23 octobre 2010

Obiou : montagne mythique.

L'Obiou est une  montagne vraiment fascinante.
Situé à la charnière des mondes de l'edelweiss et de la lavande(1), l'Obiou  s'élève en majesté aux confins sud du plateau matheysin.
IL a toujours accompagné nos vies.

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Eté comme hiver nos regards se portent vers lui.

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Divinité tutélaire: il semble régler la marche du temps et des saisons.

De quelle humeur est-il aujourd'hui?
Porte-t-il son chapeau de nuages de travers (signe de mauvais temps)?

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A-t-il noué son écharpe de brume autour de son immense cou de taureau?

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Pourquoi se pare-t-il si souvent, au printemps, d'une étrange coloration dans un contre-jour un peu fantomatique ?

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Montagne magique où même la voie "normale" est truffée d'astuces d'itinéraire.
Montagne mythique pour les randonneurs ou chaque passage possède une histoire, parfois une légende et toujours un nom   :
Bénitier, Bachilianne, col des Faïsses, Pas du Vallon, Petit Endroit, Casse Fouira, Couravou, combe Fuvelle, combe de la Prison, Malpasset, Bonnet de l'Evêque, Casse Varnage, arête Fluchaire, grotte des Sarrazins etc etc...

Il représente aux yeux des Matheysins l'archétype même de la "haute" montagne solitaire, majestueuse et... inaccessible.

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Omniprésent, on le voit du sommet du Tabor

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de la colline des Creys

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Des Gonthéaumes

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Du bord du lac de Petichet

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On a toujours eu envie de l'encadrer au fond de l'horizon, de le dessiner, de le peindre ou d'écrire sur lui .

Il a inspiré de nombreux artistes...

 Obiou_Ibanez_1990
Obiou vu par l'artiste Murois Ibanez.


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Huile sur toile par Marcelle Sellon.


 Obiou_Vibout_1930
Vue de l'Obiou par le peintre de Cholonge Vibout (1930).


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Obiou vu de Laffrey, Gravure (1854) de I. Taylor illustrant un ouvrage intitulé "Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France"

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Obiou vu de Corps par Maugendre en 1860.


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Obiou, un jour de pèlerinage à Notre Dame de la Salette par Guédi en 1860.


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Obiou vu de La Mure


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Oeuvre très certainement dessinée par Y. Allouard


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Affiche dessinée par Victor Miard (Draim)

Etc etc...

Les éditeurs de cartes postales s'emparent aussi de l'Obiou. Avec plus ou moins de bonheur d'ailleurs... Il est vrai qu'il n'est pas facile de lui tirer le portrait puisqu'il est presque toute la journée en contre-jour !

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Deux locomotives du petit train S.G.L.M. se sont appelées Obiou :

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Une locomotive à vapeur 031 Fives lille dont voici une photographie datée de 1905.

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Une locomotive électrique Thury, la E5, photographiée devant sa remise à Saint Georges de Commiers en 1933.


Les gravures représentant la journée historique ou Napoléon, de retour de son exil à l'île d'Elbe, rencontre les troupes royales à Laffrey ne manquent jamais de le représenter en toile de fond.

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Gravure de Victor Adam


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Gravure représentant la prairie de la rencontre telle qu'elle était en 1815 avant que ne soit érigé la statue équestre de Napoléon par Frémiet (lithographie de A. Debelle).

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Même si le voile atmosphérique des après midi d'été le masque un peu, les touristes venus admirer la statue de Napoléon par Frémiet ne manqueront pas de le ramener avec eux (clic clac merci Kodak)...
Combien parmi eux sauront son nom ?

Les écrivains régionaux et les éditeurs se sont souvent emparés de son image.

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Le plateau matheysin de pierre Berthier


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Le guide de l'Obiou de Pierre Barnola


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La Mure autrefois de Jean Garnier


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Le pays de La Mure coeur du Dauphiné de Bernard de la Fayolle


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Chronique des mines de La Mure de Jean Garnier


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Du Mont Aiguille à l'Obiou de Pascal Sombardier


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Lacs de Matheysine de Claude Péquignot


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Un roman enfin : Crash à l'Obiou de Vincent Desbrieres

Etc etc...

Les clubs sportifs, les maisons de retraites, les immeubles, certains commerce (pharmacie!) n'hésitent pas à s'identifier à lui... L'Obiou est omniprésent en Matheysine...

L'Obiou fascine et déclenche parfois des commentaires surprenants :
Dans l'ouvrage "Lettres à Lucie" André Blanc Pasteur à Mens de 1817 à 1846 affirme sans broncher : "Au dessus de Châtel s'élève le Mont Obioux (sic), à 2917 mètres au dessus de la Méditerranée d'où les marins l'aperçoivent avant d'enter dans le port de Marseille ou de Toulon"...

