01 avril 2008

La légende de la Pierre Percée

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Autrefois on l'appelait la "Roche Percée". En 1749 sur la carte de Bourcet elle porte le nom de de " Pierre Pertuisade" et "Pierre Pertuisée" dans un parcellaire de 1540. (Informations tirées de "Le Plateau Matheysin  - Historique du canton de La Mure" par Pierre Berthier.)
La légende veut que ce monolithe naturel soit un apprenti du Diable "Folaton" pétrifié et agenouillé devant Dieu...

pierre" Un soir, donc, j'étais là-haut, près de mon diable. Dans le ciel de cette nuit d'août étouffante, la lune rouge paraissait en feu. Tout à coup, il me sembla que ce grand corps de pierre frémissait. Ses formes diaboliques se dessinèrent plus nettement à mes yeux effarés et je vis le démon se redresser... Qui donc es-tu ? m'écriai-je. Je suis Folaton ! Folaton ? Comment, tu ne connais pas Folaton ? Tu ne sais pas que c'est moi qui fus chargé de construire le mur du parc de Lesdiguières ? Le connétable avait vendu son âme pour obtenir de l'Enfer qu'un mur entourant son parc fut élevé en moins de temps qu'il ne mettrait lui-même à en parcourir le pourtour à cheval. Ignores-tu à ce point ton histoire ?
Alors, apprends que ce rusé compère joua si bien le perclus, le poussif qu'il nous dupa honteusement. Nous menions, sans hâte inutile, la construction de deux pans de mur de part et d'autre du trajet lentement suivi par sa bête. L'enceinte presque terminée, nous l'allions prendre comme dans un étau, quand, soudain preste, il sauta hors du parc ! En vain les deux pans du mur se refermèrent-ils, comme une mâchoire, sur la queue du cheval : ils ne purent le retenir. Le malin connétable avait fait bénir sa monture.
Ce disant, Folaton reprit sa forme originelle de démon au corps de cristal vert. Il s'assit face à moi sur une gigantesque anémone. Il croisa ses jambes de lézard, fit claquer ses ongles d'émeraude et plongea dans les miens ses petits yeux de feu.
Fort bien, lui dis-je, mais si proche de nous que soit Vizille, là, au bord du Lac Mort, comment se fait-il que l'on te voie ici, transformé en pierre ?
Ah ! pauvre de moi ! J'ai voulu montrer mon zèle : je me suis agrippé à la queue du cheval pour retenir le connétable. Un archange m'a saisi le bras, j'ai été soulevé de terre et précipité sur ce sommet où j'expie mon forfait.
En as-tu pour longtemps ? Deux mille ans encore...
Et sur ce, Folaton réintégra son corps de pierre... et s'écroula sur ma tête avec un bruit de tonnerre. Je me réveillai en sursaut sur le lit de gazon où je m'étais endormi par cette orageuse soirée. J'eus à peine le temps de rentrer à grandes enjambées à travers les prairies et les champs d'avoine pour échapper à la colère du ciel, sans doute déchaînée par le bavardage de Folaton.

LIEN -> : René Reymond. Pierre-Châtel, hier et aujourd'hui.

Posté par firstblogalain à 17:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]