31 mai 2008

Excursion au Piquet de Nantes en souvenir de l'abbé Pierre.

La balade du Piquet de Nantes à l'extrémité sud du Tabor de Matheysine est bien gratifiante …La vue y est somptueuse .

Ce magnifique belvédère permet d'embrasser en un regard circulaire la majeure partie du plateau Matheysin, le Trièves, la muraille est du Vercors, le pic de Bure, l'Obiou et le bout du nez de son cousin le Grand-Ferrand…

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En se retournant voici le sommet du Tabor à portée de la main, un peu plus loin le Taillefer, le Grand Armet, le Coiro, la Grisonniere…

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Ici le Piquet de Nantes est situé à l'extrème droite de la photo...

L'été il est préférable d'y grimper par le sentier qui part de la route menant au Poyet, juste après le virage à angle droit situé 500 m en amont de l'embranchement de la Maison Félix. Le sentier chevauche la "Grande Combe" puis la "Combe de la Scia" pour déboucher à la fontaine de Bigasset, il ne reste plus alors qu'à se hisser sur la croupe du Tabor…

Il est possible, aussi, d'y parvenir par le col de Malissol ou par la crête des Barres si on a encore un peu d'énergie à dépenser après l'ascension du Tabor …

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Au sommet on découvre une croix métallique maltraitée par les éléments . C'est peut-être celle qui avait été montée par l'abbé Pierre en 1942…


En effet l'abbé Pierre a séjourné un temps dans la région et, jeune alors ,il aimait randonner en montagne.

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Ayons, ici, une petite pensée pour cet homme qui a tendu la main à beaucoup de monde...

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L'Abbé Pierre au sommet du Piquet de Nantes le 21 juillet 1942


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1941 : l'Abbé Pierre à la Mure

60 années de sacerdoce, 60 années de luttes au service des autres, d'abord contre l'occupant au service des innocents pourchassés, ensuite contre la misère au service des sans-logis.

A l'occasion de ce jubilé, l'abbé Jean Bonnet et quelques Murois qui l'ont connu ont bien voulu nous faire part du passage de l'abbé Pierre à La Mure où il séjourna du printemps 1941 à juillet 1942.

En effet, récemment démobilisé et souffrant des séquelles d'une pleurésie contractée sur le front, l'abbé Henri Grouès fut affecté par l'évêque de Grenoble à La Mure comme aumônier de l'hôpital et du collège de l'époque (l'actuel lycée). Ce jeune prêtre envoyé en convalescence en Matheysine où il pouvait bénéficier de l'air vivifiant des montagnes se révéla vite comme un battant, plein de vie et dont l'activité débordante allait s'exprimer auprès de la jeunesse locale. Si notre région ne connaît pas encore les rigueurs de l'occupation elle n'en subit pas moins les restrictions de tous ordres et c'est dans un climat d'inquiétude permanente que vit la population et que se trouve confinée la jeunesse en quête d'activité.

Dès son arrivée, l'abbé s'efforce "de redonner aux jeunes une âme, une fierté, une énergie". Entre autres, il crée le premier groupe scouts de La Mure et s'emploie à remplacer le pessimisme ambiant par un enthousiasme débordant où ce visionnaire perçoit déjà le renouveau du pays. C'est vers la montagne qu'il guidera naturellement ses jeunes. Pour eux, il organise des randonnées : de La Salette il les conduira au Gargas, au Chamoux, puis ce sera le Tabor, l'oreille du loup et plus loin le Valgaudemar, le Taillefer, l'Obiou. Dans le même temps il crée le groupe des guides qui placé sous la responsabilité de Melles Simone Froment et Thérèse Hivert perdurera de nombreuses années .

L'été 1941 le jeune aumônier, jamais en cours d'idées nouvelles ira avec ses scouts planter la croix à 2213 m d'altitude au sommet du Piquet de Nantes, massif d'accès relativement facile mais que l'on peut apercevoir depuis le centre de La Mure, C'est le dimanche 21 juillet 1941 que l'équipe installe son camp de base sur le promontoire de la Scia, un camp bien modeste formé de trois toiles de tentes, mais quel enthousiasme !

Le lundi 22 juillet au lever du jour une messe de la liberté est offerte depuis ce promontoire et toute l'équipe se met au travail. Le mardi 22 juillet alors que tombe le jour, l'éclatante joie de la flamme du feu de camp annonce sur la plaine que là-haut la croix est debout.

Un mois plus tard, le 31 août 1941, 250 jeunes montagnards sont réunis au sommet de la montagne pour la bénédiction solennelle de la croix du Piquet de Nantes qui remplacée quelques décennies plus tard par un ouvrage métallique reste le témoin d'une époque. Au mois de juillet 1942 l'abbé Grouès est appelé par son évêque comme vicaire à la cathédrale de Grenoble et l'abbé Pierre devient le fondateur du maquis de Malleval.

Dauphiné Libéré (mercredi 18 novembre 1998)  Roland MICHON


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Les Murois se souviennent de l'abbé Pierre.

La disparition de l'abbé Pierre ravivera pour de nombreux Murois, alors collégiens, le souvenir de juin 1940 où la France subit l'occupation des armées allemandes. Dans ce contexte, un jeune prêtre est nommé à La Mure aumônier de l'hôpital et du collège. L'abbé Henri Grouès arrive de Lyon. Malade, il a besoin de repos. Entre autres, il crée le premier groupe scout de La Mure et s'emploie à remplacer le pessimisme ambiant par un enthousiasme débordant où ce visionnaire perçoit déjà le renouveau du pays. Et c'est vers la montagne qu'il guidera les jeunes. Le Tabor et plus particulièrement le Piquet de Nantes. Le dimanche 20 juillet 1941, c'est le départ de l'équipe. En route dès l'aube, la première halte a lieu au Roc Noir. Il est midi, altitude 1 900 mètres. Sur le promontoire de la Scia est installé le camp de base . Le mardi 22 juillet 1941, il faut transporter les poutres depuis La Scia jusqu'au sommet, Quatre heures d'efforts seront nécessaires. Le mercredi 23 juillet, dans l'orage qui se déchaîne, les gars quitteront le camp de la Scia pour rejoindre le sommet et assister à la première messe offerte sur l'Hôtel du Piquet de Nantes-en-Rattier. De retour au camp, pendant que l'orage gronde toujours, on plie les tentes. L'équipe est prête au retour dans la joie du bel ouvrage achevé et dévale les pentes vers la ferme des Bruyères où il retrouveront réconfort. Après une nuit de repos à la ferme, ils rejoindront La Mure. Ce sera le quatrième et dernier jour de l'expédition. Et aujourd'hui encore, demeure tout là-haut sur le montagne, la croix qui témoigne du passage de l'abbe Grouès qui bientôt dans la résistance deviendra l'abbé Pierre. En effet en juillet 1942, l'abbé Grouès fut appelé par son évêque comme vicaire à la cathédrale de Grenoble se terminait un séjour qui aura marqué la vie de la cité et débutera la grande odyssée de l'abbé Pierre engagé pour la libération du pays et sa longue croisade pour les démunis.

Dauphiné Libéré (samedi 27 janvier 2007) Roland MICHON

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