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Un article du Courrier de l'Isère daté du 3 juin 1852 n'hésite pas à qualifier l'Obiou de "géant" de la chaîne des Alpes.
L'évêque de Birmingham, Mgr Ullathorne, compare l'Obiou à la tour de Babel et la tour de Pise...
Le guide Joanne, en 1863, affirme qu'il faut cinq heures pour atteindre le sommet et déclare sans sourciller que le Malpasset est devenu infranchissable et, bien entendu, que du sommet on voit Marseille et la Méditerranée!
Le 15 octobre 1899 la Revue des Alpes Dauphinoises affirme :
Que l'on voit l'Obiou de Grenoble...
Que son ascension est difficile et dangereuse. Que les hardis ascensionnistes doivent y affronter des précipices vertigineux et des chutes de pierres provoquées par les touristes perchés plus haut dans la paroi! (touristes heureusement munis d'un cor de chasse pour prévenir les suivants à chaque déclenchement!)
L'Obiou était déjà très fréquenté au XIX éme, cependant les récits des ascensions effectuées sont souvent héroïques et peu crédibles!
Le révérend Coolidge, alpiniste de très grand renom, se contentera d'écrire sans aucun commentaire qu'il a gravi l'Obiou.
Voilà qui remet les pendules à l'heure!


(1)(comme l'ont si joliment écrit P. Barnola et J.M Faure dans la monographie consacrée à l'Obiou qu'ils ont écrit en 1981).

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06 novembre 2010

Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux

-Un mémorial pour marquer le 60éme anniversaire de la catastrophe aérienne du 13 novembre 1950 sur l'Obiou-

Il y a 60 ans, le 13 novembre 1950, un DC4 « Skymaster » de la Canadian Air Line heurtait du bout de son aile la crête ouest de l'Obiou.

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L'avion, pulvérisé, bascule sur la face nord  et les débris sont dispersés sur 1000 m dans la paroi et sur les immenses clapiers de Casse-Fouira.


Casse_Fouira_

Cette catastrophe aérienne a déjà été décrite dans ces pages (voir l'article intitulé "Crash sur l'Obiou"). Elle a profondément ému les habitants de la région , certainement parce que des liens très forts rattachent la France et le Canada...


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Par quelle incroyable malchance un avion de pèlerins Canadiens revenant de Rome a-t-il pu se jeter sur l'Obiou à quelques kilomètres du sanctuaire de Notre Dame de La Salette ?


 Monument_1

Quel tragique destin pour les 58 passagers de ce vol Ciampino (Italie)- Orly (France)...
60 ans plus tard l'émotion suscitée par cette catastrophe aérienne est toujours grande. Il suffit, pour s'en rendre compte, de dénombrer les visiteurs qui s'arrêtent au petit cimetière de La Salette Fallavaux et se recueillent dans la petite chapelle.

Cimetiere_Fallavaux


Chapelle_Fallavaux

C'est un article du Dauphiné Libéré daté du 13 juillet 2009 qui nous apprend l'initiative de Mr Eric Boeuf : récupérer les débris de l'avion encore coincés dans la montagne, les utiliser pour créer une oeuvre en mémoire des 58 victimes de l'accident.


Crash_1950_Dauphin__Lib_r__13_juil_2009


Voici en quelques photos le mémorial qui doit être inauguré officiellement le 13 novembre 2010 :

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Marie, la belle Dame de La Salette en pleurs...

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Le Petit berger Maximin et son chien (symbole de la fidélité...)

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Mélanie, la petite bergère effrayée et émue...

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La face nord de l'Obiou.

Voici le petit texte explicatif que l'on peut lire dans la chapelle :

Mémorial
Mémoires du DC4

En hommage aux victimes de la catastrophe aérienne du 13 novembre 1950 (58 morts), une équipe de 70 bénévoles vosgiens pour la plupart, a suivi Eric Boeuf alpiniste et transplanté rénal) initiateur et responsable du projet.
En accord avec les familles, l'Evêché du Québec et Hervé Bougeard ( père recteur du sanctuaire de Notre Dame de La Salette) 4000 débris (4tonnes) ont été redescendus de la montagne et transférés dans les Vosges par camion. 8 élèves de BAC PRO du Lycée de Bains les Bains (Alexandre, Jessy, Noël,Clément, Sébastien, Rodolphe, Florian et Julien), encadré par 2 professeurs (Kamel HATTAB - art plastique et artiste et Erick VOGEL - Mécanique moto)ont imaginé et crée l'oeuvre qui se trouve à l'extérieur. A gauche, elle représente le massif de l'Obiou (2793m) contre lequel l'avion en provenance d'un pèlerinage à Rome, s'est écrasé. A droite : l'apparition de Notre Dame de La Salette aux 2 bergers Maximin et Mélanie, le 19 septembre 1845.
Le projet aura nécessité 3000 heures de travail. Il sera inauguré officiellement le 13 novembre 2010 pour commémorer le 60eme anniversaire de la catastrophe. De nombreux membres des familles de victimes seront présents ainsi que de nombreuses personnalités et autorités françaises et canadiennes.

 



28 novembre 2010

Fascinant Obiou : un rêve de randonnée.

Par trois fois déjà, dans ces pages, j'ai tenté de capter votre attention sur une montagne que j'aime particulièrement : l'Obiou.
- L'Obiou montagne mythique
- Crash sur l'Obiou
- Crash sur l'Obiou : 60eme anniversaire - Mémorial de la Salette Fallavaux.
Il est temps de clore ce chapitre et je vous propose une petite ascension par la voie normale agrémentée d'un passage par les célèbres chatières.
Cet article n'est en aucun cas un "topo guide", de nombreux et très bons ouvrages décrivent de façon  précise cette très belle et classique randonnée. Ici, je voudrais simplement vous transmettre un peu du plaisir que j'ai eu à escalader cette magnifique montagne.

