23 octobre 2010

La petite hermine du Tabor...

Rencontre fugitive...

Cette année encore j'ai pris grand plaisir à user mes "vibram" en parcourant le Tabor de Matheysine

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Spectacle toujours renouvelé d'un somptueux panorama depuis la crête des Barres ou le Piquet de Nantes...

Perollier


Montagne alternant les plaisirs de la marche facile en alpage

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et la progression plus "sportive" sur des roches cristallines, vertes ou des gneiss bien francs...


Et puis cette merveilleuse rencontre dans le secteur de l'Oreille du Loup.
Rencontre brève, fugitive, inespérée...
Une petite hermine, tel un feu follet, a dansé sa folle farandole devant moi.
Farouche mais curieux le petit animal s'est figé deux fois :

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Surprise, elle s'est dressée pour mieux apprécier le danger.

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Trois petites secondes d'arrêt, fuite éperdue, et une petite tête curieuse a surgi derrière un caillou.

Quelle joie d'avoir pu photographier "à la billebaude" un petit être aussi harmonieux!
Voilà une rencontre qui a bien embelli cette journée de marche en montagne...

Etrangement, quelques jours auparavant, j'avais lu un article très intéressant sur ce petit mustélidé. Un véritable petit fauve sanguinaire capable d'ingurgiter jusqu'à cinq campagnols par jours (plus de mille par an !)...
Cet article a paru dans la revue Nat'Images. On y trouve de somptueuses photos d'hermines jurassiennes prises par Fabien Gréban, Jean Malevez et Jérôme Salvi.

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Mon seul regret est de n'avoir pas réussi d'aussi magnifiques clichés...

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05 juin 2011

Des convictions que l'on emmène jusque dans la tombe!

Ah! Il faut en avoir des certitudes pour marquer son appartenance politique ou ses convictions philosophiques jusque dans la tombe...
Habituellement la peur de la mort et les incertitudes sur un éventuel au-delà émoussent même la foi des plus convaincus...
Pourtant en pérégrinant dans les cimetières de La Motte d'Aveillans, de La Mure et de Saint Laurent en Beaumont j'ai repéré trois tombes qui marquent de façon certaine l'attachement des défunts à leurs engagements.
A la Motte d'Aveillans sur la stèle de la Famille Froment Alfred (dans ma famille on le surnommait l'oncle Tabaro -sans doute parce qu'il jouait du tambour-...) on peut encore parfaitement distinguer un drapeau orné d'une faucille et d'un marteau.
Un deuxième drapeau (tricolore) marque le patriotisme et enfin une guirlande de lierre relie les deux étendards en signe de fidélité...


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Le message est clair : nous avons affaire à un homme qui n'a pas renié ses choix à l'heure des doutes.

A la Mure, dans le carré 1, on peut voir une tombe très simple portant l'inscription : " Ici repose Gaston Battail 1891-1955 militant regretté du parti communiste".


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Le seul ornement de cette stèle est là aussi un drapeau frappé de la faucille et du marteau...

Enfin à Saint-Laurent en Beaumont on peut voir une très belle céramique verte représentant une tête de femme rayonnante. Elle orne la sépulture Loubet-Caillet et ressemble un peu à la tête de la statue de la Liberté de Bartholdi !
Il s'agit d'une représentation symbolique de "la libre pensée", une philosophie s'affranchissant de toute croyance religieuse.
Il ne fait aucun doute que sur les cinq instituteurs / professeurs  (sur six)  personnes enterrées ici aucune n'a tenu de classe à l'école Saint-Joseph ou Sainte-Marie !


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Ces trois exemples marquent, si besoin était, que la Matheysine et le Beaumont sont des terres de conviction, d'engagement...
Si vous voulez en savoir plus sur les intéressantes particularités des 54 cimetières répartis dans les 42 communes de Matheysine, Valbonnais et Beaumont je vous vous encourage à lire l'article de Anne Cayol-Gerin page 167 de l'ouvrage "Patrimoine en Isère  Valbonnais, Matheysine, Beaumont, Pays de Corps" :


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Les promenades dans ces lieux de repos éternel sont bien souvent très intéressantes et je reviendrai bientôt sur ce sujet afin de relier le présent et le passé grâce à un horloger ...
En attendant avez-vous remarqué  toutes ces mains liées qui enrichissent la décoration de très nombreuses stèles?


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Une main d'homme serrant une main de femme portant parfois une alliance.


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Symbolique de l'union d'un couple jusque dans la mort? Certainement!


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L'image est belle...

17 février 2013

Les Alpes de Doisneau. Robert Doisneau en vacances à Laffrey...

Bien entendu vous connaissez Robert Doisneau, ou plutôt vous connaissez des photos de Robert Doisneau…

Le baiser de l’hôtel de ville, le Paris de l’après-guerre, les vacances, les écoliers etc. etc.

Noirs et blancs somptueux -crémeux-, bokeh naturel et subtil, rendu particulier du Rolleiflex qui tenu au niveau de la poitrine permet des cadrages inusités et si différents de ce que permettent nos technologiques et numériques reflex modernes…

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Mais au-delà de la technique photographique ce qui importe c’est de ressentir la touchante humanité des "petites gens" que Robert Doisneau aime photographier, de percevoir tous ces instants précaires attrapés en plein vol, de s’émouvoir des équilibres instables figés par l’œil du maître ou de s’immerger dans ses photos ethnographiques qui fixent –toujours et à jamais- un instant déterminant de la marche du temps.

