07 octobre 2012

Etrange tête à tête en redescendant du Tabor

Cette année, aucune belle randonnée en montagne… Les circonstances de la vie, la météo… Seulement quelques brèves escapades sur le les flancs du Pérollier par le joli sentier de Côte Dure et le sommet du Tabor de Matheysine.

Sentiers connus sur le bout des Vibram. Pèlerinages en terre connue. Et puis cette découverte étrange :

Sur le sentier, reposant sur un lit de gravier une tête humaine me fixe, me transperce de son regard de pierre.

Tete Tabor 1

Imagination ou réalité ? Non! La nature aidée par un invraisemblable hasard a sculpté cette face humaine et l'a posée juste sous mes pas puis exposée à la bonne lumière…

Et ce regard m'interroge : Que fais-tu de ta vie? N'es-tu pas, comme moi, un homme de pierre, au cœur de pierre, vitrifié dans ton minable quotidien?

Sculpture surréaliste sortie des mains, de l'imagination, de Picasso, Brâncusi, Braque, Chagall?

Cubisme naturel, géométrie de l'absolue. Quelle force dans ce regard!

Tete Tabor 2 

Cette sculpture aura sa place sur la cheminée. J'aime à penser qu'elle représente Berlioz. Il y a une telle fougue, une telle puissance, dans ce visage anguleux, dans ces mèches de cheveux dressées par la fureur de la bourrasque…

 


Berlioz 001

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23 décembre 2012

Le poids du papillon. Un conte poétique, deux destins parallèles...

La chance m'a fait découvrir un auteur qui m'était totalement inconnu : Erri De Luca.

Sur la couverture d'un livre de poche, un chamois en ombre chinoise et un titre étonnant – Le poids du papillon- : je ne peux, évidement pas, m'empêcher d'ouvrir le livre et de lire au hasard quelques lignes. C'est surprenant ! C'est poétique et fort…

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Il faut vite refermer le livre, éviter de déflorer à la va-vite un si beau texte. A la maison il sera bien plus aisé de mastiquer tous ces mots, de dévorer une à une toutes les belles allégories qui émaillent le récit…

Pour moi ce roman est un conte métaphorique. Le roi des chamois et le roi des braconniers se retrouvent au soir de la vie. Les mêmes signes de déclin frappent l'homme et la bête… Inconsciemment l'animal sait que ce mois de novembre sera sa dernière saison de suprématie sur la harde. L'homme, lui aussi, sait que les forces s'échappent peu à peu de son corps usé par tant de courses dans la montagne.

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Un rien pourrait faire basculer le fragile équilibre entre la vie et la mort : le poids d'une minuscule branche a déjà fait mettre genoux à terre à l'homme. Et puis il y a ce papillon qui poursuit depuis toujours la bête, qui se pose sur sa corne gauche…

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Un poids infime, infime mais qui sera peut-être suffisant à abattre le roi des chamois et qui sait? le roi des braconniers…

Deux destins parallèles, deux vies d'exception, l'homme et la bête se rejoindront finalement dans une étrange et mortelle cérémonie.

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Voici quelques courts extraits pour vous donner envie de lire ce beau texte.

Au temps de la splendeur :

Le roi des chamois défie l'orage

"Le roi savait que la foudre prévient. Avant de s'abattre, elle prépare un champ électrique dans une zone du sol où passe d'abord un courant qui fait vibrer l'air avec un vrombissement de frelons en vol. Le poil se dresse tout seul, signe qu'on est dans le champ de la foudre. Le roi attendait la friction de l'air électrique sur son corps, l'odeur de métal qui picote sèchement les narines, alors il se déplaçait pour sortir de la zone de cible. Pas tout de suite : le frottement de l'électricité sur son corps faisait gicler les puces hors de sa fourrure. Il se déplaçait à temps vers la hauteur. La foudre s'abattait devant lui, élevant une fumée d'enclume et de forge.

Le roi des chamois s'habille de vent

"Dans l'Écriture sainte, il existe la formule : vêtu de vent d'Elohim. Elle concerne un homme touché par une prophétie à transmettre. Personne d'autre que lui ne sait de quel vêtement il s'agit. Le roi des chamois était vêtu de vent. Dans la tempête, il se laissait envelopper par les rafales, c'était son manteau. Son pelage brillait, gonflé par l'explosion des éclairs, le roi fermait les yeux et se laissait étreindre par l'air déchaîné. Il était en sûreté là où toutes les autres créatures sentent une menace. Il était en alliance avec le vent, son cœur battait, léger, se chargeant de l'énergie lancée par le ciel sur la terre."

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Puis vient l'âge du déclin…

Il est temps pour le roi des chamois de forcer le destin, de provoquer le roi des braconniers.

"Le roi des chamois sut brusquement que c'était le jour. Les animaux vivent dans le présent comme du vin en bouteille, prêts à sortir. Les animaux savent le temps à temps, quand il est utile de le savoir. Y penser avant est la ruine de l'homme et ne prépare pas à être prêt.