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Tout et son contraire a été dit sur les difficultés de cette randonnée. Pour certains, la voie normale est facile, accessible à tout bon randonneur. Pour d'autres la même voie est exposée, dangereuse, complexe...

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Cette montagne est désirable, attirante mais mérite beaucoup de respect... Il est primordiale, avant de se lancer dans l'aventure que constitue son ascension de se renseigner sur la météo (attention aux glissades par temps de pluie), d'étudier l'itinéraire (ou de se faire accompagner), de vérifier sa forme physique et surtout de ne pas craindre le vertige...
Le parcours est exigeant, demande du calme, du sang froid et d'avoir le pied sûr.

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La progression n'est jamais très difficile, cependant certains passages sont "délicieusement aériens" et sur de nombreux secteurs du parcours aucune erreur n'est permise... L'itinéraire présente plusieurs difficultés : les gradins du col  sont très raides, les chutes de pierres y sont fréquentes. Les dalles, les vires et les corniches ne pardonneront aucun faux pas... Les assurages sont pratiquement inenvisageables. Mais une bonne part du plaisir réside aussi dans ce petit surplus d'adrénaline qui fait paraître le paysage encore plus beau !

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La marche d'approche, dans le vallon et au creux du bénitier, permet de se mettre dans l'ambiance. Peu à peu le petit Obiou semble diminuer au profit de son grand frère. Le col (parfois appelée l'épaule) semble à portée de mains. Pourtant, bientôt, le sentier ne fera pas dans le détail. Il tirera  son trait tout droit dans les caillasses pour rejoindre un joli système de strates (premier passage délicat) qui ira en se redressant et permettra de rejoindre l'épaule.

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Petit à petit le vide se creuse et la crête de la Laisse semble rapetisser pour laisser apparaître le massif des Ecrins noyé dans une mer de nuages.

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Peut-être pourrez-vous repérer la Muzelle, la Barre des Ecrins ou l'Olan.

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Une petite pause s'impose au col...

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Après avoir repris votre souffle tournez donc la tête vers l'objectif du jour :

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La grande tête de l'Obiou semble écrasée par l'effet de la perspective. Pour autant elle en impose... Quelle masse!


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Voici, indiqués approximativement, les itinéraires classiques d'accès :

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En vert la voie normale qui bifurque vers l'ouest par les "dalles" ( passage exposé et assez impressionnant) et en jaune l'itinéraire qui mène vers les chatières.

A l'assaut!

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Première astuce du parcours : emprunter une faille étroite qui permet de s'insinuer dans la première barre rocheuse qui ceinture la citadelle :

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La sortie débouche sur la grande vire Est, aux pieds d'une nouvelle falaise à suivre vers le Nord.


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On rencontre bientôt le campanile.

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Il faut alors continuer à longer la falaise vers la droite jusqu'à l'angle de la face nord-ouest, revenir sur ses pas, gravir des gradins et remonter un couloir vers la première chatière.

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A suivre et en escaladant ce couloir on arrive aux pieds d'une nouvelle étroiture. Le passage est vraiment très étriqué et il faudra enlever le sac à dos pour progresser (éventuellement rentrer le ventre aussi!).

Après quelques mouvements d'escalade et de reptation dans le couloir on sort  à deux pas du sommet.


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Vous êtes devenu  un héros! Vous avez "vaincu" l'Obiou (qui rigole bien de vos exploits!)

Il est temps de profiter du moment : regarder, savourer le fantastique panorama qui se dévoile sous vos yeux .


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Votre regard pourra, par beau temps, porter du Mont Ventoux au massif du Mont-blanc et au Viso.
Les Ecrins  se développent en majesté dans un incroyable foisonnement de sommets et de pics...
La Muzelle, l'Olan, la Barre des Ecrins...
En vous retournant le Pic de Bure.

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Et la montagne soeur de l'Obiou : le Grand-Ferrand...

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Et puis avec un peu d'imagination vous verrez, comme moi, la méditerranée et les voiles blanches des bateaux qui rentrent dans le port de Marseille...
Le sommet une fois atteint la pause casse-croûte est obligatoire !
Evitez les barres chocolatées et tous les trucs modernes pour sportifs, mastiquez longuement un bon murçon matheysin, continuer par un saucisson maison fait avec les cochons de la ferme du Thau . Taillez-vous un gros morceau de Sassenage, de Col Vert ou de tomme des lacs... Accompagnez le tout d'un petit vin des Fayettes (faut quand même être du pays!) ou d'un bon Beaujolais amoureusement transporté jusqu'ici par votre compagnon de promenade...
La descente peut se faire par l'ouest (voie normale). Cette option  permet de faire une boucle autour du sommet.

On progresse à deux pas du Malpasset ...

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Certains passages surplombent de magnifiques clochetons et pas mal de "gaz".


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Le regard est irrésistiblement attiré par les immenses étendues de pierres des combes Fuvelle et de la Prison.