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Ouvrir un livre de photos de Robert Doisneau c’est assurément un grand moment.

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Et bien notre petite patrie Matheysine a su retenir le maître de la photographie quinze ans durant…

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En effet, Robert Doisneau a passé quinze Noël avec sa famille et de nombreux amis à Laffrey (de 1951 à 1965). Quinze "vacances à la neige" si loin de ses centres d’intérêts connus…

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Tout compte fait notre pays doit avoir bien du talent pour attirer des personnalités aussi importantes que Robert Doisneau et Olivier Messiaen !

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L’hôtel Humblot, accueillant, familial et gastronomique. Des escapades dans la neige. Du ski sur les pentes du Grand-Serre loin des remontées mécaniques et surtout la beauté des paysages : quatre grands lacs surmontés de montagnes à l’est, un haut plateau au climat rude, un nature encore préservée…Nous sommes, ici, bien loin des clichés classiques des sports d’hiver… Je suis persuadé que le naturel, l’authenticité préservée de la Matheysine ont été les facteurs déterminants de la fidélité de Robert Doisneau.

 

Si vous avez la chance de pouvoir aller au musée de l'ancien Evêché de Grenoble, vous aurez le plaisir de voir (jusqu'au 14 avril 2013) l'exposition "Les alpes de Doisneau ": 120 photographies parmi les 450.000 clichés du "fonds Doisneau".

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Un beau livre : Les Alpes de Doisneau  fait le complément de cette exposition. (Il est indispensable à toute bibliothèque Matheysine !)

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08 mai 2014

Le Titanic "refait surface" en Matheysine !

 

Cet article pour expliquer comment un matheysin curieux peut apporter des informations sur le naufrage du Titanic…

Un article du Dauphiné Libéré du 22 avril 2014 a réveillé en moi un bien vieux souvenir…

 

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Dans cet article on parle de mémé Icard - Rose Amélie Icard- grenobloise habitant place Saint Bruno :

Rose Amélie Icard était l'une des rares survivantes françaises du naufrage du Titanic. Dame de compagnie d'une richissime américaine, Martha Stone veuve du président de la compagnie Bell, elle a parcouru le monde entier pour finalement embarquer à bord du Titanic. Le 14 avril 1912 le Titanic heurte un iceberg, 1500 personnes périssent dans la catastrophe. Ces terribles heures ont marqué la vie de Rose Amélie Icard. Elle a témoigné de cette terrible épreuve auprès de ses proches, de journalistes (Dauphiné Libéré en 1959) et a écrit en 1955 une lettre décrivant minutieusement le naufrage.

Neuf pages manuscrites qui, en ce moment, enflamment l'intérêt des sites d'information anglais. Ce document est posté sur le site "Reddit" en vue d’être traduit en anglais, en voici le lien :

http://www.reddit.com/r/French/comments/20qk9t/request_i_own_the_only_set_of_letters_written_by/cg5v0tp

Lien direct permettant de visualiser le fac-similé de la lettre : http://imgur.com/a/0FqDT#xCvxdMp

Cette lettre n'a, semble-t-il pas encore été totalement authentifiée… et je voudrais apporter ma petite contribution à ces recherches :

Mon cousin, René Reymond, chercheur-historien matheysin connu pour son abondante bibliographie (voir dans ce blog l'article intitulé : "Bibliographie René Reymond") et son insatiable curiosité a effectué un enregistrement de ce récit lu par Rose Amélie Icard en septembre 1955. Cet enregistrement de 9mn et 20 s correspond très exactement au texte couché sur les neuf feuillets et a obtenu le 3eme prix au concours international du meilleur enregistrement sonore à Paris en 1955. Il a été diffusé, en son temps, par l'Agence Générale d'Enregistrement Sonore, 16 place Vendôme à Paris 1er

Et par magie on peut encore l'écouter. Il est conservé dans la formidable caverne d'Ali Baba de l'INA; Voici le lien qui mène à l'enregistrement : http://boutique.ina.fr/audio/PHL10003552/recit-du-naufrage-du-titanic-par-une-rescapee.fr.html

Ce document arraché de l'oubli et enfoui sous les poussières du temps est très émouvant à écouter. Merci à René Reymond d'avoir su, en 1955, dénicher et consigner un si précieux témoignage….

Pour l'anecdote sachez que Rose Amélie Icard avait demandé à mon cousin, en dédommagement de ses efforts de lecture, de lui faire livrer sa provision de charbon pour l'hiver. (de l'anthracite de La Mure certainement !).

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05 juillet 2015

La montagne défigurée...

 

Le Grand Serre est une belle montagne du sud Isère. Une crête pure et vierge se découpant sur l'azur des ciels d'été. Des flancs immenses et raides boisés en bas et nus en haut…

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Un paysage qui a su attirer et retenir Olivier Messiaen (1), Robert Doisneau (2), qui a arrêté la marche de Raymond Depardon (3)  dans sa quête des plus beaux paysages de France…

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(Photo prise en mai 2014 sur les pentes du grand Serre)

Quelle chance nous avons d'habiter un si beau territoire!