Il regarda en haut pour saluer l'air et se mit à descendre. Les coussinets de ses pattes foulèrent le précipice sans déplacer le plus petit caillou. Son ongle partagé entre le troisième et le quatrième doigt s'ouvrait et s'adaptait aux quelques centimètres d'appui. Ce n'était pas une descente, mais un arpège. Il arriva dix mètres au-dessus de l'homme allongé, le fusil à son côté. …//… Le roi respira calmement, partagé entre la colère et le dégoût pour l'assassin de sa mère et des siens. …//…

L'homme savait prévoir, croiser l'avenir en conjuguant sens et hypothèses, son jeu préféré. Mais l'homme ne comprend rien au présent. Le présent était le roi au-dessus de lui."

Le roi des chamois défie l'homme qu'il sait être un assassin : il sera l'auxiliaire de son suicide. Dans une suprême finesse la bête pressent que cette ultime victoire de chasse sera pour l'homme sa dernière, définitive et fatale défaite, déjà les " ailes noires" envahissent le ciel.

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"L'homme, tel un serpent, se tourna vers son fusil juste à temps pour voir le roi des chamois se précipiter sur lui en deux bonds. Il était force, furie et grâce déchaînées. Un fracas de cris et une foule d'ailes s'élevèrent dans la montagne. Les sabots antérieurs effleurèrent le cou de l'homme, les postérieurs firent voler son chapeau. Le roi avait sauté sur lui en l'effleurant sans une égratignure et il volait tout en bas vers le troupeau qui avait dressé oreilles et museaux."

.…//…

"Il s'arrêta soudain, se cabra sur ses pattes de devant et revint en arrière. Il escalada une pierre pointue, plantée sur un tas de rochers suspendus dans le vide. Et il resta là."

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"C'était un jour parfait, il ne se battrait plus contre aucun de ses fils et il ne devait pas attendre l'hiver pour mourir"

.…//…

"Il attendit là, sans bouger, bombant le torse, la balle de onze grammes qui traversa son cœur de haut en bas. Il mourut avant d'entendre le fracas de la détonation, un coup de marteau contre la tôle du ciel"

L'épilogue de cette histoire ne doit pas être résumée ici, procurez-vous le livre, vous le lirez d'un traite, happé par les mots, la poésie et la magie de ce conte pour adulte.

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Paul Fabre : jean, berger d'Entraigues.

J'aurais tellement aimé vous rencontrer monsieur Fabre… Vous l'instituteur de la laïque, le passeur de savoir. J'aurais tellement aimé apprendre à apprendre avec vous…

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Jamais je n'avais entendu parler de vous avant d'avoir lu Mémoire d'Obiou n°17 de 2012. Une fois encore la revue des Amis du Musée Matheysin m'a enchanté. Dans ce 17 ème fascicule deux articles vous sont consacrés :

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Paul Fabre au fil des acquisitions (Gilles Benoist)

Jean, berger d'Entraigues ou l'offrande lyrique des humbles (Eric Marchand)

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Gilles Benoist présente Paul Fabre : humaniste, pacifiste, résistant, proche des idées de Jean Giono. Des études brillantes, un succès au « brevet de capacité pour l'enseignement primaire » l'emportent aux confins de l'Algérie à Zoudj-El-Beral. La Grande Guerre le happe, lui enlève un frère : « 40 mois de guerre pour mieux la haïr ». En 1919 il épouse Henriette Blanc , maîtresse d'école à Entraigues. Départ du couple vers l'Algérie. De là Paul Fabre part pour le Tchad au cœur du Ouadaï. Son séjour est raconté dans un livre : Les heures d'Abéché… En 1924 retour en France, nomination à l'école du Peychagnard, puis à La Mure. Les idéaux progressistes, le pacifisme, l'internationalisme le rapproche des idées communistes .Les années noires enveloppent le pays et Paul Fabre s'engage « en résistance ». On dira de lui qu'il était le « père tranquille de la résistance »… C'est durant ces moments effroyables qu'il écrit : Jean, berger d'Entraigues.

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Quelle belle découverte que ce livre !

Quelle jubilation à lire ces pages! Tout est dit du subtil et profond bonheur que l'on peut ressentir au contact de la montagne, des bêtes et des hommes qui y vivent …

Jamais je n'avais lu un texte reflétant aussi précisément ce que je perçois parfois mais n'arrive jamais à exprimer en pérégrinant dans ces "Hauts Pays" chers à mon cœur.

Quelle belle langue, toute en nuance, délicatesse et raffinement.

Description de la course du soleil, émotions suscitées par la complicité de l'homme et de son chien, fraternelle compagnie des bêtes et présence permanente, bienfaisante, apaisante et revigorante de la montagne…J'ai lu ce livre en apnée, le souffle coupé, bizarrement troublé et avec l'étrange impression que ces phrases auraient pu être les miennes si j'avais eu plus de talent et d'instruction…

J'ai eu la chance de pouvoir me procurer un exemplaire numéroté (N°29) imprimé sur vélin le 10 avril 1947 et dédicacé par l'auteur en date du 5 mai 1947.

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Pour vous donner envie de lire ce livre, en voici de courts extraits. Pris un peu au hasard, ils ne sont que le pâle reflet d'une lecture exhaustive que je conseille vivement.

Un rêve : aucune bête ne fuit devant moi…

« Je fais parfois un magnifique rêve, fervent mais fou, parce qu'il est en somme de totale perfection : être celui qui ne verrait plus fuir devant ses pas nulle bête peureuse. »

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Complicité de Jean, le berger avec son chien Faraud :

« Qu'un chien puisse être un excellent ami, c'est d'une vérité plus que banale. Pour apprécier à sa mesure l'attachement de nos rudes labris, qui n'ont jamais le temps d'être coquets, mais qui sont éveillés et fidèles, il faut s'en aller vivre seul avec l'un d'eux, le sien, pendant une suite de jours.