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Les étranges mouvements de terrains visibles sur les pierriers (on dirait par endroit que les éboulis sont ébullition) sont dus au phénomène des glaciers de pierres :

La fonte des neiges accumulées à la mauvaise saison s'infiltre dans les éboulis et en profondeur retrouve une masse de glace qu'elle augmente... Petit à petit les diverses contraintes souterraines créent en surface ces surprenants bouillonnements...

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Ces immensités totalement vierges de présence humaine sont peut-être les derniers bastions où peuvent encore s'exprimer en France le Wilderness.( Ce sentiment extraordinaire de sauvage, de liberté, de responsabilité). Le dernier endroit où le silence et la solitude existent encore ...
Pour combien de temps ?
Les dalles, la cravate. L'ambiance est aérienne, tous ces passages sont un vrai régal pour le randonneur...


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Bientôt le col du Petit Obiou et la retenue du Sautet :

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Les raides gradins du col reviennent à la une de l'actualité :  c'est vraiment une belle échelle de meunier!


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Une petite vire sur la droite permet d'accéder à la grotte des Matheysins.


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La cavité est exigüe mais elle recèle une belle vasque d'eau et une petite draperie de glace.


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La randonnée tire à sa fin et il est possible d'effectuer une diagonale dans le pierrier pour gagner plus rapidement le Pas du Vallon...


Voilà une journée que vous n'oublierez pas de sitôt !

Le guide de randonnées "TRIEVES PAYS DE LA MURE" édité chez DIDIER et RICHARD pourra vous aider à préparer votre balade.

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Deux autres livres, déjà présentés auparavant, sont de véritables "bibles" et vous permettrons d'apprendre beaucoup de choses sur cette montagne si attachante.

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Le guide de l'Obiou de Pierre Barnola


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Du Mont Aiguille à l'Obiou de Pascal Sombardier (GLENAT)


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30 novembre 2010

Gilbert Skorski expose ses aquarelles à La Mure.

C'est avec plaisir que j'ai appris que Gilbert Skorski expose ses aquarelles salle de l'Etat Civil à La Mure durant le mois de Décembre 2010.

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(Pour agrandir : clic gauche sur l'affiche)

Le génial dessinateur de l'emblématique alpiniste matheysin Glandu va nous entrainer dans un monde enchanteur et poétique.

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La montagne est le sujet principal, mais l'homme n'est pas oublié. Sa présence donne l'échelle, ses traces éphémères marquent aussi légèrement la neige que son ombre parfois démesurée.

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On ressent bien que les personnages qui habitent ces paysages ont une approche tendre et douce avec ce milieu si fragile.

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Solitude bienfaisante, harmonie.

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Goût de l'effort et dépassement de soi.

Si vous avez la chance de pouvoir aller voir cette exposition  n'hésitez pas!
Ces quelques reproductions sont là pour vous en donner l'envie...

22 janvier 2011

L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono -compléments-

Un article a déjà été consacré dans ces pages à la nouvelle de Jean Giono "L'homme qui plantait des arbres".

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On peut  y apprendre la surprenante genèse de ce magnifique texte. On  y trouve une petite documentation sur l'extravagante histoire de cette oeuvre issue entièrement de l'imagination d'un écrivain qui, par jeu, se fait imposteur pour mieux nous convaincre, pour mieux nous faire passer son message humaniste.

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Cet article a insisté sur  le magnifique film d'animation  de Frédéric Back qui, avec le concours de Philippe Noiret, nous transporte dans une bulle de poésie.

Aujourd'hui un ami m'a envoyé par la Poste un bel ouvrage reprenant ce magnifique texte...

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Les illustrations sont de Joëlle Jollivet. L'atmosphère est très différente de se que l'on ressent en regardant le film : une autre vision d'artiste...

Cependant la magie opère à nouveau...
Un ingénieux système de pages dépliantes nous montre en relief l'extraordinaire transformation du paysage avant et après l'intervention de l'opiniâtre Elzéard Bouffier, le héros de ce récit extraordinaire.

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Cette ouvrage est très intéressant, et même sans le talent de Philippe Noiret, il peut certainement enchanter la nuit d'un enfant si un adulte prend le temps de lui le lire le soir avant de s'endormir.
On peut toujours rêver! ...

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Edith Berger. Peintre du Trièves

Découvrir le Trièves au travers des oeuvres d'Edith Berger est une excellente façon de parcourir ce magnifique territoire.
Ultime terre préservée du Dauphiné, dernier bastion ayant résisté aux monstrueux désordres du progrès, il fait encore le bonheur des hommes par ses paysages, son harmonie, sa subtile beauté...
Edith Berger s'est imprégnée de ce haut pays si richement doté par la nature et le travail méticuleux des hommes. Elle a, saisons après saisons, récolté, engrangé et restitué dans ses oeuvres une part de l'âme de ce somptueux pays de montagne.
Elle disait : "Il me fallait du vent dans mes toiles, de l'espace, de la clarté... Tout dans le Trièves m'a renvoyé à l'essentiel, à ce que Giono appelait- Les vraies richesses-".

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Le village de Lalley. Huile non datée.