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Ce paysage fait le bonheur des hommes depuis toujours. Il y a là une harmonie subtile et gratuite qui attire le regard, une alchimie discrète qui fait surgir en nous des petits riens de joie dans le quotidien lorsque nous levons les yeux là-haut…

La légende dit que le bois qui habille la montagne a la forme d'un aigle en souvenir de l'épisode historique de la célèbre rencontre entre l'empereur de retour de l'ile d'Elbe et des troupes royales le 7 mars 1815.

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"Soldats du 5ème, je suis votre empereur. Ne me reconnaissez-vous pas ? S'il en est un parmi vous qui veuille tuer son empereur, me voici!"

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Du haut du Grand Serre bien plus de quarante siècles contemplent la prairie de la rencontre…

Donc nous habitons un beau pays et nous vous offrons ce paysage à vous tous, gens de passage, touristes, estivants! Et…

Et vous auriez pu emporter tout ça dans vos souvenirs, en parler-en autour de vous, et revenir nombreux irriguer de votre calme et respectueuse présence l'économie touristique moribonde du plateau Matheysin…

 

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Malheureusement un jour on a vu grossir une verrue au front du Grand Serre : Un chalet avait "intelligemment" été positionné en pleine bise à l'extrémité nord de la crête … Peu de temps après un chirurgien malhabile (certainement pour extirper ce cancer esthétique) a lacéré de plusieurs coups de scalpels la virginité des flancs de la montagne…

 

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Tout est ravagé. Le bel équilibre esthétique du Grand Serre est définitivement ruiné pour des générations et des générations… Mais que voulez-vous ces "aménagements" devaient être absolument essentiels pour l'alpage du Grand Serre…

 

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Questions :

Ce chalet (et surtout à cet endroit!) était-il obligatoire?

Cette piste étaient-elle essentielle à la vie des alpagistes?

Existe-t-il un autre accès?

Combien ont couté ces travaux? qui a financé?, quels sont les retours sur investissements espérés?

Cet aménagement m'a littéralement rendu malade! J'ai vraiment eu un haut le cœur en voyant "mon" Grand Serre estropié, massacré, sacrifié sur l'hôtel du "développement économique" mal compris.

Je suis triste et en colère de voir, petit à petit, ce pays se détruire par l'intérieur. Des années durant les Matheysins ont pleuré leur mine. Ne tournant jamais vraiment la page, ils ont toujours attendus des aides, des subsides ou qu'un "magicien" venu d'ailleurs leur propose une alternative miraculeuse permettant de créer des emplois, de l'activité, de la vie sur le plateau. Délaissant leur patrimoine, négligeant totalement l'environnement, laissant "aux autres" le soin de les sortir de la crise.

Et avec quels résultats!!! Des échecs retentissants comme la station de Super Saint Honoré ou le soi-disant projet d'implantation de Télétech à Saint-Théoffrey (par exemple)…

Quel bonheur ce serait de pouvoir ancrer dans ce territoire une véritable volonté d'accueil! Il ne s'agit pas de se lancer dans un tourisme de masse dévastateur, mais plutôt d'imaginer un aménagement tranquille et continu. Il ne faut rien attendre des "plans", des "investissements", des "projets" organisés par nos élites… s'ils ne sont pas accompagnés par chacun d'entre nous…

Il faudrait plus de volontés individuelles, de travail au quotidien, de persévérance dans les efforts d'accueil. Au lieu de cela, il faut constater que d'année en année la situation se dégrade malgré les opportunités sensationnelles que nous offre la nature (les lacs, la montagne, le paysage) et les outils comme le "petit train" SGLM, la Mine Image, le musée Matheysin, la gastronomie, la route Napoléon…

Que de filons à exploiter, que de pistes à explorer, à associer…

J'ai interrogé de nombreuses personnes ayant parcouru la route Napoléon. Pour l'essentiel des Bretons en vacances pratiquant la randonnée le camping ou tout simplement des touristes en découverte de belles régions, à l'affût des beaux paysages ou d'histoire…

Toutes se souviennent de leur passage sur le plateau mais personne ne savait que cette région s'appelait "Matheysine"...

Toutes se souviennent des façades lépreuses longeant la route délabrée mais peu de monde se rappelle avoir côtoyé un chapelet de lacs et de riches roselières…

Toutes ont remarqué le laisser-aller chronique, le manque d'entretien, et globalement l'état d'abandon généralisé…

Aucune n'a entendu parler des musées (de La Mure ou de La Motte d'Aveillans), du "petit train" de la Mira, de la Pierre Percée… de la présence en ces lieux des années durant d'Olivier Messiaen ou d'ailleurs de quoique que ce soit qui aurait pu les retenir quelques jours…

Je suis bien conscient que les temps sont durs pour beaucoup, qu'il est souvent difficile de joindre les fins de mois. Mais pour d'autres… Alors que diable ! Quelques fleurs devant la maison (des œillets d'inde, des soucis, des géraniums issus du bouturage). Un petit coup de pinceaux sur les volets. Tailler avec soin la haie, tondre les bas-côtés, désherber les parterres. Et surtout éviter les amoncellements de cochonneries un peu partout… Ce serait déjà un bon début !

