19 juillet 2008

Les Gonthéaumes, hier (1958) et aujourd'hui

Le temps passe et change les choses. (et les êtres !) .
Notre environnement qui nous semble immuable se métamorphose pourtant jour après jour, soit par touches insignifiantes, soit par modifications importantes.
Nous enregistrons toutes ces transformations sans y prêter attention. Il est souvent bien difficile de recréer par l'esprit les paysages "d'avant" et il n'y a que la photographie qui puisse nous les rappeler .

Je souhaite montrer ici ces quelques photos des Gonthéaumes datant de 1958/1959.

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Clic gauche = agrandissemnt de la photo

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Clic gauche = agrandissemnt de la photo

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Clic gauche = agrandissemnt de la photo

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Clic gauche = agrandissemnt de la photo


Alors voilà qu'il faut se poser la question de savoir si c'était mieux avant …

Les "anciens" éprouveront certainement une certaine nostalgie.. les nouveaux résidents seront sans doute déconcertés par une vague impression de vide et de virginité…
Les perspectives étaient simples et pures. Les lignes de forces du paysage étaient évidentes et claires.L'harmonie et l'équilibre du panorama parfaitement respectés…


Je souhaite connaître votre sentiment…

Etes-vous adepte du développement sans contrainte? (au détriment, souvent, de l'entité paysagère).
Etes-vous partisan de l'immobilisme absolu?
Etes-vous pour une évolution réfléchie et qualitative?
Etes-vous sensible à la notion de "pays"? (aire géographique agrégeant esthétique paysagère, architecture, coutumes etc…)
Est-il souhaitable d'utiliser dans ce territoire de montagnes les mêmes méthodes urbanistiques que partout ailleurs?
Faut-il privilégier l'accueil, le tourisme doux, les activités "industrielles" ou tertiaires (à taille humaine) sur le plateau?
Est-il souhaitable de transformer la Matheysine en une banlieue dortoir hébergeant des personnes travaillant à Grenoble?
Faut-il conserver des "paysans" et insérer leur activité dans un "plan" de valorisation de nos territoires de montagne?

A ce stade du questionnement je ne peux m'empêcher de retranscrire à nouveau cet extrait du livre "La chasse au bonheur" de Jean Giono :

"
Il est évident que nous changeons d'époque. Il faut faire notre bilan. Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d'âme et peuvent encore l'être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir. Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès. Nos « belles » créations se comptent sur les doigts de la main, nos « destructions » sont innombrables. Telle prairie, telle forêt telle colline sont la proie de bulldozers et autres engins; on aplanit, on rectifie, on utilise; mais on utilise toujours dans le sens matériel, qui est forcément le plus bas. Telle vallée, on la barre, tel fleuve, on le canalise, telle eau, on la turbine. On fait du papier journal avec des cèdres dont les Croisés ont ramené les graines dans leurs poches. Pour rendre les routes « roulantes » on met à bas les alignements d'arbres de Sully. Pour créer des parkings, on démolit des chapelles romanes, des hôtels du XVIIe, de vieilles halles.
Les autoroutes flagellent de leur lente ondulation des paysages vierges. Des combinats de raffineries de pétrole s'installent sur des étangs romains. On veut tout faire fonctionner. Le mot «fonctionnel» a fait plus de mal qu'Attila; c'est vraiment après son passage que l'herbe ne repousse plus. On a tellement foi en la science (qui elle-même n'a foi en rien, même pas en elle-même), qu'on rejette avec un dégoût qu'on ne va pas tarder à payer très cher tout ce qui, jusqu'ici, faisait le bonheur des hommes.
Cette façon de faire est déterminée par quoi ? Le noble élan vers le progrès ? Non : le besoin de gagner de l'argent…"

Posté par firstblogalain à 17:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]