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Blé aire du serre. Eté 1945.

 

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Prébois et mont Ménil. Huile non datée.

Edith Berger et le Trièves : voila bien une rencontre qui nous renvoie à l'essentiel:
Notre émotion devant des paysages harmonieux à la composition et aux perspectives subtilement modifiées par le travail des hommes.
Notre joie de parcourir un territoire à peu près vierge des vulgarités ordinaires secrétées par les sociétés humaines modernes.
Notre sensation que tout ici est "en place" : le paysage, les villages aux toits d'écailles, les cultures dont les sillons épousent amoureusement la croupe des coteaux et les jardins entourant les maisons.


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La maison en été. Huile non datée.

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Mon jardin en été. Crayolor vers 1955.

Jean Giono, en une phrase, décrit ce sentiment d'équilibre : "Ainsi cette construction-là, avec ces quatre énormes montagnes où s'appuient le ciel, cette haute plaine du Trièves cahotante, effondrée, retroussée en houle de terre (...) ce constant appel de lignes, de sons, de couleurs, de parfums vers l'héroïsme et l'ascension, cette construction : c'est le cloître, la chartreuse où je viens chercher la paix (...) J'arrive mes montagnes!
Fermez la porte derrière moi."

 

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 Col_de_mens


 Ferrand_maison_toit_tuile__caille


J'ai déjà tenté dans ces pages, de vous transmettre mon attachement à un artiste- l'abbé Calès- qui m'a appris à apprécier l'harmonie, la composition, l'équilibre d'un paysage, à considérer la lumière et ses changements comme la matière première qu'un peintre (ou un photographe !) doit s'acharner à apprivoiser, à modeler, au même endroit le matin, le soir, saison après saison...

Calès m'a ouvert les yeux à la peinture. Il s'est emparé de sujets qui me sont chers (la montagne, la nature, le paysage) et il a durant des années été en quête de l'instant ou tout est en ordre. Ce moment d'équilibre esthétique ou tout est perfection...
Calès m'a fait découvrir qu'un tableau est la conjonction du temps (que l'artiste arrête) et de la lumière (que le peintre apprivoise et couche sur la toile)...
Peindre, photographier c'est clouer le temps au mur, arrêter l'horloge au moment ou la lumière est la plus belle. Ce n'est, en aucun cas la "piéger" ou la "capturer"...

 Ferrand_face_ouest


Prenez cette vue du Grand Ferrand : il aura fallu organiser la journée de marche pour être là au moment ou le soleil éclaire la face ouest, patienter afin que le nuage n'accroche que les pointes, et se satisfaire de l'imperfection du résultat. Et déjà cette envie de revenir au même point et de tenter de faire mieux...

Et bien j'ai cru comprendre qu' Edith Berger jouait aussi avec le temps et la lumière...
Si Calès prend des "instantanés" Edith Berger, parfois, joue avec le temps qui s'écoule quand elle peint.
Voyez par exemple ces deux tableaux :

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Les foins du grand champ. Huile 1948 (collection C. Pelous).

 Les_foins_Edith_Berger_1934
Les foins. Huile 1954?

"Je dessine le cheval et son maître à l'aller, puis au retour et tout le paysage ainsi s'anime."
Le temps s'est figé par deux fois sur la toile (à l'aller puis au retour) et par l'esprit le spectateur déroule une petite histoire entre ces deux repères. Le peintre n'est plus photographe, il devient cinéaste...
Je suis certain, maintenant, que vous imaginez sans peine le va et vient du cheval et du paysan!

Contrairement à ceux de Calès, les tableaux d'Edith Berger sont habités par les hommes.

Les travaux des champs.

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Le pressage des noix.

Edith_Berger_moulin_noix


Les commères 1930.

 Les_comm_res_Edith_Berger

J'aime à penser que Jean Giono aurait apprécié que ce petit passage emprunté à son livre "Ames fortes" habille ce tableau représentant ces deux vielles femmes.
"- On ne voit plus de ce café comme dans le temps qui avait de petits grains si luisants.
- Il y en a à l'épicerie de Prébois.
- J'en doute.
- Je l'ai vu.
- Tu en as acheté?
- Je ne peux pas m'en payer le luxe.
- L'épicerie de Prébois elle comme l'épicerie d'ici. Elle se sert aux Galeries et c'est le même café.
- Mais ici la Marie le tient mal. Il est dans une caisse en bois. Il s'évente. Il faut le mettre dans une boîte en fer bien bouchée.
- Ca ne fait pas que les grains sont plus petits..."

 

Les portraits des paysans "âpres et doux".

 Zois_Edith_Berger

Portrait du Zoïs, le bûcheron
Huile non datée collection du musée du Trièves

Sont autant de sujets de prédilections pour Edith Berger...

L'arrivée du printemps faisait la joie d'Edith Berger, elle en appréciait les verts tendres...
Mais quelle beauté aussi dans cette toile représentant un village en hiver.
Il y a  la neige, le froid et les arbres dénudés mais le ciel tourmenté est lumineux et gai : on perçoit bien dans ce tableau que le Trièves est  à la charnière des grandes Alpes et de la Provence.