Bien je suis en colère! Loin de moi l'habitude de juger à l'emporte-pièce mais franchement c'est devenu, pour moi, un véritable crève-cœur que de voir année après année ce pays s'autodétruire.

Je lance un concours. Les premiers résultats seront publiés en fin d'année 2015. Le plus beau "fourmoura"(*) du plateau sera publié dans ce blog et son propriétaire recevra un lot: une carte d'accès gratuite et permanente à la déchetterie (par exemple).

Tout n’est pas perdu pour autant! Avez-vous remarqué les efforts effectués à La Mure? L’entrée nord est transfigurée, les abords de la Jonche sont bien embellis. Les rues du centre, les Bastions, bénéficient de divers travaux de réhabilitation. Le Breuil est fleuri… Bientôt, je l’espère, le parvis du château sera aménagé. Pourvu que l’élan initié ne retombe pas et qu’il soit accompagné par chacun de nous…

(*)Fourmoura : mot patois désignant un tas de fumier, de saletés.

A suivre…

 

(1)   L'œuvre d'Olivier Messiaen est fortement marquée par les influences esthétiques qu'il a vécues en Matheysine entre le Grand Serre (le mont chauve), les lacs et leurs roselières habités par les oiseaux chanteurs.  Au début de certaines de ses partitions Olivier Messiaen "décrit" sa musique :

"Entre la muraille casquée de l'Obiou (au sud), et l'éperon de Chamechaude (au nord), quatre lacs : c'est la Matheysine en Dauphiné. A la fin du grand lac de Laffrey, au pied de la montagne du Grand Serre (à l'est) : voici les champs de Petichet."

"Fin juin, début juillet. Il fait encore nuit. Les dernières vagues du grand lac viennent s'éteindre sous les saules. La montagne du Grand Serre est là, avec ses taches d'arbres au bas de son crâne chauve. Vers 4 heures du matin, la Caille fait entendre son appel en rythme Crétique. Le Rossignol termine une strophe : notes lointaines et lunaires, conclusion brusquement forte et victorieuse, longs roulements jusqu'à perdre haleine …/…"

"Cependant, la matinée avance, et voici une menace d'orage. Le grand lac de Laffrey se partage en bandes vertes et violettes.   …/… Le Grand Serre oppose la descente de sa masse énorme à la montée élégante du vol des Hirondelles de cheminée. Au statisme de la montagne chauve s'oppose encore la mouvance des ondulations de l'eau …/…"

"La nuit vient... 9 heures du soir. Dans le silence grandissant retentit le double appel de la Chouette Hulotte, sauvage et terrifiant. Le grand lac est maintenant faiblement éclairé par le clair de lune. Les silhouettes des aulnes sont toutes noires. Tout s'enfonce dans l'ombre grandiose du souvenir. Et le Grand Serre est toujours là, au-dessus de la nuit..."

 

(2)   Robert Doisneau a passé quinze Noël avec sa famille et de nombreux amis à Laffrey (de 1951 à 1965). Un livre "Les Alpes de Doisneau" a été édité par le musée de l'Ancien Evéché de Grenoble. On peut y admirer de nombreuses photographies prises à Laffrey.

 

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(3)    Depardon

 

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Le secret de la dernière restauration de l’église de Pierre-Châtel enfin percé !

 

L'église de Pierre-Châtel est visible de fort loin…  Située à Feyteny elle surplombe le village…

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Depuis la pose de la première pierre le 21 juin 1896 en présence de Monseigneur Fava elle a subi les assauts du temps qui passe, des rudes hivers matheysins, des étés caniculaires et son entretien a du causer beaucoup de soucis à la longue série des équipes municipales qui se sont succédées depuis cette date. C'est le lot de nos petites communautés!

Il aura fallu, certainement, bien des efforts, de nombreux dons, énormément de bonne volonté pour la maintenir en état. En cette période de "crise", de caisses éternellement vides, de priorités, d'arbitrages budgétaires serrés, le problème du financement des réparations est certainement un casse tête douloureux…

C'est un travail souvent ingrat et il faut sincèrement remercier les membres de l'association pour la restauration de l'église de Pierre-Châtel pour leur action. Cependant je pense avoir découvert le secret qui a permis de trouver les fonds nécessaire à cette récente restauration.

A Pierre-Châtel quelqu'un a eu une idée sensationnelle : le "sponsoring subliminale".

Définition du sponsor :

Le sponsor, généralement une entreprise aux reins solides finance une cause, une manifestation sportive, une activité artistique etc. etc. en échange d'une publicité ou d'une médiatisation de son action

Et là on frise le génie car dans notre cas il fallait, tout d'abord convaincre un sponsor, et surtout ne pas irriter les susceptibilités ecclésiastiques par une publicité trop grossière. Pas facile… et je suis vraiment impatient de savoir qui a eu l'idée extraordinaire d'utiliser la technique du "message subliminale".

Regardez attentivement ces deux photos, concentrez-vous sur la coloration de l'enduit de l'église et vous comprendrez où je veux en venir…

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Vous avez compris? Eh oui ce petit rappel de teinte violette si particulier, c'est bien la couleur de la vache Milka.