Faraud, mon Faraud gris, aux longs poils emmêlés, travaille assurément plus que son maître. Sans lui, la garde du troupeau me deviendrait presque impossible. Il est l'illustration de cette autre vérité première, que le travail est une joie. Comme une force occulte, comme une faim ou comme un feu, l'amour de son métier l'emplit et le possède. Il est surtout mon compagnon. D'une aube à l'autre, et même quand je retrouve Patrice le vacher, en m'en allant puiser notre eau, jamais rien ne nous sépare. Dans cette bonne grosse tête ébouriffée, les yeux, où autre chose que l'instinct brille et palpite, savent tout lire au fond des miens. Je ne devrais pas dire que je parle tout seul, car je m'adresse à lui. C'est un témoin très pénétrant, et tellement affectueux, qui me comprend et me répond à sa manière. J'ai rarement connu semblable identification d'une vie avec ma vie.

Mon chien se réjouit éperdument, ou s'assombrit, ou même pleure, selon ce qu'il découvre dans mon regard ou dans ma voix. Et sans ces truchements, je crois qu'il lit dans ma pensée.

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Mais lui encore, il ne se donne que jusqu'au seuil de son mystère ; il ne peut pas se donner au delà. Rien ni personne, en ce bas monde, ne le peut davantage. Je me résigne donc, et suis tout joie quand je le soigne ou le caresse, en prononçant des mots sérieux et tendres — des mots patois qui ne sont murmurés que pour nous deux. »

 « Ce n'est pas un brutal ; mais quelquefois il se passionne, au point d'en perdre un peu de retenue. Il ne mord pas les jarrets devant lui ; il les houspille du museau, il les bouscule avec de faibles cris presque éplorés, d'exultation et d'aise. S'il est trop endiablé, trop" afforti", et qu'il ne sache plus m'entendre, alors, de loin, je l'invective... horriblement. Entre nous deux, cela ne tire pas à conséquence. Car ces patois sont riches, riches, pour tous les châtiments verbaux. Et à tue-tête je profère : marri moûstré ! moûstré de carnava !... Et : malaûtru laïdas ! grand pén'doula !... sans penser à sourire, sans remarquer non plus l'outrance et la contradiction des adjectifs. (Chez nous, marri et malotru parlent de petitesse.) — L'essentiel est de bruire comme la foudre ou la colère des titans, pour que Faraud, s'il jappe, finisse par prêter l'oreille... Tout de même, ça m'ennuie quand les échos répandent trop longtemps nos querelles privées. »

« Il est là qui survient, pauvre petite boule grise. Il n'aime pas, dans son for intérieur, les missions qui séparent ; et moins encore les situations où, tout à coup, l'on est forcé de prendre des initiatives. Quand on retourne auprès du maître, sait-on jamais comment il les appréciera ? Non, ce n'est pas que grand pendu ou marri monstre l'humilie ou lui laisse des rancunes. Mais il préfère la douceur des paroles calmées et des mains qui caressent. Les paroles du soir dans la cabane où l'on est seuls. Pelotonné à quelques pas, il me regarde, me regarde. Une inquiétude qui attend. « Viens, mon brave petit frère ; viens Faraud ! » Il se jette sur moi, repart en flèche, puis revient, gambade, tourne, saute, lèche, pleure ! Et maintenant qu'il a posé ses pattes de devant sur mes épaules, ses regards dans les miens, il chante, en le rythmant avec sa grosse queue hirsute, il chante, avec les yeux, l'hymne de l'affection et du bonheur. En de telles prunelles vibre une âme. Les beaux instants pour tous les deux ! Ne me lèche donc plus, va, petit frère, tu me mouilles... Quand je te gronde, petit frère, ce n'est rien. Si je mourais en ce moment, je ne t'aurais jamais battu. »

Complicité avec les bêtes

« Une brebis d'Antonin Cros, une de mes plus familières, s'approchait ce matin, et me léchait l'épaule, puis le cou. Elle avait eu un assez long moment d'hésitation devant Faraud, couché en arc à mon côté, sur l'herbe. Car ce rustique et cher ébouriffé montre souvent des jalousies, quand je cajole ou flatte une toison qui n'est pas celle qui le couvre. Egoïsme naïf d'une belle amitié. Mais je le gronde, et cette fois il a autant aimé faire semblant d'avoir par trop sommeil. J'ai présenté un peu de sel à cette douce. J'en ai toujours quelques poignées dans l'abrassa, en prévision de ces petits bonheurs. Dans le creux de ma main, timidement, la langue rose a pris la friandise, comme on cueille une fleur qu'il ne faudrait pas abîmer. Gentillesse des bêtes, dès que la peur de nous les abandonne ! Elle avait d'abord fait un bêlement fragile, terminé en cassure. Quand les brebis retrouvent dans leur gorge cet appel aux agneaux, c'est qu'elles sont inquiètes ou contentes. Sans m'arrêter à supposer que celui-là n'était que flatterie de quémandeuse, j'ai eu ma part de ce contentement …//…

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C'était une caresse délicate, humide, lisse. L'haleine tiède frémissait avec les lèvres. — Et dans mon âme j'éprouvais qu'être croyant, quand on est parvenu à mieux chérir les créatures, ce doit être avant tout se sentir inondé d'obscure adoration, de gratitude silencieuse, irraisonnée, abandonnée, envers un Créateur. »

Arrêter le temps, vivre deux printemps par an.