 

 Jardin_sous_la_neige_Edith_Berger
Huile non datée


Enfin elle a aussi peint de très nombreuses natures mortes...
Des fleurs :

 Fleurs_Edith_Berger
Bouquet de fleurs Pastel non daté


Des légumes :

 Nature_morte_au_chou_Edith_Berger
Nature morte au chou. Peinture à l'oeuf sur carton 1960?

 

Ce petit exposé, très incomplet, n'est à votre disposition que pour vous donner l'envie d'en savoir plus. Je vous conseille vivement la lecture des n° 7 et 10 de Mémoire d'Obiou. Vous y trouverez deux articles très documentés sur Edith Berger : Edith Berger,  peintre du Trièves et Edith Berger, textes inédits écrits par Mr André Giraud.

 

memoiredobiou7              memoiredobiou10

 

On y trouve une multitude d'informations, des textes, des reproductions, une bibliographie...

D'ailleurs je ne désespère pas de pouvoir lire "Edith Berger, peintre du Trièves" et "Présence de Jean Giono et d'Edith Berger à Lalley-en-Trièves" par André Giraud aux éditions Aujard-blanchot!

Quelques informations supplémentaires grâce à cet article du Dauphiné Libéré daté de novembre 2000.

 

Article_DL_Edith_Berger_

(clic gauche = agrandissement)

 

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27 février 2011

Faire-part de naissance du blog "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou".

Une bonne nouvelle me parvient via la messagerie : Gilbert Skorski va nous faire partager ses aquarelles sur internet...
C'est avec un grand plaisir que j'ai feuilleté le site : "Aquarelles de montagne, souvent de sports de montagne, d'un natif du pied de l'Obiou"
dont voici l'adresse :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Gibert Skorsky est un artiste inspiré par la montagne, ses vraies valeurs et...bien entendu le pays Matheysin.
Et quelle inspiration! je ne cesse de penser aux merveilleuses aquarelles de Samivel en regardant les oeuvres de Gilbert Skorski...
On y retrouve la même tendresse envers les animaux, les hommes et la nature.
La lumière parfois douce et vaporeuse, parfois éclatante de pureté, est souvent magnifiée par des ombres gigantesques ou des contre-jours puissants.
Les gradations de "blanc" sont infinies : le "blanc" de la neige n'est pas le "blanc" transparent vitrifié de la glace ni celui des nuées de brouillard ni encore celui du givre...
Du bel ouvrage!
Un petit clic pour un grand moment de plaisir :
http://aquarelleobiou.blog4ever.com/blog/photos-cat-467068-1948634789-divers.html

Blog_aquarelle_G_Skorski_1

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31 mai 2011

Les Gonthéaumes incendiés en 1882 ? Recherches dans les archives...

Aujourd'hui j'ai envie de jouer à l'historien (local!)...
Le conseil général de l'Isère a mis en ligne une immense base de données recensant tous les actes d'état civil jusqu'en 1892


Archives 38 etat civil


Pour plus de confort de lecture vous pouvez télécharger puis imprimer la page 116  de la revue Isère magazine de février 2011 en cliquant sur le lien ci-dessous :


Isère Magazine- Février 2011( page 116)


Le généalogiste en herbe qui sommeille en chacun de nous se prend vite au jeu et peu à peu, au fil des recherches,  l'envie d'en connaître un peu plus sur  le quotidien des petites communautés qui ont habités les hameaux et villages Matheysin grandit...
Par exemple j'ai lu que le hameau des Gonthéaumes a été trois fois entièrement détruit par le feu . René Reymond, dans son livre -Mémoire de Saint Théoffrey-  écrit : " Le premier incendie connu remonte à 1728, le second à 1739 et le troisième au samedi 22 mars 1788, veille de Pâques, jour du marché de La Mure (le jour de marché avait sans doute été décalé à cause du lundi de Pâques!)... Il nous explique qu'une femme du hameau a embrasé sa poêle à frire  en préparant un "pataflan" (un matefaim!) et que le feu de la cheminée, rabattu sur le toit en chaume de sa maison, s'est propagé à tout le hameau.
Par ailleurs j'ai souvent entendu mes grands-parents parler de cette anecdote du matefaim... Mon arrière grand-père Lucien racontait aussi que, petit, il avait été emmené  enveloppé dans un couverture  à l'écart du village pour le protéger d'un incendie qui avait dévoré sa maison . Il se souvenait que deux femmes surnommées les "Mimounes" étaient mortes dans le brasier.
En interrogeant les plus anciens habitants du hameau j'ai vite appris le véritable  nom des "Mimounes": Henriette Coiret et Marie Coiret.
Il ne restait plus qu'à consulter les actes de décès de Saint Théoffrey un peu après 1876 (mon arrière grand-père étant né en 1876).
Enfin à la lecture des actes de décès n° 2 et 3 datés du 05/05/1882, établis par le maire de Saint Théoffrey Jean Troussier, j'ai retrouvé la trace -la preuve-  que Henriette Troussier veuve Coiret  (76 ans) et que Marie Coiret (50 ans) étaient bien décédées au même lieu le 03/05/1882 vers les onze heures et demi du soir...
Mon arrière grand père avait six ans, le 03/05/1882 était un mercredi...


