'il a écrite pour les journaux, Jean Giono jongle avec le présent et le passé : le moindre incident fait jaillir, comme une source intarissable, des souvenirs, des histoires, des personnages. Ces textes, datés des années 1966 à 1970, sont empreints de bonhomie, d'une philosophie souriante, parfois un peu passéiste. Cela n'exclut pas l'émotion, et l'on trouve, dans La chasse au bonheur, les plus belles pages, peut-être, que Giono ait jamais écrites sur sa mère. Art de vivre, de voyager, de se nourrir, de se faire des amis, cet ouvrage s'achève sur une chronique consacrée aux parfums, le dernier texte de Giono. " Les parfums permettent d'affronter — et souvent de les vaincre — les mystères les plus terribles ", disait-il ici. C'était quelques semaines avant sa mort.


regain

Tous sont partis. Panturle se retrouve seul dans ce village de Haute-Provence battu par les vents au milieu d'une nature âpre et sauvage. Par la grâce d'une simple femme, la vie renaîtra.
Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans Regain avec un lyrisme sensuel les liens profonds qui lient les paysans à la nature.





1 avril 2008

Le Trièves : Première approche aux pieds du Grand Ferrand

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Tréminis l'Eglise surplombé par le Grand Ferrand.

" J'aime particulièrement le Trièves. Cette pleine tourmentée qui s'étend en triangle sous l'Obiou et le Grand Ferrand. Je suis à pied d'œuvre pour mes marches dans la montagne. Et puis j'aime la vie avec ces paysans âpres et doux."

Jean Giono. Lalley (1935).

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Nous sommes ici dans le Trièves. Pays rural pétri d'équilibre et de sagesse. Ultime terre préservée du Dauphiné, à l'écart des hordes barbares de touristes dévastateurs, des industries et des excès du progrès ravageur ce "cloître de montagnes" est à la mesure de l'homme. Aucun château exceptionnel, pas de cathédrale, le patrimoine y est simple, vrai, ancré dans le quotidien et la vie. C'est la terre qui fait son histoire. Des générations de paysans ont scrupuleusement brossé, peigné, enrichi avec la méticulosité des jardiniers ce territoire et en ont fait un exemple d'homogénéité esthétique. Ce pays ne refuse pas la modernité, il en refuse seulement ses aspects médiocres et inutiles. Pour combien de temps encore ?

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" Il est évident que nous changeons d'époque. Il faut faire notre bilan. Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d'âme et peuvent encore l'être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir. Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès. Nos " belles " créations se comptent sur les doigts de la main, nos " destructions " sont innombrables. Telle prairie, telle forêt telle colline sont la proie de bulldozers et autres engins; on aplanit, on rectifie, on utilise; mais on utilise toujours dans le sens matériel, qui est forcément le plus bas. Telle vallée, on la barre, tel fleuve, on le canalise, telle eau, on la turbine. On fait du papier journal avec des cèdres dont les Croisés ont ramené les graines dans leurs poches. Pour rendre les routes " roulantes " on met à bas les alignements d'arbres de Sully. Pour créer des parkings, on démolit des chapelles romanes, des hôtels du XVIIe, de vieilles halles .Les autoroutes flagellent de leur lente ondulation des paysages vierges. Des combinats de raffineries de pétrole s'installent sur des étangs romains. On veut tout faire fonctionner. Le mot "fonctionnel" a fait plus de mal qu'Attila; c'est vraiment après son passage que l'herbe ne repousse plus. On a tellement foi en la science (qui elle-même n'a foi en rien, même pas en elle-même), qu'on rejette avec un dégoût qu'on ne va pas tarder à payer très cher tout ce qui, jusqu'ici, faisait le bonheur des hommes. Cette façon de faire est déterminée par quoi ? Le noble élan vers le progrès ? Non : le besoin de gagner de l'argent... "

Jean Giono. La chasse au bonheur. Il est évident.


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" J'arrive de Lalley. Le contact des montagnes m'a réjoui le cœur. Je suis comme éclairci de l'air respiré. Edith Berger est là toute seule devant une prairie pleine de grillons. Tout est si bien, fleurs, herbes, et chants d'insectes... "

Jean Giono. Journal 7 juin 1935.