« A part un long matin couvert, qui faillit bien étirer l'aube jusqu'au soir, et deux ou trois grosses averses d'après-midi, cette fin du mois de juin ne nous apportera décidément que des jours bleus, car voici la St-Pierre qui arrive. Aussi, grâce au beau temps, pouvons-nous musarder, le chien et l'homme, après avoir tiré notre repas de l'abrassa et l'avoir pris sur l'herbe, pendant que le troupeau fait calmement sa méridienne. …//… Je vois déjà les andains courts des foins coupés dans la plaine d'Entraigues, alors que ma montagne vient à peine de faire accueil aux renouveaux. »

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« Ainsi, j'aurai suivi d'en bas la saison belle qui s'enfuyait devant l'été, sur les hauteurs. J'ai rattrapé en quelque sorte le printemps. Du même coup, je me surprends de temps à autre à décider que je redeviens jeune, ou tout au moins que je m'arrête de vieillir. »

La course du soleil : les chatoiements de l’aurore quittent à peine un versant que déjà les ombres du soir l’envahissent à nouveau

« Sous moi, fête ou combat, la féerie dure. En pays montagneux, il faut près d'un matin à l'astre, pour que s'achève sa conquête. La frontière entre l'aurore qui pas à pas descend, et l'aube qui se réfugie aux creux, aux trous du paysage, est tourmentée, mais franche. Comme jetées d'en face, des ombres tiennent, luttent pied à pied.  …//…

Ce n'est qu'après huit heures que l'ombre débarrasse Entraigues, coupant encore sa plaine en deux, pendant assez longtemps. Midi enfin sera bien proche quand, dans le fond de la Barrière, devant les Ayes, sur la route du Périer, on aura vu se résorber au pied des côtes la dernière ombre du matin. Alors, dans un plus vif éclairement, les montagnes auront l'air plus nues, plus lisses, plus lointaines, sans avoir rien perdu de leur tranquille majesté.

Mais déjà, précisément sur les versants que l'aurore couvrait de roses, l'ombre d'un nouveau soir préludera. »

Bienfaisante solitude

« Par grand bonheur, le col d'Hurtières ne tenta qu'un moment les ingénieurs, traceurs de routes carrossables. Comme point de départ de leur tronçon final, le bourg de Corps fut préféré à St-Michel, dont les maisons s'étagent, basses, dans les près ; ainsi qu'à Valbonnais, dont le versant d'ubac est magnifique avec ses bois montant jusqu'aux gazons des hauts. Bénis soient donc, pour cette fois, les ingénieurs, et ceux qui intervinrent pour que la route productive traversât d'autres communes que les nôtres. Ils ont gardé sa paix au col d'Hurtières. »

col hurtieres

« Cette place ravissante et délaissée, dominant par ses deux seuils de très profonds escarpements où l'air est bleu, je la chéris encore, ce soir, dans ma cabane, de toutes mes tendresses d'autrefois. Ces quelques mètres de douceur, où, désormais, je laisserai partir mes bêtes chaque jour, que seraient-ils sans leur tranquille solitude ?... Là, nul arbre ne croît, mais ce matin les fleurs étaient sans nombre, et le silence dieu. Bienheureux les endroits où les humains n'accourent pas, ces humains-là seraient-ils pieux, seraient-ils prêtres ; où les chemins ne passent pas, ces chemins-là seraient-ils saints, monteraient-ils vers des salettes. Béatitude souveraine des lieux vides ; adorable piété des vies infimes sous le ciel ; piété immense, et toujours pure, de la bête répandue, de la plante, de la terre. Incomparable pauvreté d'Adam. »

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« Ah, que ce col n'ait à jamais que son sentier creusé avec le temps par les derniers piétons fidèles à la peine ! Quelques passants, de loin en loin, dans le silence ; des pas feutrés, à travers l'herbe en floraison ; et l'on pourrait jurer, grisé par l'altitude, que les parfums chatoient pendant que les teintes embaument. Puis les sonnailles du matin commencent à chanter dans cette courbe en forme de berceau — avec des voix que l'air léger et les échos joueurs font empressées, rieuses, riches, — tantôt vers le Gargas qui s'alentit après avoir lancé d'en haut une impérieuse pente encore ombrée, tantôt vers la petite côte adverse, où tout verdoie en clair dans les premiers rayons. Reste à jamais dans cette paix, ô ma prairie heureuse. »

D'autres pages, étrangement modernes, parlent de l'envahissement de la montagne par les touristes. Paul Fabre perçoit déjà nettement que l'argent, les enjeux financiers liés à l'exploitation des stations de ski, l'âpreté au gain vont irrémédiablement ronger ces paradis qui devraient rester à jamais le sanctuaire des estives animales, du silence, de la contemplation et des bonheurs simples de la randonnée.

