25 mai 2008

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain… Une centenaire en 1946

En Matheysine l'air est pur, le climat est sain…
La race humaine y est solide aussi !
La preuve par l'exemple grâce a cet article de presse retrouvé dans un vieux journal  ( "Le réveil" ) du 21 novembre 1946…

centenaire
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A Saint Théoffrey tout le monde parle avec fierté de Mme Marie Victorine Baret, une vaillante cultivatrice qui marche allègrement vers sa centième année !
" Pour la voir, c'est à la Fayolle", nous avait-on dit en nous montrant quelques toits rouges blottis dans un creux, non loin de cette fameuse route de Laffrey.
Une humble grille, des pierres patinées par les ans, de solides volets de bois, c'est ici.
La porte est ouverte...Et nous surprenons, une petite femme penchée sur un seau, préparant la nourriture du cochon. Un rude travail quand on aura bientôt un siècle sur les épaules !
Des yeux bleus remplis d'une extrême douceur nous regardent avec un peu de surprise. Et bien vite, un sourire illumine ce visage plissé par les rides. Une main encore solide se tend...
Au coin du feu. près de la marmite qui chante, nous sommes en pleines confidences.
Elle est née sur cette terre de la Matheysine le 4 décembre 1847. Mariée en 1874, elle a élevé cinq enfants. Quatre sont encore vivants. Veuve depuis 1928, son mari est mort à 87 ans, elle vit avec son fils aîné, M. Jules Baret qui porte ses ; 70 ans avec une étonnante vigueur. Elle a eu onze petits enfants. Hélas ! l'un d'eux, pris dans la rafle du 11 novembre à Grenoble n'est jamais revenu. Elle est l'arrière grand-mère d'un bambin de 7 ans qui habite St-Jean de Vaulx.
Depuis 71 ans, elle vit dans cette maison, sous ces poutres noircies qui ont vu, naître et mourir son père. Bel exemple de fidélité à la terre !
Quand on a vu le jour sous le règne de Louis Philippe,- on a bien des souvenirs à évoquer Mme Baret a encore une excellente mémoire Elle se souvient de la mobilisation de 1870, de la lourde diligence, de Gap à Grenoble qui passait sur la route de Laffrey à deux heures du matin. Pour la première fois. à l'âge de 14 ans, elle prit le chemin de fer pour aller à Lyon, alors que la voie n'existait que jusqu'à Rives Mais il y a 15 ans qu'elle n'a pas revu Grenoble !
Mme Baret, qui a encore de bons yeux, est une abonnée fidèle de notre journal. Depuis plus de 20 ans, elle n'a jamais été malade.
Dans quelques jours elle rentrera dans sa centième année . Nous lui souhaitons encore d'heureuses années.

LE REVEIL  : Jeudi 21 novembre 1946.  X

Posté par firstblogalain à 09:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]