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Le Grand Ferrand (vue prise de Tréminis le Serre) : Baisser de rideau, la fête est finie et le mauvais temps s'installe !


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Naturellement, attendre... attendre... le printemps vient. Il en est de ça comme de tout. Le printemps arriva. Vous savez comment il est : saison grise, pâtures en poils de renard, neige en coquille d'œuf sur les sapinières, des coups de soleil fous couleur d'huile, des vents en tôle de fer-blanc, des eaux, des boues, des ruissellements, et tous les chemins luisants comme des baves de limace. Les jours s'allongent et même un soir (il fait déjà jour jusqu'à six heures) il suffit d'un peu de bise du nord pour qu'on entende, comme un grésillement, la sortie des écoles de Saint-Maurice : tous ces enfants qu'on lâche dans la lumière dorée et de l'air qui pétille comme de l'eau de Seltz. Depuis longtemps on avait revu la pointe du clocher au-dessus de la girouette ; on avait revu les prés de Bernard, les clairières, la Plainte, le Jocond. On avait revu que les pistes qui montent sur le Jocond ont beau monter raides, elles ne vont pas dans les nuages : il y a le ciel. Un beau ciel couleur de gentiane, de jour en jour plus propre, de jour en jour plus lisse, englobant de plus en plus des villages, des pentes de montagnes, des enchevêtrements de crêtes et de cimes. Peut-être même trop...

Jean GIONO : Un roi sans divertissement


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"Ainsi cette construction-là, avec ses quatre énormes montagnes où s'appuie le ciel; cette haute plaine du Trièves cahotante, effondrée, retroussée en houle de terre (...) ce constant appel de lignes, de sons, de couleurs, de parfums vers l'héroïsme et l'ascension, cette construction : c'est le cloître, c'est la chartreuse où je viens chercher la paix (...) J'arrive, mes montagnes !        Fermez la porte derrière moi. "

Jean Giono.


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Certains jours, lorsque l'humeur du temps est propice c'est tout le Trièves et tout le Dévoluy qui deviennent lieux de silence et de contemplation. Un simple randonnée, le rythme lent et obstiné de la marche aidant, se métamorphose en méditation et le paysage devient une immense cathédrale : Le passage obligé en sous-bois pour atteindre les premières pentes représente assez bien un nartex. (Un sas entre le quotidien et la petite aventure qui attend !) Les sommets évoquent d'immenses et massifs piliers soutenant la voûte céleste. Le ciel, couleur "bleu de Chartres", devient vitrail. La lente et laborieuse progression vers le sommet auréolé de soleil (c'est le matin et on marche vers l'est) se transforme en un cheminement de pèlerin vers le cœur illuminé de lumière.
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Oh là ! il est temps de se calmer, les endorphines sécrétées par la marche ont des effets extraordinaires aujourd'hui…
Cependant il faut bien admettre que parfois une alchimie secrète marie ciel et terre et alors on se sent extraordinairement bien.

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La grotte de la Fétoure. Une antre, un œil de bœuf surplombant le Trièves, au loin le Vercors.

"La montagne en été.
Je connais un homme (qui ne le connaît pas ?) qui ne va à la montagne qu'en hiver, qui sait parfaitement skier, c'est-à-dire glisser sur une pente au sommet de laquelle il s'est fait remonter mécaniquement, et qui n'a jamais vu de lys martagon, n'en a jamais senti l'anis; il n'a jamais vu voler l'apollon avec ses ailes tachées de sang.Les sentiers battus n'offrent guère de ressource ; les autres en sont pleins. "

Jean Giono. La chasse au bonheur.