Pour finir, ces quelques mots d’un instituteur laïque qui conteste les églises et leurs limitations froides comme des murailles mais admet que les hommes puissent trouver réconfort et bonheur dans des mystiques innombrables :

« Certaines heures sont si belles que l’athéisme est défaillant »

Décidément j’aurais bien aimé vous rencontrer monsieur Fabre…

 

17 février 2013

Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...

Bien entendu vous connaissez Robert Doisneau, ou plutôt vous connaissez des photos de Robert Doisneau…

Le baiser de l’hôtel de ville, le Paris de l’après-guerre, les vacances, les écoliers etc. etc.

Noirs et blancs somptueux -crémeux-, bokeh naturel et subtil, rendu particulier du Rolleiflex qui tenu au niveau de la poitrine permet des cadrages inusités et si différents de ce que permettent nos technologiques et numériques reflex modernes…

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Mais au-delà de la technique photographique ce qui importe c’est de ressentir la touchante humanité des "petites gens" que Robert Doisneau aime photographier, de percevoir tous ces instants précaires attrapés en plein vol, de s’émouvoir des équilibres instables figés par l’œil du maître ou de s’immerger dans ses photos ethnographiques qui fixent –toujours et à jamais- un instant déterminant de la marche du temps.

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Ouvrir un livre de photos de Robert Doisneau c’est assurément un grand moment.

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Et bien notre petite patrie Matheysine a su retenir le maître de la photographie quinze ans durant…

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En effet, Robert Doisneau a passé quinze Noël avec sa famille et de nombreux amis à Laffrey (de 1951 à 1965). Quinze "vacances à la neige" si loin de ses centres d’intérêts connus…

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Tout compte fait notre pays doit avoir bien du talent pour attirer des personnalités aussi importantes que Robert Doisneau et Olivier Messiaen !

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L’hôtel Humblot, accueillant, familial et gastronomique. Des escapades dans la neige. Du ski sur les pentes du Grand-Serre loin des remontées mécaniques et surtout la beauté des paysages : quatre grands lacs surmontés de montagnes à l’est, un haut plateau au climat rude, un nature encore préservée…Nous sommes, ici, bien loin des clichés classiques des sports d’hiver… Je suis persuadé que le naturel, l’authenticité préservée de la Matheysine ont été les facteurs déterminants de la fidélité de Robert Doisneau.

 

Si vous avez la chance de pouvoir aller au musée de l'ancien Evêché de Grenoble, vous aurez le plaisir de voir (jusqu'au 14 avril 2013) l'exposition "Les alpes de Doisneau ": 120 photographies parmi les 450.000 clichés du "fonds Doisneau".

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Un beau livre : Les Alpes de Doisneau  fait le complément de cette exposition. (Il est indispensable à toute bibliothèque Matheysine !)

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03 mars 2013

Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier. Un livre de Danièle Vuarchex

C'est avec beaucoup de plaisir que je viens d'apprendre en consultant le très beau site de photos de Loïc Nowak "L'Alpe Buissonnière " que le livre "Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier" allait bientôt paraître.

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Danièle Vuarchex nous emmènera à la découverte de ce magnifique et attachant "Haut  Pays" en trois chapitres :

1 - Le Pays de la Roizonne : Relief, flore, faune, la Roizonne et ses torrents.

2 - Le Pays de la Roizonne au gré du temps qui passe : Histoire du sol, histoire des hommes.

3 - Vivre aujourd'hui au Pays de la Roizonne : Activités économiques, sportives, culturelles.

Des centaines de photos, des reproductions de documents anciens, de cartes et d'œuvres d'artistes. Voilà un bien beau programme…

Vivement le mois d'avril! Nous pourrons enfin parcourir les 368 pages de ce livre et pour ceux qui n'ont pas la chance d'habiter ces beaux territoires rêver et les explorer par l'esprit…

La souscription est ouverte jusqu'au 2 avril. Voici un lien qui vous permettra d'ouvrir un fichier "pdf".

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Vous y trouverez :

a)      Une description complète de l'ouvrage.

b)      Un bulletin de souscription


13 mai 2013

Invitation à lire "Roizonne -Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex.

Si vous vous attardez à parcourir ces pages je suis certain que la lecture du livre "Roizonne" de Danièle Vuarchex vous plaira...

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Le Pays de la Roizonne est un Haut Pays, parallèle au plateau Matheysin, un sillon creusé dans le relief par les glaciers et l'impétuosité des torrents. A l'écart, un peu, mais aussi un axe de passage reliant la vallée de la Romanche et le Beaumont, et de là le grand sud.

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Territoire enrichi par les va-et vient mais protégé par ses montagnes : ici pas d'usine à ski, pas d'industrie envahissante... Il aura fallu de l'intelligence aux hommes pour s'y installer durablement en harmonie avec la nature et beaucoup d'énergie, de persévérance pour arracher au sol ingrat nourriture, chauffage et subsistance.

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Alors pourquoi rester ici ? Pourquoi ne pas s'expatrier vers des lieux plus propices à la vie des hommes et des bêtes ? Pourquoi s'accrocher à ces pentes si escarpées, affronter la bise, le brouillard, les avalanches, les grands hivers ?...

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L'attachement à ces rudes contrées ne peut guère s'expliquer rationnellement. Simplement lisez ce livre vous comprendrez !

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L'auteur aime ce pays et les gens qui l'habitent, chaque page le prouve.