Décès Coiret Marie 03-05-1882 v2

Acte de décès de Marie Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret 03-05-1882_A v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


Décès Troussier Henriette vve Coiret_B v2

Acte de décès Troussier Henriette vve Coiret (archives départementales de l'Isère)


La preuve écrite confirme parfaitement les souvenirs familiaux. Par contre faut-il relier l'anecdote du matefaim à l'incendie de 1788 ou à celui de 1882 ?
Le curé Gaude a peut-être détaillé les péripéties de l'incendie de 1788 dans les registres paroissiaux mais son style d'écriture pour le moins original et le le manque de soin dans la tenue des registres ne facilitent pas les recherches...
Mystère mystère...

05 juin 2011

Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!

Ah! Il faut en avoir des certitudes pour marquer son appartenance politique ou ses convictions philosophiques jusque dans la tombe...
Habituellement la peur de la mort et les incertitudes sur un éventuel au-delà émoussent même la foi des plus convaincus...
Pourtant en pérégrinant dans les cimetières de La Motte d'Aveillans, de La Mure et de Saint Laurent en Beaumont j'ai repéré trois tombes qui marquent de façon certaine l'attachement des défunts à leurs engagements.
A la Motte d'Aveillans sur la stèle de la Famille Froment Alfred (dans ma famille on le surnommait l'oncle Tabaro -sans doute parce qu'il jouait du tambour-...) on peut encore parfaitement distinguer un drapeau orné d'une faucille et d'un marteau.
Un deuxième drapeau (tricolore) marque le patriotisme et enfin une guirlande de lierre relie les deux étendards en signe de fidélité...


IMG_1862


detail_1862


Le message est clair : nous avons affaire à un homme qui n'a pas renié ses choix à l'heure des doutes.

A la Mure, dans le carré 1, on peut voir une tombe très simple portant l'inscription : " Ici repose Gaston Battail 1891-1955 militant regretté du parti communiste".


IMG_5125


Le seul ornement de cette stèle est là aussi un drapeau frappé de la faucille et du marteau...

Enfin à Saint-Laurent en Beaumont on peut voir une très belle céramique verte représentant une tête de femme rayonnante. Elle orne la sépulture Loubet-Caillet et ressemble un peu à la tête de la statue de la Liberté de Bartholdi !
Il s'agit d'une représentation symbolique de "la libre pensée", une philosophie s'affranchissant de toute croyance religieuse.
Il ne fait aucun doute que sur les cinq instituteurs / professeurs  (sur six)  personnes enterrées ici aucune n'a tenu de classe à l'école Saint-Joseph ou Sainte-Marie !


IMG_6113052


Ces trois exemples marquent, si besoin était, que la Matheysine et le Beaumont sont des terres de conviction, d'engagement...
Si vous voulez en savoir plus sur les intéressantes particularités des 54 cimetières répartis dans les 42 communes de Matheysine, Valbonnais et Beaumont je vous vous encourage à lire l'article de Anne Cayol-Gerin page 167 de l'ouvrage "Patrimoine en Isère  Valbonnais, Matheysine, Beaumont, Pays de Corps" :


Patrimoine isere 1  Patrimoine isere 2


Les promenades dans ces lieux de repos éternel sont bien souvent très intéressantes et je reviendrai bientôt sur ce sujet afin de relier le présent et le passé grâce à un horloger ...
En attendant avez-vous remarqué  toutes ces mains liées qui enrichissent la décoration de très nombreuses stèles?


Tombe_mains_1


Une main d'homme serrant une main de femme portant parfois une alliance.


Tombe_mains_2


Symbolique de l'union d'un couple jusque dans la mort? Certainement!


Tombe_mains_3


L'image est belle...

20 août 2011

Du pique nique du Grand-Ferrand vers les cols La Croix, des Aurias et de Charnier...

Aujourd'hui je vous invite à une promenade très classique. En résumé nous allons partir du pique nique du Grand-Ferrand, explorer la Pierre du Banatier, passer par la fontaine aux boeufs, nous diriger ver le col de La Croix, bifurquer ver le col des Aurias, tutoyer le lac du Lauzon et grimper vers le Col de Charnier.


Carte IGN LaCroix Aurias Charnier

(Clic gauche sur photo  = agrandissement)

Une randonnée en Dévoluy est toujours un régal!  Voilà bien un des derniers endroits en France où l'on peut encore marcher une journée durant  et rencontrer moins de dix bipèdes en vadrouille...


Vallon du Fleyrad

Bien entendu certains secteurs, faciles d'accès comme ceux décrits dans cet article, sont un peu fréquentés mais dans l'ensemble on peut y pratiquer tout à loisir (et à la mesure de sa petite expérience) la Wilderness .


Les Près de Ferrand

Quel formidable plaisir que d'avoir le sentiment de déflorer une combe ou  un couloir, de se persuader qu'on est le premier à passer par là...


Vallon Clausis 1


Je me souviens avec  émotion de mes pérégrinations dans le vallon des Clausis. Quel silence! quelle tranquillité ! Un paradis à parcourir en solo, à savourer en face à face avec soi...