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Après le col des Aurias, le col de Charnier. A cheval sur les départements de l'Isère, des Hautes Alpes et de la Drome le minuscule lac du Lauzon ne se dévoilera qu'au dernier moment.
Le vallon de Charnier.
A gauche le Grand Ferrand caché en grande partie par Vallon Pierra. La randonnée se poursuivra par la traversée du Clos Rognon, le Pas de Quart où l'on bifurquera évidemment dans Vallon Froid, le bien nommé, pour enfin déboucher par un couloir-cheminée au sommet du Grand-Ferrand.
"Petite" randonnée de 22 km, 2500 m de dénivelé et 11 heures de marche si l'on part du pique nique du Grand-Ferrand, non loin de Château-Méa…

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Vue prise du col des Aurias : Le col de la Croix, la montagne de Paille, la montagne de France qui à l'image de notre pays si contrasté dans ses paysages est vertigineuse à l'ouest et toute douce et paisible à l'est où elle étale ses vastes pâturages.
La tête du Lauzon : Une citadelle hautaine aux pieds d'argile. Les immenses clapiers qui jonchent ses flancs symbolisent magnifiquement les combats qu'elle a mené face aux éléments et au temps.


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27 avril 2008

L'hiver en Matheysine avait été rude cette année là ...

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Ce jour la on se sentait un peu hors du monde aux Gonthéaumes. Le mauvais temps, le froid humide et pénétrant, le brouillard s'acharnaient sur le hameau. L'hiver s'éternisait et envahissait les esprits...

"De temps en temps la neige s'arrête de tomber. Le nuage se soulève. Au lieu de couper la flèche du clocher au ras de la girouette, il ne coupe plus que la pointe, ou même il découvre la pointe se déchirant en petits flocons sur son pointu.
C'est suffisant. On voit le désert extraordinairement blanc jusqu'aux lisières extraordinairement noires des bois, sous lesquels il peut y avoir n'importe quoi, qui peut faire n'importe quoi. Le soir tombe. Se lève un tout petit vent qu'on n'entend pas. Ce qu'on entend, c'est comme une main qui frôle le contrevent, ou la porte, ou le mur ; un gémissement ou un sifflotis qui se plaint, ou au contraire. Un coup dans le grenier.
On écoute. Père ne tire plus sur sa pipe. Mère tient en suspens la poignée de sel sur la soupe. Ils se regardent. Nous regardent. Père soupire et son soupir emporte un mince petit fil de fumée. Ce qu'il faudrait, c'est que le bruit recommence. On est aux aguets, justement pour le juger tout de suite, dangereux ou pas. Mais, silence maintenant. On ne sait pas. L'indécision. Tout est possible. On ne peut pas juger."

Jean GIONO : Un roi sans divertissement

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"L'hiver est dur, cette année, et jamais on n'a vu cette épaisseur de glace au ruisseau ; et jamais 0n n'a senti ce froid, si fort, qu'il est allé geler le vent au fond du ciel. Le pays grelotte dans le silence . La lande qui s'en va par le dessus du village est tout étamée de gel. Il n'y a pas un nuage au ciel Chaque matin, un soleil roux monte en silence ; en trois pas indifférents, il traverse la largeur du ciel et c'est fini. La nuit entasse ses étoiles comme du grain."

Jean GIONO : Regain

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" Nous autres, hommes et femmes d'ici, - et moi qui vous ressemble – nous ne sommes que des paysans, nous ne brillons pas par l'intelligence, ni vous, ni moi."

Jean Giono  :Village

25 mai 2008

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain…
La race humaine y est solide aussi !
La preuve par l'exemple grâce a cet article de presse retrouvé dans un vieux journal  ( "Le réveil" ) du 21 novembre 1946…