C'est fort, vraiment très fort, maintenant chaque fois que je passe à Pierre-Châtel j'ai envie de manger du chocolat au bon lait du pays Alpin…

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Que c'est subtil… à défaut d'être esthétique!

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04 août 2019

En hommage à René Reymond...

Je voudrais, ici, pour le centième et peut-être dernier message de ce blog compléter l'article « René Reymond » paru dans le numéro 24 de la revue Mémoire d’Obiou éditée par "Les Amis du Musée Matheysin" en 2019.

En complément du texte paru je joins une description à peu près exhaustive de son importante biographie. Je tiens beaucoup à ce catalogue car, bien qu’un peu fastidieux, cet inventaire remet en perspective la richesse et la densité de son œuvre dans laquelle beaucoup ont trouvé matière à s’inspirer pour leurs propres production...

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René_Reymond_1René Reymond est né le 19 avril 1922 à La Motte d’Aveillans. Il est décédé le 21 février 2018 dans sa maison familiale de Pierre-Châtel, au milieu de ses livres, à côté de sa chère bibliothèque… à deux pas de la Route Napoléon. Durant toute sa vie il a aimé le Pays Matheysin. Il n’a cessé de le servir.

Tout d’abord en tant que secrétaire de mairie à Pierre-Châtel. Sa gentillesse, sa générosité pudique, son investissement  inlassable durant les 47 ans de carrière qu’il a consacrés à Pierre-Châtel ont été très appréciés par ses concitoyens et les municipalités qui se sont succédé.

Mais aussi, et surtout, en tant qu’écrivain et historien. Sa bibliographie riche de 17 ouvrages majeurs ou de participations  importantes à des livres écrits en collaboration avec d’autres auteurs est une mine d’or pour qui s’intéresse à l’histoire de notre petite patrie Matheysine. Son insatiable curiosité intellectuelle, sa rigueur  et son talent d’écrivain nous laissent en héritage une exceptionnelle somme de textes, de renseignements, documents, photos.

 

Il a reçu la première médaille d’honneur de la commune de Pierre-Châtel le 7 Octobre 2005.

 

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N’oublions pas aussi qu’en un temps, inimaginable actuellement, ou aucun média moderne hormis la radio n’égayait les foyers René Reymond et sa petite troupe ont quadrillé la région, portant  un peu partout  la distraction et la culture grâce à leur équipement de cinéma ambulant.

Dans une atmosphère de « Cinéma Paradisio » l’équipe composée de Paulette son épouse et de Monsieur Eymery a vécu, étés comme hivers, bien des aventures sur les routes de  montagne du Valbonnais, du Trièves et de la Matheysine…

Avant de détailler son œuvre littéraire voici quelques anecdotes relatives à cette activité de saltimbanques qui éclaireront d’un jour différent le « personnage » de René Reymond que certains ressentaient comme un peu austère et distant. Alors que ses proches le connaissaient chaleureux, humain et profondément gentil.

René Reymond et Paulette  nous ont souvent bien fait rire en nous racontant leurs « exploits » de projectionnistes :

par exemple lorsque leur voiture a versé dans les marais entre La Mure et Pierre-Châtel. Sauvés de la noyade par Charles Galvin (bien plus tard conseiller général de La Mure) ils ont récupéré à grand peine le matériel de cinéma et surtout… le manuscrit d’un livre de Victor Miard qu’ils ont dû sécher et repasser, feuille à feuille le restant de la nuit !

Une autre fois par temps de brouillard Paulette guidait René scrutant le bas-côté droit de la route en passant la tête par la portière… Ils ont stoppé net en s’apercevant qu’ils étaient entrés dans le cimetière  de Monteynard.  Cette fois-ci aucun dommage à déplorer…

Ou encore, lors d’une séance en plein air au bord du lac de Laffrey. L’écran est installé face au lac, la météo est parfaite, la nuit est tombée mais peu de spectateurs malgré une affiche particulièrement attrayante… Que se passe-t-il ? Qu’importe la séance commence… Oh ! surprise une véritable armada de barques de pêche surchargées de passagers se positionnent stratégiquement  à proximité. On reconnaît bien là le sens pratique et l’avarice légendaire des Matheysins…

Et combien d’autres péripéties vécues par ce couple « yin yang » associant la retenue et le calme olympien de René et l’énergie volcanique de Paulette…

 

 

Bibliographie chronologique.

 

Le chanoine Auguste Dussert (1872-1958).

René_Reymond_4Le premier ouvrage publié par René Reymond est une plaquette écrite en collaboration avec Victor Miard à la mémoire du chanoine Auguste Dussert. Sa plume se fait fervente et admirative pour honorer « un des meilleurs historiens de la Matheysine et du Dauphiné ». Il met en avant dans son éloge les qualités humaines qui lui sont chères : rigueur, modestie, franchise, amitié. Leur   amour commun de l’histoire locale les a rapprochés et c’est avec émotion qu’il évoque l’enregistrement sonore que le chanoine Dussert avait bien voulu lui accorder. Cette rencontre a certainement déterminé le parcours d’historien/écrivain de René Reymond...