Trois grands chapitres :

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Le relief, la faune, la flore, l'eau…

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La géologie, les glaciers, les premiers peuplements, les faits historiques, la vie des gens d'ici au fil du temps qui passe…

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Aujourd'hui : Activités économiques (agriculture, artisanat, tourisme…) sportives, culturelles. Les perspectives…

On ne parle bien que de ce que l'on aime : il est impossible de rassembler autant de connaissances, de documents d'archive, de photographies, de faits historiques, d'anecdotes, de détails sans être porté par la passion.

Je suis certain que cet ouvrage est le fruit d'années d'observation, de recherches… C'est l'aboutissement d'une lente maturation dont l'ingrédient principal est l'attachement à cette terre.

Peut-être avez-vous lu le texte de Samivel (un extrait de " La réponse des hauteurs)" dans le préambule de ce blog. En voici un passage :

"Je n'avais plus besoin d'ouvrir les yeux pour voir 1e pays couché en rond autour de moi, avec sa belle fourrure ocellée d'ombres et de soleil. Je les connaissais par cœur, par 1e cœur, ces hameaux, ces forêts, ces a1pes, ces cascades, ces pics, ces glaciers. Chaque ligne du paysage projetait son double sur un écran intérieur, chaque arbre, chaque rocher ancrait en moi son propre fantôme, et l'eau de ces torrents me coulait aussi à travers l'âme depuis des années."

Cet état d'esprit imprègne tout le livre et j'en partage intimement la sensation.

Vivement un prochain séjour "là-haut" pour appréhender, livre en mains, ce pays que je ne connais, finalement, que si superficiellement…

Pour vous donner un aperçu de la richesse de cet ouvrage voici une copie de la table des matières.

Bonne lecture.

3- Le pays de la Roizonne

6- Le relief

7- Les cols

8- Les crêtes

10- Les sommets

19- Les lacs

24- La flore

26- Adaptation des plantes aux écarts de température

28- ..aux UV et à l'évaporation

29- ... à la pauvreté des sols

30- Orchis en Rattier

31- Ruses de séduction

33- Tiens, vous ici ?

34- Espèces rares et protégées

35- Plantes envahissantes utiles

36- Détails insolites

37- Festival d'automne

38- Les arbres

41- La faune

43- Les grands mammifères

50- Les rapaces

53- Les passereaux

54- Les gallinacés

56- Les reptiles

57- Les amphibiens

58- Des espèces rares

59- Fragilité diaphane

61- La Roizonne et ses torrents

62- La source de la Roizonne

65- Le cours supérieur

68- Le cours moyen

69- Le cours inférieur

70- Le confluent

72- Les crues

75- L'eau de la Roizonne

76- Les captages

77- Impact des captages sur la faune aquatique

79- La vie aquatique

81- Le pays de la Roizonne au gré du temps qui passe

81- L' histoire du sol

82- Les roches

86- L'extension

88- La convergence et la collision

91- L'action des glaciers

95- Le glacier de la Bonne et la Roizonne

96- Vestiges visibles du passage des glaciers dans notre paysage

105- L'histoire des hommes

105- Des peuples fantastiques

106- Le peuplement de la vallée, les vagues d'immigration

107- Les Ligures

106- Les premiers hommes s'installèrent sur les hauteurs

108- Les Celtes 112- Les Romains

116- Les Burgondes

118- Les Lombards et les Sarrazins

119- Les Alleman de Valbonnais

123- Le mandement de Rattier et ses seigneurs

126- Guigues II Alleman

128- Eudes V Alleman

130- Eudes VI Alleman

132- Guigonet Alleman

136- Guillaume Alleman

139- Hugues Alleman

140- Humbert II et la fin du Dauphiné

148- Fin d'une époque

150- Les seigneurs engagistes

152- Le beau Dunois

154- Ratier et la dynastie Dunois

157- Les Combourcier

158- Guigues et Balthasar de Combourcier

159- Les guerres de religion

162- Le siège de La Mure fatal au château de Rattier

163- Louis de Combourcier

168- Jean de Combourcier

169- Fin des privilèges du Dauphiné

172- La justice

172-Visites des prélats de Grenoble

174- La religion dans nos vallées, les chapelles

185-Retour des Combourcier

187- Lignées croisées

193- Les derniers seigneurs de Ratier : Bernard et Alphonse Durey de Noinville

195- Du pouvoir absolu à la Révolution

198- Fin du mandement de Ratier

199- Après la Révolution, marche vers la démocratie

201- Pierre Clavel, un Orichon hors du commun

205- Grégoire Anselme Perrin, témoin privilégié du premier Empire

210- L'habitat au XIXe

 223- Du marbre vert au Serriou ?