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A Saint Théoffrey tout le monde parle avec fierté de Mme Marie Victorine Baret, une vaillante cultivatrice qui marche allègrement vers sa centième année !
" Pour la voir, c'est à la Fayolle", nous avait-on dit en nous montrant quelques toits rouges blottis dans un creux, non loin de cette fameuse route de Laffrey.
Une humble grille, des pierres patinées par les ans, de solides volets de bois, c'est ici.
La porte est ouverte...Et nous surprenons, une petite femme penchée sur un seau, préparant la nourriture du cochon. Un rude travail quand on aura bientôt un siècle sur les épaules !
Des yeux bleus remplis d'une extrême douceur nous regardent avec un peu de surprise. Et bien vite, un sourire illumine ce visage plissé par les rides. Une main encore solide se tend...
Au coin du feu. près de la marmite qui chante, nous sommes en pleines confidences.
Elle est née sur cette terre de la Matheysine le 4 décembre 1847. Mariée en 1874, elle a élevé cinq enfants. Quatre sont encore vivants. Veuve depuis 1928, son mari est mort à 87 ans, elle vit avec son fils aîné, M. Jules Baret qui porte ses ; 70 ans avec une étonnante vigueur. Elle a eu onze petits enfants. Hélas ! l'un d'eux, pris dans la rafle du 11 novembre à Grenoble n'est jamais revenu. Elle est l'arrière grand-mère d'un bambin de 7 ans qui habite St-Jean de Vaulx.
Depuis 71 ans, elle vit dans cette maison, sous ces poutres noircies qui ont vu, naître et mourir son père. Bel exemple de fidélité à la terre !
Quand on a vu le jour sous le règne de Louis Philippe,- on a bien des souvenirs à évoquer Mme Baret a encore une excellente mémoire Elle se souvient de la mobilisation de 1870, de la lourde diligence, de Gap à Grenoble qui passait sur la route de Laffrey à deux heures du matin. Pour la première fois. à l'âge de 14 ans, elle prit le chemin de fer pour aller à Lyon, alors que la voie n'existait que jusqu'à Rives Mais il y a 15 ans qu'elle n'a pas revu Grenoble !
Mme Baret, qui a encore de bons yeux, est une abonnée fidèle de notre journal. Depuis plus de 20 ans, elle n'a jamais été malade.
Dans quelques jours elle rentrera dans sa centième année . Nous lui souhaitons encore d'heureuses années.

LE REVEIL  : Jeudi 21 novembre 1946.  X

1 mai 2008

La mine de l'oncle "Top" : Prenez donc le temps de la chercher dans la colline des Creys...

Jeu de piste pour une petite promenade sur le plateau Matheysin :

Cherchez donc " la mine de l'oncle Top". Minuscule concession minière exploitée au XIX ème siècle...

Une petite piste pour vous aider : Elle se situe entre le col des Creys et la Pierre Percée... sur le versant Notre Dame de Vaulx.

Quand vous l'aurez trouvée ne prenez aucun risque en la visitant, ne vous y aventurez jamais seul et toujours accompagné par un adulte responsable, n'allez pas trop profondément dans la galerie, n'oubliez pas d'emporter une lampe et peut-être y rencontrerez vous un sanglier, un renard, un loup, ou même le fantôme de "l'oncle Top"...

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1 mai 2008

Mon ami Bernard : pélerinage de printemps au sommet du Tabor de Matheysine

" (…) l'homme de la plaine : Pourquoi gravis-tu la montagne ?
   (…) l'homme de la montagne : Pour mieux regarder la plaine !(…)
                                Citation utilisée par André Malraux. Les chênes qu'on abat (1971).

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" Notre premier sommet : 3 362 mètres d'altitude.
Pendant un an nous y avions pensé. Chose curieuse, la vue ne nous intéressa pas comme prévu. Elle était certes très belle, et nous l'appréciâmes, mais en nous forçant un peu. Nous voulions surtout nous persuader qu'elle était merveilleuse. Notre grand émoi avait eu lieu au col. Au pic ce n'était que du réchauffé. Je pense aussi que la richesse était trop grande, et trop nouvelle Nous ne pouvions l'assimiler. Plus que leurs formes, ce sont les souvenirs qui rendent les montagnes chères C'est expérience et de nombreux rapports qui les individualisent et qui permettent ainsi de les apprécier une à une, ainsi que leur ensemble à sa juste valeur ".
" Je me souviens surtout d'une perdrix des neiges qui avait passé très près de nous. Longtemps nous l'avions suivie du regard. Le soleil rendait ses ailes transparentes et lumineuses. Bientôt elles n'avaient plus été qu'un point brillant dans l'azur du ciel, mais qui suffisait pour le meubler de lumière et d'étendue. "

  • Jean Sarrenne (Zellweger). Trois curés en montagne.

1 avril 2008

Bibbliographies, documents (divers auteurs)...

