01 avril 2008

Introduction

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Plateau Matheysin... le hameau des Gonthéaumes, au fond sa majesté l'Obiou.

Pourquoi ce blog sur ces territoires chers à mon cœur ? Beaucoup ont déjà tenté ce genre d’expérience et l’exercice est périlleux! On y dévoile aux yeux de tous ses faiblesses et lacunes…
Dans un premier temps je voudrais simplement vous faire partager les bonheurs que j’ai eu à arpenter ces lieux.
Expatrié loin de ces paradis la majeure partie du temps je me suis efforcé d’engranger le plus grand nombre possible d’informations, sensations, impressions, colères, joies, images lors mes trop courts séjours "là- haut".
Ce blog oscillera sans doute entre photographies de paysages, randonnées plus ou moins commentées, points d'histoire locale, renseignements divers…
Attention, ici, rien d'exhaustif, rien d'achevé. Je n'ai ni le temps ni les compétences pour un travail de fond. Cette présentation n'est qu'un semis d'idées à développer. Les graines éparpillées un peu au hasard sont pour vous. Faites en l'usage que bon vous semble.
Ce petit exposé sera certainement ponctué de citations ou de courts extraits d'auteurs. Je vous encourage vivement à lire ou écouter l'intégralité de l'œuvre citée. (Et systématiquement décrite en annexe)

 

En préambule pour bien marquer l'atmosphère que je voudrais installer ici voici un court extrait issu de "La réponse des hauteurs" écrit par Paul Samivel :

 

 

…/…C'est alors qu'il m'arriva la chose 1a plus rare du monde ; je perçus mon propre bonheur dans 1e temps même où je me trouvais submergé par cet univers souriant. Tout désir en moi se trouva pour l'instant non point aboli, mais très exactement comblé. Et déjà, je m'interrogeais avec un grand frémissement intérieur, cherchant à me dissimuler à moi-même cette glorieuse certitude de joie, car j'avais suffisamment vécu pour redouter 1a hargne attentive des dieux.
Mais rien ne vint. Pas de coup de foudre. Ailleurs, au-delà de ces horizons, et des horizons de ces horizons, i1 y avait eu tant de carnage et de souffrance violette, et tellement de sang frais pour étancher leur divine soif, qu'ils m'avaient peut-être oublié après tout, les sombres Immortels, moi tout seul, heureux, sur mon arête. J'osai respirer de nouveau, 1e dur métal du piolet incrusté dans mes paumes, tellement vivant, tellement heureux.
Je n'avais plus besoin d'ouvrir les yeux pour voir 1e pays couché en rond autour de moi, avec sa belle fourrure ocellée d'ombres et de soleil. Je les connaissais par cœur, par 1e cœur, ces hameaux, ces forêts, ces a1pes, ces cascades, ces pics, ces glaciers. Chaque ligne du paysage projetait son double sur un écran intérieur, chaque arbre, chaque rocher ancrait en moi son propre fantôme, et l'eau de ces torrents me coulait aussi à travers l'âme depuis des années.
Bien sûr, j'avais eu 1a malchance comme tant d'autres de naître dans une grande ville sépulcrale, mais ceci était véritablement mon pays, et le mot patrie sous lequel se dissimulent à présent tant de monstres, reprenait enfin ici un sens exact et humain. Car cette vallée et ces montagnes étaient juste à l'échelle, assez étroite pour être inventoriée, déchiffrée, saisie d'un long coup d'œil, assez vastes pour n'emprisonner aucun désir, et les cimes elles-mêmes se tenaient au bord des fontaines de l'azur comme un vo1 de colombes apprivoisées…/…

 

La réponse des hauteurs -Août 1945

-Samivel-

 

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