226- L'activité économique

228- Les artifices de la Roizonne

234- Les guerres de pâturages

239- L'eau, son transport, sa disponibilité ne coulent pas de source

242- La déforestation en 1873

243- La santé

243- L'éducation au XIXe

248- Les routes et les ponts

253- Mouvements de population

253- La guerre de 1870

254- Premières célébrations de la République

255- La construction des églises

261- La vie civique

261- Le courrier

262- La vie familiale

264- La diversification de l'activité économique

265- Des affaires de justice

266- Les hameaux vus en 1839, 1906 et 2012

286- Entre les lignes du recensement

287- La guerre de 1914-1918

288- Paul Mistral père

289- Paul Mistral fils

290- Destinées des vieilles demeures isolées

292- Les gds travaux de la Roizonne

293- Le viaduc de la Roizonne

302- L'énergie de la Roizonne

310- Paul Freynet de Lavaldens

314- La mine d'Oris-en-Rattier

318- La ganterie Perrin

320- L'économie en 1928

324- Le hameau de Rif Bruyant, les caves à fromage

326- La République d'Enfants

330- Arrivée du tourisme à La Morte

338- Les enfants domestiques

339- La vallée et les enfants

341- Vivre aujourd'hui au pays de la Roizonne

341- L'Activité économique

342- Les risques naturels

344- La prévention des risques

346- Station météo aux Mazoirs

347- L'agriculture

352- Les artisans et la filière bois

353- Artisanat, commerce, hébergement.

354- Les activités culturelles et sportives

356- Une figure locale : Pierre Barnola

357- Via ferrata et parapente

358- Une station de ski à Oris

359- Le sport lié au tourisme

362- Les Vallées du Valbonnais

363- L'évolution de la population

364- Nos écoles aujourd'hui

365- Un regard vers le futur avec les yeux des enfants d'ici.

366- Remerciements

367- Bibliographie

368- Table des matières

14 juillet 2013

Concert Olivier Messiaen le 09/06/13 en l'église de Saint Théoffrey

Le dimanche 9 juin 2013 aura lieu un concert exceptionnel dans l'église de Saint Théoffrey.

Quatuor pour la fin du temps.

A quelques pas de la tombe d'Olivier Messiaen, au coeur du pays Matheysin qui l'a inspiré, dans l'église ou il aimait prier...

Un événement unique et rare à ne manquer sous aucun prétexte...

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03 août 2013

Valjouffrey-un livre d'Hervé Champollion

L'année 2013 est incontestablement une belle année pour la littérature patrimoniale alpine sud Dauphinoise.

Quelques mois après la sortie de l'exceptionnel "Roizonne – Histoire illustrée de la vallée du mandement de Rattier-" de Danièle Vuarchex voici un autre ouvrage qui fera date :

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Après l'exploration méticuleuse et érudite de la vallée de la Roizonne sous la houlette de Danièle Vuarchex, nous sommes maintenant entrainés par Hervé Champollion dans un tourbillon de belles images glanées dans les montagnes du Valjouffrey.

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Au travers d'une chevauchée fantastique qui laisse un peu pantelant nous parcourons le Valjouffrey de la cluse, ou commence notre voyage jusqu'à Font Turbat, sous l'imposante et majestueuse face nord-ouest de l'Olan, ou s'achève notre randonnée.

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Dans ce Haut Pays ou "la rencontre des chamois et des marmottes surprend moins que celle des hommes"(1) Hervé Champollion est un guide au goût esthétique subtil. Chacune des 105 photographies du livre est un petit bijou. Il est exceptionnel de rencontrer une cohérence aussi parfaite des traitements photographiques du début à la fin d'un tel ouvrage. Chaque cliché est délicatement présenté. Les ciels sont denses et présents, les fonds de vallée sont très lisibles, les cadrages sont millimétrés… Cette série de photographies présente une homogénéité remarquable.

Le Désert

Sachant comme il est déjà très difficile de "sortir" un bon cliché en montagne, on ne peut qu'être admiratif ! Notre époque est avare de compliments et il est de bon ton de dédaigner le talent d'autrui, c'est pourquoi j'insiste autant dans mes articles sur la qualité des œuvres que je présente. Ce livre m'a beaucoup plu, je prends un plaisir infini à en parcourir les pages muni de la carte IGN 3336 ET "Les Deux Alpes –Olan Muzelle et des photocopies des légendes que j'ai reliées dans un petit fascicule indépendant…

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Merci monsieur Champollion pour ces heures de randonnée virtuelle et accessoirement pour la gentille dédicace que vous avez bien voulu porter (sans me connaître et grâce à l'entremise de Madame Troussier) sur mon livre lors de votre passage à la librairie La Gribouille à La Mure d'Isère.

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Je veux tout de même vous dire que votre talent m'a fichu un sacré coup au moral : j'estimais avoir fait quelques progrès ces derniers temps en matière de photographie et à cause de vous je mesure tout le travail qu'il me reste à accomplir !!!

 

Ces deux liens vous mènerons vers les sites d’Hervé Champollion. Ils vous permettrons de bien appréhender la qualité des œuvres de ce grand photographe :

www.editionsterresneuves.fr
www.hervechampollionphotographie.fr
Je vous souhaite beaucoup de plaisrir à les consulter....

(1)   Texte page 7 du livre

02 novembre 2013

Comment j'ai fait fortune dans le Trièves grâce à Jean Giono...

Miracle !

Moi qui pensais ne jamais pouvoir profiter des restes de bonne santé que l'âge et les reculs sociaux ne cessent de grignoter je suis sauvé par la chance, le hasard, la veine, le sort, ma bonne étoile.

Ah! Ah! Il y a une tout de même une justice sur cette terre !

Et oui après tout ! car comme le dit la publicité : Parce que moi, je le vaux bien… (Sous entendu : pas vous, bande de nazes!)