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Le personnage central du nouveau livre de Philippe Lamour, c'est la montagne. C'est ce monde encore autonome, qui vit de lui-même et sur lui-même, et adapte à ses lois les hommes, les bêtes et les choses dans le décor des rochers, des bois, des alpages et des eaux. Avec Philippe Lamour, on partage, avec émotion, l'existence quotidienne des montagnards : les paysans, les bergers, les forestiers, les chasseurs et les femmes de grand labeur et de grand cœur ; et les enfants ; et aussi le maire, les conseillers, les gendarmes ; et encore les moutons, les vaches, les chiens, les chamois, les coqs de bruyère, les marmottes et les aigles. On n'oubliera pas Augustin et son antique autocar, les infatigables Célestin et Joseph, et le Mile et Norbert le braco ; ni Céline, la douce institutrice ; ni le berger Adrien ni le chien Perdreau. C'est le récit simple et fort d'un haut pays, simple et fort, le pays de la liberté. C'est le roman vivant de la montagne.


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En 1938, trois séminaristes grenoblois découvrent par hasard l'univers de la haute montagne et s'y plongent avec l'inconscience des débutants. Ils sont sans le sou, mais leur enthousiasme est sans borne... Au point de faire quelques entorses à la stricte discipline du Séminaire !
Au fil de leurs équipées, nos futurs curés apprennent qu'il n'est pas facile de louer une paire de skis avec une soutane, s'initient aux joies et aux déboires du rappel, et enfin abordent les sommets du massif des Ecrins dans l'innocence la plus totale. Leurs intuitions les gouvernent à contretemps : ils entrevoient de terribles dangers là où il n'y en a guère et prennent les plus grands risques sans même s'en rendre compte. Autre problème, leur statut social, qui les met dans une position gênante lorsqu'une jeune fille, abandonnée par son compagnon de course, décide de se joindre à eux, sans se douter à qui elle a affaire !
Dix ans plus tard, devenu curé de montagne et alpiniste accompli, l'auteur peut l'avouer : " Mes meilleurs souvenirs sont ceux de notre première semaine en Oisans. " Celle-là même dont il nous raconte les péripéties, avec autant d'ironie que d'émotion, dans cet ouvrage délicieux.
Jean Sarenne est le pseudonyme de Jean Zellweger (1915-1974) qui, à la sortie du Séminaire, a été nommé curé d'Huez, en Oisans.


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Monographies des villes et villages de France

" Ici, commune par commune, en parcourant ce liwe, chacun de nous retrouvera un père, un frère, un enfant, un ami ", écrit le capitaine Charles Bernard, au début de cet ouvrage, dans son hommage aux habitants du canton de La Mure tombés au champ d'honneur en 1914-1918 et il est vrai que, pour chaque commune du canton de La Mure évoquée dans cette monographie, l'auteur consacre une rubrique à cette période dramatique de notre histoire ; de Cholonge à Villard-Saint-Christophe, en passant par Cognet et Laffrey, Marcieu et Mayres, Monteynard et Aveillans, La Motte-Saint-Martin et La Mure, Nantes-en-Rattier et Notre-Dame-de-Vaulx... Toutefois, le travail de l'historien ne se limite pas à l'évocation de ces moments douloureux et avant même de retracer l'histoire précise et détaillée de toutes ces agglomérations depuis les origines jusqu'à l'époque contemporaine (situation précise, topographie, hameaux et lieux-dits, anecdotes et phénomènes climatiques, éphémérides historiques et édifices, vie dvile et religieuse...), Pierre Berthier brosse un panorama très riche du canton - vaste plateau, allant de Laffrey jusqu'à Ponsonnas, bassin de La Motte, vallon (très verdoyant) de Vaulx et pittoresque vallée du Drac - évoquant aussi les montagnes et les cours d'eau, les lacs et les routes, les divisions cantonales et la superficie, les coutumes et le " patois ", les " vogues " et les noces dans les campagnes... C'est seulement après avoir procédé à ce vaste tour d'horizon, géographique, historique et économique des lieux, que l'écrivain développe des notices historiques sur toutes les communes du canton : sur Cholonge, à travers une description générale, dans un portrait de Cholonge touristique et au gré de nombreuses anecdotes (histoire du curé Disdier Baruel, de Claude Achard, dit/e Dragon...) ; sur Cognet et son château, avec son église, ses curés, ses maires et ses adjoints ; sur Laffrey, son Grand Lac et son Lac Mort, qui s'honora du passage de Napoléon ; sur Marcieu, ses châteaux et ses seigneurs ; sur Mayres (sources thermales et famille de Combourcier), Monteynard (château et généalogie des Aynard), Aveillans et son autel druidique, La Motte-Saint-Martin (ses ruines romaines et ses mines), ainsi que La Mure et sa longue et foisonnante histoire: charte de 1309, le château delphinal, la châtellenie de Lesdiguières, le siège et la prise de la ville en 1580, suivis de représailles terribles de Lesdiguières en 1587, avec l'historique des places, du marché et des rues de la cité, les journaux murois, les anciennes sociétés... De même pour les communes de Nantes-en-Rattier, Notre-Dame-de-Vaulx, Pierre-Châtel, Ponsonnas, Prunières, Saint-Arey, Saint-Honoré, Saint-Jean-de-Vaulx, Saint-Théonrey, Savel, Sousville, Susville et Villard-Saint-Christophe.