 

 

 

 

Pierre-Châtel, hier et aujourd’hui.

René_Reymond_5Ce livre est sans conteste l’ouvrage fondateur de l’œuvre de René Reymond.

La bibliothèque d’un Matheysin doit impérativement comporter dans ses rayonnages trois livres :

« Essai historique sur La Mure et son mandement » de l’abbé Dussert, « Le plateau Matheysin, historique du canton de La Mure » par Pierre Berthier et « Pierre-Châtel, hier et aujourd’hui ».

« Pierre-Châtel, hier et aujourd’hui » est le fruit de nombreuses années d’investigations, d’un travail rigoureux de recherches, d’enquêtes auprès des anciens et de fouilles exhaustives dans les archives départementales de l’Isère et la bibliothèque municipale de Grenoble. Ce n’est ni une monographie sèche et austère, ni une  énumération rébarbative de faits mais une manne qui exhume de l’oubli le passé, nous le présente avec méthode et devient source d’inspiration pour le présent. René Reymond, déjà dans ce premier ouvrage, fait œuvre de passeur. A la manière d’un compagnon du Devoir il nous offre son savoir, il nous transmet les richesses du passé avec sans doute le secret espoir que nous en fassions bon usage. Déjà dans ce premier ouvrage il enrichit le texte de nombreuses illustrations : photographies, fac-similés d’archives ou de gravures.

 

René_Reymond_6Le chapitre sur la Pierre-Percée lui tenait particulièrement à cœur. Il a beaucoup fait pour remettre la Pierre-Percée en la commune de Pierre-Châtel... Au point qu’elle figure sur le blason du village.

L’une des sept merveilles du Dauphiné est désormais définitivement et officiellement associée à Pierre-Châtel.

Ce blason a été dessiné par Mr Miard, peintre très connu et professeur de dessin au lycée de La Mure.

 

 

 

 

In mémoriam (1893-1971) Victor Miard, historien de La Mure et de la Matheysine. 

René_Reymond_7Ce livret écrit en  1971 est un vibrant témoignage de respect et d’amitié. René Reymond et Victor Miard ont collaboré à l’écriture de la plaquette « Le chanoine Auguste Dussert (1872-1958), historien de La Mure et des Etats du Dauphiné » et de profonds liens se sont créés entre les deux hommes. L’éloge se termine par ces mots : « Son œuvre et son souvenir nous restent. Dans nos mémoires qui ne seront point oublieuses, il conservera la grande place à laquelle il a droit : la meilleure. » Un tableau représentant Victor Miard a toujours eu une place privilégiée dans le salon de René Reymond, le fidèle en amitié…

 

 

 

 

 

Petite histoire du chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure.

René_Reymond_8Puis arrive en 1978 un ouvrage richement illustré de 220 photographies. Ce livre, préfacé par Jean Haudour, retrace avec précision la construction et le fonctionnement de la magnifique ligne de montagne, premier train électrifié de France, qui a ouvert la Matheysine au progrès. Ici encore René Reymond s’attache à nous exposer les transformations sociales et humaines générées par cette gigantesque réalisation là ou d’autres n’auraient traité que les aspects techniques, industriels ou économiques.

 

 

 

 

In « La Mure et son pays ».

René_Reymond_9Dans cet ouvrage collectif édité en 1979 René Reymond s’est chargé du chapitre historique, son domaine de prédilection : de la Cotte-rouge au vol de l’aigle. Sa riche collection de documents, illustrations et photos complètent à merveille un texte circonstancié  qui  devait par ailleurs  dans ce livre être concis et précis.

 

 

 

 

 

Histoire mémorable du siège de La Mure. 

René_Reymond_10Cet ouvrage écrit à l’occasion du 4eme centenaire du siège de La Mure est le fruit de longues et minutieuses recherches et l’auteur y a fait ressurgir de l’oubli de rares et importants documents. En particulier deux magnifiques plans inédits représentant La Mure et sa région. L’un émanant du camp catholique, l’autre du camp protestant. Pour la première fois on peut y découvrir une représentation exacte de la citadelle en forme d’étoile édifiée par Ercole Negro, ingénieur militaire Piémontais. Ses deux plans et les 52 reproductions de documents historiques de cet ouvrage permettent au lecteur imaginatif de visualiser les combats qui opposèrent Charles de Lorraine, duc de Mayenne et le vieux renard du Dauphiné le huguenot François de Bonne, futur duc de Lesdiguières. Ce même lecteur imaginatif pourra se croire un instant sur la colline du calvaire admirant la Cotte-Rouge, notre Jeanne Hachette locale, terrassant l’ennemi ou pétrifié par l’apparition dans le ciel « d’un astre chevelu » : la comète de 1580. Elle apparut, tel un signe, au début du siège et resta visible durant toute sa durée…Avec ce livre qui a fait date dans les annales, l’histoire locale et régionale s’enrichit d’éléments historiques inédits de grande valeur.

 

La grande aventure du pèlerinage de La Salette, de 1846 à nos jours. 