Je suis riche, très riche.

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A présent, pour moi, les économies de bout de chandelles, les achats en soldes, à "tempérament", les fins de mois douloureuses, les bricolages, les rapetassages, les calculs d'apothicaire pour épargner trois sous… c'est fini !

Terminé aussi les réveils à l'aube, les horaires à respecter, le travail…me voilà à l'écart de ces basses contingences…

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Vous ne comprenez rien à ce que je vous raconte, avouez-le! (et vous avez bien envie d'aller cliquer ailleurs -si ce n'est pas déjà fait-)

Vous n'avez jamais vu le film "Crésus" de Jean Giono?

Bien fait !

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Moi je l'ai vu ce film et… j'ai retrouvé la bombe de Jules, le pauvre berger du Contadour. Je peux vous affirmer que la bombe est toujours pleine de "liquide". Elle a voyagé jusque dans le Trièves, à deux pas du château de Montmeilleur. Connaissant les attaches de Jean Giono à ce beau territoire il n'y a rien d'étonnant à cela. J'étais sur ses traces depuis déjà quelques temps et j'ai brulé la politesse à tous les experts-historiens-chercheurs en patrimoine locaux.

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Elle a du subir bien des vicissitudes depuis, mais construite très solidement elle a bravé le temps sans rien perdre de son précieux contenu. Et je puis vous assurer que je ne ferai pas la même erreur que Jules, je ne distribuerai jamais ma fortune aux quatre vents : je garde tout pour moi !

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Car moi je n'ai pas peur des zéros - comptable depuis plus de trente ans - j'en ai vu passer des zéros, des petits, des gros, des biscornus, des barrés qui veulent se faire passer pour des huit… Et je perçois parfaitement ce que cet empilement de petites bulles rondes peut représenter :

A moi les belles journées bien vides de toute contrainte. Je vais essayer d'utiliser tout ce temps pour m'enrichir intellectuellement, apprendre, aller voir derrière la fenêtre si un autre monde existe, si d'autres vérités ne pourraient pas remplacer celles que l'on m'a servies au "20 heures" toutes ces années durant ou le "nez dans le guidon" la cervelle bien ramollie j'ai pédalé, pédalé pour assurer le quotidien.

Enfin on peut toujours rêver…

Bon ! dès demain je rejoue au loto!

08 mai 2014

Le Titanic "refait surface" en Matheysine !

 

Cet article pour expliquer comment un matheysin curieux peut apporter des informations sur le naufrage du Titanic…

Un article du Dauphiné Libéré du 22 avril 2014 a réveillé en moi un bien vieux souvenir…

 

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Dans cet article on parle de mémé Icard - Rose Amélie Icard- grenobloise habitant place Saint Bruno :

Rose Amélie Icard était l'une des rares survivantes françaises du naufrage du Titanic. Dame de compagnie d'une richissime américaine, Martha Stone veuve du président de la compagnie Bell, elle a parcouru le monde entier pour finalement embarquer à bord du Titanic. Le 14 avril 1912 le Titanic heurte un iceberg, 1500 personnes périssent dans la catastrophe. Ces terribles heures ont marqué la vie de Rose Amélie Icard. Elle a témoigné de cette terrible épreuve auprès de ses proches, de journalistes (Dauphiné Libéré en 1959) et a écrit en 1955 une lettre décrivant minutieusement le naufrage.

Neuf pages manuscrites qui, en ce moment, enflamment l'intérêt des sites d'information anglais. Ce document est posté sur le site "Reddit" en vue d’être traduit en anglais, en voici le lien :

http://www.reddit.com/r/French/comments/20qk9t/request_i_own_the_only_set_of_letters_written_by/cg5v0tp

Lien direct permettant de visualiser le fac-similé de la lettre : http://imgur.com/a/0FqDT#xCvxdMp

Cette lettre n'a, semble-t-il pas encore été totalement authentifiée… et je voudrais apporter ma petite contribution à ces recherches :

Mon cousin, René Reymond, chercheur-historien matheysin connu pour son abondante bibliographie (voir dans ce blog l'article intitulé : "Bibliographie René Reymond") et son insatiable curiosité a effectué un enregistrement de ce récit lu par Rose Amélie Icard en septembre 1955. Cet enregistrement de 9mn et 20 s correspond très exactement au texte couché sur les neuf feuillets et a obtenu le 3eme prix au concours international du meilleur enregistrement sonore à Paris en 1955. Il a été diffusé, en son temps, par l'Agence Générale d'Enregistrement Sonore, 16 place Vendôme à Paris 1er

Et par magie on peut encore l'écouter. Il est conservé dans la formidable caverne d'Ali Baba de l'INA; Voici le lien qui mène à l'enregistrement : http://boutique.ina.fr/audio/PHL10003552/recit-du-naufrage-du-titanic-par-une-rescapee.fr.html

Ce document arraché de l'oubli et enfoui sous les poussières du temps est très émouvant à écouter. Merci à René Reymond d'avoir su, en 1955, dénicher et consigner un si précieux témoignage….

Pour l'anecdote sachez que Rose Amélie Icard avait demandé à mon cousin, en dédommagement de ses efforts de lecture, de lui faire livrer sa provision de charbon pour l'hiver. (de l'anthracite de La Mure certainement !).

Posté par firstblogalain à 11:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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