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Pierre BARNOLA, président fondateur de la sous-section du Club Alpin Français de la Mure pendant 30 ans, est un passionné des montagnes de la Terre et en particulier de celles de chez lui, autour de la Mure (Isère). Il les a parcourues en escalade, en randonnée à pied, à ski, en raid, en expéditions.
Il a goûté aux sommets du Pérou, du Pamir, de la Turquie, de l'Afghanistan, de la Suisse, de l'Autriche, de l'Italie, du Sahara. Mais ceux qu'il connaît le mieux, évidemment, ce sont ceux de sa patrie, les Alpes...
Pierre BARNOLA a toujours été fasciné par L'OBIOU, charnière entre les Alpes du nord et les Alpes du sud, d'abord plus ou moins inconsciemment dans son enfance, puis de plus en plus fortement au fil des ans. En effet, il a passé toute sa jeunesse face à L'OBIOU dans le BEAUMONT. Puis durant sa vie professionnelle - médecin généraliste à La Mure ~ il a "tourné autour" de ce sommet, de CORPS à MENS en passant par la MATHEYSINE et le BEAUMONT, toutes régions sous le regard solennel de LOBIOU.
Arrivé à la retraite, Pierre BARNOLA a encore L'OBIOU devant ses yeux au fil des jours.
Cette monographie rassemble tout ce que l'on peut dire concernant l'histoire, la toponymie, la géologie, la géographie ainsi que toutes les façons d'aborder ce lieu.
Ce livre fait suite à un précédent, publié en 1983 en collaboration avec Jean-Marc FAURE de MENS, livre épuisé en quelques mois, témoignant de l'intérêt porté à ce sommet mythique.


15 mars 2009

Le puits Sainte-Marie à la Motte d'Aveillans.

Le batiment le plus emblématique d'une exploitation minière est sans conteste le chevalement du puits. Situé sur le carreau, il est le symbole de la mine…

En Matheysine, trois puits principaux ont été fonçés : Le puits Sainte Marie à La Motte d'Aveillans (1905), le puits des Rioux (1942) et le puits du Villaret (1948).

 

Le puits Sainte-Marie de la Motte d'Aveillans a été mis en service en 1905. Creusé en 1902 , sa profondeur atteint 217 m. Sa haute structure métallique était coiffée d'une grande cabine vitrée protégeant ses deux imposantes molettes.

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Le sous-sol de la Motte d'Aveillans est un vrai fromage de gruyère : un recensement effectué en 1999 a dénombré dix-huit puits ou galeries et pas moins de quatre vingt dix-sept sorties "au jour"…

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Le puits Sainte-Marie était le point d'accès le plus important des mines de la Motte d'Aveillans. Installé aux cotés d'ateliers de criblage et de lavage il en est l'artère vitale.

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Au plus fort de la production, en 1930, 405 000 tonnes de charbon ont été extraites, préparées, expédiées…

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La belle esthétique industrielle de ce chevalement a séduit les architectes du musée "La mine image".

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…Et un artiste local qui en a effectué une reproduction très personnelle (voir l'article: Matheysine terre d'inspiration). (Cette maquette décore un batiment abritant un jeu de boules.)

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L'épuisement des ressources aura raison de ces infrastructures et le centre d'exploitation des houillères se déplacera définitivement en 1956 au Villaret.

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