René_Reymond_11Ecrit en collaboration avec Victor Bettega ce livre imposant est en fait un album. Abondamment illustré (430 photos) et documenté cet ouvrage permet, tant aux pèlerins qu’aux agnostiques, de découvrir l’histoire du sanctuaire de Notre-Dame de La Salette. La description de la pose de la première pierre le 25 mai 1852 nous met immédiatement dans l’ambiance. 15000 pèlerins, 100 prêtres et 2 évêques ont affronté le mauvais temps, les sentiers escarpés, détrempés et glissants. Depuis ce jour rien n’a arrêté le flot incessant des pèlerins et des visiteurs vers ces montagnes chargées de sens.

Dans ce livre on apprend tout de l’histoire religieuse de La Salette, mais surtout on ressent le côté épique de ce pèlerinage hors norme.  Longtemps les « foules de La Salette » ont dû affirmer leur foi sur des chemins éprouvants  avant de trouver là-haut le silence et le recueillement. Les magnifiques photos de cet album nous décrivent subtilement l’atmosphère de ces ascensions mémorables. On perçoit que pour beaucoup, dans ces groupes endimanchés, il s’agit du voyage de leur vie! Dans le choix de toutes ces photos on discerne bien la fibre humaniste de René Reymond. Et puis quel régal de lire le chapitre sur « la réclame » ou sont listés  tous les élixirs, liqueurs, onguents, tisanes, pilules, emplâtres…

 

La route Napoléon, de l’Ile d’Elbe aux Tuileries, 1815.

 

René_Reymond_12René Reymond était fasciné par Napoléon. Sans en oublier la face sombre il en a retenu, avant  tout, les grandes réalisations qui imprègnent encore notre société : le Code civil, les grandes institutions (Préfets, Universités, Banque de France, École Polytechnique, Légion d'honneur...). Il le voyait certainement, à la manière d’Abel Gance,  tel un prophète. Peut-être même, comme Victor Hugo, tel un Prométhée moderne. Ce livre est le fruit de son inextinguible appétit pour la recherche historique et sa passion pour l’épopée Napoléonienne. En particulier les Matheysins liront avec plaisir les chapitres VIII à XII  qui retracent avec minutie l’aventureuse équipée de Napoléon entre Gap et Grenoble. Les événements de la rencontre de Laffrey  y sont décrits avec un grand souci du détail. Laffrey, point de départ de la marche triomphale de  l’Empereur vers Paris…

Sur le même sujet, la route Napoléon, René Reymond a aussi participé à l’écriture  des Guides bleus Provence, Alpes, côtes d’Azur de 1987 et 1991.

 

In le Pays de La Mure, cœur du Dauphiné.

René_Reymond_13Pour cet ouvrage collectif écrit sous la direction de Bernard De la Fayolle, René Reymond se charge du chapitre intitulé : Les grandes heures de l’histoire de La Mure et  nous entraine avec enthousiasme dans le passé. Faits historiques, anecdotes humoristiques, luttes d’influence ou politiques, tout lui est bon pour rendre appétant ce concentré de connaissances érudites. Grâce à lui nous pouvons constater combien il est rare qu’un si petit territoire réunisse autant de richesses patrimoniales et de personnages à si forts tempéraments. D’ailleurs, pour finir et en un coup de plume, il conclut malicieusement  que le caractère Matheysin est le fruit de nos remarquables paysages de montagne et de l’âpre et pittoresque pays murois. C’est-à-dire énergique, audacieux, volontaire, résolu, courageux…

Cette accumulation de qualificatifs élogieux cacherait-elle qu’il pensait aussi têtu, procédurier, pingre…

 

 

 

Enigmes, curiosités, singularités ; L'insolite et le fantastique dans les communes des cantons de La Mure, Corps, Valbonnais, Vizille, Clelles, Mens, Vif.

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L'insolite et les images fortes du passé, dans les communes des cantons de : La Mure, Corps, Valbonnais, Mens, Clelles, Monestier-de-Clermont, Vif, Vizille, La Grave, Bourg-d'Oisans.

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Mystères et curiosités de l’histoire dans les communes des cantons de : La Mure, Corps, Valbonnais, Mens, Clelles, Monestier-de-Clermont, Vif, Vizille, Bourg-d'Oisans.

 

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Ces trois ouvrages édités en 1987, 1989 et 1991 peuvent être associés.

Les 300 chapitres et les 200 photos du premier livre de cette série sont les réponses aux sollicitations reçues par René Reymond lors de la publication de ses ouvrages précédents. Il appréciait la curiosité enthousiaste de ses lecteurs et visiteurs. C’était un grand stimulant pour son travail d’écriture. Chacune de ces requêtes devenait pour lui un défi à relever. Il avoue qu’il s’est « délecté en recueillant cette prodigieuse information ». Le succès du premier livre, l’intérêt grandissant des lecteurs, les demandes de nombreux élus, l’incitent à donner une suite dans le même esprit. Les trois ouvrages réunis constituent une véritable encyclopédie comprenant 1000 chapitres ou notices et 600 photos inédites exceptionnelles.

Les Capucins à La Mure (1642/43 - 1791).