Vallon Clausis 2

Je n'ai pas trop envie d'en parler ici-chacun ayant droit à son jardin secret-...
Donc pour cette fois nous nous contenterons de parcourir des endroits moins sauvages  mais  tout de même très agréables .
Rocher Rond

Cette mise en bouche peut, si vous êtes en pleine forme, se compléter d'une ascension du Grand-Ferrand.  Ce sera, alors, une bien belle journée de montagne... (et vous n'aurez pas envie d'aller au bal le soir!).


Grand ferrand

Reprenons le fil de la promenade.
Après avoir laissé la voiture non loin de la cabane du pique nique il faut longer  le ruisseau du Grand Beal et  suivre un sentier bien tracé qui vous mènera vers la Pierre du Banatier.
Un petit détour en contrebas du chemin  vous permettra d'explorer  cet énorme rocher qui a roulé et


Banatier 1
s'est figé là  en un équilibre qui semble d'autant plus précaire que l'on se promène dessous...


Banatier 2

Vous passerez peut-être la Fontaine aux bœufs sans vous en apercevoir : vos chaussures en ressortiront seulement un peu crottées (le chemin est souvent humide à cet endroit).
Bientôt le col de La Croix. Un petit détour dans les alpages du col vers le sud permet d'avoir une belle vue sur les clochetons du Lauzon et d'entrevoir en arrière plan le Grand-Ferrand qui dresse fièrement sa face nord-ouest vers le ciel.


Lauzon du col La Croix
Avez-vous remarqué  la petite trace claire (au dessus de la grande ombre noire) qui marque le chemin que l'on empruntera bientôt ?  C'est la promesse d'une bonne partie de plaisir dans cette pente bien dégagée...
Il est temps de s'engager sur le sentier du col des Aurias


Vers Col Aurias


L'endroit est agréable et peu à peu la vue se dégage vers le sud et l'ouest.


Montagne Paille


Montagne Paille 2


La montagne de Paille, à l'image de notre pays si contrasté dans ses paysages, est vertigineuse à l'ouest et toute douce et paisible à l'est ou elle étale ses vastes pâturages.


Col Aurias panneau


Col des Aurias brume 1


Vous aurez peut-être la chance d'être soudainement pris dans une brume épaisse et de déboucher brutalement dans le soleil juste au seuil du col des Aurias...


Col des Aurias brume 2


L'ambiance est extraordinaire dans la brume : on "sent" la présence de la muraille du Lauzon à main gauche (bruits en écho, cris des corneilles, cliquetis à la chute des cailloux) et on évolue comme en apesanteur dans une ouate rafraichissante et protectrice.


Clochetons du Lauzon

Et en un instant le soleil éclaire le Lauzon et dévoile une citadelle hautaine aux pieds d'argile. Les immenses clapiers qui jonchent ses flancs symbolisent magnifiquement les combats qu'elle a mené face aux éléments et au temps.
Par grand beau temps la vue plongera bientôt dans le vallon de la Jarjatte.


Jarjatte 1


Le chemin  et le regard pointent maintenant vers le Rocher Rond (point culminant de la Drome).


Rocher Rond 1


Sur la droite la pelouse se perd brutalement dans le vide : une magnifique houle de pierre marque le haut de la paroi qui surplombe le vallon du Fleyrard.


Rocher Rond brume 2


Quelle magie lorsque, en plein soleil, on peut admirer une mer de nuage animée d'un ressac étrangement lent et silencieux.


Mer nuages Flyrard


Pour vous donner une petite idée de ce qui se cache sous cet immense champ de coton voici une photo des Près de Ferrand prise du Penas :


Les Près de Ferrand


Décidément, en montagne, il faut compter avec la météo. Quelle différence d'ambiance entre ces photos.
Le magnifique vallon du Fleyrard mérite bien quelques rayons de soleil.


Vallon Fleyrard Lauzon


Rocher Rond 2


Entre le col des Aurias et le lac du Lauzon la marche est facile, le sentier serpente mollement entre quelques plis de terrains.


Lac Lauzon brume


puis brutalement monte à l'attaque d'un vaste éboulis qui mène à la minuscule brèche qui marque le col.


Col Charnier bas


Au fil de la grimpette le panorama s'élargit et la langue s'étire (on avait perdu le rythme sur les pelouses qui mènent au lac).


Lac Lauzon


Le lac du Lauzon diminue encore.


Col Charnier montée
La muraille du Lauzon est maintenant à portée de main.
Ouf! le col est enfin atteint.
Heureusement qu'on avait pris prétexte de visiter la petite grotte à deux pas du col pour reprendre haleine.


Grotte Charnier


C'est comme ça que l'on arrive, fringant, le jarret souple et pas essoufflé pour deux sous au col...


Col Charnier

Mission accomplie ! Le regard peut glisser sur les pentes du débonnaire vallon de Charnier et il est grand temps de déplier la nappe, de sortir les victuailles et de profiter du moment...


Vallon Charnier 2

L'estomac plein vous pourrez porter vos pas vers le clos Rognon et le Pas de Quart pour admirer les magnifiques clapiers de Vallon Pierra.


Vallon Pierra


Enfin pour les plus aguerris le Grand-Ferrand est là, il semble nous prier de venir lui rendre une petite visite.
A suivre...