 

René_Reymond_17Le souvenir des  Capucins reste vivace dans la mémoire des Murois et des Matheysins. Ne serait-ce qu’à l’évocation de la place ou de l’école des Capucins…

Pour autant  peu de monde en connaissait l’histoire. Les 112 pages et 60 illustrations de cet ouvrage comble cette lacune, enrichit nos connaissances sur l’histoire locale et  relate un siècle et demi de leur présence à La Mure. A nouveau la riche collection de René Reymond fournit au lecteur de très précieux documents : fac-similés de lettres, gravures anciennes, plans du couvent et de l’église des Capucins ainsi que la plus ancienne photographie de La Mure datant de 1875.

 

 

 

Mémoire de Saint-Théoffrey.

 

René_Reymond_18Ce livre a été dédié à ses parents et aux familles Reymond et Froment. La pauvreté des sources documentaires classiques : archives communales, registre paroissial, parcellaires, actes de délibération ou d’assemblées a rendu difficile la rédaction de l’histoire de Saint-Théoffrey. Ces manques ont été comblés grâce à des documents parallèles, des témoignages  et  quantité de détails cocasses. Au final René Reymond  a réussi  le tour de force de mêler dans cet ouvrage le sérieux et le futile. Autant on y trouvera un article sur le compositeur Olivier Messiaen que la mention d’un arrêté municipal du 17 mai 1903 interdisant les processions… Pince sans rire René Reymond rapporte les commentaires du Petit Dauphinois Républicain au sujet de cet arrêté : « Mesure de police très louable … puisqu’elle sauvegarde la liberté de circulation sur la voie publique, qu’elle écarte, en outre, tous les sujets de troubles et qu’elle confine les cléricaux dans la seule sphère qui leur est réservée… ». Prémices à la loi du 09/12/1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat certainement !

A l’échelle du monde l’histoire de la commune de Saint-Théoffrey est bien dérisoire, cependant elle s’y intègre, s’en imprègne et par exemple l’évocation du monument aux morts 1914/1918 serait peu de chose si René Reymond en humaniste convaincu n’avait retrouvé les photos de ces malheureux soldats …

Qui se souvient encore de la remarquable église romane de Saint-Théoffrey, de ses chapiteaux du XIIe siècle mystérieusement disparus, du cimetière des innocents devenu un vague parking… René Reymond parvient à nous replonger dans l’atmosphère de cette petite communauté mais aussi à nous questionner sur notre peu de respect du passé…

 

 La Mure et la Matheysine.

 

René_Reymond_19Cet ouvrage est un complément aux livres d’histoire locale précédemment  publiés. René Reymond avait participé à l’écriture de certains de ces livres mais dans un souci perfectionniste il a tenu à compléter ces éditions en intégrant ici  les derniers documents qu’il a recueillis lors d’un vaste dépouillement d’archives non exploitées ou ignorées.

La table des matières nous indique que la présentation est  d’ordre chronologique.

Les sujets abordés sont surprenants dans leurs diversités, certains savants, d’autres plus ludiques et amusants, rebondissant de l’évocation du prieuré de La Mure au XIe siècle vers la culture de blé d’Egypte en Matheysine en passant par un condensé de la vie de François de Bonne, Duc de Lesdiguières.

 

 

 

 Fascinante Égypte Terre de merveilles – Les Champollion et la grande énigme Égyptienne.

 

René_Reymond_20Nous voici arrivés au terme de la riche bibliographie de René Reymond… Cet ouvrage, le dernier paru, est une preuve de son immense curiosité. Comme toujours le texte est enrichi par de nombreux documents d’archives ou reproductions et plus particulièrement de magnifiques photos sur l’Egypte et la Nubie rapportées par son ami-voyageur le Docteur Jack Delattre.

C’est certainement sa passion pour l’histoire locale qui l’a incité à écrire ce livre, en effet la famille de Jean-François Champollion est originaire du Valjouffrey. Pour poursuivre ses études il quitte Figeac, rejoint Grenoble, côtoie le préfet Fourier passionné par l’Egypte et rencontre Napoléon Bonaparte à son retour de l’ile d’Elbe… Ces catalyseurs  ont entrainé René Reymond bien loin de «sa»  Matheysine natale et à 78 ans il nous  prouve qu’il est toujours aussi passionné et plus que jamais  ouvert au monde.

 

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Que de chemin parcouru depuis les premiers mots écrits à la mémoire du chanoine Auguste Dussert.

Style élégant, vivant, précis. Méthode claire. Textes érudits, certes, mais truffés d’anecdotes cocasses ou insolites. Rien dans cette bibliographie ne mène à l’ennui alors  que les sujets abordés présentent souvent  un degré très élevé de spécialisation ou de complexité. Puissent-ils nous inciter à nous retourner vers notre si riche passé…

Que de temps, de recherches, de travail consacrés à ses passions : l’histoire et l’écriture. Passion pour la littérature transmise à sa fille Evelyne. Professeur de français, auteur de plusieurs romans et d’une anthologie « l’Alpe Romantique » destinée à tous les amoureux de montagnes, d’histoire et de voyages.

 

En épilogue et ne pouvant trouver les mots justes qu’il faudrait dire ici, reprenons cette belle phrase écrite de la main de René Reymond :

« Son œuvre et son souvenir nous restent. Dans nos mémoires qui ne seront point oublieuses, il conservera la grande place à laquelle il a droit : la meilleure. »

 

Merci Monsieur René Reymond.

A titre particulier Merci René…

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